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intégration, insertion, socialisation?

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Nathalie

intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par Nathalie » 29 juil. 2005 17:16

Bonjour!

Comme beaucoup d'entre vous en ce moment, je suis en plein mémoire.

J'hésite sur le terme que je dois employer dans ma problématique et mon hypothèse qui sont les suivantes :
- problématique : comment permettre aux jeunes parents d'enfant déficient auditif de se projeter dans l'avenir et de trouver des solutions individualisées pour faciliter l'INSERTION SOCIALE GLOBALE de leur enfant?
- hypothèse : les échanges d'informations, d'expériences et de savoirs-faire entre parents permettent de mieux surmonter les responsabilités parentales spécifiques liées à l'INSERTION d'un enfant déficient auditif.
Je ne sais pas trop si je dois employer le terme d'insertion, d'intégration ou de socialisation.
D'après moi, être socialisé c'est être intégré dans la société. Mais pensez-vous que l'on peut être intégré dans la société sans y être inséré?
C'est un peu compliqué! J'ai besoin d'avoir votre opinion pour faire mon choix. Je pense que le terme d'insertion sociale globale est plus adapté pour ma problématique et mon hypothèse. Qu'en pensez-vous?
Merci pour votre aide et bon courage pour la dernière ligne droite!

Nathalie.

karine

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par karine » 29 juil. 2005 19:24

Bonjour Nathalie,

Je travaille aussi sur ces termes, voilà la déf d'intégration du dictionnaire critique d'action sociale que j'ai prise

l'integration comprend deux dimensions : « celle de l’insertion des individus dans un milieu socioculturel donné avec l’appartenance à des cadres et à des structures conditionnant et celle de l’assimilation par la conscience de valeurs et de normes socioculturelles. »

entre autre l'intégration inclus l'insertion.

En esperant t'avoir aidé...
bon courage
karine

Fanny

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par Fanny » 29 juil. 2005 22:49

Pour ma part, mon hypothèse est la suivante:
« Favoriser l’insertion de la personne en situation de handicap en améliorant l’accessibilité spatiale et culturelle, renforce le sentiment d’appartenance et autorise sa participation sociale dans la cité.»
Mais dans mon exposé, je donne la définition du terme intégration:
L’intégration a pour but de lutter contre « l’exclusion » sociale. Cette expression est subjective, perçue différemment selon que l’on se place du côté des exclus ou du groupe dominant. On peut cependant en cerner le groupe le plus nombreux par la non-possession des biens les plus répandus dans la société : une source de revenus régulière ; des conditions de logement, d’alimentation, d’accès aux soins et aux loisirs considérées comme « décentes » ou « normales ».
Dans le sens courant, comme dans la littérature sociologique, le terme "intégration" a donc deux sens :
- D'une part, l'intégration désigne un état du système social. Une société sera considérée comme intégrée si elle est caractérisée par un degré élevé de cohésion sociale. A l'intégration on oppose donc l'anomie ou la désorganisation sociale.
- D'autre part, l'intégration désigne la situation d'un individu ou d'un groupe qui est en interaction avec les autres groupes ou individus (sociabilité), qui partage les valeurs et les normes de la société à laquelle il appartient. A l'intégration on oppose donc la marginalité, la déviance, l'exclusion.
En psychologie sociale, l’intégration s’exprime par l’ensemble des interactions entre les membres, provoquant un sentiment d’appartenance au groupe et à ses valeurs.
L'intégration des personnes en situation de handicap est l'un des volets essentiels de leur intégration sociale et, par là même, de la reconnaissance de leur citoyenneté.

Personnellement, je pense que les termes insertion et intégration sont très liés

Bon courage
Fanny

keke

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par keke » 31 juil. 2005 19:27

salu a tous

moin je pense kil reste ken mem une grande différence entre intégration et insertion

en effet,la différence c ke pour les premiers on modifie les caractéristique de l'individu et pour le deuxième on l'inseère comme il est.

donc je pense ke dan le mileiu du handicap le teme le plus approprié reste l'insertion.

bon courage et merde pour lexam

Nathalie

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par Nathalie » 01 août 2005 10:33

Merci à toutes les trois d'avoir répondu à mon interrogation.
J'ai réfléchi et je suis assez d'accord avec keke.
Voilà ce que je pense mettre dans mon mémoire après avoir défini les notions d'intégration, insertion et socialisation :
"Après avoir défini ces trois notions, je peux dire que les termes de socialisation et d’insertion sociale globale sont plus appropriés aux enfants en situation de handicap. En effet, la socialisation est tout d’abord une étape indispensable dans l’éducation d’un enfant, qu’il soit handicapé ou non. Ensuite, le terme d’insertion sociale globale est préférable à celui d’intégration car lorsqu’un enfant est inséré, il garde ses propres caractéristiques. On peut donc penser qu’un enfant handicapé peut être inséré dans la société, mais ne peut pas être totalement intégré dans celle-ci car il n'adhère pas complètement à ses normes et ses valeurs. Il peut par contre être intégré dans un groupe qui présente les mêmes caractéristiques que lui."

Qu'en pensez-vous?

A bientôt.

Nathalie.

florence

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par florence » 01 août 2005 10:48

Bonjour

J'ai lu avec beaucoup d'attention chacun de vos messages.

En tant qu'handicapée, je vais essayer de vous faire part de mon point de vue sur le sujet de l'intégration et de l'insertion et de la manière dont j'ai vécu les deux.

L'insertion ne se fait pas sans une démarche d'intégration. L'intégration ne se fait pas non plus sans un désir d'insertion de la part de l'individu

Je dirais qu'aujourd'hui l'intégration est plus un mot qui s'adapte à présenter la mise en place de moyens humains et techniques pour accompagner la personne dans son insertion.

L'insertion est vraiment une interaction dans les relations entre la personne en situation de handicap et l'environnement social(école, milieu de travail ordinaire ou semi-spécialisé)

Et, pour ma part, je pense que la socialisation de la personne en situation de handicap ne peut se faire sans une démarche d'intégration puis d'insertion.

Cette hypothèse s'applique surtout à des enfants et des adultes intégrable, insérable dans le milieu ordinaire.

Il peut y avoir intégration, insertition dans les structures d'accueil spécialisées mais elle n'est pas la même.

Choisissez bien votre public en fonction du degrè d'autonomie qui aide à l'intégation puis à l'insertion facteur de socialisation. Car si tous les handicapés sont d'une certaine manière socialisable, tous ne sont ni intégrables ni insérables. La raison d'être des structures spécialisées.

Florence

keke

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par keke » 01 août 2005 13:10

bonjour a toutes

florence je suis tout à fait d'accord qur le principe, cela fait plus d'un an que je bosse avec des personnes handicapées.

Par contre sur le terrain c'est ok; mé pour l'examen je reprendrai pluto la façon de le présenter de nathalie. Tout cela parce que comme c'est le cas pour chaque examen , on doit rentrer dans un certain "moule", en apportant sa touche personnelle mais sans trop "s'écarter" de ce que l'on attend de nous

C'est triste de fonctionner dans une logik examen mais dès le mois d'octobre, on aura toute l'opportunité de fair le boulo kom on le sen en prenant en compte la singularité de chaque individu. Il n'y a pas de solution miracle!!!

Par contre là ou je ne suis pas d'accrod florence, c'est que toutes les personnes sont insérables mais à plsu ou moins long terme.

En espérant que vous m'ayez comprise
a biento

florence

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par florence » 01 août 2005 14:06

Bonjour

Oui, "rentrer dans les petites cases ou le moule", je cnnais toutes ces expression. Du fait de mon handicap, je ne rentre dans aucune d'elles.

Comment insérez-vous un myopathe sans aucune autonomie dans les actes de la vie quoidienne (perspective d'avenir : décès) ? Une personne atteinte du Locked in syndrome (maladie où la personne ne parle qu'en ouvrant ou fermant les paupières, nourrie par sonde gastrique, alitée 24 h sur 24, ou d'une sclérose en plaque amyotrophique (perspective d'avenir, décès)? Comment insérez-vous un enfant qui, suite à des convulsions, a des séquelles neurologiques importante avec quasiment aucune autonomie dans les actes de la vie quotidienne ?

Ces personnes là vont toutes ou presquens en maison d'accueil spécialisée ou foyer d'accueil médicalisé. Appelez-vous "insertion" le placement dans de telles structures spécialisées.

Vous êtes-vous interrogée ou documentée sur les échecs d'intégration, d'insertion. Cela existe et amène à réfléchir sur bien des domaines touchant aux sciences humaines.

Je comprends qu'il faille rentrer dans une logique d'examen. Mais, je déplore le décalage entre la réalité et la théorie.

Florence

karine

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par karine » 01 août 2005 15:49

Plus, je réflechis, plus je m'embrouille,

Selon moi, il n'y a pas d'intégration sans insertion, je me trompe ?

Comment intégrer des normes sociales et culturelles sans insertion réelle (encore une fois entrant dans les normes :école, travail, vie sociale...)

Aussi, la définition de Nathalie me semble correcte.

N'est ce pas là la réalité du terrain, ce jeune myopathe sans aucune autonomie dans les actes de la vie quoidienne, quelle insertion réele pour lui, si ce n'est au sein de l'institution ? Entre autre pas d'insertion au sens de la norme, alors dans quelle mesure, peut-on parler d'intégration ?

Bref, il me semble que la déf de nathalie rejoint largement celle de Florence. La logique d'examen doit forcément répondre à la logique de terrain.
Il se peut que j'ai pas suivi votre réflexion, pouvez vous m'éclairer ?

Karine

florence

Re: intégration, insertion, socialisation?

Message non lu par florence » 01 août 2005 17:42

Dans notre coeur et corps d'handicapé, intégrer une structure adaptée ou spécialisée ne rime pas avec le sens que nous donnons au mot insertion.

Nous nous sentons insérés dans la société quand nous sommes dans le milieu ordinaire; Etre dans le milieu ordinaire, c'est avoir son logement, son travail, son salaire, une vie autonome ou presqu'aussi autonome que la votre avec toutefois l'appui de la technique ou de moyens humains. Notre intégration permet notre insertion et donc notre socialisation. C'est-àdire que notre déficience ne nous empêche pas d'occuper des postes réservés ou adaptés dans une entreprise ou la fonction publique.

Je ne sais ps si on peut vraiment parler d'intégration, d'insertion pour une personne en situation de handicap qui est en C.A.T. Certes, les C.A.T rentrent maintenant dans une logique écnomique. Ils participent à leurs manières à la vie économique. Mais, là encore tout dépend de la nature de l'activité, du degré de rentabilité exigé des travailleurs handicapés et de son degré d'implication dans le circuit économique. A réfléchir.

Dans le cas des handicapés qui ne peuvent pas s'insérer, ni s'intégrer dans le milieu ordinaire, on parle plus de socialisation. Les handicapés comme le locked in syndrome ou la sclérose en plaque amyotrophique partagent certes des activités communes qui sont proposés par une équipe pluridisciplinaire ( kiné, ergothérapeute, éducateur, assistante sociale, CESF, animateur, orthophoniste, etc...) Ils ont des rapports sociaux. Mais, en étant placés en MAS ou en FAM, ces personnes en situation en handicap lourd nécessitant une prise en charge médicale plus ou moins importante sont-elles vraiment intégrées dans la société et par extension insérées ?

Moi qui fréquente, de par le travail de mon mari, beaucoup de parents d'enfants déficients intellectuels pour qui la perspective est la Maison d'Accueil Spécialisé, le Foyer d'Accueil Médicalisé, l'hopital de jour Adulte ou même les foyers occupationnels, je n'entends pratiquement jamais les parents parler d'intégration, ni même d'insertion, mais plutot de "c'est bien qu'il entre dans cette structure au moins il restera sociable". C'est une façon de le socialiser mais il ne sera jamais intégrable et donc insérable dans la société." "Il ne vivra jamais comme nous. Il sera toujours dans son monde à lui avec ses valeurs"...

En relisant la définition de Fanny, oui bien sur on appartient à un groupe : celui des handicapés. Mais, si on prend du recul par rapport à notre société actuelle et ses normes, notre groupe d'handicapés qui fait l'objet de toutes les attentions du moment pour faciliter notre intégration, voire notre insertion, n'est-il pas en marge des valeurs véhiculés par le millieu ordinaire ? Telle est la question que je me pose

Ce débat est vraiment intéressant. Difficile de cerner la frnontière entre socialisation, intégration et insertion sans connaître le type de public auquel on s'adresse. Il faut aussi préciser par rapport à quelles valeurs estime-t-on qu'une personne handicapée est intégrable, insérable ou juste en situation de socialisation. Si appartenir à un groupe social définit par l'étiquette "handicap" (pardon si ma façon de m'exprimer heurte, ce n'est pas volontaire) est une façon d'être intégré voire inséré. Alors oui, on peut dire que toute personne atteinte d'une déficience physique, sensorielle ou intellectuelle, partielle ou totale, ayant un retentissement plus ou moins important sur la vie sociale, professionnelle, domestiques est intégrable, insérable dans un système de valeurs qui correspond au groupe social "handicap". Mais, ce groupe n'est-il pas un groupe à part dans un ensemble ?

Très intéressant ce débat car il me fait aussi réfléchir sur le regard que je porte à la fois sur notre groupe social "les hndicapés" et sur notre place dans la société

Florence

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