Eje en souffrance
Publié : 18 mars 2012 01:26
Bonjour à tous et toutes,
Je me permets de faire appel à vous aujourd'hui, car j'ai décidé d'échanger et de témoigner autour de ma situation actuelle. Je suis diplomée depuis le mois de juillet 2011. Ma prise de poste a été effective en septembre de la même année, au sein d'une crèche de 60 berceaux. La directrice m'a indiqué que je serai amenée à travailler dans une section de moyens, au sein d'une équipe en difficulté. La majorité du personnel y est présent depuis au mois 10 ans. On m'informe également que le projet pédagogique de la structure a été écrit il y a tres longtemps et que je serai chargée de le repenser avec l'équipe car pour l'instant "chacun fait un peu à sa sauce". BON... Motivée et dans l'expectative, je prends ms fonctions ayant bien en tête d"y aller tranquillou afin de ne pas m'exposer à trop de résistance.
Je ne vais pas faire état des 6 derniers mois vécus (ca serait tres long!) mais en gros, j'ai pris une très très grosse claque professionnelle. Ma position de stagiaire d'antan me permettait d'avoir un certain détachement vis à vis de ce que je pouvais constater. Mais en tant que professionnelle actuellement, je suis heurtée quotidiennement à bon nombre de choses qui m'ammènent même à penser que je deteste mon boulot: douces violences quotidienne, travail à la chaine, "bizutage" de ms collègues ("ah nan ici c'est à l'EJE de faire ca, c'est comme ca c'est tout) et quand on essaye de rediscuter des habitudes mises en place arbitrairement sans avoir dialoguer avant, et bah on s'expose à vivre quotidiennement dans une ambiance excecrable. Sans parler des arrêts maladies permanents des collègues qui m'amènent à effectuer des remplacements quasi quotidiens. Ce qui m'iterroge, c'est que je sais que j'ai un rôle à jouer vis à vis de tout ca, je mets en place des réunions, des discussions individuelles, je vais en formation, j'ai d'excellentes relations avec ma direction (qui est dans l'empathie mais c'est plus suffisant), je prends quand même du plaisir à être avec les enfants, les familles me sollicitent beaucoup, etc. Mais mes collègues m'ont touujours dit "le travail de l'EJE ici, c'est nul, ca sert à rien, faut pas rester ici". C'est hyper vicieux parce que je crève d'envie de partir, je me sens hyper mal dans mon boulot, pas épanouie, j'angoisse pas mal du regard des autres, j'ai toujours l'impression d'être suivie, épiée, scrutée, et quand je me plante, on ne me loupe pas. Je me bouffe le moral et à la fois je me dis: mince, je n'y suis pas arrive alors que c'est le lot de nombreuses crèches. Mais je me dis aussi que là, on est plus dans des choses d'ordre professionnel, que les personnalités hyperborderline de certaines de mes collègues font que je pense que j'y arriverai pas là bas. Mais je le vis comme un échec réel. Je ne sais dailleurs pas pourquoi j'y suis encore là bas, je ne vois plus très bien où j'en suis et je culpabilise pas mal.
Mon récit a été sans doute un peu décousu car je suis au moment où j'écris sous le coup de l'émotion, et je me sens incroyablement seule. J'en parle à mon conjoint et ma famille, qui me répondent forcément la même chose "pars vite de là bas et arrête les frais". Mais j'ai la sensation du travail inachevé. Mais j'en peux plus des collègues qui m'envoient des messages tou le temps pour me changer mes horaires (oui ce sont bien elles qui s'occupent ds plannings), marre de la boule dans la gorge dès le dimanche matin, marre de fermer les yeux sur ce que je vois en section, marre de vivre ça seule, marre d'avoir peur pour chaque chose que je dis ou que je fais, car j'en paye selon le prix fort. Mes proches ne me reconaissent pas, j'ai toujours eu un caractère fort et je m'en veux comme pas permis de me laisser faire.
Merci pour votre lecture, ca m'a permis de poser les choses en tous cas. Je sais que j'ai un métier formidable mais aujourd'hui, je donnerai tout pour un bureau, un ordinateur et personne autour de moi, même si je sais que ca me manquerait au bout d'une demi journée.
Je me permets de faire appel à vous aujourd'hui, car j'ai décidé d'échanger et de témoigner autour de ma situation actuelle. Je suis diplomée depuis le mois de juillet 2011. Ma prise de poste a été effective en septembre de la même année, au sein d'une crèche de 60 berceaux. La directrice m'a indiqué que je serai amenée à travailler dans une section de moyens, au sein d'une équipe en difficulté. La majorité du personnel y est présent depuis au mois 10 ans. On m'informe également que le projet pédagogique de la structure a été écrit il y a tres longtemps et que je serai chargée de le repenser avec l'équipe car pour l'instant "chacun fait un peu à sa sauce". BON... Motivée et dans l'expectative, je prends ms fonctions ayant bien en tête d"y aller tranquillou afin de ne pas m'exposer à trop de résistance.
Je ne vais pas faire état des 6 derniers mois vécus (ca serait tres long!) mais en gros, j'ai pris une très très grosse claque professionnelle. Ma position de stagiaire d'antan me permettait d'avoir un certain détachement vis à vis de ce que je pouvais constater. Mais en tant que professionnelle actuellement, je suis heurtée quotidiennement à bon nombre de choses qui m'ammènent même à penser que je deteste mon boulot: douces violences quotidienne, travail à la chaine, "bizutage" de ms collègues ("ah nan ici c'est à l'EJE de faire ca, c'est comme ca c'est tout) et quand on essaye de rediscuter des habitudes mises en place arbitrairement sans avoir dialoguer avant, et bah on s'expose à vivre quotidiennement dans une ambiance excecrable. Sans parler des arrêts maladies permanents des collègues qui m'amènent à effectuer des remplacements quasi quotidiens. Ce qui m'iterroge, c'est que je sais que j'ai un rôle à jouer vis à vis de tout ca, je mets en place des réunions, des discussions individuelles, je vais en formation, j'ai d'excellentes relations avec ma direction (qui est dans l'empathie mais c'est plus suffisant), je prends quand même du plaisir à être avec les enfants, les familles me sollicitent beaucoup, etc. Mais mes collègues m'ont touujours dit "le travail de l'EJE ici, c'est nul, ca sert à rien, faut pas rester ici". C'est hyper vicieux parce que je crève d'envie de partir, je me sens hyper mal dans mon boulot, pas épanouie, j'angoisse pas mal du regard des autres, j'ai toujours l'impression d'être suivie, épiée, scrutée, et quand je me plante, on ne me loupe pas. Je me bouffe le moral et à la fois je me dis: mince, je n'y suis pas arrive alors que c'est le lot de nombreuses crèches. Mais je me dis aussi que là, on est plus dans des choses d'ordre professionnel, que les personnalités hyperborderline de certaines de mes collègues font que je pense que j'y arriverai pas là bas. Mais je le vis comme un échec réel. Je ne sais dailleurs pas pourquoi j'y suis encore là bas, je ne vois plus très bien où j'en suis et je culpabilise pas mal.
Mon récit a été sans doute un peu décousu car je suis au moment où j'écris sous le coup de l'émotion, et je me sens incroyablement seule. J'en parle à mon conjoint et ma famille, qui me répondent forcément la même chose "pars vite de là bas et arrête les frais". Mais j'ai la sensation du travail inachevé. Mais j'en peux plus des collègues qui m'envoient des messages tou le temps pour me changer mes horaires (oui ce sont bien elles qui s'occupent ds plannings), marre de la boule dans la gorge dès le dimanche matin, marre de fermer les yeux sur ce que je vois en section, marre de vivre ça seule, marre d'avoir peur pour chaque chose que je dis ou que je fais, car j'en paye selon le prix fort. Mes proches ne me reconaissent pas, j'ai toujours eu un caractère fort et je m'en veux comme pas permis de me laisser faire.
Merci pour votre lecture, ca m'a permis de poser les choses en tous cas. Je sais que j'ai un métier formidable mais aujourd'hui, je donnerai tout pour un bureau, un ordinateur et personne autour de moi, même si je sais que ca me manquerait au bout d'une demi journée.