Bonjour,
Je m'appelle Nadège et je mène actuellement une étude sur l'accompagnement social des personnes SDF. Plus précisément je m'intéresse aus relations travailleurs sociaux- personnes sans abri.
je suis à la recherche de témoignages pour étayer mon étude mais aussi de conseils, car je souhaite participer à des maraudes.
Merci d'avance
Nadège
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Populations SDF
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cam
Re: Populations SDF
Salut Nadège,
je suis assistante sociale et j'ai fait mon mémoire sur les personnes SDF. J'ai également fait un stage dans un accueil de jour. Si je peux t'être utile, fais le moi savoir!
@+
cam.
je suis assistante sociale et j'ai fait mon mémoire sur les personnes SDF. J'ai également fait un stage dans un accueil de jour. Si je peux t'être utile, fais le moi savoir!
@+
cam.
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Nadège
Re: Populations SDF
Salut Cam,
Merci pour ta réponse et oh que oui, ton expérience m'intéresse!
- Par rapport à ton expérience avec les sans-abris, je voudrais savoir quelles étaient tes motivations pour travailler avec elle et quels ont pu être aussi les éléments de démotivation que tu as pu rencontrer? Quelles difficultés te sont apparues pour établir une relation de confiance avec une personne SDF? Comment se passer les collaborations entre travailleurs sociaux et bénévoles, entre structures d'urgence et dispositifs d'insertion? J'aimerais savoir aussi, quels conseils tu me donnerais tu pour aller vers ces personnes? Enfin je souhaiterais que tu me racontes ton pire et ton plus beau souvenirs...
- Tu m'expliques dans ton message que tu fais un mémoire sur les populations SDF? Dans mon étude je cherche à répondre à la question suivante : comment penser ou construire (avec mon tuteur, on est pas encore arrêtés sur le verbe) l'accompagnement social des populations SDF? Peut-être pourrais-je t'envoyer mon plan pour que tu me dises ce que tu en penses?
Si, à mon tour, je peux t'aider en quoi que ce soit, ce sera avec plaisir.
Merci
Nadège
PS : ne te presse pas pour me répondre, je suis en Belgique toute la semaine prochaine...
PS : si tu préfères, on peut faire par tèl.
Merci pour ta réponse et oh que oui, ton expérience m'intéresse!
- Par rapport à ton expérience avec les sans-abris, je voudrais savoir quelles étaient tes motivations pour travailler avec elle et quels ont pu être aussi les éléments de démotivation que tu as pu rencontrer? Quelles difficultés te sont apparues pour établir une relation de confiance avec une personne SDF? Comment se passer les collaborations entre travailleurs sociaux et bénévoles, entre structures d'urgence et dispositifs d'insertion? J'aimerais savoir aussi, quels conseils tu me donnerais tu pour aller vers ces personnes? Enfin je souhaiterais que tu me racontes ton pire et ton plus beau souvenirs...
- Tu m'expliques dans ton message que tu fais un mémoire sur les populations SDF? Dans mon étude je cherche à répondre à la question suivante : comment penser ou construire (avec mon tuteur, on est pas encore arrêtés sur le verbe) l'accompagnement social des populations SDF? Peut-être pourrais-je t'envoyer mon plan pour que tu me dises ce que tu en penses?
Si, à mon tour, je peux t'aider en quoi que ce soit, ce sera avec plaisir.
Merci
Nadège
PS : ne te presse pas pour me répondre, je suis en Belgique toute la semaine prochaine...
PS : si tu préfères, on peut faire par tèl.
-
cam
Re: Populations SDF
Salut Nadège,
tout d'abord merci pour ton aide mais mon mémoire est bouclé depuis un bon bout de temps maintenant puisque je suis professionnelle :th)
Je vais essayer de répondre au mieux à tes questions!
1-Ma principale motivation était de travailler avec des personnes extrêment désocialisées, tenter de comprendre "comment on pouvait en arrivé là" et aussi une envie d'aider des gens dont on se soucie seulement quand le froid arrive!! les principaux éléments de démotivations étaient : de ne pas avoir les moyens nécessaires pour travailler "correctement" avec eux + le manque de reconnaissance des autres structures (Mairie, CCASS) par rapport à notre travail et aux besooins des personnes (quand un SDF demande un RDV avec une AS de la mairie il ne peut pas attendre 15 jours avant de l'obtenir parce que sinon il n'ira jamais!!). Il y avait aussi le fait que l'on ne peut pas bosser avec une personne SDF comme avec une personne qui a un logement, il n'y a pas réellement de suivi : une personne peut par exemple avoir une demande à un instant T et le lendemain ne même plus s'en souvenir!! Enfin de ce qui peut être EXTREMEMENT démotivant c'est que de toute façon on travaille essentiellemnt dans l'urgence (un gars qui te demande de travailler, sans diplôme et quand tu connais le chômage qu'il y a en France, comment faire ?? Sans travail pas de logement, sans logement quasiment pas de travail stable).
2- une personne SDF n'a plus confiance en personne à part en elle même, du coup faut du temps, beaucoup de temps pour qu'une relation de confiance soit établie, et même quand elle existe, un petit grain de sable peut dérègler la machine et le SDF reprend sa confiance et pour toi tu dois recommencer depuis le début!
3- la collaboration entre pros et bénévoles dépend surtout des bénévoles : certains ont une connaissance pointue de "la nature humaine", de la psychologie, et savent qu'ils ne sont pas professionnels. Travailler avec ce genre de bénévoles est un plaisir parce que tu peux compter sur eux. La seconde catégorie est celle des personnes qui pensent être de supers bénévoles ou qui se prennent pour des professionnels, alors qu'elles n'ont aucune psycho, parlent fort de certaines personnes alors que les autres SDF écoutent (faut quand même un minimun de confidentialité!!)
4- j'ai déjà répondu sur le partenariat entre structures d'urgence et dispositifs d'insertion...
5-les conseils que je te donnerai pour aborder ce type de population c'est de laisser faire les choses, leur laisser le temps de te connaitre et de se laisser "apprivoiser", mais surtout ne leur donne pas de conseil (du moins au début) parce qu'ils ne supportent pas ça en général...
6- mon meilleur souvenir : lorsque j'étais en stage dans l'accueil de jour, nous avons réussi avec l'assistante sociale des urgences de l'hôpital et l'assistant social d'un centre d'alcoologie en ambulatoire, de "sortir" un jeune SDF polonais de la rue et de l'alcool, en faisant des pieds et des mains pour qu'il puisse bénéficier d'un sevrage, d'une cure, d'une post cure et enfin d'un séjour dans un centre de réadaptation. Au jour d'aujourd'hui il est toujours abstinent... travailler avec les personnes SDF c'est ça : pleins de petites défaites mais d'immenses victoires!!
Mons pire souvenir : avoir reçu un coup de téléphone de l'hosto m'annoncant qu'un SDF fréquentant régulièrement le centre, qui avait un logement qu'il n'avait pas investi et des problèmes d'alcool, avait été retrouver mort sur un banc de la ville à 44 ans... très dur à encaisser : on ne peut pas s'empêcher de penser que l'on a peut-être pas tout mis en oeuvre pour le sortir de sa galère...
7- pour ton plan aucun problème, voici mon mail: athenais2006@yahoo.fr
Voilà, en espérant t'avoir été d'une quelconque aide...
@+
cam.
tout d'abord merci pour ton aide mais mon mémoire est bouclé depuis un bon bout de temps maintenant puisque je suis professionnelle :th)
Je vais essayer de répondre au mieux à tes questions!
1-Ma principale motivation était de travailler avec des personnes extrêment désocialisées, tenter de comprendre "comment on pouvait en arrivé là" et aussi une envie d'aider des gens dont on se soucie seulement quand le froid arrive!! les principaux éléments de démotivations étaient : de ne pas avoir les moyens nécessaires pour travailler "correctement" avec eux + le manque de reconnaissance des autres structures (Mairie, CCASS) par rapport à notre travail et aux besooins des personnes (quand un SDF demande un RDV avec une AS de la mairie il ne peut pas attendre 15 jours avant de l'obtenir parce que sinon il n'ira jamais!!). Il y avait aussi le fait que l'on ne peut pas bosser avec une personne SDF comme avec une personne qui a un logement, il n'y a pas réellement de suivi : une personne peut par exemple avoir une demande à un instant T et le lendemain ne même plus s'en souvenir!! Enfin de ce qui peut être EXTREMEMENT démotivant c'est que de toute façon on travaille essentiellemnt dans l'urgence (un gars qui te demande de travailler, sans diplôme et quand tu connais le chômage qu'il y a en France, comment faire ?? Sans travail pas de logement, sans logement quasiment pas de travail stable).
2- une personne SDF n'a plus confiance en personne à part en elle même, du coup faut du temps, beaucoup de temps pour qu'une relation de confiance soit établie, et même quand elle existe, un petit grain de sable peut dérègler la machine et le SDF reprend sa confiance et pour toi tu dois recommencer depuis le début!
3- la collaboration entre pros et bénévoles dépend surtout des bénévoles : certains ont une connaissance pointue de "la nature humaine", de la psychologie, et savent qu'ils ne sont pas professionnels. Travailler avec ce genre de bénévoles est un plaisir parce que tu peux compter sur eux. La seconde catégorie est celle des personnes qui pensent être de supers bénévoles ou qui se prennent pour des professionnels, alors qu'elles n'ont aucune psycho, parlent fort de certaines personnes alors que les autres SDF écoutent (faut quand même un minimun de confidentialité!!)
4- j'ai déjà répondu sur le partenariat entre structures d'urgence et dispositifs d'insertion...
5-les conseils que je te donnerai pour aborder ce type de population c'est de laisser faire les choses, leur laisser le temps de te connaitre et de se laisser "apprivoiser", mais surtout ne leur donne pas de conseil (du moins au début) parce qu'ils ne supportent pas ça en général...
6- mon meilleur souvenir : lorsque j'étais en stage dans l'accueil de jour, nous avons réussi avec l'assistante sociale des urgences de l'hôpital et l'assistant social d'un centre d'alcoologie en ambulatoire, de "sortir" un jeune SDF polonais de la rue et de l'alcool, en faisant des pieds et des mains pour qu'il puisse bénéficier d'un sevrage, d'une cure, d'une post cure et enfin d'un séjour dans un centre de réadaptation. Au jour d'aujourd'hui il est toujours abstinent... travailler avec les personnes SDF c'est ça : pleins de petites défaites mais d'immenses victoires!!
Mons pire souvenir : avoir reçu un coup de téléphone de l'hosto m'annoncant qu'un SDF fréquentant régulièrement le centre, qui avait un logement qu'il n'avait pas investi et des problèmes d'alcool, avait été retrouver mort sur un banc de la ville à 44 ans... très dur à encaisser : on ne peut pas s'empêcher de penser que l'on a peut-être pas tout mis en oeuvre pour le sortir de sa galère...
7- pour ton plan aucun problème, voici mon mail: athenais2006@yahoo.fr
Voilà, en espérant t'avoir été d'une quelconque aide...
@+
cam.