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Insécurité et travailleur sociaux
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Julia 59
Insécurité et travailleur sociaux
Bonjour à tous,
Je travaille dans un dispositif après sevrage, nous accueillons selon le projet du dispositif des personnes abstinente à l'alcool, notre accompagnement vise et traite tout ce qui est de la reinsertion. Aujourd'hui nous sommes face à un public polyconsommateur... Sur mon lieux de travail je suis amenée a travailler seule avec essentiellement des hommes hébergés. L'équipe est constitué d'une éducatrice, stagiaire et de de moi (référente sociale). Nous ne travaillons pas en doublon et l'hébergement se situe dans une maison comme vous ou moi pourrions vivre... J'en viens au fait de ma question; je suis face a des anciens toxicomans qui parfois rechute et pas à moitier... quant ils prennent des produits je ne me sens plus du tout en sécurité, rescenmment, j'ai cru que j'allais y passer.. J'ai vu dans le regard d'un hébergé une colère folle et il pouvait faire n'importe quoi.. Apres un entretien le lendemain il nous a avoué qu'il ne se controlait plus... ce n'est pas la première fois que je suis confronté a une problématique comme celle la...j'ai peur ... je ne suis pas éduc mais je vais me former... Et vous avez vous parfois peur? la direction assure t-elle votre sécurité? Rassurez moi, car ca fait 5 ans que je travaille ce projet d'être éducstrice spécialisée.
Je travaille dans un dispositif après sevrage, nous accueillons selon le projet du dispositif des personnes abstinente à l'alcool, notre accompagnement vise et traite tout ce qui est de la reinsertion. Aujourd'hui nous sommes face à un public polyconsommateur... Sur mon lieux de travail je suis amenée a travailler seule avec essentiellement des hommes hébergés. L'équipe est constitué d'une éducatrice, stagiaire et de de moi (référente sociale). Nous ne travaillons pas en doublon et l'hébergement se situe dans une maison comme vous ou moi pourrions vivre... J'en viens au fait de ma question; je suis face a des anciens toxicomans qui parfois rechute et pas à moitier... quant ils prennent des produits je ne me sens plus du tout en sécurité, rescenmment, j'ai cru que j'allais y passer.. J'ai vu dans le regard d'un hébergé une colère folle et il pouvait faire n'importe quoi.. Apres un entretien le lendemain il nous a avoué qu'il ne se controlait plus... ce n'est pas la première fois que je suis confronté a une problématique comme celle la...j'ai peur ... je ne suis pas éduc mais je vais me former... Et vous avez vous parfois peur? la direction assure t-elle votre sécurité? Rassurez moi, car ca fait 5 ans que je travaille ce projet d'être éducstrice spécialisée.
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Sarah
Re: Insécurité et travailleur sociaux
Bonjour Julia,
Pour ma part je ne suis pas éducatrice mais je travaille ce projet comme toi et j'interviens auprès de publics en grande difficulté bénévolement et comprends bien ta question sur l'insécurité.
A mon sens, il est normal d'avoir peur, c'est humain, après je crois que vis à vis de situations d'insécurité extrême il est important de s'appuyer sur le travail en équipe et peut-être réfléchir à un accompagnement ainsi qu'à une organisation laissant moins de place à des situations in-sécurisantes (sachant que les personnes accueillies vivant sous le même toit ressentent très certainement ce sentiment d'insécurité aussi).
Bon ma réponse n'est pas extraordinaire et loin d'être parole d'évangile car je ne suis même pas formée mais je me fie à ma petite expérience...et puis peut-être que quelqu'un d'autre te donnera plus de pistes. En tout cas ça m'a parlé ton témoignage, j'ai ressenti cela aussi par moments..
Je te souhaite beaucoup de courage et de persévérance pour ton travail et ton projet,
Sarah
Pour ma part je ne suis pas éducatrice mais je travaille ce projet comme toi et j'interviens auprès de publics en grande difficulté bénévolement et comprends bien ta question sur l'insécurité.
A mon sens, il est normal d'avoir peur, c'est humain, après je crois que vis à vis de situations d'insécurité extrême il est important de s'appuyer sur le travail en équipe et peut-être réfléchir à un accompagnement ainsi qu'à une organisation laissant moins de place à des situations in-sécurisantes (sachant que les personnes accueillies vivant sous le même toit ressentent très certainement ce sentiment d'insécurité aussi).
Bon ma réponse n'est pas extraordinaire et loin d'être parole d'évangile car je ne suis même pas formée mais je me fie à ma petite expérience...et puis peut-être que quelqu'un d'autre te donnera plus de pistes. En tout cas ça m'a parlé ton témoignage, j'ai ressenti cela aussi par moments..
Je te souhaite beaucoup de courage et de persévérance pour ton travail et ton projet,
Sarah
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donni
Re: Insécurité et travailleur sociaux
Bjr,
Au niveau du contrôle des émotions (la peur en l'espèce), je pense que c'est surtout l'expérience qui vous permettra d'affronter sereinement ces situations violentes, bien plus qu'une formation d'éducatrice spécialisée.
En revanche, ce qui interpelle un peu plus sur la situation que vous décrivez, c'est le décalage entre le projet institutionnel (service dédié aux personnes sevrées, avec les moyens techniques, humains et financiers correspondant à ce projet initial) et la réalité du service (accompagnement de personnes sous addictions sans en avoir les moyens techniques, humains et financiers).
La loi 2002-2 a introduit la notion d'évaluation, laquelle porte justement sur ces questions : votre direction, avec ses équipes et en liaison avec les financeurs, doit réinterroger le projet d'établissement et :
- soit le faire évoluer vers l'accompagnement de personnes sous addictions, ce qui nécessitera des moyens supplémentaires (présence éducatives et médicales renforcées)
- soit maintenir le projet initial, et donc réorienter les personnes non sevrées vers des établissements spécialisés, lesquels auront les moyens d'accompagner ce public, et de faire face, sans mettre en danger les professionnels, à ces situations de violence.
En dernier lieu, et si la situation devenait intenable pour vous (répétition des situations dangereuses), vous êtes également en droit d'exercer votre "droit de retrait" face à un danger grave, et imminent.
Salutations,
Au niveau du contrôle des émotions (la peur en l'espèce), je pense que c'est surtout l'expérience qui vous permettra d'affronter sereinement ces situations violentes, bien plus qu'une formation d'éducatrice spécialisée.
En revanche, ce qui interpelle un peu plus sur la situation que vous décrivez, c'est le décalage entre le projet institutionnel (service dédié aux personnes sevrées, avec les moyens techniques, humains et financiers correspondant à ce projet initial) et la réalité du service (accompagnement de personnes sous addictions sans en avoir les moyens techniques, humains et financiers).
La loi 2002-2 a introduit la notion d'évaluation, laquelle porte justement sur ces questions : votre direction, avec ses équipes et en liaison avec les financeurs, doit réinterroger le projet d'établissement et :
- soit le faire évoluer vers l'accompagnement de personnes sous addictions, ce qui nécessitera des moyens supplémentaires (présence éducatives et médicales renforcées)
- soit maintenir le projet initial, et donc réorienter les personnes non sevrées vers des établissements spécialisés, lesquels auront les moyens d'accompagner ce public, et de faire face, sans mettre en danger les professionnels, à ces situations de violence.
En dernier lieu, et si la situation devenait intenable pour vous (répétition des situations dangereuses), vous êtes également en droit d'exercer votre "droit de retrait" face à un danger grave, et imminent.
Salutations,
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Julia 59
Re: Insécurité et travailleur sociaux
Merci pour votre réponse... Enfait le projet est ammené à évoluer vers un partenariat avec une institution dédié au personnes "servéés" anciennement toxicoman... La loi 2002 va être respecté mais je trouve que c'est extrement long la mise en place des choses... J'espère retrouver confiance en moi très prochainement et comme vous le dites, si bien avec l'expèrience... Mais du coup sans vouloir "fuir" j'ai envi de m'orienter vers d'autres public..Mais j'aurai le temps de faire cela en stage...ouff.
Bonne continuation à vous, et merci.
Bonne continuation à vous, et merci.
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Julia 59
Re: Insécurité et travailleur sociaux
Bonjour Sarah;
Merci d'avoir témoigné..ca me rassure un peu on se sent moins isolé car parfois un peu honteuse d'avouer cette peur.. Je vais faire de mon mieux en attendant... Je te souhaite de réussir le concours avec succès. Concernant l'insécurité des autres hébergés, je veux bien te croire... Mais j'ai remarqué qu'en "généralé c'est au travailleur social qui s'en prennent... Enfin on verra avec le temps, mais j'ai envie de m'aérer vers d'autres public, peut etre par la suite avec la formation et l'expèrience je reviendrai vers ce public que j'afectionne tant.
Bonne continuation.
Merci d'avoir témoigné..ca me rassure un peu on se sent moins isolé car parfois un peu honteuse d'avouer cette peur.. Je vais faire de mon mieux en attendant... Je te souhaite de réussir le concours avec succès. Concernant l'insécurité des autres hébergés, je veux bien te croire... Mais j'ai remarqué qu'en "généralé c'est au travailleur social qui s'en prennent... Enfin on verra avec le temps, mais j'ai envie de m'aérer vers d'autres public, peut etre par la suite avec la formation et l'expèrience je reviendrai vers ce public que j'afectionne tant.
Bonne continuation.
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Sarah
Re: Insécurité et travailleur sociaux
De rien Julia, contente que mon mini témoignage te rassure !
L'idée de t'orienter quelques temps vers d'autres publics est peut-être pas mal non plus, pour ma part par exemple, le fait de travailler auprès de personnes en situation de handicap m'a aidée à mieux comprendre certains comportements agressifs/violents de publics en difficulté ce qui fait que je me positionne différemment aujourd'hui.
Après je suis d'accord avec ce que tu dis Donni, par rapport à l'expérience face à ces situations. Et en ce qui concerne le "droit de retrait" que tu as évoqué, comment ça marche exactement ?
Merci d'avance et bonne continuation !
Sarah
L'idée de t'orienter quelques temps vers d'autres publics est peut-être pas mal non plus, pour ma part par exemple, le fait de travailler auprès de personnes en situation de handicap m'a aidée à mieux comprendre certains comportements agressifs/violents de publics en difficulté ce qui fait que je me positionne différemment aujourd'hui.
Après je suis d'accord avec ce que tu dis Donni, par rapport à l'expérience face à ces situations. Et en ce qui concerne le "droit de retrait" que tu as évoqué, comment ça marche exactement ?
Merci d'avance et bonne continuation !
Sarah
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donni
Re: Insécurité et travailleur sociaux
Bjr Sarah,
Concernant le droit de retrait, le principe général est que tout salarié (ceci n'est pas spécifique à notre secteur) qui se retrouve face à une situation de "danger grave et imminent" (terme juridique) peut exercer son droit de retrait, à savoir se retirer de son poste de travail sans risquer de sanction disciplinaire.
C'est ce qu'ont fait par exemple récemment les professeurs de divers collèges/lycées à la suite d'agressions par des élèves.
Normalement, dans toute entreprise de + de 50 salariés (mais c'est très rare, surtout dans notre secteur !), vous devriez obligatoirement trouver un "registre des dangers graves et imminents".
Aussi, pour pouvoir justifier d'un abandon de poste sans risquer de sanction, la situation "dangereuse" doit revêtir plusieurs critères :
- danger GRAVE : menace directe sur la vie, l'intégrité physique ou la santé du salarié ;
- danger IMMINENT : survenance d'un évènement dans un avenir très proche, quasi-immédiat ;
- Motif raisonnable : très difficilement appréciable et définissable ==> cf. jurisprudences
- le retrait du salarié ne pas créer une nouvelle situation de danger ;
- devoir d'alerter : le salarié qui se "retire" doit obligatoirement en avertir sa hiérarchie.
Pour conlure, je dirai que le droit de retrait est la solution ultime, et qu'avant d'en arriver là, il y a beaucoup d'autres options. Mais mettre sur la table des discussions entre l'employeur et les IRP cette question, c'est déjà le début d'une prise de conscience de l'existence même de ces situations dangereuses.
Salutations,
Concernant le droit de retrait, le principe général est que tout salarié (ceci n'est pas spécifique à notre secteur) qui se retrouve face à une situation de "danger grave et imminent" (terme juridique) peut exercer son droit de retrait, à savoir se retirer de son poste de travail sans risquer de sanction disciplinaire.
C'est ce qu'ont fait par exemple récemment les professeurs de divers collèges/lycées à la suite d'agressions par des élèves.
Normalement, dans toute entreprise de + de 50 salariés (mais c'est très rare, surtout dans notre secteur !), vous devriez obligatoirement trouver un "registre des dangers graves et imminents".
Aussi, pour pouvoir justifier d'un abandon de poste sans risquer de sanction, la situation "dangereuse" doit revêtir plusieurs critères :
- danger GRAVE : menace directe sur la vie, l'intégrité physique ou la santé du salarié ;
- danger IMMINENT : survenance d'un évènement dans un avenir très proche, quasi-immédiat ;
- Motif raisonnable : très difficilement appréciable et définissable ==> cf. jurisprudences
- le retrait du salarié ne pas créer une nouvelle situation de danger ;
- devoir d'alerter : le salarié qui se "retire" doit obligatoirement en avertir sa hiérarchie.
Pour conlure, je dirai que le droit de retrait est la solution ultime, et qu'avant d'en arriver là, il y a beaucoup d'autres options. Mais mettre sur la table des discussions entre l'employeur et les IRP cette question, c'est déjà le début d'une prise de conscience de l'existence même de ces situations dangereuses.
Salutations,
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Stéphanie
Re: Insécurité et travailleur sociaux
ton témoignage fait tout à fait écho à mon expérience également, accompagnant des publics en difficultés.
Ils peuvent ressentir ta peur et c'est à toi de montrer que tu as toujours le contrôle sur la situation, sinon tu perds carrément pied. Je l'ai fait une fois, je ne le referais plus.
Après, c'est vrai que c'est par l'expérience que tu apprends, mais tout le monde est différent, c'est toujours au cas par cas, le feeling qui passe.
Bien sûr que dans tout métier, on peut être confronté à des sentiments d'insécurité. J'ai l'amie d'une amie qui a exercé comme éducatrice en MECS, et un jour, un jeune l'a jeté contre le mur et depuis, elle n'exerce plus, handicap pro : sa colonne vertébrale. Bien sûr qu'il y a des risques.
Si le courant passe bien avec un public, continue mais toujours avec une certaine distance et une certaine maitrise de toi et de ce fait, de la situation.
Heureusement qu'il y a une loi au cas où pour nous protéger.
Ils peuvent ressentir ta peur et c'est à toi de montrer que tu as toujours le contrôle sur la situation, sinon tu perds carrément pied. Je l'ai fait une fois, je ne le referais plus.
Après, c'est vrai que c'est par l'expérience que tu apprends, mais tout le monde est différent, c'est toujours au cas par cas, le feeling qui passe.
Bien sûr que dans tout métier, on peut être confronté à des sentiments d'insécurité. J'ai l'amie d'une amie qui a exercé comme éducatrice en MECS, et un jour, un jeune l'a jeté contre le mur et depuis, elle n'exerce plus, handicap pro : sa colonne vertébrale. Bien sûr qu'il y a des risques.
Si le courant passe bien avec un public, continue mais toujours avec une certaine distance et une certaine maitrise de toi et de ce fait, de la situation.
Heureusement qu'il y a une loi au cas où pour nous protéger.
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Yass
Re: Insécurité et travailleur sociaux
Bonsoir,
Vous parlez de droit de retrait mais je pense dans la situation qui est décrite cela paraît difficile( elle est souvent seule).
Je travail dans un internat pour déficients intellectuel avec des jeunes majeurs ayant des antécédents psychiatriques (séjours en HP, traitement) avec qui j'ai eu de gros clash (violences physiques, menaces ...) et dans ce cas il faut essayer d'avoir une tierce personne dans ce conflit pour soit prendre le relais ou soit tout simplement assurer la sécurité des usagers et notamment des travailleurs.
Cette tierce personne peut-être soit un supérieur hiérarchique d'astreinte ou les pompiers.
Car en effet ton employeur doit assurer la sécurité de ses employés et si cela passe par une hospitalisation d'un usager il doit le faire.
Il n'y a pas de honte d'avoir peur de certaines situation tant qu'on arrive à garder la tête froide.
Vous parlez de droit de retrait mais je pense dans la situation qui est décrite cela paraît difficile( elle est souvent seule).
Je travail dans un internat pour déficients intellectuel avec des jeunes majeurs ayant des antécédents psychiatriques (séjours en HP, traitement) avec qui j'ai eu de gros clash (violences physiques, menaces ...) et dans ce cas il faut essayer d'avoir une tierce personne dans ce conflit pour soit prendre le relais ou soit tout simplement assurer la sécurité des usagers et notamment des travailleurs.
Cette tierce personne peut-être soit un supérieur hiérarchique d'astreinte ou les pompiers.
Car en effet ton employeur doit assurer la sécurité de ses employés et si cela passe par une hospitalisation d'un usager il doit le faire.
Il n'y a pas de honte d'avoir peur de certaines situation tant qu'on arrive à garder la tête froide.