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par Aurélie » 07 janv. 2010 11:47
Bonjour
Ton sujet m'intéresse particulièrement car c'est un questionnement auquel je me suis déja intéressé aussi.
J'ai travaillé pendant mon stage long de 3ème année dans un centre pour enfants et ados polyhandicapés (donc handicap mental + handicap moteur).
J'ai constaté que le fait que très peu d'enfants aient accès au langage et puissent communiquer de façon orale, renforce ce malaise qu'ont les gens. Les personnes non sensibilisées au handicap, quel qu'il soit, éprouvent bcp de sentiments ambivalents: honte, pitié, compassion, dégoût...
C'est à nous, professionnels, de faire changer le regard, de pouvoir contribuer à faire évoluer les mentalités à ce sujet. Mais ça implique de pouvoir nous mêmes dépasser ce stade de "malaise". Par exemple, au début, ne connaissant pas les enfants ni la prise en charge spécifique du polyhandicap, j'étais mal à l'aise, je m'interrogeais sur ma place et mon rôle vis à vis de ce public, et le regard des gens que l'on croisait pouvait renforcer ce malaise. C'est par la suite, quand on a appris mutuellement à se connaître, que j'ai pu me familiariser avec toutes ces particularités, que je me suis sentie vraiment à l'aise et que du coup, mon regard de professionnelle aussi a évolué. Du coup, après, je ne me préoccupais plus des regards, je ne comprenais d'ailleurs pas à quel point le handicap pouvait engendrer un malaise puisque moi même je ne voyais plus le handicap, mais un enfant avant tout.
En ce qui concerne les actions à mettre en place, beaucoup d'ouverture sur l'extérieur: des sorties à des spectacles, au marché,... et également des projets de partenariat avec d'autres écoles ou institutions qui permet de sensibiliser ces personnes lambda dont tu parles, au handicap, et de constater que les personnes handicapées sont avant tout des personnes!