Je suis éducateur en Mecs et j'ai déjà été confronté à deux situations de jeunes pré-ados décrits par les psy comme: "état limite".
Ce terme peu clair, un peu fourre-tout rend la réflexion et l'élaboration du projet individuel bien dificile. En effet il s'agit souvent d'enfants en grande soufrance psychologique qui questionnent une prise en charge dans une mecs.
On se demande souvent si un lieu de vie et de soin ne serait pas plus addapté qu'une prise en charge collective sur un internat ou dans une famille d'accueil.
Mais ce lieu idéal qui conviendrait à ce type d'enfants existe-t-il,
Je ne le crois pas. Et vous qu'en pensez vous?
Dans votre pratique etes-vous confronter à ces difficultés,
A ces enfants qu'on ne sait plus bien comment aider et qu'on essaye tant bien que mal d'accompagner?
A ces enfants qui mettent à mal les institutions qui les prennent en charge? Faute de mieux?
Notre métier d'éductateur nous pousse sans cesse à inventer et ré-inventer des pratiques professionnelles et éducatives, bref à innover?
Quelles sont vos experiences ou vos reflexions?
EN VOUS REMERCIANT
Cordialement
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réfléxions autours de ces enfants "états limite"
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la sorcière
Re: réfléxions autours de ces enfants
Salut Marc!
voici le contenu du message que j'ai posté sur le forum "regrets" où on parle d'un peu de tout...
Moi aussi,je travaille en MECS, et il est vrai que les comportements des enfants changent, évoluent et pas toujours dans le sens qu'on aimerait... Je rencontre un autre problème dans ma structure: de plus en plus d'enfants sont sous traitement: Atarax... est-ce pareil dans vos institutions? Etes-vous d'accord avec ce principe que je qualifierai de (c'est un bien grand mot, j'en conviens) "camisole chimique"? Comment faire pour l'éviter ? Nous ne sommes pas forcément formés pour gérer, en maison d'enfant, ce genre de problématique... Quelles solutions pour ces enfants?
Je pense qu'on est plusieurs à se poser les mêmes questions et pour ma part je n'entrevois pas encore de solution "miracle". En ce qui concerne des structures adaptées à ces enfants je n'en connais pas... Par deux fois l'année dernière nous avons dû "faire évaluer" des enfants en pédopsychiatrie... Partis pour une semaine, ils y sont restés pendant 2 mois. Au départ on nous disait qu'ils n'avaient aucun problème de comportement, puis au fil de l'évaluation il s'est avéré qu'ils ne supportaient pas les groupes de plus de deux ou trois enfants maxi... Le notre est de 12! Mais, comme le centre fermait le week-end ils nous les renvoyait... Donc, ces enfants ne devait pas supporter de grands groupes la semaine, mais pas de pb pour le week-end? Et ça, ce n'est pas de la maltraitance?
@ plus!
voici le contenu du message que j'ai posté sur le forum "regrets" où on parle d'un peu de tout...
Moi aussi,je travaille en MECS, et il est vrai que les comportements des enfants changent, évoluent et pas toujours dans le sens qu'on aimerait... Je rencontre un autre problème dans ma structure: de plus en plus d'enfants sont sous traitement: Atarax... est-ce pareil dans vos institutions? Etes-vous d'accord avec ce principe que je qualifierai de (c'est un bien grand mot, j'en conviens) "camisole chimique"? Comment faire pour l'éviter ? Nous ne sommes pas forcément formés pour gérer, en maison d'enfant, ce genre de problématique... Quelles solutions pour ces enfants?
Je pense qu'on est plusieurs à se poser les mêmes questions et pour ma part je n'entrevois pas encore de solution "miracle". En ce qui concerne des structures adaptées à ces enfants je n'en connais pas... Par deux fois l'année dernière nous avons dû "faire évaluer" des enfants en pédopsychiatrie... Partis pour une semaine, ils y sont restés pendant 2 mois. Au départ on nous disait qu'ils n'avaient aucun problème de comportement, puis au fil de l'évaluation il s'est avéré qu'ils ne supportaient pas les groupes de plus de deux ou trois enfants maxi... Le notre est de 12! Mais, comme le centre fermait le week-end ils nous les renvoyait... Donc, ces enfants ne devait pas supporter de grands groupes la semaine, mais pas de pb pour le week-end? Et ça, ce n'est pas de la maltraitance?
@ plus!
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Gil
Re: réfléxions autours de ces enfants
Salut Marc,
En effet, le problème que tu poses n'est pas nouveau. Les différents types de prise en charge tentent d'adapter la réponse éducative au plus près des capacités de l'enfant, lui proposant ainsi un "cadre" qui a des vertus tant pédagogiques que thérapeutiques (cf Jacques HOCHMANN, très intéressant à ce propos). Toutefois, ce cadre n'est pas toujours satisfaisant à contenir certains jeunes "cas limites", "boarder-line" comme dirait l'autre, appelés ainsi car ne relevant ni totalement de la psychiatrie, ni même d'une pédagogie adaptée.
Ce qui est sûr, c'est que leur pathologie conduit ces jeunes à remettre sans arrêt le cadre en question, d'en éprouver pour certains sa permanence et sa solidité, au prix d'une mise à l'épreuve constante de l'éducateur.
Le sentiment d'échec et d'impuissance guette ! Et pourtant, sera-t-on vraiment en mesure, même en créant un n-ième type de structure, d'empêcher ou limiter ces comportements qui sont constitutifs de ces pathologies ? En aucun cas !
Alors, en attendant la molécule miracle, il faut faire du mieux que l'on peut avec ce que l'on a et ce que l'on est, et ce sera déjà très bien. Ne te culpabilise pas trop, et essaies d'accepter qu'à l'impossible , nul n'est tenu !
Bon courage !
En effet, le problème que tu poses n'est pas nouveau. Les différents types de prise en charge tentent d'adapter la réponse éducative au plus près des capacités de l'enfant, lui proposant ainsi un "cadre" qui a des vertus tant pédagogiques que thérapeutiques (cf Jacques HOCHMANN, très intéressant à ce propos). Toutefois, ce cadre n'est pas toujours satisfaisant à contenir certains jeunes "cas limites", "boarder-line" comme dirait l'autre, appelés ainsi car ne relevant ni totalement de la psychiatrie, ni même d'une pédagogie adaptée.
Ce qui est sûr, c'est que leur pathologie conduit ces jeunes à remettre sans arrêt le cadre en question, d'en éprouver pour certains sa permanence et sa solidité, au prix d'une mise à l'épreuve constante de l'éducateur.
Le sentiment d'échec et d'impuissance guette ! Et pourtant, sera-t-on vraiment en mesure, même en créant un n-ième type de structure, d'empêcher ou limiter ces comportements qui sont constitutifs de ces pathologies ? En aucun cas !
Alors, en attendant la molécule miracle, il faut faire du mieux que l'on peut avec ce que l'on a et ce que l'on est, et ce sera déjà très bien. Ne te culpabilise pas trop, et essaies d'accepter qu'à l'impossible , nul n'est tenu !
Bon courage !
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anne
Re: réfléxions autours de ces enfants
Bon, je suis pas éduc mais ass, et je bosse pas en mecs in itep, mais en scolaire. Je voulais juste rebondir sur ce que disait la sorcière au sujet des médicaments pour les enfants.
De mon côté j'ai souvent entendu dire par des pédopsychiatres qu'il était absolument contre indiqué de mettre rapidement un enfant sous traitement, qu'il importait surtout d'engageer avec lui un travail médicosocial.. J'entends bon nombre de psychologues et psychiatres s'élever contre la médication à outrance, qu'elle soit prescrite par des médecins spécialistes ou pire,des, généralistes, car alors c'est le travail de la parole qui est occulté.. Et nous savons tous que quelles que soient les difficultés et souffrances, il importe avant tout de pouvoir mettre des mots dessus..
Voila, c'était mon humble avis..
De mon côté j'ai souvent entendu dire par des pédopsychiatres qu'il était absolument contre indiqué de mettre rapidement un enfant sous traitement, qu'il importait surtout d'engageer avec lui un travail médicosocial.. J'entends bon nombre de psychologues et psychiatres s'élever contre la médication à outrance, qu'elle soit prescrite par des médecins spécialistes ou pire,des, généralistes, car alors c'est le travail de la parole qui est occulté.. Et nous savons tous que quelles que soient les difficultés et souffrances, il importe avant tout de pouvoir mettre des mots dessus..
Voila, c'était mon humble avis..
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stafy
Re: réfléxions autours de ces enfants
Je travaille dans un groupe de Garçons Adolescents et jeunes adultes ayant une déficience intellectuelle (trisomie, autisme ...).
Toujours en IME, notre projet de groupe est de trouver un établissement correspondant aux besoins et capacités des jeunes.
Parfois notre souhait d'orientation se confronte à celle des parents ou autre.
Les jeunes dont le comportement est "limite" (violence, agressions verbales et physiques ...) ont plus de difficulté à trouver une place. Nous mettons en place des stages permettant de confirmer cette orientation.
Parfois il faut attendre plus car le jeune à besoin d'évoluer encore (maturation). Je pense que des "stages", des séjours de ruptures permettraient aux jeunes de se repositionner, de cerner leurs envies pour leur avenir.
Des jeunes "limites" il y a 3 ans ne le sont plus. Là je rebondit sur l'histoire des traittements. Au sein de l'IME nous suivont les prescriptions des médecins ou psychiatres. Certains jeunes ont besoins d'aide médicamenteuse pour se poser sinon ils sont débordés par leurs angoisses... Nous reprenons avec lui les situations anxiogènes, les comportements "limites" ... Ils sont suivis psychologiquement.
Par contre, le traittement doit évoluer paralèllement aux "progrès" du jeune.
Un autre jeune du groupe est autiste "profond". Son comportement devenait dangereux et pour lui et pour les encadrants (parents compris). Ce jeune suit un traittement lourd. Plusieurs fois par an nous réévaluons ce traittement en fonction de ses réactions. Parents, médecins, psy, éduc, compte rendu, cahier de liaison ... tout est prit en compte pour poser un "verdict" le plus objectif possible.
Ce jeune part cette semaine dans un établissement spécialisé pour Autiste. Je pense que l'organisation spécifique de l'équipe lui permettra de se poser et son traittement varira.
Il faut trouver l'institution, ou l'aménagement nécessaire au bien être du jeune. Etre souple même si on parle de "maltraitance institutionnelle". C'est nous qui constituons l'institution, c'est au travers de nous que la violence instutionnelle passe. A nous d'organiser le groupe de manière à l'atténuer. Mais une collectivité, une institution à besoin d'un cadre fonctionnel, des bases fixes afin de poser nos actions.
Voilà ce que j'en pense.
STEF R
Toujours en IME, notre projet de groupe est de trouver un établissement correspondant aux besoins et capacités des jeunes.
Parfois notre souhait d'orientation se confronte à celle des parents ou autre.
Les jeunes dont le comportement est "limite" (violence, agressions verbales et physiques ...) ont plus de difficulté à trouver une place. Nous mettons en place des stages permettant de confirmer cette orientation.
Parfois il faut attendre plus car le jeune à besoin d'évoluer encore (maturation). Je pense que des "stages", des séjours de ruptures permettraient aux jeunes de se repositionner, de cerner leurs envies pour leur avenir.
Des jeunes "limites" il y a 3 ans ne le sont plus. Là je rebondit sur l'histoire des traittements. Au sein de l'IME nous suivont les prescriptions des médecins ou psychiatres. Certains jeunes ont besoins d'aide médicamenteuse pour se poser sinon ils sont débordés par leurs angoisses... Nous reprenons avec lui les situations anxiogènes, les comportements "limites" ... Ils sont suivis psychologiquement.
Par contre, le traittement doit évoluer paralèllement aux "progrès" du jeune.
Un autre jeune du groupe est autiste "profond". Son comportement devenait dangereux et pour lui et pour les encadrants (parents compris). Ce jeune suit un traittement lourd. Plusieurs fois par an nous réévaluons ce traittement en fonction de ses réactions. Parents, médecins, psy, éduc, compte rendu, cahier de liaison ... tout est prit en compte pour poser un "verdict" le plus objectif possible.
Ce jeune part cette semaine dans un établissement spécialisé pour Autiste. Je pense que l'organisation spécifique de l'équipe lui permettra de se poser et son traittement varira.
Il faut trouver l'institution, ou l'aménagement nécessaire au bien être du jeune. Etre souple même si on parle de "maltraitance institutionnelle". C'est nous qui constituons l'institution, c'est au travers de nous que la violence instutionnelle passe. A nous d'organiser le groupe de manière à l'atténuer. Mais une collectivité, une institution à besoin d'un cadre fonctionnel, des bases fixes afin de poser nos actions.
Voilà ce que j'en pense.
STEF R
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marc
Re: réfléxions autours de ces enfants
Merci pour vos témognages et suggestions
Je ne crois pas non plus à la "recette miracle" et encore moins à la camisole chimique.
Je pense meme que pour certains de ces jeunes, TENIR, sa place d'adulte, d'éducateur, essayer sans cesse de redonner du sens au projet permet au jeune de ne pas connaitre des placements multiples qui concourent souvent à une agravation des difficultés, des troubles ou de la pathologie.
Cependant, le fait de tenir n'est pas toujours aisé. Ainsi pris dans le quotidien de l'enfants et dans ces passages à l'acte il est parfois dificile de prendre sufisemment de recul pour pouvoir justement "TENIR".
Qui d'entre nous ne s'est jamais dit: "il ne và pas s'en sortir ou il ne progresse pas..."
Il faut donc sans cesse innover pour apporter du sens au projet individuel du jeune à court et à long terme et c'est parfois celà le plus dificile.
Cordialement
MARC
Je ne crois pas non plus à la "recette miracle" et encore moins à la camisole chimique.
Je pense meme que pour certains de ces jeunes, TENIR, sa place d'adulte, d'éducateur, essayer sans cesse de redonner du sens au projet permet au jeune de ne pas connaitre des placements multiples qui concourent souvent à une agravation des difficultés, des troubles ou de la pathologie.
Cependant, le fait de tenir n'est pas toujours aisé. Ainsi pris dans le quotidien de l'enfants et dans ces passages à l'acte il est parfois dificile de prendre sufisemment de recul pour pouvoir justement "TENIR".
Qui d'entre nous ne s'est jamais dit: "il ne và pas s'en sortir ou il ne progresse pas..."
Il faut donc sans cesse innover pour apporter du sens au projet individuel du jeune à court et à long terme et c'est parfois celà le plus dificile.
Cordialement
MARC
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corinne
Re: réfléxions autours de ces enfants
Bonsoir,
Je me permets de dire ces quelques mots. Je suis la maman d'une fille de 12 ans qui souffre de troubles du comportement depuis très jeune. J'ai dû la placer en foyer car elle devenait ingérable puis nous avons fait un essai de revenir vivre à la maison. Echec au bout de 9 mois donc replacement en foyer puis retour à nouveau à la maison. Depuis le mois de juin elle a été replacée en foyer.
Elle a été diagnostiquée : trouble borderline. (même si elle est jeune et que je sais qu'on ne peut pas vraiment poser ce diagnostic) elle souffre de ce trouble.
Les placemenst en foyer, à mon avis, n'ont pas aidé ma fille mais malheureusement on ne m'a rien proposé d'autre. Malgré tout je remercie tous les éducateurs qui ont fait de leur mieux.
Je me permets de dire ces quelques mots. Je suis la maman d'une fille de 12 ans qui souffre de troubles du comportement depuis très jeune. J'ai dû la placer en foyer car elle devenait ingérable puis nous avons fait un essai de revenir vivre à la maison. Echec au bout de 9 mois donc replacement en foyer puis retour à nouveau à la maison. Depuis le mois de juin elle a été replacée en foyer.
Elle a été diagnostiquée : trouble borderline. (même si elle est jeune et que je sais qu'on ne peut pas vraiment poser ce diagnostic) elle souffre de ce trouble.
Les placemenst en foyer, à mon avis, n'ont pas aidé ma fille mais malheureusement on ne m'a rien proposé d'autre. Malgré tout je remercie tous les éducateurs qui ont fait de leur mieux.
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Pere Castor
Re: réfléxions autours de ces enfants
Corinne, ce genre de diagnostic posé sur des enfants très jeunes est souvent un diagnostic posé par ignorance qui cache un trouble apparenté à l'autisme (trouble envahissant du développement). Avez vous jamais creusé cette piste ? des prises en charge utiles à votre fille existent, si c'est bien de ça qu'il s'agit, mais tant que vous n'avez pas de diagnostic clair vous ne saurez pas quoi mettre en place.
Si vous voulez en discuter contactez moi par mail:
perecastor31@gmail.com
Si vous voulez en discuter contactez moi par mail:
perecastor31@gmail.com