Depuis quelques mois mûrit une réflexion qui frise parfois la révolte.
Je crois encore que le social (au contraire de la solidarité) est affaire d'Etat. Que cela permet une aide équitable et non subjective. C'est le cas par exemple des prestations sociales. Or, il semble que lors des formations en particulier en ESF, le privé prime sur l'Etat. Et ce, dans deux domaines.
Le premier porte sur l'appréciation des établissements, ceux du public (le CNED mais aussi les lycées) sont discrédités, alors que des établissements privés et coûteux ont une réputation plus rutilante. Toutefois sachant que ces réputations portent sur les taux de réussite aux examens, je m'interroge... Une sélection drastique basée sur des connaissances scientifiques (dans le cas du BTS) permet d'obtenir de bons taux de réussite mais génère-t'elle des professionnels compétents ?
Le second porte sur les stages et particulièrement sur les partenariats entre établissements privés et services publics ou semi-privés (collectivités locales, CAF, UDAF...). Là encore ce sont ces établissements privés qui sont primés et tant pis pour les pauvres étudiants du secteur public.
Je m'inquiète. Alors que l'entrée en formation d'éducateurs spécialisés (par exemple)est basée sur une maturité, une pré-connaissance des publics, voire un passé professionnel ou bénévole, les formations en ESF des établissements privés recherchent des étudiants jeunes, inexpérimentés (maléables?).
Tout cela m'amène à me demander si la place de l'Etat dans cette histoire n'est pas encore plus calculée. En effet, quoi de mieux qu'un travailleur social qui ne connaisse ni militantisme, ni engagement politique, qui applique les recommandations étatiques à la lettre, qui privilégie le contrôle social à la relation d'aide...
Le CNED (et donc l'éducation nationale) conduit ses étudiants à lire, réfléchir, s'impliquer... Voilà qui est bien dangereux !
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Quand le social devient affaire privée
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mimi lili
Re: Quand le social devient affaire privée
bonjour
j'ai trouvé ta reflexion interessante enfin surtout la deuxieme partie car j'ai pas bien compris le debut
en fait concernant la difference entre privé et public dans ce bts je ne suis pas d'accord
perso je suis lyonnaise et a lyon ya surtout deux ecoles qui forment a notre bts ,les autres sont privé hors contrat et le taux de reussite y est tres faible
sur les deux ecoles il ya un lieu de formation privé (alexis carrel) et un lycée public (la martiniere duchere ou j'ai passé mon bts ) et les deux ont quasiment le meme taux de reussite et la meme tres bonne reputation donc ça veux rien dire
par contre concernant le fait que l'etat cherche a former des travailleurs sociaux disciplinés et qui surtout ne se posent pas trop de question ,on s'est fait exactement la memem reflexion avec des copines de ma classe car les eleves un peu "revoltée" ou n'entraant pas dans le moule avaient rapidement des problemes
la directrice adjointe nous a meme carrement dit que pour la 3eme année ils aimaient pas les grandes geules ,donc c'est dire
enfin il faut pas se laisser faire, nous on reste convaincu que c'est au contraire tres important de garder sa capacité de revolte face a l'injustice il faut juste savoir la canaliser et savoir la defendre intelligemment
bien sur on peut pas dire a des usager "vous avez raison ,vous devriez pas accepter ça " mais ça n'empeche pas d'aller se battre pour faire evoluer es lois ou tout simplement faire remonter les situations qui montrent qu'il y a un probleme dans le systeme
j'ai trouvé ta reflexion interessante enfin surtout la deuxieme partie car j'ai pas bien compris le debut
en fait concernant la difference entre privé et public dans ce bts je ne suis pas d'accord
perso je suis lyonnaise et a lyon ya surtout deux ecoles qui forment a notre bts ,les autres sont privé hors contrat et le taux de reussite y est tres faible
sur les deux ecoles il ya un lieu de formation privé (alexis carrel) et un lycée public (la martiniere duchere ou j'ai passé mon bts ) et les deux ont quasiment le meme taux de reussite et la meme tres bonne reputation donc ça veux rien dire
par contre concernant le fait que l'etat cherche a former des travailleurs sociaux disciplinés et qui surtout ne se posent pas trop de question ,on s'est fait exactement la memem reflexion avec des copines de ma classe car les eleves un peu "revoltée" ou n'entraant pas dans le moule avaient rapidement des problemes
la directrice adjointe nous a meme carrement dit que pour la 3eme année ils aimaient pas les grandes geules ,donc c'est dire
enfin il faut pas se laisser faire, nous on reste convaincu que c'est au contraire tres important de garder sa capacité de revolte face a l'injustice il faut juste savoir la canaliser et savoir la defendre intelligemment
bien sur on peut pas dire a des usager "vous avez raison ,vous devriez pas accepter ça " mais ça n'empeche pas d'aller se battre pour faire evoluer es lois ou tout simplement faire remonter les situations qui montrent qu'il y a un probleme dans le systeme
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Sophie
Re: Quand le social devient affaire privée
Merci pour ta réponse.
Je suis ravie de voir que dans ton département le public a encore sa place...
Je suis ravie de voir que dans ton département le public a encore sa place...
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tnt
Re: Quand le social devient affaire privée
Sophie : j'ai de l'entourage dans l'éducation spécialisée. Les selections pour rentrer dans ces écoles sont très aléatoires, et subjectives. Comment mesurer la maturité ? La personne peut très bien être dans un dicours appris au cours des entretiens de selection (car de plus en plus font des prépas pour accéder à ces écoles, et là je te rejoints sur la privatisation du système, de m^me que les profondes inégalités que cela engendre). Je pense que le meilleurs moyen pour selectionner des candidats, c'est la formation elle-même, ainsi que les stages.Je suis entièrement d'accord sur la necessité d'avoir une certaine expérience de vie et de la maturité pour se lancer dans ces métiers, de m^me que sur la necessité de se poser des questions sur le sens du travail que l'on fait avec les usagers, et de toujours ressituer le problème de l'usager en tenant compte du contexte actuel. Par contre dans ma région les école publiques ont une bien meilleure réputation que les écoles privées réputées très chères et peu formatrices
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Sophie
Re: Quand le social devient affaire privée
Tnt,
Pendant 5 ans, j'ai préparé aux oraux des concours ES, ME etASS et ce pour différents établissements (gratuits ou plus chers). Si la préparation permet de se positionner (j'utilisais notamment la psychogénéalogie), de réfléchir à ses motivations, elle ne peut créer une maturité parce qu'elle ne remplace pas un vécu.
Or c'est ce vécu qui permet de se distancier ou pas, de faire sien ou non le discours de l'enseignant.
Pendant 5 ans, j'ai préparé aux oraux des concours ES, ME etASS et ce pour différents établissements (gratuits ou plus chers). Si la préparation permet de se positionner (j'utilisais notamment la psychogénéalogie), de réfléchir à ses motivations, elle ne peut créer une maturité parce qu'elle ne remplace pas un vécu.
Or c'est ce vécu qui permet de se distancier ou pas, de faire sien ou non le discours de l'enseignant.
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Lycia
Re: Quand le social devient affaire privée
Pour répondre :
La plupart des Travailleurs sociaux (surtout les Assistants sociaux) que j'ai rencontrés ne sont absolument pas des idéalistes (je travaille dans le social). Au contraire, ils culpabilisent souvent des usagers en leur disant "faut travailler" sans prendre en compte que le monde humain est basé sur une certaine injustice et sur la loi du plus fort (pas du plus intelligent). Ils ne prennent pas souvent en compte l'aspect psychologique des usagers. Ils jugent par rapport à leurs propres concepts culturels. Ils ne creusent pas en profondeur.
Par contre, les TS à l'ancienne et les bénévoles des Assos, c'est-à-dire la plupart sans diplome sont souvent plus des personnes de coeur et qui portent un idéal. L'intérêt, c'est qu'ils sont plus courageux et innovent le travail social qui est devenu uniformisé. Ce sont les bénévoles par exemple qui sont à l'initiative du travail social et des grands projets. Ce qui n'est pas le cas souvent chez les TS qui ont souvent peur de sortir du lot.
Maintenant, l'intérêt dans les cours d'ESF, c'est, je pense la diversité des cours et leur pragmatisme. Il y a un savoir faire efficace sans idées intellectuelles bien consensuelles.
Enfin, pour conclure, pour moi le plus important c'est d'être soi-même et d'avoir envi d'aider car nul ne détient la vérité sur l'idée du bien et du mal et donc du travail social.
La plupart des Travailleurs sociaux (surtout les Assistants sociaux) que j'ai rencontrés ne sont absolument pas des idéalistes (je travaille dans le social). Au contraire, ils culpabilisent souvent des usagers en leur disant "faut travailler" sans prendre en compte que le monde humain est basé sur une certaine injustice et sur la loi du plus fort (pas du plus intelligent). Ils ne prennent pas souvent en compte l'aspect psychologique des usagers. Ils jugent par rapport à leurs propres concepts culturels. Ils ne creusent pas en profondeur.
Par contre, les TS à l'ancienne et les bénévoles des Assos, c'est-à-dire la plupart sans diplome sont souvent plus des personnes de coeur et qui portent un idéal. L'intérêt, c'est qu'ils sont plus courageux et innovent le travail social qui est devenu uniformisé. Ce sont les bénévoles par exemple qui sont à l'initiative du travail social et des grands projets. Ce qui n'est pas le cas souvent chez les TS qui ont souvent peur de sortir du lot.
Maintenant, l'intérêt dans les cours d'ESF, c'est, je pense la diversité des cours et leur pragmatisme. Il y a un savoir faire efficace sans idées intellectuelles bien consensuelles.
Enfin, pour conclure, pour moi le plus important c'est d'être soi-même et d'avoir envi d'aider car nul ne détient la vérité sur l'idée du bien et du mal et donc du travail social.
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Sophie
Re: Quand le social devient affaire privée
Lycia,
Je crois qu'actuellement les TS sont bridés par les collectivités territoriales pour deux raisons :
- elles ont le pouvoir décisionnaire depuis la décentralisation (voir les CLI)
- elles ont le budget
Les élus leur demandent donc des comptes et des résultats rapides. Or, bien souvent la conjugaison de causes internes (la personne) et externes (la société) ne permet pas cette évolution rapide. Parce que la difficulté de la personne est multifactorielle.
Je crois qu'actuellement les TS sont bridés par les collectivités territoriales pour deux raisons :
- elles ont le pouvoir décisionnaire depuis la décentralisation (voir les CLI)
- elles ont le budget
Les élus leur demandent donc des comptes et des résultats rapides. Or, bien souvent la conjugaison de causes internes (la personne) et externes (la société) ne permet pas cette évolution rapide. Parce que la difficulté de la personne est multifactorielle.
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Lycia
Re: Quand le social devient affaire privée
Sophie :
Oui tu as raison Sophie. On obéit à son employeur et à celui qui nous paie.
Mais quand tu discutes avec les TS en général, ils n'ont pas d'idées hors norme. Il n'y a pas d'approches philosophiques réelles.
C'est ça qui m'étonne. Pour moi un TS devrait être un idéaliste tel Gandhi ou l'Abbée Pierre et à la place ce sont souvent des personnes qui restent sur la longueur d'onde d'une culture sans réfléchir à leur connaissance de soi et de leur "antropologie".
C'est un peu comme les profs, peu ont la vocation ou la gardent.
Mais, c'est un problème humain et il est vrai que ce n'est pas évident de ne pas se laisser happer par le moule. lol
Oui tu as raison Sophie. On obéit à son employeur et à celui qui nous paie.
C'est ça qui m'étonne. Pour moi un TS devrait être un idéaliste tel Gandhi ou l'Abbée Pierre et à la place ce sont souvent des personnes qui restent sur la longueur d'onde d'une culture sans réfléchir à leur connaissance de soi et de leur "antropologie".
C'est un peu comme les profs, peu ont la vocation ou la gardent.
Mais, c'est un problème humain et il est vrai que ce n'est pas évident de ne pas se laisser happer par le moule. lol