Bonjour,
Pour en revenir au message initial d'Asrebelle "Je suis choquée, outrée et dépassée que de constater que certaines collègues AS de religions et/ou croyances diverses ont la volonté manifeste d'endoctriner si je puis dire certains usagers/patients." et sa demande de voir comment expliquer cette façon de faire et si possible le "dénoncer".
Peut-être faut-il rappeler que même si les AS ne font pas serment de respecter un code de déontologie, elles doivent cependant si référer explicitement et veuiller à ne pas agir en contradiction avec celui-ci. Le texte complet est disponible sur le site de l'ANAS " LA PROFESSION D'ASSISTANT DE SERVICE SOCIAL
L'Assistant de Service Social est au service de la Personne Humaine dans la Société. Son intervention vise:
- à l'épanouissement et à l'autonomie des personnes, groupes ou communautés
- au développement des potentialités de chacun en le rendant acteur de son propre changement
- à l'adaptation réciproque Individus/Société en évolution.
L'Assistant de Service Social participe au développement social en apportant son concours à toute action susceptible de prévenir les difficultés sociales et d'améliorer la qualité de la vie.
L'Assistant de Service Social engage sa responsabilité à l'égard :
- des personnes auxquelles s'adresse son activité
- des lois régissant sa profession
- des institutions au sein desquelles la profession est exercée.
L'organisation et la pratique de la profession s'inscrivent dans le cadre des institutions et de la législation en vigueur. La formation continue, du fait de l'évolution des connaissances et de la société, s'impose à tout Assistant de Service Social comme une nécessité.
TITRE I : PRINCIPES GENERAUX ET DEVOIRS
Art.1 - De la dignité de la personne
Le respect de la personne fonde, en toute circonstances, l'intervention professionnelle de l'Assistant de Service Social.
Art. 2 - De la non-discrimination
Dans ses activités, l'Assistant de Service Social met sa fonction à la disposition des personnes, quels que soient leur race, leur couleur, leur sexe, leur situation, leur nationalité, leur religion, leur opinion politique et quels que soient les sentiments que ces personnes lui inspirent.
Art. 3 - De la confidentialité
L'établissement d'une relation professionnelle basée sur la confiance fait de l'Assistant de Service Social un " confident nécessaire " reconnu comme tel par la jurisprudence et la doctrine.
Art. 4 - Du secret professionnel
L'obligation légale de secret s'impose donc à tous les Assistants de Service Social et étudiants en service social, sauf dérogations prévues par la loi.
Art. 5 - De la protection et de la communication des données nominatives
L'Assistant de Service Social doit toujours veiller à la protection du dossier de l'usager et avoir conscience que ce dossier est communicable à la personne concernée. La constitution des dossiers doit tenir compte des dispositions légales sur l'accès aux documents administratifs.
Art. 6 - L'introduction et le développement des technologies modernes de recueil et de traitement des informations, imposent à l'Assistant de Service Social de se préoccuper, dès la phase de conception d'un projet, des règles de conservation et de recoupements, au regard du respect de la vie privée des individus et des familles.
Art. 7 - De l'indépendance et de la liberté
L'Assistant de Service Social ne peut accepter d'exercer sa profession dans des conditions qui compromettraient la qualité de ses interventions. Il doit donc être attentif aux formes et conditions de travail qui lui sont proposées et aux modifications qui pourraient survenir.
Tenant compte de la nature et des objectifs de l'organisme employeur, il s'assure qu'il peut disposer de l'autonomie nécessaire :
- pour choisir la forme de ses interventions et les moyens à employer
- pour décider de la poursuite ou de l'arrêt de son action.
Art. 8 - L'Assistant de Service Social ne peut, en aucun cas, utiliser sa fonction à des fins de propagande. Il ne peut s'en servir pour procurer ou tenter de procurer à qui que ce soit, des avantages injustifiés ou illicites. L'Assistant de Service Social salarié ne peut accepter des personnes ressortissant de son champ d'activité professionnelle, une rémunération pour services rendus.
Art. 9 - De la compétence
L'Assistant de Service Social a l'obligation de compétence, c'est à dire :
- maîtriser sa pratique professionnelle et tendre constamment à l'améliorer
- développer ses connaissances
- être vigilant quant aux répercussions que peuvent entraîner ses interventions dans la vie des personnes et celle des institutions.
...."
Le respect du code de déontologie va avec des pratiques éthiques et si, comme le dit ASrebelle, on peut avoir connaissance dans son travail des pratiques contraires à l'éthique de la part de collègues, on peut en souffrir "souffrance éthique" -cf travaux des psychodynamiciens du travail : Christophe DEJOURS et Pascale MOLINIER- et de plus on peut difficilement en parler, s'en ouvrir aux collègues, à la hiérarchie sans crainte ( ASrebelle parle de TABOU) d'être mis à l'écart, stigmatisé voire devenir un "bouc émissaire" qui n'a plus que le choix de partir travailler ailleurs ou subir la relégation, la mise à l'écart.
Peut-être y a-t-il un moyen d'aborder le sujet en réunion de service en abordant la question d'un point de vue général "qu'est-ce que vous pensez des pratiques tendant à influencer les opinions des personnes que l'ont reçoit en entretien" - à adapter suivant le contexte- le risque est que l'AS concernée le prenne pour elle et en fasse une affaire personnelle...
Une AST (Assistante Sociale du Travail) intéressée par les questions de mal-être au travail.
Bonne continuation à toutes et tous.
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situations tabous
-
Angela
Re:
Bonjour à tou(te)s,
Juste pour info, le dernier numéro de la revue Le Sociographe aborde la place du religieux dans le travail social (tant pour les "usagers" que pour les travailleurs sociaux) :
Confessions. Croyances en travail social (128 p., mai 2010)
"Ignorée, rejetée ou idéalisée, la question du religieux mérite d'être posée sans dogmatisme.
A l’heure du retour en force des communautarismes religieux, le travail social ne peut plus ignorer ces croyances qui rassemblent autant qu’elles exacerbent les différences.
Souvent, la confession du bénéficiaire n’est pas prise en compte au nom de la fausse dichotomie entre appartenance religieuse et laïcité. Comment les pratiques professionnelles peuvent, doivent prendre en compte les croyances ?
L’action sociale est-elle à même de reconnaître sa propre Genèse, et le travailleur social ses propres croyances ?"
Juste pour info, le dernier numéro de la revue Le Sociographe aborde la place du religieux dans le travail social (tant pour les "usagers" que pour les travailleurs sociaux) :
Confessions. Croyances en travail social (128 p., mai 2010)
"Ignorée, rejetée ou idéalisée, la question du religieux mérite d'être posée sans dogmatisme.
A l’heure du retour en force des communautarismes religieux, le travail social ne peut plus ignorer ces croyances qui rassemblent autant qu’elles exacerbent les différences.
Souvent, la confession du bénéficiaire n’est pas prise en compte au nom de la fausse dichotomie entre appartenance religieuse et laïcité. Comment les pratiques professionnelles peuvent, doivent prendre en compte les croyances ?
L’action sociale est-elle à même de reconnaître sa propre Genèse, et le travailleur social ses propres croyances ?"
-
pierre
Re:
salut Angela
oui bonnes questions en effet.
Il faudrait éclaircir ceci : "la confession du bénéficiaire n’est pas prise en compte au nom de la fausse dichotomie entre appartenance religieuse et laïcité." Cette dichotomie n'est pas "fausse", pourquoi "fausse" ? à mon sens il y a même plus qu'une dichotomie : il y a bien une séparation entre le religieux et notre travail. Ce qu'il ne faudrait pas en revanche, et c'est ce que veut dire cette phrase sans doute, ce serait ignorer sciemment toute confession d'ordre religieux pouvant s'exprimer chez "l'usager" (j'ai du mal avec ce mot d'usager). Nous devons en tenir compte bien sûr. Ca ne signifie pas abonder dans son sens, ou le contredire, rien de rien de tout ça, mais qu'on sache l'écouter et le respecter dans ses croyances, bien sûr. Ce serait pas mal en effet : c'est une part du travail, rien de moins.
Enfin, pour ceci : "L’action sociale est-elle à même de reconnaître sa propre Genèse, et le travailleur social ses propres croyances ?" Bien sûr, il est mieux de connaître les origines religieuses du boulot. Mais ça ne signifie pas qu'on en soit forcément un dépositaire dévot, pieu, prêt à transmettre la bonne parole. Les temps ont changé, tout simplement.
oui bonnes questions en effet.
Il faudrait éclaircir ceci : "la confession du bénéficiaire n’est pas prise en compte au nom de la fausse dichotomie entre appartenance religieuse et laïcité." Cette dichotomie n'est pas "fausse", pourquoi "fausse" ? à mon sens il y a même plus qu'une dichotomie : il y a bien une séparation entre le religieux et notre travail. Ce qu'il ne faudrait pas en revanche, et c'est ce que veut dire cette phrase sans doute, ce serait ignorer sciemment toute confession d'ordre religieux pouvant s'exprimer chez "l'usager" (j'ai du mal avec ce mot d'usager). Nous devons en tenir compte bien sûr. Ca ne signifie pas abonder dans son sens, ou le contredire, rien de rien de tout ça, mais qu'on sache l'écouter et le respecter dans ses croyances, bien sûr. Ce serait pas mal en effet : c'est une part du travail, rien de moins.
Enfin, pour ceci : "L’action sociale est-elle à même de reconnaître sa propre Genèse, et le travailleur social ses propres croyances ?" Bien sûr, il est mieux de connaître les origines religieuses du boulot. Mais ça ne signifie pas qu'on en soit forcément un dépositaire dévot, pieu, prêt à transmettre la bonne parole. Les temps ont changé, tout simplement.