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dur ! la réputation d'as

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marie

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par marie » 10 févr. 2006 17:37

merci pour tous ces témoignages, j'ai 25 ans et cette année je passe les concours pour devenir AS
A mon stade la notion de voleur d'enfants m'avait échappée, je suis encore naïve et je m'en excuse!
mais je garde l'envie de croire que ce métier est positif que l'on peut changer les choses améliorer la vie des autres ...
Si vous avez des conseils pour mes années à venir j'y serai attentive

R160

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par R160 » 11 févr. 2006 05:16

Avec le temps, votre naïveté s'en ira forcément. Faites gaffe qu'elle ne soit pas remplacée par de la dureyté ou de l'automatisme. Je lis dans un message plus haut "ce n'est jamais sans raison qu'un signalement est fait". Eh bien, moi, je n'en suis pas sur ! il y a des situations zarbis qu'on ne "signale" pas ou trop tard alors qu'on les connais. Et d'autres, plutôt légères, qu'on signale sans délais, sans s'inquiéter assez du processus lourd dans lequel on va coincer les gens. Pourquoi ? Parce qu'on ne sait pas toujours rester à la juste distance des situations rencontrées, parce qu'elles nous renvoient à notre problématique perso et qu'on l'oublie, parce qu'on a TROP BONNE CONSCIENCE, parce qu'on juge trop vite (on nous demande du rendement), parce qu'on a peur de laisser passer quelque chose, parce que parfois on oublie de respecter l'usager. Après 20 AS, je ne suis pas blasé mais très critique. On ne fait pas assez la critique de nos pratiques, on parle trop de cas, de situation, de problematiques...on ne mobilise pas assez les competences des gens... parfois, quand on les a dans le collimateurs, on les lache plus, des fois que...
trop souvent aussi, on voudrait les voir devenir conformes à ce qu'on estime qu'ils devraient être. Bref on s'autojustifie.
Blasé, moi ? Pas du tout. le trvail social souffre de trop d'exigence de rendement, de lmanque de temps, d'autoamtisme... si bien que parfois on le fait mal. Moi,pour toutes ces raisons, j'ai conscience de pas toujours respecter l'usager. Il m'est arrivé de perecvoir une problématique correctement mais de pas saisir bien le fontionnement psy d'une famille (ou d'une personne centrale dans la famille) et, pour cela, de l'humilier et pour cela de ne pas réussi à l'aider, de me faire jeter, à la fin d'être contreproductif. Et c'étai_t ma faute !!!
c'sst quand même un métier formdiable mais dur.
Oui il faut réfléchir à la notion d'aide. Mais, on ne le fait pas assez car on ne sait pas (veut pas ???) trop se remettre en cause, se poser la question de notre utilité sociale. Certs, nous en avons une mais comment, laquelle, quand, etc.. oui, t'as raison lili, on s'interroge pas assez sur la notion d'aide. Oui, t'as raison de parle de soutien, d'accompagnement... mais on n'es pas tous d'accord en nous...

aude

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par aude » 11 févr. 2006 09:26

Merci, merci pour vos témoignages et votre notion du métier.
Il est vrai qu'on ne pense pas à tout ca si on est pas confronté aux problemes.
la notion d'aide est à méditer pour tous.
Merci encore à toi lili de t'etre confiée.Je pense que tu fais déja le plus dur travail qui soit, c'est celui d'etre mere,alors je te souhaite beaucoup de courage pour la suite.

marie

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par marie » 11 févr. 2006 12:27

R160, je te remercie il est clair qu'il y a bcp à méditer sur ces pratiques!!
mais en tout cas encore merci je me prépare à l'oral du concours avec une vision et une approche moins éducolrer j'en avais besoin c'est déjà un bon début je sais être critique avec moi-même...

valentin

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par valentin » 11 févr. 2006 16:57

l'important, c'est d'être avec l'autre, d'être ensemble. L'équipe -c'est très important de travailler en équipe- a le devoir de soutenir le discours et les capacités de l'usager sans alimenter ses éventuels délires, denis, etc..., d'établir une relation de confiance, transférientielle, qui ouvre à une reconnaissance de l'autre, de sa souffrance, sans exclure. Dans cette affaire, il n'y a guère place pour des sauveteurs qui veulent aider....

lili

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par lili » 12 févr. 2006 11:44

je viens de découvrir une "perle" dans un texte de Joseph Rouzel :

parents usagers ou_ parents usagés ?
parentalité ou parents alités ?

à méditer...

lili

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par lili » 16 févr. 2006 18:37

j'y crois à peine. je viens d'apprendre que la mesure va être levée. Je rêve. Effectiveent, pas de danger a dit le juge. J'u croyais plus. Mais il a fallu se bagarrer. Payer un avocat. Saisir le Fil d'Ariane. Venir avec des attestations. toputes choses qui sont hors de portée des parents modestes. Ca fait réfléchir. Comment on disait autrefois, déjà, "justice de classe" ?
Merci à tous, en tous cas.

delphine

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par delphine » 17 févr. 2006 11:00

comme je te comprend lili.Jai vecu des AEMO, des foyers maternelles, des educ inquisiteurs, des situation sociales faites par AS de l 'ASE a la demande d'un juge (via mon ex mari a la suite de déclarations mensongères en vu d obtenir l 'autorité parentale de notre fille).Je les ai lu ces situation me concernant, froides, desciptives, chirurgicale. Bref, un simple divorce et c'etait la longue et terrible route du social.J'en ai avalait des couleuvres, j'ai suivi les "ordres" pcq eux savait et pas moi, tel cas telle situation, je les entendais les AS sures d'elle "untelle est un cas social",j'ai été bousillée pdt des années.Des année plus tard, concours de l'école AS : pas une "vocation" comme certaine de mes collègues , juste la possibilité de prendre les choses a revers, avoir pcq j avais connu l' autre coté la notion de respect, de diplomati, d empathie, éviter les pièges de la toute puissance propre a la profession ,(qui dans l'ensemble adore s auto-congratuler) J en ai une vision differente pcq je suis seulement en 2ème année, mais a chq fois qu'une personne rentre ds le bureau,je ne peu m'empecher de me revoir et de me dire "c est une personne , pas un cas social". Alors ca va peut être faire hurler certains, d'autre vont me dire que je "repare", peut être oui.
Ton message m'a dirctement touche Lili parce que je m'y suis reconnu;pcq c est vrai qu'on doit faire le dos rond, c'est vrai que les AS n aiment pas être mis face a leur doute,neanmoins le message de JPP est plein d espoir et je souhaite par la suite devenir aussi patience et a l ecoute que lui.
C'est bien que la mesure soit levée : vous allez pouvoir vous occupez de votre famille avec vos capacite, sans intrusion intempestive de la Loi. Bonne continuation.

Christophe

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par Christophe » 17 févr. 2006 12:39

J'ai lu tous vos messages avec la plus grande attention.

Je salue votre courage Lili de venir sur ce site bien identifié "le social" pour partager votre expérience douloureuse.

Je suis AS depuis plusieurs années, dans un service spécialisé qui n'est pas en rapport direct avec le domaine de l'enfance. Je ne peux que rejoindre ce que JPP décrit très bien sur ce qui constitue notre socle de valeurs, je ne ferai pas mieux. Simplement j'ai envie (besoin ?) de partager moi aussi ma courte expérience professionnelle.

Je crois que la difficulté dans cette profession c'est l'alchimie entre l'aspect technique et le côté humain. En théorie les 2 sont nécessaires et doivent se compléter de telle sorte que l'on puisse réellement établir une relation de confiance avec les personnes, une relation vraie tout en étant dans un rôle, puisque nous appartenons forcément à une institution, qui nous confère des missions.

L'écueil c'est de se cacher derrière la technique (c'est très rassurant de savoir, ou de croire que l'on sait...), pendant ce temps là, on ne prend pas trop de risques, on ne s'engage pas trop. C'est ce que l'on retrouve chez certains professionnels, qui du coup font souvent "pour" les personnes, en pensant bien faire, en pensant les aider. Dans une situation comme la vôtre Lili, ce côté technique devient encore plus violent parce qu'il donne l'impression d'être finalement face à un mur, n'est-ce pas ?

Mon analyse m'amène à penser que ce côté technique est mis en avant pour se protéger justement d'être dans ce rôle et d'avoir à poser une évaluation, un "diagnostique". C'est un exercice difficile. Le 1er risque est de tirer des conclusions hâtives et donc d'ouvrir le parapluie comme on dit dans le jargon. parce que oui, la responsabilité pénale de l'AS est engagée à chaque fois qu'il y'a contact avec un usager et qu'il y'a partage d'informations. Ca on doit le comprendre. Ca n'explique pas tout ni ne justifie certaines pratiques, mais c'est à prendre en compte, il me semble.

Après il y a d'autres situations compliqées. Je vais donner un exemple concret que j'ai rencontré. Une famille me contacte pour une demande d'aide financière assez classique. Nous faisons le nécessaire et cette première demande est finalement satisfaite. Le premier contact a été bon et rapidement la relation de confiance permet à Mme de me confier d'autres choses par téléphone sur le comportement de son mari. Elle décrit ses comportements, ce qu'elle croit être de l'ordre de la pathologie, mais surtout elle cherche des issues pour elle et pour son fils qui ne déssine que des monstres, il a 9 ans. Petit à petit, au fil des mois, j'esaie de l'aider, c'est a dire de se situer, pour qu'elle prenne des décisions pour elle et son fils. Je ne l'oriente pas, je lui renvoie simplement que les privations de liberté et autres comportements doivent effectivement continuer à l'interroger. Mon rôle étant aussi d'attirer son attention sur sa responsabilité de parent face à ce qu'elle peut qualifier de dangereux pour son fils. Et puis elle me dit aussi que son mari possède une arme, qu'elle n'est pas tranquille avec ça (je vais à l'essentiel).

Bref, je n'ai pas engagé d'autre chose pour l'instant, je suis cette sitaution à distance depuis des mois maintenant et mon travail consiste à encourager cette femme à aller elle-même vers les réseaux d'aide (informer l'école, aller au CIDF par exemple prendre des renseignements, pourquoi pas voir l'AS de son secteur). Je ne veux pas brusquer les choses.

D'un autre côté ma responsabilité est engagée puisque j'ai connaissance d'informations qui "pourraient" constituer un danger. Le dilleme se situe là : j'ouvre la parapluie, j'alerte qui de droit pour d'autres investigations avec des conséquences que personne ne maîtrise, mais au moins je me couvre ? OU je continue mon travail de fourmis avec le risque que la situation explose et que je sois dépositaire d'infos qui pourraient être interprétées comme des SOS et surtout que l'on considère que je n'en ai rien fait !!!?

Pas facile, hein ?

Je suis toujours dans le 2ème type d'intervention, mais je ne sais pas encore combien de temps je peux laisser avant de réduire cette lattitude que je laisse à Mme. En n'oubliant pas aussi que c'est à moi AS, qu'elle confie tout ça et non pas à son voisin ou à la boulangère du coin (?). Attend-t-elle qq chose de moi au fond ? Je n'ai pas la réponse.

Je conclurai simplement en disant moi aussi que ce métier est passionnant par la richesse des rapports, mais qu'il reste très difficile d'être impliqué dans des situations pour lesquelles ou souhaite toujours une issue la meilleure possible sans avoir la maîtrise de tout ce qu'on engage. Tout est entremêlé : le social, le juridique, le psychologique etc.

Les cas de conscience sont monnaie courante et je pense aussi que nous sommes un certain nombre à réféchir à 2 fois, non 3 fois, aux actes que l'on pose, avec le doute qui va avec, parce que finalement la relation humaine comporte toujours des affects, des erreurs, des maladresses, des non-dits, des violences, des sous-entendus, des appels au secours, des refus, le déni, la joie etc enfin tous les sentiments qui font de nous ce que nous sommes. Mais notre capacité de discernement varie aussi en fonction de ce que nous vivons dans notre propre intimité. Mais on doit rester pro, alors bah... on fait aussi des erreurs qui peuvent être dramatiques...

Déborah

Re: dur ! la réputation d'as

Message non lu par Déborah » 17 févr. 2006 13:12

Coucou Delphine,
Moi j'arrive pas à avoir ce concours! Je n'ai pas eu affaire aux travailleurs sociaux, mais j'ai n'ai aucun revenus et je galére (je vais pas tout expliquer en datail). Je connais des filles qui sont en école d'as et qui ne sont que des petites bourgeoises pretentieuses....Donc je comprends ta vision du metier d'assistante sociale :crazy:
Voila!

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