Bonjour,
je voudrais évoquer un sujet un peu tabou, en vous donnant les conclusions d'un récent entretien passé avec un psychologue de l'AFPA :
JE précise que, arrivant au terme de 3 années de chômage, et après de vaines tentatives pour être aide-soignante, institutrice, bibliothécaire (métiers de le communication, du rapport à l'autre, ou encore du "service rendu" et qui me plaisent)je me suis orientée vers l'aide à domicile. Non pas un pis aller, mais la seule solution qu'il me reste à 55 ans.
Sur conseil de l'ANPE, j'ai demandé à suivre une formation d'auxiliaire de vie.
Réponse de la psychologue :
Madame, je ne vais pas vous accepter, car à la façon dont vous parlez, et à votre CV, je vois que vous pouvez faire autre chose, et je préère laisser la place à de pauvres femmes des quartiers défavorisés, qui elles n'ont que ça".
Voilà. Alors j'ai tellement le choix et je parle tellement bien, et mon CV me permet tellement de choses, que ça y est, j'arrive à 2 mois du RMI.
Comme je l'ai dit sur un autre forum de ce site : je suis inscrite dans plusieurs structures d'aide à domicile, mais n'ayant pas fait de formation, je n'ai pas les gestes qui rassurent pour aider une personne âgée à se déplacer, ou à la coucher ou à laver, je n'ai pas le savoir-faire pour certaines choses, et donc je pense que c'est une des raisons pour lesquelles rien ne m'est proposé (une autre raison pouvant être que le secteur n'embauche pas tant que ça...)
Et pendant ce temps, autour de moi, je vois des gens qui se plaignent de l'aide à domicile de leur parent, parce qu'avec elle, leur maman ou leur papa ne peut discuter de rien, ne peut pas aller à une conférence ou à une exposition (ou alors vitesse grand V, car ça n'intéresse pas la personne). S'ils regardent la télé, il arrive qu'ils doivent en passer par où veut l'aide à domicile, comme programme. Etc, il y aurait des tas d'exemples.
La question que je pose est celle-ci : pourquoi l'aide à domicile est-elle réservée à des femmes dont on voit bien, pour certaines d'entre elles, qu'elles n'ont pas la gentillesse ni l'ouverture d'esprit qui conviendrait pour que la personne âgée un peu intellectuelle puisse continuer à avoir l'esprit stimulé ?
Je ne dis pas qu'il faille être Bac + 5 pour bien s'occuper de gens : certains agrégés seraient démunis et pas forcément gentils, là où une brave personne qui a quitté l'cole à 12 ans aura la générosité, la gentillesse, le bon sens, et ce qu'on appelle "l'intelligence du coeur".
Je ne veux donc pas être manichéenne. Je dis que j'aimerais bien que ce secteur balaye large, et qu'on l'ouvre aussi bien à des femmes "qui pourraient faire autre chose" mais ont choisi ce secteur peut-être parce que ailleurs les portes leur sont fermées, mais peut-être aussi parce qu'elles aiment ce rapport à la personne âgée.
Le manichéisme, je le vois en revanche chez trop de travailleurs sociaux, prisonniers d'un schéma angéliste selon lequel la personne qui sait s'exprimer, ou qui a un "bon CV", pourra toujours s'en sortir.
Au bout de 3 ans de chômage et tant de refus essuyés pour raisons (avouées) d'âge, moi je ne m'en sors pas, et je suis amère. Vraiment amère. Et si je parlais de "sujet tabou", c'est parce que je vois bien que parler de cet "accompagnement social à 2 vitesses" n'est pas très bien vu (des travailleurs sociaux).
La grande leçon que j'en ai tiré est en tout cas qu'à mon prochain éventuel entretien pour une formation dans le secteur de l'aide à domicile, je limite mon CV au BEPC (que je n'aurai pas eu) et je parle avec plein de fautes.
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