Bonjour,
je souhaiterais savoir si des personnes ont des expériences sur ce sujet : la reprise de travail par une personne alcoolique reconnue travailleur handicapé
si oui , comment cela se passe t-il : échec ? ou bien aide à l'arrêt de l'alcool ?
quels sont les métiers ou les activités proscrites (s'il en existent) et quels sont au contraire ceux qui sont conseillés ...
merci
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Alcoolisme / travailleur handicapé
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ass3
Re: Alcoolisme / travailleur handicapé
Salut Romain, ta question me semble bien compliquée! Je ne suis pas sur d'avoir saisie correctement ce que tu souhaites développer.
Reconnu travailleur handicapé en lien avec les problèmes d'alcool ? Qu'entend-tu par echec ? Rechute de la personne alcolo-dépendante ou echec en terme d'emploi ? Reconnaissance travailleur handicapé, emploi dans un lieu de travail ordinaire ou protégé ?
J'ai fait un stage de 6mois dans un CCAA. J'ai pu constater qu'il était très difficile de garder un emploi lorsque la dépendance à l'alcool est très installée (modification du rythme du vie en fonction des alcoolisations....) J'ai même vu deux situations où la personne, alcoolisée au travail s'est fait licenciée par son employeur.
Je pense, sauf si mes collègues me contredisent, que s'il y a dépendance à l'alcool ou à toute autre substance liccite ou illicite, il y a autre chose à travailler en amont que l'insertion professionnelle. En effet alcolo-dépendance peut signifier dans certaines situations, l'isolement, les difficultés financières, pertes de repères spacio-temporels... Le social et le médical vont de paire lorsqu'on parle d'alcolo-dépendance. Il faut que la personne soit stabilisée avant de penser insertion professionnelle. C'est un long cheminement que l'on fait avec la personne... L'insertion professionnelle lorsque la personne est stabilisée passe souvent par des chantiers d'insertion afin de la "réhabituer" au rythme et aux impératifs que demande tout travail ; communication avec autrui, respect des horaires et du travail des autres...Après en terme d'activité, rien ne me semble proscris...tout dépend de la qualification et du choix de l'usager. Cordialement
Reconnu travailleur handicapé en lien avec les problèmes d'alcool ? Qu'entend-tu par echec ? Rechute de la personne alcolo-dépendante ou echec en terme d'emploi ? Reconnaissance travailleur handicapé, emploi dans un lieu de travail ordinaire ou protégé ?
J'ai fait un stage de 6mois dans un CCAA. J'ai pu constater qu'il était très difficile de garder un emploi lorsque la dépendance à l'alcool est très installée (modification du rythme du vie en fonction des alcoolisations....) J'ai même vu deux situations où la personne, alcoolisée au travail s'est fait licenciée par son employeur.
Je pense, sauf si mes collègues me contredisent, que s'il y a dépendance à l'alcool ou à toute autre substance liccite ou illicite, il y a autre chose à travailler en amont que l'insertion professionnelle. En effet alcolo-dépendance peut signifier dans certaines situations, l'isolement, les difficultés financières, pertes de repères spacio-temporels... Le social et le médical vont de paire lorsqu'on parle d'alcolo-dépendance. Il faut que la personne soit stabilisée avant de penser insertion professionnelle. C'est un long cheminement que l'on fait avec la personne... L'insertion professionnelle lorsque la personne est stabilisée passe souvent par des chantiers d'insertion afin de la "réhabituer" au rythme et aux impératifs que demande tout travail ; communication avec autrui, respect des horaires et du travail des autres...Après en terme d'activité, rien ne me semble proscris...tout dépend de la qualification et du choix de l'usager. Cordialement
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Romain
Re: Alcoolisme / travailleur handicapé
Bonjour ASS3,
merci pour ta réponse
effectivement , je ne pensais pas à la personne sous l'emprise totale de l'alcool , mais d'une personne alcoolique depuis des années , en rémission et stabilisation.
Isolée, en difficulté financière , en perte de repère spatio temporaires ... comme tu le dis
un emploi pourrait donc redonner une perspective de vie à la personne, lui permettre de se projeter , de s'accomplir par elle mêem , de se revaloriser , de reprendre confiance en elle ...
je parle ici de personnes alcooliques ou "anciens" alcooliques (mais je pense plutôt à des personnes qui ont été alcooliques 10 ans , 15ans , 20 ans , et qui arrivent à la cinquantaine, donc très fragiles au niveau de la rechute ) , qui sont en invalidée de 60 % ou 80 % du fait de leur maladie et surtout des conséquences que cette alcoolisation qui dura des années, a eu sur leur fonction physique et mentale .
Est il envisageable de la faire passer en travailleur handicapé , et donc de lui permettre l'accès à une formation , et à un emploi, en milieu protégé ou ordinaire, qu'importe .
J'aimerais savoir si des personnes ont déjà eu des expériences à ce sujet , et les résultats sur le long terme au niveau de la personne
merci pour ta réponse
effectivement , je ne pensais pas à la personne sous l'emprise totale de l'alcool , mais d'une personne alcoolique depuis des années , en rémission et stabilisation.
Isolée, en difficulté financière , en perte de repère spatio temporaires ... comme tu le dis
un emploi pourrait donc redonner une perspective de vie à la personne, lui permettre de se projeter , de s'accomplir par elle mêem , de se revaloriser , de reprendre confiance en elle ...
je parle ici de personnes alcooliques ou "anciens" alcooliques (mais je pense plutôt à des personnes qui ont été alcooliques 10 ans , 15ans , 20 ans , et qui arrivent à la cinquantaine, donc très fragiles au niveau de la rechute ) , qui sont en invalidée de 60 % ou 80 % du fait de leur maladie et surtout des conséquences que cette alcoolisation qui dura des années, a eu sur leur fonction physique et mentale .
Est il envisageable de la faire passer en travailleur handicapé , et donc de lui permettre l'accès à une formation , et à un emploi, en milieu protégé ou ordinaire, qu'importe .
J'aimerais savoir si des personnes ont déjà eu des expériences à ce sujet , et les résultats sur le long terme au niveau de la personne
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Florence
Re: Alcoolisme / travailleur handicapé
Personnellement, je pense que la situation est différente pour quelqu'un qui a travaillé en milieu ordinaire avant (ou même pendant) son alcoolisation ; par rapport à quelqu'un qui serait déjà reconnu travailleur handicapé et qui s'alcoolise.
Je m'explique :
En tant que déléguée à la protection des majeurs, j'ai en suivi ces deux types de personnes.
- Dans le 1er cas, bien souvent, le licenciement est intervenu avec la cause directe ou indirecte de l'alcool (plan de licenciement, on élimine celui qui s'alcoolise). Ou bien les alcoolisations répétées on finit par amener une maladie ou l'aggraver (diabète, cancer, dépression, ...), ce qui a conduit à la mise en invalidité ou à demander l'AAH lorsque les droits sécu sont épuisés.
Il est alors très difficile pour la personne, même si elle arrête de boire (d'ailleurs, est-ce souvent le cas ?), de demander une reconnaissance TH pour bosser à nouveau en milieu ordinaire, ce qui reviendrait à "afficher" sa maladie alcoolique.
- Deuxième cas, celui des travailleurs handicapés en ESAT : pour en rencontrer parmi mes majeurs, je constate qu'ils ont souvent des problèmes d'alcool (pas tous, bien sûr, mais souvent)
Et là, l'entreprise-ESAT est beaucoup plus "cool" vis à vis des alcoolisations. Disons que le seuil de tolérance des situations d'alcoolisation est plus souple, pas forcément sur le lieu de travail même, mais on ne licencie pas un travailleur handicapé parce qu'il était saoûl, on le renvoie chez lui et on laisse passer la mauvaise période avant d'essayer de reprendre ça avec lui ... ce qui n'est évidemment pas possible en milieu ordinaire. Même quand il y a une AS dans l'entreprise, le travail n'est pas un lieu "social" comme peut l'être un ESAT.
Enfin, voilà, je ne sais pas si je suis claire ...
Bien sûr, rien n'est figé, ce n'est pas une vérité à 100%, ce sont juste quelques constats et/ou hypothèses que je fais.
En milieu ordinaire, certaines personnes arrivent à cacher leur alcoolisation et poursuivent leur emploi, par exemple. Cela contribue d'ailleurs, je pense, à les aider à dépasser cette période de leur vie. Tout dépend jusqu'où ça va, mais je pense vraiment que si il y a perte de l'emploi en milieu ordinaire, il est ensuite très très difficile d'y revenir.
Je m'explique :
En tant que déléguée à la protection des majeurs, j'ai en suivi ces deux types de personnes.
- Dans le 1er cas, bien souvent, le licenciement est intervenu avec la cause directe ou indirecte de l'alcool (plan de licenciement, on élimine celui qui s'alcoolise). Ou bien les alcoolisations répétées on finit par amener une maladie ou l'aggraver (diabète, cancer, dépression, ...), ce qui a conduit à la mise en invalidité ou à demander l'AAH lorsque les droits sécu sont épuisés.
Il est alors très difficile pour la personne, même si elle arrête de boire (d'ailleurs, est-ce souvent le cas ?), de demander une reconnaissance TH pour bosser à nouveau en milieu ordinaire, ce qui reviendrait à "afficher" sa maladie alcoolique.
- Deuxième cas, celui des travailleurs handicapés en ESAT : pour en rencontrer parmi mes majeurs, je constate qu'ils ont souvent des problèmes d'alcool (pas tous, bien sûr, mais souvent)
Et là, l'entreprise-ESAT est beaucoup plus "cool" vis à vis des alcoolisations. Disons que le seuil de tolérance des situations d'alcoolisation est plus souple, pas forcément sur le lieu de travail même, mais on ne licencie pas un travailleur handicapé parce qu'il était saoûl, on le renvoie chez lui et on laisse passer la mauvaise période avant d'essayer de reprendre ça avec lui ... ce qui n'est évidemment pas possible en milieu ordinaire. Même quand il y a une AS dans l'entreprise, le travail n'est pas un lieu "social" comme peut l'être un ESAT.
Enfin, voilà, je ne sais pas si je suis claire ...
Bien sûr, rien n'est figé, ce n'est pas une vérité à 100%, ce sont juste quelques constats et/ou hypothèses que je fais.
En milieu ordinaire, certaines personnes arrivent à cacher leur alcoolisation et poursuivent leur emploi, par exemple. Cela contribue d'ailleurs, je pense, à les aider à dépasser cette période de leur vie. Tout dépend jusqu'où ça va, mais je pense vraiment que si il y a perte de l'emploi en milieu ordinaire, il est ensuite très très difficile d'y revenir.
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Romain
Re: Alcoolisme / travailleur handicapé
Bonjour FLORENCE et Lerci
oui tu as été clair , et tu as soulever le problème de la stigmatisation de la personne alcoolique (actuelle ou ancienne)dans le milieu ordinaire.
Je n'y avais pas forcément pensé.
Donc pour une personne exclu du marché du travail depuis longtemps, le mieux c'est quand même une reprise de l'activité dans un milieu protégé . A moins d'être isolé dans un poste en milieu ordinaire. Mais bon pas top niveau lien social... c'est pas l'but.
nénamoins le milieu protégé peut peut être ête un tremplin vers le milieu ordinaire
merci beaucoup
oui tu as été clair , et tu as soulever le problème de la stigmatisation de la personne alcoolique (actuelle ou ancienne)dans le milieu ordinaire.
Je n'y avais pas forcément pensé.
Donc pour une personne exclu du marché du travail depuis longtemps, le mieux c'est quand même une reprise de l'activité dans un milieu protégé . A moins d'être isolé dans un poste en milieu ordinaire. Mais bon pas top niveau lien social... c'est pas l'but.
nénamoins le milieu protégé peut peut être ête un tremplin vers le milieu ordinaire
merci beaucoup
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Florence
Re: Alcoolisme / travailleur handicapé
Salut Romain,
En fait, non, je ne voulais pas seulement pointer le fait que la reconnaissance TH risque de stigmatiser la personne.
Je pense simplement qu'il est très difficile de reprendre un travail en milieu ordinaire, lorsque la coupure a été prolongée. Parce que la personne a perdu ses repères temporels, parce qu'elle a perdu en "efficacité" , en rapidité, peut-être même en capacité de compréhension et d'analyse (l'alcoolisme, ça grille des neurones !)
Par contre, au lieu d'aller vers la "solution" de l'ESAT (qui est quand même très particulier), il y a la piste des contrats aidés : CI-RMA, CIE, etc ... qui sont accessibles avec une reconnaissance TH. Et là, c'est vrai que ça peut être un tremplin ... ou du moins une solution d'attente avant la retraite (tu évoquais la question pour les personnes d'une cinquantaine d'années), avec malgré tout un retour à la valeur "travail" qui est importante pour les personnes.
En fait, non, je ne voulais pas seulement pointer le fait que la reconnaissance TH risque de stigmatiser la personne.
Je pense simplement qu'il est très difficile de reprendre un travail en milieu ordinaire, lorsque la coupure a été prolongée. Parce que la personne a perdu ses repères temporels, parce qu'elle a perdu en "efficacité" , en rapidité, peut-être même en capacité de compréhension et d'analyse (l'alcoolisme, ça grille des neurones !)
Par contre, au lieu d'aller vers la "solution" de l'ESAT (qui est quand même très particulier), il y a la piste des contrats aidés : CI-RMA, CIE, etc ... qui sont accessibles avec une reconnaissance TH. Et là, c'est vrai que ça peut être un tremplin ... ou du moins une solution d'attente avant la retraite (tu évoquais la question pour les personnes d'une cinquantaine d'années), avec malgré tout un retour à la valeur "travail" qui est importante pour les personnes.