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la jeunesse va mal !

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katya

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par katya » 11 nov. 2005 14:11

J'ai regardé l'intervention de Sarko hier à la télé... ben ça m'a fait froid dans le dos!
Ce type n'entend rien, et ne veut rien entendre. Il est démago au possible, et s'écoute parler. C'est inquiétant pour la suite!... Je pensais que je verrai une émission de débat, avec différents intervenants concernés par la situation, mais en fait j'ai assisté à un laïus propagandiste. Les habitants des cités, premiers concernés, n'ont eu que très peu droit à la parole, avec une arlette chabot très peu neutre (pour une fois). Je revois encore ce pauvre jeune, complètement décridibilisé, parcequ'il ne parle pas le même langage que notre cher ministre de l'intérieur... Lamentable!
On est pas sortis de l'auberge... :o(

teknomore

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par teknomore » 11 nov. 2005 23:14

franchement, je vais pas m'étendre, mais g l'impression que monsieur le ministre n'a pas fait d'erreur ( c fait exprès)en employant ces mots: c'est de la provocation, et nos "jeunes" rentrent à fond dedans. comme ca, il peut l'appliquer sa putain de tolérance zéro ( et à venir les expulsions). au passage, récupération de quelques voies de le pen). en tous cas, les travailleurs sociaux ne sont pas les seuls concernés: logement,école ( super reproducteur social) j'en passe et des meilleurs, mais n'oublions pas certains franco-francais dont le regard( qui a toute son importance dans le monde des images)en dit long....

norore

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par norore » 12 nov. 2005 00:05

voici quelques phrases de la chanson Petit frère d'IAM :
" Je ne crois pas que c'était volontaire, mais l'adulte c'est certain,
Indirectement a montré que faire le mal, c'est bien.
Demain ses cahiers seront pleins de ratures,
Petit frère fume des spliffs et casse des voitures."

"Mais en parler au journal tous les soirs ça devient banal.
Ça s'imprime dans la rétine comme situation normale
Et si petit frère veut faire parler de lui
Il réitère ce qu'il a vu avant 8 heures et demie."

Voilà c pas une chanson récente mais d'actualité et très réelle non?

joe

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par joe » 12 nov. 2005 13:53

Issu d'un article de libé:

Un jeune de cité s'adressant à un éducateur de prévention au sujet de l'annonce par le gouvernement de subventions pour les associations:
-"Nous on a obtenu en une semaine ce que vous demandiez depuis 20 ans!"

Je vous laisse méditer là dessus...

Kimpa

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par Kimpa » 12 nov. 2005 17:46

salut,

Franchement une chose à dire que ce petit c... dise que les jeunes ont obtenu en 1 semaine ce que nous demandons depuis 20 ans est une chose mais qu'on me brûle ma voiture je dis que Sarko a raison la rac.... faut arrêtter de discuter avec elle...

Ceci étant dit j'aime mon boulot d'educ et n'aime pas Sarko non plus. Alors je mets ces délinquants et Sarko dans le même panier ils sont autant liberticide les uns que les autres.

Maintenant que ma bagnole est brûlée comment faire pour aller au boulot et amener mes gamins à l'école... AAh oui les bus ...Heu non je crois pas...hé oui y sont en greve à la régie des transports. Et vu mon boulot d'educ ca va pas être de la tarte de retourner à pied à la maison..Mais promis quand je serais riche je prendrai un taxi pour aller au travail et s'il me brûle ma caisse j'aurais assez de pognon pour me payer une caisse neuve intégralement remboursable par une assurance en bêton....Aaah mais je suis bête, quand je serais riche je n'aurais pas besoin de bosser.

Devant la réalié de ma voiture brûlé cette nuit, rien à faire que cette jeunesse aille mal vraiment rien à faire, ils n'ont qu'à se bouger comme je le fais depuis 30 ans de vie en HLM et/ou quartier en difficulté....

kya

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par kya » 12 nov. 2005 19:22

Salut à tous

Joe,

j'ai lu ton dernier message. Je suis qui dirait une fille plutot "pice and love" mais je voudrai ajouter qu'il est dommage d'arriver à un point ou c'est la violence qui fait de toi un homme que l'on respect.On ne peut rien obtenir sans employer la violence.

Perso je pense que si l'on en ai arrivé la aujourd'hui c'est que le dialogue, la tolérence, l'action, n'ont jamais existés.

Nous fesons les meme erreurs passé sans en tirer de leçon pour l'avenir (je parle des gens qui gouverne le monde, les plus aisés), mais forte heureusement il y aura toujours des gens pour lutter contre le système injuste.

Pour moi le monde n'est que injustice.

A+

joe

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par joe » 13 nov. 2005 13:18

la phrase du jeune me choque un peu, je voulais la mettre pour qu'on y réfléchisse.
malheuresement, le jeune en question a un peu raison. je ne dis pas que c'est bien, mais il est vrai que le gouvernement s'en fout pas mal quand les gens jouent le jeu. Je rappel que la droite a perdu les dernières élections (entre les régionales, le référendum est aussi un signe). a t il écouter les dernières manifs? Les lycéens? Les syndicats le 4 octobre?

Je suis assez inquiet de voir que les politiques prennent de moins en moins en compte les formes "pacifiques" de revendications. En continuant comme ça, il ne faut pas s'étonner de voir la violence réapparaitre dans le champ politique. (encore une fois je suis loin de dire que c'est bien!)

Bon, Kimpa, ta réaction me semble un peu extreme...
Je voudrais te rappeler qu'il ne faut pas mélanger émeutiers et délinquants!
Un rapport des Renseignement Généraux (paru dans le canard enchainé) conseil à Sarko de se calmer dans la lutte contre les traffics dans les quartiers, car si on détruit ces derniers moyens de subsistance (qui sont minimes selon les RG) les jeunes risuqent de se révolter.
Cher Kimpa, dois je te rappeler que les quartiers qui ont été les plus calmes sont ceux qui comptaient le plus de délinquance organisé (ex: Nanterre , plaque tournanate de la drogue, il n'y a eu aucune émeutes!!!).
Cher Kimpa, je veux bien que tu sois énervé, mais ça ne t'autorise pas à faire des raccourcis aussi faux.
A+

kimpa

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par kimpa » 13 nov. 2005 15:25

salut,

je pourrais aborder les choses avec plus de recul je le concède. Cependant les rac....lles qui ont brûlé ma bagnole m'empêchent de le faire. Je ne suis pas ministre de l'intérieur ni un patron qui discrimine, juste un educ qui se fait chier à payer ses crédits et qui s'est fait bruler sa bagnole c tout.

Constat : Les bagnoles de Sarko et du patronat discriminant elles n'ont rien...
Alors à bas la Rac...lles

joe

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par joe » 13 nov. 2005 23:52

ton dernier message me sidère Kimpa...
tu commences bien en disant qu'il faut prendre de recul, puis tu renonces à faire ce que tu annonces. Dommage, encore un petit effort.
Les racailles dont tu parles sont aussi des jeunes en souffrance, j'espère que tu n'utilises pas ces mêmes mots dans ton travail d'éduc(quand on te demande avec qui tu bosses, tu réponds quoi? des mongolos, des racailles, des débiles, des sidaïques, des putes...).
Ta responsabilité de citoyen et de travailleur social te pousse à comprendre les choses et à prendre du recul je pense, c'est long, c'est difficile, mais c'est une nécessité.
a+

RESPECT

Re: la jeunesse va mal !

Message non lu par RESPECT » 15 nov. 2005 00:56


Qu’évoque pour vous la notion de RESPECT ?


Bonnardel
"Pour un monde sans respect", Yves Bonnardel, Cahiers antispécistes n°10
(sept. 1994), qui parle du rôle d'alibi de la notion de respect dans les dominations (entre autre sexiste cf. la galanterie).
yves bonnardel [ y.bon@free.fr ]



Respectable, le respect qu'éprouvent les dominants ?

Enfant, le mot «respect» faisait partie de ces mots mystérieux dont je n'arrivais pas à déterminer précisément le sens, dont je ne savais pas démêler l'écheveau des significations multiples, qui m'apparaissaient à bien des égards contradictoires. Ce n'est que bien plus tard, lorsque j'ai pu établir un rapport net entre «respecter» et «tenir en respect», que les choses se sont clarifiées.

Ainsi, «respecter ses parents» signifie essentiellement : «les craindre» et, dans la pratique, agir de façon à n'avoir pas à les craindre. Mais c'est aussi ne pas démasquer l'imposture de leur «autorité», ne pas la remettre en question.

Dans un autre domaine des relations interhumaines, c'est ce qu'exprime fort bien, avec candeur, un magnifique proverbe russe : «Il se peut qu'une femme aime son mari qui ne la bat point, il n'est pas possible qu'elle le respecte1.»

Et effectivement, on n'en vient guère à parler de respect qu'au sein de relations de conflit (entre égaux), ou, plus souvent encore, au sein des relations de domination.

Exemple, dans un cas de conflit : «Je respecte tes idées, respecte les miennes !», ou bien encore : «Je te respecte, alors respecte-moi !». Ce n'est rien d'autre qu'un marché donnant-donnant sur fond de menaces réciproques : «Je ne t'attaque pas, et tu ne m'attaques pas.» Belle relation, ô combien estimable, que celle d'où toute discussion est ainsi évacuée ! Ce respect-là évoque la dissuasion nucléaire et autres rapports de force, et certainement pas une réelle considération. Il ne s'agit jamais que de délimiter un territoire sur lequel l'autre ne s'avancera pas, déterminer un no man’s land, tenir l'autre à «distance respectueuse».

Parlant d'une relation d'amitié, ce n'est certainement pas de respectueuse que je serais tenté de la qualifier, mais plutôt, par exemple, de relation d'estime. Et il en va ainsi de toutes relations réellement égalitaires et amicales, pour lesquelles la notion de respect semble tout à fait déplacée. Car je n'ai alors aucune distance à entretenir, et n'ai rien non plus à masquer. Par contre, on ne cesse de mettre en avant (non pas même d'évoquer, mais bien d'invoquer !) le respect dans les relations parents-enfants, humains-animaux, hommes-femmes, ainsi que dans les relations entre communautés différentes, etc. Personnellement, maintenant, lorsque j'entends parler de respect, ou également bien souvent de tolérance (une autre idée qui est généralement du même acabit), je flaire des situations nauséabondes.

Tolérance, galanterie, et tutti quanti

«Moi, je suis tolérant, je respecte les homos (ou les Arabes, etc.), ils font ce qu'ils veulent, tant qu'ils ne viennent pas m'emmerder !». Tant qu'ils se tiennent à distance et se font tout petits : qu'ils tiennent leur rang et restent à leur place. Ce n'est pas pour rien qu'en Hollande, on parle beaucoup dans les milieux contestataires de «tolérance répressive». Dans un cadre de domination, la tolérance ou le respect sont au mieux (?) de l'indifférence, quand ils ne sont pas franchement une stigmatisation, une mise à l'index. Dans un cadre égalitaire, ce sont des mots qui n'ont plus de raisons d'être, mieux, qui n'ont plus de sens.

Cela est très bien illustré par l'évolution de la galanterie durant ces dernières décennies ; c'est typiquement un de ces respects qui, dans un cadre général de domination, engagent au strict minimum : la galanterie exige qu'un homme laisse passer les femmes devant lui, qu'il laisse sa place dans le bus aux femmes enceintes, mais elle n'exige nullement qu'il passe la serpillière ou torche les mômes, qu'il fasse les courses ou accepte que sa moitié travaille (pour ne prendre que quelques exemples). La galanterie exige des témoignages de considération qui coûtent peu, mais qui rapportent beaucoup : ce sont des témoignages, publics, et largement publicisés, qui prennent chacun à témoin de combien Untel traite bien les femmes et les tient en haute estime. La pratique de la galanterie fait coup double, en entretenant la confusion chez les dominées («mais, non, il n'y a pas mépris, puisqu'il y a respect»), et en confortant le dominant dans le beau rôle. Or, à partir du moment où un nombre suffisant de femmes se sont publiquement rebiffées, où la domination a été dite, la galanterie a perdu sa fonction de masque et a progressivement disparu : elle n'a plus guère de raisons d'être (sans même d'ailleurs que l'égalité femmes hommes soit vraiment réalisée : c'est qu'on part aujourd'hui du postulat implicite et confortable, que les femmes auraient désormais les mêmes possibilités que les hommes de réaliser librement leur vie, et que la société actuelle leur propose un panel de choix aussi large et aisé d'accès qu'aux hommes : mais ces possibilités, bien souvent, ne sont que formelles).

On pourrait faire les mêmes remarques en ce qui concerne la fonction de «l'esprit chevaleresque» pour les mercenaires des temps passés (la «défense de la veuve et de l'orphelin» par ceux-là même qui les rendaient veuves ou orphelins !), ou celle du paternalisme dans les entreprises ou les Colonies ; le déclin du paternalisme n'est d'ailleurs pas dû non plus à la disparition des rapports inégalitaires - ça se saurait ! - mais bien plutôt à leur transformation : le néo-colonialisme a remplacé le colonialisme de papa, et dans les entreprises, la Modernité a instauré ces nouveaux masques, d'une bonne efficacité, que sont la participation et la concertation sociales.

D'ailleurs, dans le contexte du néo-colonialisme aussi et de la misère chronique qu'entretiennent les «nécessités» économiques et géopolitiques des pays dominants dans le reste du monde, les aides humanitaires (ou militaro humanitaires) qui fleurissent aujourd'hui à grand renfort médiatique, devraient apparaître pour ce qu'elles sont : de la galanterie, de la pure galanterie. Pour que cela cesse d'être le cas, ce n'est plus une aide charitable qui s'impose, mais un véritable partage des richesses.


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