Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

Les contradictions chez une personne déficiente intellectuelle

La communauté Educateur Spécialisé se retrouve sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
Yann

Les contradictions chez une personne déficiente intellectuelle

Message non lu par Yann » 28 mars 2011 20:40

Bonjour,

Je suis éducateur spécialisé apprenti. Je travail avec des personnes handicapés physiques, qui ont des troubles du comportement et certaines une déficience intellectuelle.

Voilà, J'aimerai savoir ou je peux trouver des renseignements sur les contradictions de leurs dires.

Je m'explique :J'accompagne une personne en situation de handicap physique et déficiente intellectuelle. Elle se plaint toujours de rester enfermé. Nous lui proposons donc de faire une sortie, il accepte et arrivé au jour j. il refuse catégoriquement de sortir. Posant comme hypothèse que c'est sortir en groupe qui lui fait changer d'avis. Nous organisons une sortie seule avec sa tierce personne,il choisit bien sur l'heure la date et l'endroit. Mais nous en revenons au même résultat.Bref..

Savez-vous ou je pourrais trouver des informations ou des livres qui pourront m'aider à avancer?

Merci, Yann.

Nani

Re: Les contradictions chez une personne déficiente intellectuelle

Message non lu par Nani » 29 mars 2011 16:41

Bonjour,
comme tu dois le savoir,il existe de nombreux ouvrages concernants le travail auprès de personnes handicapées. Je ne sais pas exactement lesquels traitent des contradictions.
Seulement, on peut parfois mal répondre car on comprend mal la demande. La demande de sortir peut cachée un besoin plus profond. Et vouloir sortir ne veux pas forcement dire pouvoir le faire.
De plus, la notion de repère et de structure revient souvent lorsque l'on parle de handicap. Prendre en compte la demande dès qu'elle est formulée et faire participer la personne à l'élaboration d'une réponse peut parfois permettre l'aboutissement du projet.
Des recherches sur "demande formulée et demande réelle" pourront peut être t'aider.
Bon courage.

Yann

Re: Les contradictions chez une personne déficiente intellectuelle

Message non lu par Yann » 30 mars 2011 15:22

Merci, je prend en compte ce que tu me dis mais j'ai toujours du mal à trouver des informations à ce sujet.
Connais-tu un ouvrage où je pourrais trouver mon bonheur ?

Yann

Re: Les contradictions chez une personne déficiente intellectuelle

Message non lu par Yann » 30 mars 2011 16:42

Que pensez vous de ces texte ?






Il ennuie

Il faut donc, dans un premier temps, savoir résister à la question de l'ennui qui se présente immédiatement dans l'espace transférentiel avec de tels patients. Cet ennui est lié au fait que le désir de l'analyste ne peut s'articuler avec un autre désir puisqu'il est au prise avec un désir qui se projette en lui dans l'attente qu'il se prononce. Pour qu'il y ait un jeu il faut qu'il y ait deux personnes constituées symboliquement.
Le respect de la constitution du corps du déficient, corps qui a été malmené dans ses expressions désirantes est le premier temps qui va amener à la possibilité même d'une aire de jeux. La réappropriation de son corps par le déficient passe bien évidemment par le cadre de la cure et sa rigueur extrême concernant tout ce qui va toucher à la liberté de mouvement et de fonctionnement du corps du déficient. Tout ceci se joue au niveau du regard, des gestes, de la parole, où aucune adresse ne va être proposée qui ne soit liée à un désir du côté du déficient lui-même. Il faut passer de longs moments où l'ennui s'installe et l'on saura que tant qu'il y a cet ennui, le corps personnalisé du déficient n'est pas encore reconstitué. Le jour où il aura compris qu'il a la liberté de son corps dans l'espace de la cure, l'ennui disparaîtra de l'espace du transfert.
Pour que le jeu existe, il faut que les corps puissent se mouvoir, puissent eux-mêmes avoir un jeu dans l'espace désirant de chacun. Et c'est bien, petit à petit, le déploiement du jeu de la parole autour du jeu des objets mis en place qui va introduire le déficient à l'espace plus complexe et plus vaste de la projection cette fois symbolique, et non plus réelle, et à sa castration fondamentale par rapport à la possession de l'objet de plaisir absolu. Que le plaisir des mots l'emporte sur le plaisir du jeu, devient alors le signe que nul n'est la proie de l'autre mais que chacun peut jouer de son destin.


On n'y comprend rien, rien ne s'inscrit

En fait, plus que d'un problème de compréhension, c'est surtout d'un défaut de mémorisation dont il s'agit. C'est le seul point précis qui persiste dans le bilan de détail des défauts d'intelligence chez le déficient : il ne mémorise pas ce qui est du ressort de la sublimation, ce qui traverserait le narcissisme. L'image ne persiste pas de ce qu'il apprend du registre secondaire. Nous dirions qu'il ne se voit pas apprendre : il n'a pas d'autre place pour être que son lien à l'autre. On ne peut être dans la dépendance et se souvenir de la relation dans le même temps.
Ce défaut d'identification secondaire provoquera souvent un effet de résistance massif chez le thérapeute. Le refus de la sphère culturelle elle-même est ce deuxième obstacle que le thérapeute a à franchir, à comprendre, lui qui y est si intéressé.

Il énerve

Il semble que le déficient " énerve " souvent, mettant durement et durablement à l'épreuve la patience de son thérapeute. La démonstration infinie de la régression met à mal l'organisation sublimée de l'interlocuteur, car elle demande sans cesse de mettre en échec le refoulement secondaire, le gain symbolique.
L'ennui (dont nous parlions plus haut) est la conséquence de la durée de cet énervement. Mais la métamorphose de cet ennui, de cet énervement, en attente inquiète va " faire penser " le déficient. Cet affect vient en effet, chez le thérapeute, à la place des violences imaginaires et enfouies qui ont peu à peu figé le déficient dans une dépendance prudente et résignée. Cet effet transférentiel est impossible dans toute approche organique de la déficience, qui vient précisément " recouvrir " l'anxiété du thérapeute. Elle révèle qu'on regarde le déficient comme... soi-même. L'inquiétude en réponse à l'ennui et l'énervement est ici un indicateur central, spécifique dans sa qualité, en ceci qu'elle vient à la place d'une pseudo-évidence, celle du spectacle de la bêtise du déficient. Qu'elle renvoie à la sienne propre est le moins. Cela n'implique pas qu'on oublie dès lors que nos accès à l'intelligence à tous s'appuient sur la possibilité qu'elle se dise comme singulière, donc qu'elle troue les certitudes de l'Autre. L'intelligence traverse l'Autre, la déficience le rend opaque. Que vienne en face du déficient cette attente anxieuse (qui ne se décrète pas... ) est une première pour lui.
Ce fut précisément ce type de regard chez son père qui sauva Flaubert de la déficience, même si ce fut pour le précipiter dans la névrose, ce qui est une autre histoire...

Répondre