Après quelques années d'expériences professionnelles, après différentes rencontres de travailleurs sociaux; je désespère de voir comment les travailleurs sociaux pensent peu en terme de globalité. Non pas que je m'autocongratule, mais plutôt que je me questionne sur le comment que ça se fait que les travailleurs sociaux se bougent si peu pour défendre leurs acquis, pour défendre une reconnaissance et une qualité de travail et pour défendre tout simplement une logique d'organisation, des conceptions et une étique. Bientôt, n'y aura-t_il que des exécutants sociaux, des coach, des "réinséreurs sociaux" (peut importe commnent, ou, et à quoi, mais réinsérons les gens?).
Quelle tristesse. les travailleurs sociaux aussi sont prêts à tout pour "bosser". De standardisation en uniformisation, de fusion en evaluation, de cassage de convention en suppression du secteur public. Quel avenir?
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faire du social sans politique?
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BrankiPod
Re: faire du social sans politique?
Je te rejoins totalement, je suis diplômé depuis peu, et déjà lors de mes 3 ans de formations, lors de mouvements sociaux/grèves, nous n'étions que 3/4 pour défendre des acquis. Je pense que les jeunes diplômés pensent d'abord à leur petite personne plutôt que de penser, comme tu dis "en globalité". Ils seraient prêt à te tuer pour prendre ta place, à te broyer plutôt que de chercher des solutions ensemble.
C'est navrant, mais c'est LA réalité....
C'est navrant, mais c'est LA réalité....
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CC
Re: faire du social sans politique?
Le stress et l'angoisse de perdre son emploi inhibe l'attitude contestataire et revendicatrice des salariés, et a pour effet d'appauvrir le dialogue social. De plus les menaces de dépôt de bilan, de délocalisation… dans l’industrie et le commerce, ou les restrictions de budgets dans le secteur public ou associatif… ne favorisent pas la négociation. Dans un tel contexte le culte de l'individualisme et du mérite fait des émules. Ce constat pour le moins alarmiste, amène nos dirigeants à vouloir une refonte du code du travail pour plus de flexisécurité. Je n'ose prédire la finalité d'une telle politique….
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xav
Re: faire du social sans politique?
Voilà un sujet fort intéressant!
On pourrait aussi l'appeler " engagement et travail social".
Quel que soit le niveau d'engagement d'ailleurs, mais c'est un métier qui sous tend forcément une posture particulière qui doit être en lien avec une pensée. D'où pour cela avoir une certaine conscience "globale" - au delà des murs de l'institution, de ce qui se joue, ce qu'on veut de nous...
Et donc en conscience pouvoir faire des choix, ce qu'on accepte, ce qu'on ne peut accepter, ce qu'on aimerait...
L'éduc ne penserait-il plus ? Les consciences seraient-elles en sommeil?
Ce métier tant lié à l'être, aurait-il scindé l'action de la pensée pour nous rendre des agissants corvéables et malléables à merci, des exécutants remplissant des beaux domaines de compétence listés devant être mis en concurrence, des concepteurs de projets rentables...
On peut toujours dire qu'on a trop la tête dans le guidon pour penser, pour ne pas chercher à comprendre, ne pas se mobiliser quel que soit l'échelle... Et puis "il fait froid dehors", il y a tant de plus malheureux qui attendent notre place...
L'avenir?? On peut effectivement se poser la question en voyant l'ampleur énorme des remises en question de notre secteur et le manque de débat-mobilisation en rapport.
Où sommes nous?? Que sommes nous??
Que voulons nous??
On pourrait aussi l'appeler " engagement et travail social".
Quel que soit le niveau d'engagement d'ailleurs, mais c'est un métier qui sous tend forcément une posture particulière qui doit être en lien avec une pensée. D'où pour cela avoir une certaine conscience "globale" - au delà des murs de l'institution, de ce qui se joue, ce qu'on veut de nous...
Et donc en conscience pouvoir faire des choix, ce qu'on accepte, ce qu'on ne peut accepter, ce qu'on aimerait...
L'éduc ne penserait-il plus ? Les consciences seraient-elles en sommeil?
Ce métier tant lié à l'être, aurait-il scindé l'action de la pensée pour nous rendre des agissants corvéables et malléables à merci, des exécutants remplissant des beaux domaines de compétence listés devant être mis en concurrence, des concepteurs de projets rentables...
On peut toujours dire qu'on a trop la tête dans le guidon pour penser, pour ne pas chercher à comprendre, ne pas se mobiliser quel que soit l'échelle... Et puis "il fait froid dehors", il y a tant de plus malheureux qui attendent notre place...
L'avenir?? On peut effectivement se poser la question en voyant l'ampleur énorme des remises en question de notre secteur et le manque de débat-mobilisation en rapport.
Où sommes nous?? Que sommes nous??
Que voulons nous??
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François
Re: faire du social sans politique?
Bonjour à tous,
sujet pour le moins intéressant.
je me demande s'il ne faut pas lier la perte de l'engagement "politique" avec la perte des idéaux dans la société. Il est clair que la peur de perdre son taf joue dans une forme d'inhibition. Mais contester d'accord! mais au regard de quel idéal du travail social.
j'ai eu une discution une fois avec un gars qui m'a interpelé. Il me disait que des historiens pensaient que lors de la révolution si Louis XVI avait donné du pain au peuple, il ne se serait pas révolté (bien sur, j'imagine que ça se discute).
Il m'a dit qu'aujourd'hui les travailleurs sociaux sont les personnes qui sont chargé de trouver du "pain" pour le peuple d'abord et avant tout pour assurer une forme de paix sociale.
Je sais c'est un vieux truc qui se dit. Le travail est un genre de police douce. Mais la question est toujours d'actualité et très peu discuté en formation.
un autre truc, c'est que quelque soit notre niveau d'engagement. Nous intervenons avec notre sac à dos politique.
sujet pour le moins intéressant.
je me demande s'il ne faut pas lier la perte de l'engagement "politique" avec la perte des idéaux dans la société. Il est clair que la peur de perdre son taf joue dans une forme d'inhibition. Mais contester d'accord! mais au regard de quel idéal du travail social.
j'ai eu une discution une fois avec un gars qui m'a interpelé. Il me disait que des historiens pensaient que lors de la révolution si Louis XVI avait donné du pain au peuple, il ne se serait pas révolté (bien sur, j'imagine que ça se discute).
Il m'a dit qu'aujourd'hui les travailleurs sociaux sont les personnes qui sont chargé de trouver du "pain" pour le peuple d'abord et avant tout pour assurer une forme de paix sociale.
Je sais c'est un vieux truc qui se dit. Le travail est un genre de police douce. Mais la question est toujours d'actualité et très peu discuté en formation.
un autre truc, c'est que quelque soit notre niveau d'engagement. Nous intervenons avec notre sac à dos politique.