Ce qui est agaçant c'est toujours cette confusion entre savoir ce qu'on raconte et être imbu de soi-même, donner des leçons, etc. Je pense qu'on peut être sûr de soi sur certains sujets sans être ni orgueilleux, ni prétentieux, ni condescendant.
D'autant plus que tout ce qui se dit dans un oral est loin de ne concerner que le métier d'AS spécifiquement. Par exemple, quand on parle de cadre institutionnel, on est souvent dans le monde du travail en général, et franchement je trouve qu'il y a une tendance assez forte dans ce milieu socio-professionnel à la confusion entre ce qui est spécifique au métier et ce que pas mal de cens ont eu l'occasion d'apprendre à connaître bien avant de commencer une formation d'AS. Et je ne parle pas seulement des épreuves du diplôme, mais aussi de ce que j'ai constaté au cours de mes stages, à l'école et en partageant des expériences avec pas mal de collègues aux parcours divers.
Sinon cette idée de qui a l'initiative dans un échange c'est pas si évident à mon avis. L'oral commence par 10 minutes de présentation où c'est a priori le candidat qui l'a. Ensuite idéalement dans un échange l'initiative change de main en fonction de ce qui se dit et se développe.
Avoir l'initiative à un instant donné ce n'est pas imposer aux autres ce qu'ils doivent faire, dire ou penser. C'est juste à un instant donné avoir la possibilité d'orienter le cours de l'échange, par exemple pour clarifier un point ou préciser l'orientation d'un travail (mémoire ou élément de dossier de pratiques) afin d'éviter de passer à côté du sujet.
On est quand même censés présenter le résultat de trois ans de travail. Dans le principe, je ne vois pas ce qu'il y aurait de répréhensible à recentrer une question face à des gens qui ont passé au mieux un jour ou deux sur nos écrits, quand ce n'est pas une heure ou moins.
Après il y a des jurys qui le prennent bien ou mal. C'est à ça que je pense quand je parle d'attitude de soumission : soit on défend un travail auquel on croit et dans lequel on s'est investi plus longtemps que les membres du jury, soit on laisse tomber et on va dans le sens du jury même s'il est 3 années lumières à côté du travail effectué.
Suivant sur qui on tombe, l'idée qu'un candidat puisse mieux maîtriser un point particulier à un instant T ça peut faire naître de l'agressivité.
Par exemple j'ai eu une sociologue au DC1 qui a fini l'entretien (qui a duré 1h20, un véritable acharnement) en me questionnant sur mon mémoire (et en détail, plus de 5 minutes en allant jusqu'à la question de recherche !), pour finir par me démontrer que les conclusions d'un mémoire dont elle avait eu une simple présentation orale pendant 3 minutes étaient totalement à côté de la plaque. Si ça c'est pas un problème d'ego, je ne sais pas ce que c'est.
Alors ok, je suis bien conscient que mon attitude a dû l'exaspérer bien avant qu'elle en soit réduite à ça pour avoir le dernier mot, m'enfin je pose quand même la question : c'est qui ceux qui sont censés être pros et tendre vers l'objectivité pour justifier ce pouvoir qu'ils ont de juger trois ans de boulot uniquement sur la bonne foi du candidat ?
Là aussi c'est à mon avis un souci majeur du nouveau système de domaines de compétences : entre les deux extrêmes ("le positionnement pro et le terrain en tout et pour tout dans chaque épreuve" et "positionnement pro + terrain = DC1 uniquement") et vu le niveau très hétérogène des attentes des jurys plus ou moins au clair avec la réforme, je pense effectivement que l'idée pour gérer tous ces risques c'est de se taire et d'essayer de deviner ce que le jury particulier sur lequel on est tombé semble vouloir poser comme genre de questions et attendre comme genre de réponses.
Ceci dit, je persiste à dire que ce n'était pas à ça que nous avions été préparés, au moins dans mon école, pendant trois ans.