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Devoir littérature enfantine
Publié : 14 févr. 2008 09:15
par Emeline
Bonjour !!!
Ayant un devoir à rendre sur la littérature enfantine, je viens vous demander quelques petites infos:
Connaissez vous des associations sur la littérature enfantine prêtes à partager des documents ?
Avez vous des sites web, des livres,des cours, et autres supports qui parlent de l'importance de la littérature enfantine dans le monde actuel ?
merci d'avance !

Re: Devoir littérature enfantine
Publié : 14 févr. 2008 14:35
par lolotte
Salut,
peux-tu me dire ce qu'est la littérature enfantine, stp?
Comment se passe ce cours?
Merci
Re: Devoir littérature enfantine
Publié : 14 févr. 2008 18:44
par Emeline
Salut !
La littérature enfantine, c'est un cours où on parle des livres destinés aux enfants... de leur importance etc...
Re: Devoir littérature enfantine
Publié : 14 févr. 2008 19:29
par libe
voici une petite info suite à une conférence
"Lire avec les tout-petits", Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre
- Eclairage théorique
- Enjeux de la rencontre autour du livre, adulte/enfant
• Référence à René Diaktine qui traite de la question de la rencontre du livre avec le tout-petit
- accompagne la croissance psychique, sa capacité à penser, l'enfant va faire quelque chose de ce qu'on va lui proposer
Le livre est là pour permettre de penser à la différence du doudou qui est là pour éviter de penser.
- Winnicott : "un nourrisson n'existe pas", il a un besoin indispensable de l'autre pour vivre. L'enfant a la capacité de penser les compétences de ses parents.
- Amnésie infantile (0-4ans) mais reste des traces sensorielles (odeur, sons…)
• Lire un livre avec (pas à) le tout-petit, car c'est d'abord être avec lui, cela témoigne un effet de présence, même en groupe : cet enfant-là est en présence de d'autres enfants
- Le livre est un trait d'union entre celui qui lit et celui à qui c'est destiné. Ainsi cela crée des modèles d'interelations dans le groupe.
Quand l'enfant comprend que l'adulte a une intention à son égard, il sera particulièrement attentif à cette rencontre.
Travail de socialité,de règles sociales : l'autre enfant se dit après ce sera mon tour.
Ce qui compte est l'intentionnalité. "Lire avec" induit une place privilégiée avec l'adulte.
Rencontre 1ère avec l'enfant qui est en nous.
• Ca n'est pas le livre consolateur avant d'endormir : le livre a d'abord une fonction d'éveil.
Il permet de penser les liens, l'attachement : le réel de la vie.
- Penser c'est aussi rêver : l'imaginaire. Donc le livre est une machine à enrichir le fonctionnement psychique.
- Ceci étant, le livre n'est pas indispensable, la 1ère chose dont l'enfant a besoin c'est d'un Autre : 1 toi et 1 toit.
Mais dans nos sociétés le livre a une pertinence. L'important pour l'enfant c'est l'intersubjectivité, c'est-à-dire un Autre et un autre qui pense.
• Si l'on veut que ça renvoie à quelque chose de vivant, il faut admettre que ça vit. Le livre est de la matière vivante avant tout, il s'abîme et se déchire.
- Lien avec la vision. Dans les 1er mois de sa vie, l'enfant est sensible à : l'à plat, la qualité de contraste (terne/brillant), au noir et au blanc, au toucher pour la sensibilité tactile.
- L'enfant sait faire la différence entre le réel et le représenté. Modèle de l'association entre les pages : il y a un lien entre les 2 pages, dans les imagiers par exemple).
L'imagier peut être constitué de dessins, de photos, d'éléments figuratifs réels, matériels... : culture ?
• L'enfant fonctionne sur le mode de l'habituation. Au bout de la 4ème manière identique, il n'est plus surpris.
Avec une variante dans la comptine par exemple, il va à nouveau s'éveiller. Puis il va pouvoir penser avec la répétition que ça va pourvoir changer : capacité d'anticipation.
• Il a très vite la compétence à penser le texte écrit. Il le voit.
Lire ce qui est écrit, pour le respect de l'auteur, des mots et des enfants.
Dans "Loup" d'olivier Douzou, éditions du Rouergue : l'enfant se marre de peur avec la capacité d'anticipation, puis le loup finit par manger une carotte et il se dit ouf c'est pas moi cette fois-ci.
Il peut comprendre que le monde est belliqueux à son égard, mais qu'il peut trouver des ressources en lui.
Confronté à un monde changeant : angoisse existentielle. L'enfant a tout le temps une certaine inquiétude, une angoisse. Mais parfois on croit que... et ça ne se passe pas comme ça. C'est constructif pour l'enfant d'être confronté à cette réalité. La chutte "carotte" apporte une sécurité.
Patrick Ben Soussan a régulièrement illustré ses propos avec des livres.
Bibliographie :
- Les 3 chats (sans texte), éditions Sorbier
- Noir sur blanc, Tana Hoban
- Tout un monde (imagier), éditions Thierry Magnier
- Pourquoi les petits garçons ont peur que leur maman les abandonnent…, éditions Jeunesse
- Beau corbeau, éditions Tête de lard
- La girafe, éditions frimousse
- loup, Olivier Douzou, éditions du Rouergue
Re: Devoir littérature enfantine
Publié : 14 févr. 2008 19:30
par libe
"A l'orée du récit, langage et psyché s'éveillent", Marie-Claire Bruley, psychologue
- Autour du livre et de la prévention
Dans notre civilisation, les enfants sont dès leur naissance entourés de langage, de paroles.
Les langues écrite et orale sont riches de toute une vie culturelle. Dans d'autres familles, la langue est rivée au quotidien.
• Winnicott : Quelle relation créative avec le monde qui l'entoure et les objets culturels ?
- Dans quel environnement le petit puise les origines du langage ?
- Apports théoriques. Capacité à créer. La mère répond au bébé en lui donnant l'impression que c'est lui qui crée ce dont il a besoin (qu'il répond lui-même à ses besoins).
L'aire transitionnelle devient un espace de jeu. L'enfant accepte plus facilement les frustrations et les désillusions. Il apprend à réajuster sa relation aux objets pour vivre la séparation.
• Voix et comptines. Le bébé rencontre sa propre voix à travers ses émissions sonores qui
sont la marque de l'espace transitionnelle qu'habite l'enfant et qui nourrit les ébauches de la séparation.
si l'adulte renvoie ces émissions sonores en écho, il se fait l'écho à l'activité psychique du bébé. Ce jeu permet de dire que les petites syllabes ont mis en mouvement l'activité de penser de celui qui l'écoute : c'est lui donner en miroir son activité psychique.
Dans l'écho de ses propres sonorités, le bébé s'éveille au langage et entre dans sa vie psychique. La matérialité du mot entre le bébé et l'adulte inscrit l'échange dans un système de pensée.
Le bébé entre dans le langage car l'adulte introduit du sens par la parole et la pensée.
• Le récit commence par une image directe qui fait penser : "petit bateau", "une poule sur un mur". Donc fait de suite travailler l'imaginaire, dans le plaisir de l'échange.
- Ce jeu avec la pensée et le langage est essentiel. Ces petites formulettes proposent un désordre salutaire : le langage ludique crée un écart par rapport à la langue qui sert à accompagner le quotidien.
Permet à l'enfant de jouer avec les représentations mentales au secret de son intériorisation psychique.
- Place de l'adulte : disponibilité à la rêverie, capacité de créer portée par un environnement riche de valeurs culturelles : producteur de paroles, de signes, d'échanges.
• Pourquoi accorder tant d'importance au livre dans le chapitre de l'éducation ?
Pour la langue du récit. L'histoire fait quitter la langue parlée et introduit dans la langue des choses racontées.
- La langue du récit n'accompagne pas les évènements. Elle relate à distance :
- en séquences,
- avec un début et une fin.
Entre les 2 se succèdent des séquences avec des liens temporels et des causes à effet. Elles structurent l'histoire et demandent une très grande élaboration de la part de l'enfant. Cette structure modèle sa structuration psychique.
La langue permet la constitution d'un espace intérieur où la vie imaginaire va se développer.
Elle fait entrer l'enfant dans une subtilité de temps très variés : présent, futur, imparfait, passé simple…. L'enfant a une perception fine des nuances du récit.
Et ornementation poétique par le plaisir de l'écoute qui fait entrer dans un plaisir poétique.
+ Repère organisateur : stabilité, linéarité de l'histoire, répétition,
+ Rythme de base : régularité apaisante, énumération, pulsation régulière qui dit la vie
+ Laisse une place à tout : 1 + 1 + 1… rassurent et l'enfant trouve sa place.
• Quelle pratique mettre en place autour des livres ?
- lire l'album dans une relation individuelle, en même temps dans un petit groupe.
Parce que l'enfant ne parle pas bien encore et les images suscitent des émotions.
- accorder une liberté de mouvement pendant le temps de l'histoire.
( se mouvoir de movere = à la fois l'émotion et le mouvement)
- ces enfants qui ont la bougeotte pendant les lectures. Penser peut faire peur, et l'immobilité peut angoisser. Donc l'enfant a besoin de garder la liberté de mouvement. D'autres préfèrent les livres animés de façon à pouvoir agir sur le livre : la main est le relais de la pensée : maîtriser le récit.
Pour l'enfant, l'accès au symbolique est difficile. Donc prévention car on les aide à rentrer dans le symbolique dans lequel ils ont du mal à entrer.
Re: Devoir littérature enfantine
Publié : 15 févr. 2008 08:20
par Emeline
Merci beaucoup Libe pour ces précieuses infos !!
