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L'utilité ou les limites du CESF ?

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Evelyne

L'utilité ou les limites du CESF ?

Message non lu par Evelyne » 25 mars 2006 16:29

Bonjour à tous et toutes !
Je suis très intéressée par le BTS ESF. Mais je voudrais avoir des témoignages de CESF...car dans ma propre vie les acteurs sociaux ont souvent été là pour me répondre "non" y compris quand j'avais un projet bien ficelé et à débouchés certains...J'ai eu à faire face parfois même à des intervenants agressifs verbalement.
C'est pour cela que j'aimerais avoir le sentiment de plusieurs CESF pour savoir si je suis mal tombée par le passé où si réellement les CESF sont souvent amenées à répondre plutôt défavorablement à la demande d'aide même légitime de personnes en difficulté...Bien sûr je ne dis pas qu'elles le font exprès, loin s'en faut mais tout simplement leur supérieur les contraindrait à refuser beaucoup de demandes parce que le problème serait qu'il n'y a pas de budget suffisant pour pouvoir vraiment aider les personnes en difficulté...Pour moi c'est très important de le savoir parce que je vivrais douloureusement de devoir dire "non" à des personnes en réelle détresse et en réelle besoin d'aide...De mon expérience il ressort clairement que certains intervenants sociaux sont plutôt là pour "fliquer" la personne en difficulté que pour l'aider efficacement...mais peut-être que dans le département où je vis on se permet des comportements qu'ailleurs les intervenants sociaux n'ont pas ? Donc je suis très très intéressée par les témoignages des CESF en exercice à ce sujet. D'avance merci à ceux et celles qui voudraient bien me donner leur avis à ce sujet.

kler

Re: L'utilité ou les limites du CESF ?

Message non lu par kler » 26 mars 2006 01:09

ouh la la ! il est vrai que la malchance nous conduit souvent à tomber sur la mauvaise personne au mauvais moment et que cela aboutit à une bonne(???) douche froide...la réponse à ta question, Evelyne, est : non, les travailleurs sociaux ne sont pas là pour metre des bâtons dans les roues des usagers. toutefois, il est vrai que des critères de financements entrent en ligne de compte. mais, au delà de ça, ils sont là pour faire l'analyse de la situation des personnes et évaluer les probabilités de réussite des projets des personnes.les choix sont parfois difficiles... mais cependant, rien n'autorise le manque de respect. une décision prise en toute bonne conscience peut se justifier si la personne ne la comprend pas. cela peut être difficile à entendre mais s'avérer positif à plus lond terme. mon conseil sur ce point est : beaucoup de personnes s'arrètent sur un simple oui ou non. il ne faut pas s'arréter là.il faut chercher à comprendre, demander les raisons qui ont motivé ce choix, trouver ce qui a péché et en tenir compte pour la tentative suivante, analyser les freins.j'ai moi même eu droit à ce type de réponses tout au long de mon parcours. c'était parfois dû à un manque de professionalisme, parfois parce qu'il y avait des éléments qui auraient fait échouer mon projet. je suis aujourd'hui CESF, et je garde ceci en mémoire lorsque j'ai une décision à prendre, car je sais qu'il en va de l'avenir d'une personne. j'espère que tu pourras rencontrer un travailleur social qui saura t'entendre le moment venu. bon courage. kler

Didou

Re: L'utilité ou les limites du CESF ?

Message non lu par Didou » 26 mars 2006 08:16

Bonjour Evelyne,

Je vais tenter de répondre à ton message, en insistant sur le fait qu'il ne s'agit que d'un regard sur la profession de CESF, donc forcément partiel et ne se basant que sur mon expérience , mon ressenti, mon parcours.

Je vais m'appuyer sur tes propos :

Evelyne : "car dans ma propre vie les acteurs sociaux ont souvent été là pour me répondre "non" y compris quand j'avais un projet bien ficelé et à débouchés certains"

Didou : Il peut en effet arriver que des travailleurs sociaux ne puissent intervenir auprès des usagers notamment lorsque la demande formulée n'entre pas dans le cadre de la/des mission(s) qui lui sont confiées par son employeur. Dans ce cas, le travailleur social conseille, oriente vers l'interlocuteur qui lui semble être le plus pertinent pour répondre à la demande de l'usager.

E :"...J'ai eu à faire face parfois même à des intervenants agressifs verbalement."

Didou : Le métier de travailleur social est un métier souvent difficile où parfois les conditions de travail sont telles que le(s) professionnel(s) sont soumis à une pression importante. Ce sont des êtres humains avant tout...avec leurs forces et leurs faiblesses....Toutefois , cela n'excuse pas un manque de respect envers l'usager.

E :" à la demande d'aide même légitime de personnes en difficulté..."

D : Je ne pense pas que soit remis en cause "la légitimité de la demande, ni même les difficultés rencontrées"

E : leur supérieur les contraindrait à refuser beaucoup de demandes parce que le problème serait qu'il n'y a pas de budget suffisant pour pouvoir vraiment aider les personnes en difficulté

D : Le manque de budget, est en effet une possibilité.

Certains dispositifs sont réservés à un public "spécifique". Dès lors que le demandeur n'entre pas dans les critères définis par les dispositifs visés, il ne peut obtenir l'aide sollicitée.

D'où l'importance d'être bien informé des différents dispositifs existants afin de s'adresser au bon interlocuteur.

Je ne te cache pas que le travailleur social peut parfois se sentir démuni lorsqu'aucune solution satisfaisante pour l'usager semble possible. Il est alors parfois nécessaire d'envisager une adaptation au projet, en proposant une tangeante , voire un changement de projet.

E : ...Pour moi c'est très important de le savoir parce que je vivrais douloureusement de devoir dire "non" à des personnes en réelle détresse et en réelle besoin d'aide...

D : Si tu choisis de poursuivre dans cette voie qu'est la formation de travailleur social, il te sera nécessaire de travailler sur toi et sur ressenti qu'est cette "douleur du NON".

E : "De mon expérience il ressort clairement que certains intervenants sociaux sont plutôt là pour "fliquer" la personne en difficulté que pour l'aider efficacement"

D : Ce n'est, de mon point de vue , pas le rôle du travailleur social que de "fliquer" l'usager. C'est antynomique avec la Relation de Confiance que l'on établi avec lui et qui est la pierre angulaire du travail d'accompagnement.

Toutefois, je ne mets pas en doute ton ressenti...Certaines structures, certains dispositifs nécessitent un certain contrôle au regard des nombreuses fraudes. Ces dispositifs étant financés par des fonds publics, il est en effet, plus que nécessaire d'en contrôler l'utilisation.

Enfin, je dirai que je ne pense pas qu'au travers de ton témoignage, tu aies été visée à titre personnel mais que tu n'as certainement pas rencontrer les "bonnes" personnes au "bon moment".Il ne me semble pas impossible aussi que cette suite d'échec ait pu développer en toi une grande amertume, une certaine colère ne te permettant pas ensuite de te faire entendre de tes interlocuteurs.

Le travail de reconstruction est souvent très long, les retours en arrière sont aussi possibles...Mais quand les usagers retrouvent le sourire, une stature, un port de tête, une énergie, l'envie de vivre, d'avancer, de faire des projets....alors il est permis d'espérer que le travail d'accompagnement y a modestement contribué.

Je te souhaite , au fil du temps, de trouver l'apaisement, la sérénité génératrice du succès auquel tu aspires légitimement.

En espérant t'avoir un peu aidée,
Bonne suite à toi,
Cordialement,
Didou

Evelyne

Re: L'utilité ou les limites du CESF ?

Message non lu par Evelyne » 28 mars 2006 13:42

Merci à Kler et Didou pour vos témoignages.
Didou, tout ce que vous dîtes est très intéressant et vous défendez bien la profession...MAIS croyez-moi la violence verbale de certains acteurs sociaux est malheureusement une réalité ...en tous cas là où je vis oui...Vous savez il est arrivé qu'on me dise "non" à un projet bien ficelé et bien sûr le motif du non était bidon style : "vous n'avez pas apporté de devis" alors que j'avais moi-même proposé à l'assistance sociale de l'apporter dès le départ et c'est elle qui m'avait dit de ne l'apporter qu'après la décision de la commission...Donc évidemment j'ai trouvé cela un peu fort et je me suis plainte auprès de différentes personnes bien ciblées...on m'a convoqué pour défendre mon projet 3 mois plus tard ...et là j'ai réussi à convaincre la douzaine de personnes qui m'envoyaient des questions pièges de toutes parts...seulement voilà à cause d'eux j'ai entamé ce projet avec énormément de retard...C'était il y a longtemps...mais j'ai un exemple très récent d'une psychologue AFPA qui s'est crue obligée pour refuser ma demande de m'humilier...à plusieurs reprises...jusqu'à tenir des propos mensongers me concernant...Le problème c'est qu'elle a déjà fait ça à quelqu'un que je connais bien...
Je regrette Didou, le travail sur moi-même je le fais depuis des années...mais on n'a pas besoin d'avoir fait l'ENA pour savoir que pour dire non légitimement à une personne on n'est pas obligé de la déprécier comme cette psy l'a fait...Didou vous parlez d'un travail sur moi à propos de la douleur du non...Eh bien au delà du non, ce contre quoi je m'élève c'est LA MANIERE DE DIRE NON ...Parce qu'il semble régner dans ce pays (dans certaines situations) la loi de l'OMERTA...Moi Didou je veux dénoncer la violence verbale gratuite infligée par certains acteurs sociaux aux plus démunis...à ceux qui justement auraient besoin d'être soutenus moralement et non pas méprisés...De toutes façons je connais une intervante sociale et que je trouve très bien (une femme très intelligente) qui m'a récemment avoué qu'elle reconnaissait qu'aujourd'hui même aux "meilleurs candidats" = ceux offrant le plus de garanties de réussite on finissait par dire NON pour des formations pourtant reconnues pour leur utilité ...Il faut arrêter les mensonges...en septembre dernier quand je m'étais rendue à l'ANPE, j'ai évoqué mon projet de formation de l'époque et on m'a dit "si vous demandez une formation c'est non, on ne peut plus financer les formations"...C'est clair ...Didou je vous conseille vraiment de lire le livre à paraître dans les prochains jours "CHOMAGE, DES SECRETS BIEN GARDES" de Fabienne Brutus aux éditions "Jean-Claude Gawsewitch"...ça en dit long...sur notre société ...Ce livre a été écrit par une employée de l'ANPE qui parle de son malaise quand elle doit convaincre les chômeurs de suivre ces fameux "bilans de compétence" pour meubler le temps...En conclusion je dirais : "A BAS LES MASQUES"...

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