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Secret Professionnel

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Chut !

Secret Professionnel

Message non lu par Chut ! » 14 juil. 2011 00:13

Bonjour à tous et à toutes,étudiants et professionnels AS,

Je travaille dans un service où le coeur de métier n'est pas dans le champ du social mais de l'insertion. Aussi, je cotoie au quotidien des collègues qui suivent les mêmes usagers que moi, mais qui ne sont pas soumis au secret professionnel.
Il me semble important qu'ils soient informés de certaines situations qui expliquent des freins qui sont rencontrés par certaines personnes qu'ils suivent de part leur situation sociale. Mais je suis souvent, après coup, inquiète d'avoir pu rompre, en pensant "travail d'équipe" et égalité avec mes collègues, le secret professionnel.

Ce secret m'isole des personnes avec qui j'aimerais pouvoir échanger concernant le suivi global d'un usager.

Avez-vous ces interrogations ?

Je pense que je vis la même chose que le travail en hospitalier, en scolaire, en entreprise etc...

Merci de participer au débat !

mouais

Re: Secret Professionnel

Message non lu par mouais » 14 juil. 2011 09:40

pas de souci pour participer, je comprends le problème. On parle beaucoup du secret pro à l'école. C'est important, essentiel de s'y tenir, c'est la loi, c'est pour protéger, etc., mais j'dirais que c'est essentiel avec l'extérieur surtout : avec tous les partenaires et autres interlocuteurs extérieurs. Dans la boite même (je travaille en CHS), au sein de mon équipe pluridisciplinaire le secret pro ne se pose pas entre nous, infirmiers, médecins. Sauf cas particuliers isolés, il est rare qu'on garde sous silence des infos du social qui peuvent servir à l'accompagnement global, social donc, et au soin. Je m'en tiens à un principe simple : est-ce nécessaire qu'untel ou untel soit au courant de ceci ou cela, est-ce dans l'intérêt de la personne suivie ? voilà. Je ne me prends pas souvent la tête avec le secret pro en équipe, mais plus avec tout ce qui est extérieur. bye

Patapon

Re: Secret Professionnel

Message non lu par Patapon » 14 juil. 2011 12:48

Oui ça questionne.... mais heureusement. Je pense que pour faire avancer ta réflexion, il faudrait définir sur quoi porte le secret professionnel, en règle générale dans ton institution.

Moi je pourrais te parler de la gériatrie, où souvent, ce que je n'aborde pas avec mes collègues concerne : les opinions de l'usager (sauf évidemment son opinion sur le projet d'accompagnement qui le concerne), son histoire de vie (parcours pro, drames familiaux...), son rapport à l'argent (aisance ou difficultés, mesquinerie, danger d'abus de confiance) et tout ce qui est fraude, problèmes sociaux des proches (sauf impact direct sur l'autonomie de l'usager), déviance et "anormalité". Généralement aborder ces sujets n'apporterait de toute façon pas grand chose mis à part de stigmatiser la personne.

Ensuite il y a les sujets qui, dans un autre contexte, relèveraient du secret mais dont je discute quasi systématiquement avec le service médical : antécédents de santé, ressenti lié au projet de soin (angoisses, incompréhensions, douleurs, volontés du patient), cohérence des propos, type d'habitat (pour l'adaptation du logement à l'autonomie physique), rupture ou ouverture des droits quand la sortie d'hospi en dépend ou quand ils dépendent de l'état de santé.

Entre les deux c'est du cas par cas, et ça demande une bonne dose de prudence (laisser l'autre aborder le sujet) et de bon sens (est ce que ça nuit à l'image de la personne).
Déjà ne pas croire qu'on est seul au courant : bien souvent les collègues se doutent bien s'il y a un gros conflit familial, un isolement social marqué, un comportement de dépendance... Dans le même genre il y a les secrets de polichinelle (dernièrement une famille m'informe d'un événement tout en insistant sur le fait de ne le répéter à personne, tout en ayant fait la même chose avec tout le service !). Enfin rappeler que le plus simple est encore de demander à l'usager son autorisation pour aborder tel sujet. Et puis la nuance dans ses propos quand on discute d'un point délicat, parce que ce n'est vraiment pas le moment de manquer de recul et de faire des jugements de valeur.
Perso ce qui me met vraiment dans l'embarras niveau positionnement, c'est quand l'usager est une connaissance ou un proche d'un des membres de l'équipe (et c'est fréquent !) ou quand les collègues me posent des questions sur une situation abstraite, on me demande mon expertise sans me dire de qui il s'agit.
Voilà, un sujet intéressant, mais qui mériterait des exemples et des situations concrètes

CESF

Re: Secret Professionnel

Message non lu par CESF » 15 juil. 2011 20:13

Bonjour,

Je travaille en CCAS, je suis CESF et je suis le seul travailleur social du CCAS. Tous mes collègues et responsables sont des agents administratifs. Je suis la seule a faire de l'accompagnement, les agents admin ne font que des rencontres ponctuelles des usagers. C'est donc très pesant, car je n'ai aucun cadre pour échanger sur les situations (pas de réunions...).

Je n'ai pas de réponse a apporter, mais juste le témoignage d'un ressenti similaire au tien.

Bon courage en tout cas!

Chut !

Re: Secret Professionnel

Message non lu par Chut ! » 17 juil. 2011 13:12

Merci de vos réponses, chers collègues.
L'idée d'être particulièrement attentive sur les infos qui pourraient sortir de l'institution et porter préjudice à "l'image" du jeune dans son suivi me conforte dans ce que je fais.
Après, au delà du simple secret professionnel, je me pose la question de la confiance qui nous est accordée grâce, notamment, à l'engagement du secret pro, et le fait qu'on puisse entraver cette confiance en parlant avec des collègues.
Je m'explique. Lors de mes stages, en formations, mes formateurs disaient souvent aux personnes, en début d'entretien "tout ce que vous me direz ne sortira pas de cette pièce, même pas confié à mes collègues.". Cette promesse libérait souvent un niveau de parole, mais était-elle toujours respectée ?
Cela ne pose-t-il pas un problème "moral"?
En même temps, me direz-vous, il faut sortir de ces injonctions judéo-chrétinenes, et faire de la morale ce qui nous semble juste à nous, dans notre pratique!

Voilà, disons concrètement que je crains parfois qu'une info qui m'a été révélée et que j'ai partagée avec un collègue conseiller ressorte dans un entretien entre le jeune et le conseiller. Et je me demande quelles conséquences ça aurait !

Mais au diable la parano !

Encore merci, et bonne fin de week end à vous...

mouais

Re: Secret Professionnel

Message non lu par mouais » 17 juil. 2011 20:04

au diable la parano, ok, mais est-ce vraiment de parano qu'il s'agit ? ou même de morale judéo-chrétienne ? ce qui se pratique dans un service ne se transpose pas automatiquement à un autre, ok, dans le mien je fais ceci, ça ne veut pas dire que ce soit valable ailleurs. Ceci étant, camarade, soyons attentives (ifs). Prudence et retenue, en matière de divulgation d'information, sont les deux mamelles du secret professionnel dirais-je :) devise universelle, non ?
En somme il y a des choses que n'importe qui ne doit pas savoir, serait-ce même un(e) collègue soumis au secret ! et ce n'est point affaire de judéo-christianisme, de morale ou de trouble psychiatrique mais simplement de bon sens et de souci de l'autre (l'usager). Bye ;-)

mouais

Re: Secret Professionnel

Message non lu par mouais » 17 juil. 2011 21:55

je pinaille : "et faire de la morale ce qui nous semble juste à nous, dans notre pratique", tu le disais toi-même.
Un dernier truc, chère collègue.
Ne vaut-il pas mieux dire cela : "tout ce que vous me direz ne sortira pas de cette pièce, même pas confié à mes collègues" que : « Vous avez le droit de garder le silence. Dans le cas contraire, tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous devant un tribunal. Vous avez le droit de consulter un avocat et d’avoir un avocat présent lors de l’interrogatoire, etc. » héhééhé

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