Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

Gréve Générale Nationale

La communauté Educateur Spécialisé se retrouve sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
SN

Re: Gréve Générale Nationale

Message non lu par SN » 20 juil. 2011 19:01

Bonsoir,
Actu du jour:

De Gaëlle GEOFFROY (AFP) – - Publié le 20/07/2011 à 18:30

PARIS — La démission de Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samu social de Paris, figure de l'aide aux plus démunis, traduit le malaise de l'hébergement d'urgence, un secteur en crise, victime d'une diminution des crédits de l'Etat au nom d'une réorientation de sa politique.

Dénonçant une situation budgétaire qui n'est "plus gérable", M. Emmanuelli devrait quitter ses fonctions "en octobre", a-t-on précisé mercredi au Samu social.

Son départ révèle l'ampleur de la crise qui frappe le secteur de l'hébergement d'urgence. "Il ajoute de l'inquiétude à notre inquiétude déjà forte", a réagi auprès de l'AFP Christophe Robert, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre.

L'annonce en mai par l'Etat d'une réduction des moyens alloués au secteur de l'hébergement en 2011 a mis le feu aux poudres: son budget va baisser de 3,3%, à 1,204 milliard d'euros, selon le secrétariat d'Etat au Logement.

Mais dans le détail, la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) évoque une chute de 28% des crédits alloués aux équipes mobiles qui assurent les maraudes auprès des SDF, un plongeon de 30% des fonds dévolus aux accueils de jour et au numéro d'urgence 115.

Sur le terrain, les associations disent jongler pour faire face: réduction du nombre de places d'hébergement, diminution des horaires d'ouverture des centres, fermeture de points d'accueil, mais aussi licenciements de salariés, non-remplacement de départs en retraite.

Symbole de la crise, le Samu social de Paris, pour lequel le nombre de nuitées financées à l'hôtel est amputé de 25%, a fermé le 30 juin son seul centre d'hébergement parisien, vétuste.

Débordé, il a déjà orienté cet été 111 familles vers les services d'urgence des hôpitaux d'Ile-de-France, selon une étude de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dont l'AFP a obtenu copie mercredi.

A l'association Aurore, heureusement forte d'un budget de 60 millions d'euros, il va manquer 80.000 euros sur quatre centres parisiens, et les 400 repas chauds distribués chaque jour risquent de disparaître au 30 septembre.

La diminution des crédits de l'Etat à l'hébergement est le fruit d'une nouvelle politique impulsée en 2009, le "Logement d'abord", inspiré d'expériences anglo-saxonnes, qui donne la priorité à l'accès au logement des personnes sans domicile, sans passer par la case de l'hébergement d'urgence, très coûteux.

Les crédits sont ainsi pour partie réorientés vers le financement de logements, dans un système d'"intermédiation locative", où une association joue le rôle de tiers entre le bailleur et l'occupant pour assurer le paiement des loyers.

Une nouvelle stratégie motivée par l'explosion du nombre de personnes sans domicile personnel: plus de 680.000 en France en 2010 selon la Fondation Abbé Pierre, dont 133.000 SDF, et 13.000 places d'hébergement manquantes rien qu'en Ile-de-France.

Leur profil a aussi très largement évolué: aux sans-abri à la rue depuis des années, seuls, sont venus se joindre des sans-papiers, des travailleurs pauvres, vivant très souvent en famille.

Les associations applaudissent le principe du "Logement d'abord". "Personne n'est contre, bien sûr", souligne Marion Lignac, de la Fnars.

Mais "le gouvernement met la charrue avant les boeufs", dénoncent à l'unisson les associations: avant de supprimer des places d'hébergement, il faudrait déjà mobiliser suffisamment de logements.

Or, "la réalité, c'est qu'il n'y en a plus de disponibles", que l'intermédiation locative reste embryonnaire, et qu'il faudra des années pour rattraper le retard accumulé, rappelle Christophe Robert.

Répondre