Message non lu
par Coralie » 01 avr. 2008 10:13
Bonjour,
Je ne vais pas vous parler là de mon expérience professionnelle mais personnelle.
La scarification est le fait de se dessiner ou s’écrire sur le corps, en se coupant. Ce n’est pas le plus dangereux car même s’il résulte (selon moi) d’un mal être, l’ado personnalise simplement son corps, le fait devenir « unique ». Mais peut-être parlez-vous des automutilations qui sont des actes violents et sans but esthétique, et qui représentent effectivement un danger pour les jeunes.
Je pense que selon le mal-être, le passé, la sensibilité de l’ado, l’acte de l’automutilation peut conduire à une tentative de suicide. Un jour, par exemple, où la douleur (mentale) est violente, un coup de « trop », ou trop profond peut amener au pire. Mais il n’y a pas obligatoirement un lien avec les idées suicidaires. Un adolescent peut se faire mal pour différentes raisons : c’est une façon d’exprimer un mal être, une colère intérieure, de s’apaiser pour quelques minutes. J’ai même entendu que pour certains, c’était une volonté de s’en sortir. La blessure qui résulte du geste semble apaiser une souffrance ; par le sang, la « mal » s’échappe…
L’acte d’automutilation, si elle est répétitive, peut conduire à une certaine dépendance. Le jeune éprouve un bien-être particulier après les blessures. Il aura donc envie, et de plus en plus, de refaire son geste. Même s’il va « mieux », par habitude ou par envie, il pourrait éprouver le besoin de s’automutiler de temps en temps. Bien souvent, panser de vrais blessures permet d’oublier un instant les peines du cœur qu’on ne peut pas « soigner ».
Le conseil que je donnerais, c’est d’être vigilant car un passage à l’acte est toujours possible même si la scarification n’est pas un signe « avant-coureur ». Peut-être aussi que les jeunes banalisent leurs gestes (puisque beaucoup d’autres le font, ça ne leur paraît pas si grave !) et n’y voient pas là un réel danger…
Pour les en sortir : comprendre d’où vient l’envie de mutilation, la rage, etc. Faire « souffrir » les jeunes d’une autre façon (sport, course) et si la crise semble apparaître, trouver une autre façon d’extérioriser leur colère.
Je tiens à préciser que je n’ai pas de diplôme et que j’ai écrit cela en fonction de mon passé, de mes recherches.
Bon courage !