Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)
besoin de soutien
-
Etudiante reçue ASS3
Re: besoin de soutien
C'est une bonne chose que tu sois reçu au concours d'entrée. Je pense par contre que la formation va remuer des choses chez toi qui vont certainement t'aider à prendre une décision.
Je pense que tu sais déjà ce que tu dois faire même si tu y es attaché mais tu ne sais pas comment.
Des rapprochements se font au cours de ses 3 ans, des amis, des collègues avec qui on travaille en groupe et bien sûr des affinités qui perdurent au delà de la formation.
Tu vas pouvoir confier tes problèmes à quelqu'un t'inspirera confiance et peut être t'installer en collocation (ce qui peut être une solution en attendant). Des amis tu t'en feras et les liens peuvent être très forts, je parle en connaissance de cause.
Protège ta fille, la violence sur autrui, les enfants en souffre énormément et peuvent développer des traumas proches de la maltraitance, c'est mon petit conseil.
-
astarté
Re: besoin de soutien
Bonjour Viki,
J'ai vécu la violence masculine il y a plus de dix ans maintenant, et je sors à peine de l'école d'AS ; cette formation est un vrai tremplin si l'on sait s'en saisir, pas seulement pour comprendre l'autre, mais aussi pour se comprendre soi...
Aime-t-on souffrir?
Que se fait-on quand on joue à ce jeu de chat-souris?
Qui, ou que cherche-t-on à maîtriser?
Soi ? L'autre ? Nos propres structures mentales, largement dérivées d'histoires intériorisées?
Tout ce qu'on sait, c'est qu'il s'agit peut être d'un subtil jeu entre des données d'ordre psychique, culturel et sociologique. On sait qu'il y a des cycles, des profils à risque, mais ce que nous oublions souvent, nous autres travailleurs sociaux, c'est que lorsque nous sommes dans cette situation de violence, nous sommes des acteurs à part entière, que nous y vibrons, que nous y vivons et que peut-être il y a dans nos révoltes éphémères face aux coups et dans nos voltes-faces joyeux, nos doutes d'humains singuliers, au delà du "profil" que l'on s'ingénie à nous attribuer.
Il n'y a pas d'identité de "femme battue", il n'y a que celle que tu voudras, ou pas, construire.
La loi ne reconnaît pas les "femmes battues" en tant que catégorie, il faut savoir faire la part des choses entre ce qui est du réel et du construit. Parce que c'est dans ce construit là que réside aussi une part de la domination masculine, que nous reconnaissons implicitement. Jeu de rôles à la con...
Quand tu seras AS, ce n'est pas une femme battue qui aidera les autres, ce sera une AS, point barre. Doutes et réflexion éthique compris.
Et puis...
Tu as le droit de l'aimer.
Au delà du fait qu'il soit ton amoureux.
Tu as le droit de l'aimer de loin, aussi.
Et tu as le droit de te faire du bien, à toi.
Et tu as le droit d'en faire à ta gamine, qui a besoin d'avoir une maman épanouie plutôt que d'intérioriser qu'une maman, ça se sacrifie. Sacré poid !
Et tu as le droit d'en faire à ton mec, en lui montrant que ce n'est pas possible de démolir l'autre impunément, et qu'il se salit avec.
L'amour c'est pas nécessairement le "couple-image d'épinal".
C'est aussi poser des limites fermes et définitives à l'autre; parce que pour un type, c'est aussi très angoissant de savoir qu'il y a un tel pouvoir sur l'autre... L'amour, c'est peut être aussi vivre chacun sur son territoire et se retrouver de temps en temps pour se faire du bien...
Et puis, que sais-je...
Au fond, il y a peut être dans ces moments là quelque chose qui nous construit aussi,au delà du manichéisme victime/bourreau? "Homme qui marche il n'y a pas de chemin, le chemin ce sont tes pas qui le construisent", nous disait Machado...
La formation c'est un moment parfois violent, mais aussi parfois jubilatoire. On y met toutes nos tripes d'humains, nos doutes, Et on y vit des moments charnières, incroyablement bouleversants, comme ceux que tu vis en ce moment.
Et puis on sort de là en se disant : "Moi, j'ai traversé tout ça? Wow !"
En tout les cas, continue à ne pas rester toute seule avec ça, ne te cache pas, c'est aussi dans le regard des autres qu'on trouve nos propres assises, et parfois le courage de...
Bon courage à toi !
J'ai vécu la violence masculine il y a plus de dix ans maintenant, et je sors à peine de l'école d'AS ; cette formation est un vrai tremplin si l'on sait s'en saisir, pas seulement pour comprendre l'autre, mais aussi pour se comprendre soi...
Aime-t-on souffrir?
Que se fait-on quand on joue à ce jeu de chat-souris?
Qui, ou que cherche-t-on à maîtriser?
Soi ? L'autre ? Nos propres structures mentales, largement dérivées d'histoires intériorisées?
Tout ce qu'on sait, c'est qu'il s'agit peut être d'un subtil jeu entre des données d'ordre psychique, culturel et sociologique. On sait qu'il y a des cycles, des profils à risque, mais ce que nous oublions souvent, nous autres travailleurs sociaux, c'est que lorsque nous sommes dans cette situation de violence, nous sommes des acteurs à part entière, que nous y vibrons, que nous y vivons et que peut-être il y a dans nos révoltes éphémères face aux coups et dans nos voltes-faces joyeux, nos doutes d'humains singuliers, au delà du "profil" que l'on s'ingénie à nous attribuer.
Il n'y a pas d'identité de "femme battue", il n'y a que celle que tu voudras, ou pas, construire.
La loi ne reconnaît pas les "femmes battues" en tant que catégorie, il faut savoir faire la part des choses entre ce qui est du réel et du construit. Parce que c'est dans ce construit là que réside aussi une part de la domination masculine, que nous reconnaissons implicitement. Jeu de rôles à la con...
Quand tu seras AS, ce n'est pas une femme battue qui aidera les autres, ce sera une AS, point barre. Doutes et réflexion éthique compris.
Et puis...
Tu as le droit de l'aimer.
Au delà du fait qu'il soit ton amoureux.
Tu as le droit de l'aimer de loin, aussi.
Et tu as le droit de te faire du bien, à toi.
Et tu as le droit d'en faire à ta gamine, qui a besoin d'avoir une maman épanouie plutôt que d'intérioriser qu'une maman, ça se sacrifie. Sacré poid !
Et tu as le droit d'en faire à ton mec, en lui montrant que ce n'est pas possible de démolir l'autre impunément, et qu'il se salit avec.
L'amour c'est pas nécessairement le "couple-image d'épinal".
C'est aussi poser des limites fermes et définitives à l'autre; parce que pour un type, c'est aussi très angoissant de savoir qu'il y a un tel pouvoir sur l'autre... L'amour, c'est peut être aussi vivre chacun sur son territoire et se retrouver de temps en temps pour se faire du bien...
Et puis, que sais-je...
Au fond, il y a peut être dans ces moments là quelque chose qui nous construit aussi,au delà du manichéisme victime/bourreau? "Homme qui marche il n'y a pas de chemin, le chemin ce sont tes pas qui le construisent", nous disait Machado...
La formation c'est un moment parfois violent, mais aussi parfois jubilatoire. On y met toutes nos tripes d'humains, nos doutes, Et on y vit des moments charnières, incroyablement bouleversants, comme ceux que tu vis en ce moment.
Et puis on sort de là en se disant : "Moi, j'ai traversé tout ça? Wow !"
En tout les cas, continue à ne pas rester toute seule avec ça, ne te cache pas, c'est aussi dans le regard des autres qu'on trouve nos propres assises, et parfois le courage de...
Bon courage à toi !