Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

violences institutionnelles

La communauté Educateur Spécialisé se retrouve sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
léa

violences institutionnelles

Message non lu par léa » 08 mars 2007 19:08

Bonsoir,
actuellement à mi-temps dans un IME, je suis confrontée à une situation qui, selon moi, fait partie de ce qu'on appelle la violence institutionnelle.
Sont accueillis au sein du groupe dans lequel j'interviens des enfants âgés de 6 à 11 ans, avec des pathologies différentes: trisomie 21, psychotiques, autistes. Tous ont des troubles du comportement importants. Une des jeunes, ayant des troubles importants du comportement, pose problème à l'équipe: Cette jeune se montre violente envers elle-même, envers les autres enfants du groupe mais aussi envers les adultes. Sa violence va crescendo et les autres enfants du groupe en ont peur. L'équipe n'arrive plus à la "maîtrisée". Ainsi, elle se met en danger (auto-mutilation, fuites dans l'établissement qui a un portail ouvert sur la rue...), et elle met également en danger les autres jeunes. La direction est au courant de la situation mais ne nous propose pas de solution satisfaisante. Ainsi, nous sommes dans l'impuissance et nous ne pouvons garantir la sécurité des enfants accueillis. Nous allons en informer la direction par courrier afin d'avoir une trace écrite, mais le problème reste actuel et quotidien. Nous ne savons pas quoi faire et avons l'impression de cautionner une situation qui s'apparente à de la maltraitance. Que pouvons-nous faire afin de protéger les enfants, la jeune, et également de nous protéger nous, professionnels, en ce qui concerne nos responsabilités? Merci de vos réponses.

vélasco pascal

Re: violences institutionnelles

Message non lu par vélasco pascal » 09 mars 2007 06:58

Léa, la situation que tu exposes peut être abordée de façons diverses. Oui, effectivement avertir la direction officiellement est une bonne démarche, elle vous permettra de faire un signalement. Ensuite, je pense que le fait d'en parler en équipe cela peut permettre d'évacuer et de prendre de la distance, avec la présence d'un tiers style psychologue. Un séjour de rupture peut être une autre solution. Envoyer cet enfant en HP, ou dans un lieu neutre quelques temps, peut permettre de la retrouver autrement.La combinaison chimique est une solution a envisager si elle est trop en danger pour elle et pour les autres. je travaille en Mas et actuellement, nous somees aussi confronter à un cas comme celui ci, le psychiatre a décidé de donner un traitement supplémentaire pour PRESERVER tout le monde; et proposer à l'équipe de se remettre au travail, au quotidien et en réunion. Bon Courage, Pascal.

Léa

Re: violences institutionnelles

Message non lu par Léa » 09 mars 2007 18:56

Merci pour ta réponse Pascal. Tu y abordes des axes de travail intéressants. Cependant, j'ai présenté la situation assez brièvement. Par conséquent, j'ai homis certaines informations, pourtant nécessaires à la compréhension de la situation dans laquelle nous nous trouvons...Tout d'abord, il n'y a pas (plus) de psychiatre dans la structure. D'autre part, il n'y a pas d'analyse de la pratique non plus...à ma grande surprise et à ma plus grande déception (je suis en CDD depuis Octobre 2006)!!! Il paraît qu'il n'y a pas assez de sous. Soit. Ensuite, il y a un psychologue à mi-temps mais, pour ma part, je ne l'ai croisé qu'une ou deux fois. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est incompétent, mais transparent en tout cas. Donc, il ne nous est pas d'une très grande aide. Ensuite, en ce qui concerne le travail avec la famille de cette jeune, la direction nous a tout simplement évincés. Nous avons l'impression d'être simplement dans l'agir et que l'intellectualisation est réservée à la direction...Après avoir interpellé cette dernière sur notre difficulté à gérer le groupe, un manque de confiance s'est installé. Ainsi, ils mettent nos compétences et notre professionnalisme en doute en nous "surveillant". Un fossé s'est installé et il est difficile de dire les choses sans que cela ne soit mal vécu, d'un côté comme de l'autre. Dernière précision, je ne peux pas assister aux réunions d'équipe car elles ont lieu en dehors de mes horaires...Après avoir essuyé plusieurs refus de la part de la direction, je me contente d'exploiter le cahier de liaison du mieux que je peux...Bref, si nous nous trouvons dans une situation si difficile, c'est aussi (et surtout...) parce que nous ne sommes pas soutenus par la direction. Il nous reste à accomplir notre mission du mieux que nous pouvons et ce n'est pas évident...

Répondre