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quand l'authenticité libère, du sentiment d'avancer

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David, un guyanais

quand l'authenticité libère, du sentiment d'avancer

Message non lu par David, un guyanais » 21 avr. 2007 02:46

Les quatre mois de prise en charge se termine. L'après midi est belle, le week-end arrive derrière, cette dernière réunion de débriefing de fin de session s'annonce bien. Et ça c'est confrmé.
Vous savez, il arrive des moments ou tout est clair. Le pourquoi vous faites ce boulot. Le pourquoi se coltiner des jeunes de 16 ans; 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Le pourquoi de la nécessité d'une grande tolérance à la violence qu'ils peuvent renvoyer. Et le pourquoi je fais une formation.

Pour une réunion comme celle de cet apres midi, je suis pret à me taper toutes les autres réunions dont on ressort avec un sentiment de perte de temps, de stérilité, d'improductivité, etc. Pour revivre les échanges que nous avons eu avec l'équipe et les cadres, j'irai au bout de mes trois ans de formation.
Qu'est ce qui s'est passé ? Tout simplement un moment d'authenticité. Des paroles libératrices. Des questionnements de fonds. Sur la violence que peut induire l'adulte, sur le positionnement professionnel, sur la distance relationnel, sur le sentiment d'impuissance que l'éprouve parfois. Pas de prise de bec inutiles, pas de réglages de comptes, pas de pression des cadres sur l'équipe. Que faire pour offrir ce que l'on peut offrir de mieux pour les gamins que l'on accueil? Voila la question qui a animé le débat de notre réunion.

A ce qui prenne le temps de lire ce message, j'aimerai dire, a deux heures du mat', qu'il est possible, de trouver une institution, une équipe, et des cadres, sur lesquels s'appuyer sans retenue pour pouvoir avancer.
Je suis en deuxième année d'éduc, je fais ma formation à l'irdts de guyane, je suis donc en apprentissage. Le monde des travailleurs sociaux est hypercomplexe, et il est parfois difficile d'y naviguer. On est parfois traversé par de véritable moment de doute, et d'hésition sur le sens du travail que l'on fait auprès des personnes en difficulté.
Je suis jeune dans la profession, et fraichement arrivé dans le monde professionnel, et je peux dire que selon les expériences vécues, il est parfois difficile de faire confiance aux collègues, au chef de service, ou aux institutions. On arrive parfois ,alors que je n'ai que 27 ans, a etre blasé et a agir avec une certaine résignation.
Et bien, travailleurs sociaux, éducateurs en poste, educateur en formation, toute personne concerné par l'accompagnement de public en difficulté, ne perdez pas la foi, ne cessez pas de croire.
Aujourd'hui, j'ai vecu l'équipe comme ressource, et non comme un lieu de tension. J'ai vecu la direction, comme une force de proposition de projet, comme un moteur du désir de se requestionner sur notre mode de prise en charge. J'ai vecu, le psychiatre, comme un outil fabuleux pour pouvoir accéder a des éléments de l'ordre de l'inconscient collectif. J'ai vécu un échange plein d'humilité, ou l'on se réaffirmer que nous n'étions pas soumis à l'obligation de réussite. On donne ce que l'on peut donner, a un moment donné. L'educ a ses limites et ses faiblesses, et ca fait vraiment un bien fou lorsque les personnes avec lesquelles tu travailles, et particulièrement la direction te le rappel.

Ce stage que j'aurai effectué pendant 4 mois dans ce CER aura été enrichissant à tout les niveaux. Je souhaite sincèrement que tous ce qui sont en formation, ou le seront bientot, puissent trouver des lieux de stage aussi interessant que celui la.

David.

Aude

Re: quand l'authenticité libère, du sentiment d'avancer

Message non lu par Aude » 21 avr. 2007 09:50

Salut david !

Merci beaucoup pour ton témoignage.

Il y a quelques temps, certaines personnes se plaignaient sur le forum de ne jamais lire de témoignage ou de récits du quotidien en ES. Et bien, voilà, il y a le tien !!

Je ne suis même pas encore en formation (je croise les doigts !) mais je trouve super de lire ton texte et de se dire que de tels moments existent (dommage qu'ils soient donc à priori rares puisque je pense qu'on souhaite tous les vivre souvent pour pouvoir garder "la pêche" dans un métier qui demande énormement de ressources et de force)

A bientôt et bonne formation !

Aude

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