Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

Question aux pros...

La communauté Assistant de Service Social se retrouve sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
Faïza

Question aux pros...

Message non lu par Faïza » 12 déc. 2007 18:42

J'ai souvent lu que le métier d'AS c'est bcp de "paperasse" et que les AS sont plus des "distributeurs de fric".

Je m'adresse à vous, qui connaissez ce métier mieux que personne..
Les gens qui disent ça ont ils un peu raison ou bien ce sont des gens qui ne connaissent pas la réalité de votre métier?

nath

Re: Question aux pros...

Message non lu par nath » 13 déc. 2007 07:59

c'est peut etre la réalité de certains postes . c'est peut etre aussi la réalité de certaines collègues qui préfèrent ce type d'intervention.
je suis as scolaire et mon travail c'est 90 % d'entretien d'aide auprès de jeunes en difficulté, et 10 % de paperasse.

Vi

Re: Question aux pros...

Message non lu par Vi » 13 déc. 2007 12:44

je suis d'accord avec Nath!
pour certains postes, je pense qu'il y a en effet beaucoup de paperasse et que ça dépend de la façon de travailler de chaque assistante sociale

en scolaire (eh oui moi aussi), il y a vraiment peu de paperasse...

pour ce qui est de distribuer le fric, en scolaire, on participe un peu au fonds social collégien mais sinon, pas vraiment d'aides financières!!!

ça dépend vraiment du service!!! c'est sur qu'en SSD, il y a plus d'aides financières même si ça ne se résumé pas à ça non plus.

y

Re: Question aux pros...

Message non lu par y » 14 déc. 2007 19:50

travailleur social à la caf... il est vrai que pour bcp de personnes on est une sorte de banque.. d'autant plus que l'on est l'organisme payeur de quasi toutes les prestations (rmi, aah, api...etc). Toutefois notre travail se décline différemment... en effet même si on passe du tps à faire des "paperasses" (même si le terme me gêne, car je considère que faire une demande d'aide financière ou faire de l'accès aux drts c'est pas que de la "paperrass" mais un outil de l'accompagnement), notre travail est constitué pour sa plus grande partie par des échanges et des accompagnements d'allocataires en difficultés (impayés de loyer, soutien à la fonction parentale..)
Attention à ne pas trop dénigrer les mots de ce que tu appelles paperasses... sur le terrain on se bat pour que toutes ces aides existent.. heureusement que la paperasse telle que les allocations mensuelles ou le fsl existent..
Cette paperasse est un outil de l'action sociale

Yves coulombier

Re: Question aux pros...

Message non lu par Yves coulombier » 15 déc. 2007 19:15

Je suis AS en alcoologie et je ne fais jamais de "paperasse", heureusement pour mes clients parce que dans ce domaine, je suis nul et je préfère orienter vers quelqu'un de compétent.

Mirabelle

Re: Question aux pros...

Message non lu par Mirabelle » 17 déc. 2007 08:58

bonjour!

je suis d'accord avec y, attention aux termes car paprasse c'est très péjoratif. C'est vrai que sur la forme, ça peut être assez fastidieux de remplir les demandes d'aide mais celles-ci ne sont qu'un outil. Le plus gros du boulot, quel que soit le poste (même s'il y a des différences selon les institutions), le prmier outil c'est l'entretien, c'est la relation à l'autre. Même si parfois on peut avoir l'impression d'être une vache à lait parce que les gens viennent avec une demande financière, on peut arriver à aborder beaucoup d'autres choses, souvent le problème d'argent n'est que le symptôme.
Tu verras dans cette profession, il ne faut pas se fier aux "on-dit" sinon l'AS reste une femme coincée qui vole les enfants... alors que la relation aux autres c'est super enrichissant!
bonne réflexion

OBLED

Re: Question aux pros...

Message non lu par OBLED » 17 déc. 2007 10:22

salut,
Je me permets de rebondir sur ta question car elle est d'actualité et centrale dans notre métier. Comment favoriser l'autonomisation des usagers avec une approche de plus en plus "technicienne"? En effet,le travail social est aujourd'hui de plus en plus un travail administratif, englué dans des dispositifs de plus en plus précis et donc: de plus en plus restrictifs en terme d'accés et de réappropriation par les usagers. Il ne suffit pas de produire des lois, comme celle de 2002 dans le secteur médico-social, de faire de beau discours éthiques, déontologiques, voir philosophiques... pour que dans la réalité, les personnes suivies soient actrices de leurs propres intégration sociale (je ne parle pas " d'insertion", véritable mythe et terme galvodé selon le sociologue R. Castel...). Après avoir territorialisé notre action via la décentralisation, catégorisé les situations et les populations par problématiques... on nous demande aujourd'hui, plus que jamais, de rendre des comptes. Cela est normal? Sauf si cela se fait au détrimant des personnes "accompagnées".En effet, il existe une dérive dans le tout administratif. On peut en arriver à avoir l'impression d'être plus technicien qu'A.S. Alors à quoi cela serviraient nos trois années de formation, notre apprentissage de la réflexion et notre capacité à analyser les enjeux d'une société plus libérale,individualiste, et dont les répercutions sur les individus fragilisés se sont massifiées... Il est certes normal de devoir rendre des comptes et donc de remplir de la "paperasse"...mais on en arrive dans certains secteurs, et notamment, celui de la polyvalence à ne plus faire que ça (FSH, aide sociale, AEL, dispositifs EDF-GDF...)!!! Du temps perdu pour raconter et entendre toujours la même chose: pas de travail, revenus instables, besoin d'argent et d'un logement... Malheureusement avec 30e on ne fait pas évoluer une situation!!! De plus professionellement parlant,il ne suffit pas de se décréter "aidant" pour croire l'usager capable de devenir un sujet de droits, responsable d'interactions objectives avec nos services. Cela demande une énergie, une attention et une prise de responsabilité de tous les instants. Il donc est facile sans s'en rendre compte, par lassitude ou devant l'impossibilité à résorber les problèmes d'une personne (complexité, urgence, multiplicité des problématiques)...de dériver vers une approche que l'on pourrait qualifier de "technicienne". L'assitant(e) social(e) ne joue alors qu'un rôle d'intermédiaire entre une demande et une aide, sans finalité autre que celle de satisfaire l'usager et/ou d'éviter toute confrontation. Mais le champ d'action des usagers peut aussi se voir remis en cause par l'organisation même de notre travail, influencé en cela par la complexité des politiques sociales, la multiplicité des lois, des critères d'accès aux aides...Des sociologues comme R.Castel, J.Tremintin, L.Wacquant, T.Veille, S.Karsz... pointent une certain nombre de paradoxes qui leurs font dire qu'une fois passées la porte des services sociaux, les usagers (usagés!) ne seraient finalement pas si libres que cela (voir les "contrat d'insertion" dans le cadre du rmi, qui sur une éthique héritée des lumières(J.J.Rousseau) peu rapidement devenir un outil de stigmatisation et de flicage...). La multiplicité des intervenants au niveau territorial, la spécialisation accrue des travailleurs sociaux, amène aussi à s'interroger sur l'évolution de la prise en charge des usagers. Selon L.Barbe: la question est de savoir "si à trop fragmenter le travail social, on ne risque pas de perdre le sens du métier. Car le travail social ne gère plus qu'un maillon de l'aide". Comme le laisse entendre P.Reungoat dans son livre "instrumentalisation du travail social: conflit éthique et démocratique (voir article Education et société N°27, mars 2003) : "un mouvement paradoxale s'observe depuis une vingtaine d'années. Les conditions d'existences précaires ou dégradées continuent de se massifier dans la population, alors même qu'une amélioration des droits formels des usagers du travail social peut s'observer sur la même période". Certains accompagnements sociaux perdurent de manière presque indéfinie, passant de professionels en professionnel (S.Paugem parle alors de "dépendance aux travailleurs sociaux" et J.Tremintin montre très bien comme cela se répercute en terme de comportements entre usagers/professionnels...). Il est donc important de s'interroger en permanence sur sa pratique, sur la raison de l'utilisation de tel ou tel dispositif, de ne pas s'enfermer dans une approche technicienne... et de ne pas hésiter parfois à faire remonter de l'infos auprès des reponsables quand les choses ne marchent pas (arrêter l'angélisme ou de nier l'évidence). Le travail social a besoin aujourd'hui de personnes aptes à comprendre les grands enjeux de notre société, en termes d'intégration, et leurs répercussions sur certains de nos concitoyens,de réflexion sur l'importance du "lien d'accompagnement" (P.Fustier)afin de favoriser l'autonomisation des personnes suivies... Et non pas uniquement de professionnels "normé(e)s", "formatés" sur un mode médico-social (un problème: une solution via un dispositif). Quant à ta remarque sur les A.S voleuses d'enfants: quelle est la différence entre une A.S de l'aide sociale à l'enfance et un pitt-bull qui s'attaque à un enfant? réponse: le chien finit toujours par lâcher l'enfant!!!

Répondre