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une journée comme une autre
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cecile
une journée comme une autre
Histoire de détendre l'athmospère, je vais vous raconter ma petite journée au commissariat (je suis assistante sociale pour les victimes)
Aujourd'hui, comme tous les autres jours, j'ai pris place dans mon bureau (la pièce, pas le meuble), un petit cagibi de 2m sur 2m, sans fenêtre, aux murs sales (ça fait deux fois que je fais appel à St Marc -la lessive, pas l'apôtre- en 4 mois, mais y'a rien à faire, les agents de police doivent être pourvu d'un gêne spécial, celui de la rangers boueuse collée au mur). J'ai un téléphone cassé, un ventilateur que je ne peux pas mettre en route si mon ordinateur marche : ça fait sauter les plombs, un fauteuil de bureau sans dossier... A ma gauche, les geoles, où sont enfermés les gardés à vue... aujourd'hui, il y a :
- un énervé qui tape contre les barreaux depuis ce matin (pas avec la tête, ça ferait trop mal), il a pris sa femme pour un punching ball, enceinte de 8 mois, elle est aux urgences...
- un gars bien aviné qui répend le contenu de son estomac partout (c'est pas tant la vue mais l'odeur qui pourrie l'ambiance)
Je dois préciser qu'il fait environs 33 degrés dans les locaux (la clim, ce sera pour 2020, peut être, si les budgets sont votés),
Reste aussi un poéte, en garde à vue pour rebellion, qui n'arrête pas de crier "je suis un homme de maison, pas un homme de prison".
J'ai l'impression que les trois gaillards sont dans mon bureau tellement l'insonorisation laisse à désirer... les murs tremblent, l'odeur devient insupportable. ça, c'est côté gauche... A droite le "poste" : une demie douzaine de policiers en arme qui gueulent plus fort que les gardés à vue. Ce matin je me suis pris la tête avec l'un d'eux, qui traitait un ado de "fils de ....", eux aussi sont de vrais poétes quelquefois !
Aujourd'hui j'ai rencontré Dieu, qui est venu dans mon bureau pour des violences sexuelles et pour porter plainte contre le buraliste qui ne voulait pas lui donner ses gains du Loto (forcément, c'est Dieu, il a les numéros gagnants). J'ai aussi fait une IP pour un petit garçon de 8 ans, j'ai pris en charge une ado de 13 ans en fugue et enceinte... et j'ai conseillé une dame dont l'époux venait d'être assassiné... un vendredi comme un autre quoi...
Ce matin, le grand chef est passé, il a fallu changer à toute vitesse le drapeau français tout défraichi de l'entrée. Aprés, il était trop tard pour repeindre les murs, mettre du papier dans les toilettes, réparer les interrupteurs qui balancent du 220 dès qu'on tente d'allumer les néons des bureaux, enlever les toiles d'araignées qui tombent du plafond à l'accueil... Personne ne l'a emmené dans le coin cuisine... l'évier y est bouché depuis 3 semaines et l'eau stagne depuis lors... Nous sommes dans le sud de la France, il fait une chaleur à crever... Il y a deux semaines, les dératisateurs sont passés. Je n'ai jamais vu autant de rats déguerpir d'un commissariat !
Ahhh la douce vie d'intervenant social en commissariat...
En fait, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça, les conditions de travail, aujourd'hui j'en rigole, c'était pas le cas au début. D'ailleurs, il vaut mieux en rire. Seulement voilà, les victimes sont reçues dans cet environnement là, et ça c'est moins rigolo.
Bon, sur ce, je vais voir le psy... mon binôme, pas mon thérapeute... quoi que, faudrait peut être que je consulte moi aussi.
Aujourd'hui, comme tous les autres jours, j'ai pris place dans mon bureau (la pièce, pas le meuble), un petit cagibi de 2m sur 2m, sans fenêtre, aux murs sales (ça fait deux fois que je fais appel à St Marc -la lessive, pas l'apôtre- en 4 mois, mais y'a rien à faire, les agents de police doivent être pourvu d'un gêne spécial, celui de la rangers boueuse collée au mur). J'ai un téléphone cassé, un ventilateur que je ne peux pas mettre en route si mon ordinateur marche : ça fait sauter les plombs, un fauteuil de bureau sans dossier... A ma gauche, les geoles, où sont enfermés les gardés à vue... aujourd'hui, il y a :
- un énervé qui tape contre les barreaux depuis ce matin (pas avec la tête, ça ferait trop mal), il a pris sa femme pour un punching ball, enceinte de 8 mois, elle est aux urgences...
- un gars bien aviné qui répend le contenu de son estomac partout (c'est pas tant la vue mais l'odeur qui pourrie l'ambiance)
Je dois préciser qu'il fait environs 33 degrés dans les locaux (la clim, ce sera pour 2020, peut être, si les budgets sont votés),
Reste aussi un poéte, en garde à vue pour rebellion, qui n'arrête pas de crier "je suis un homme de maison, pas un homme de prison".
J'ai l'impression que les trois gaillards sont dans mon bureau tellement l'insonorisation laisse à désirer... les murs tremblent, l'odeur devient insupportable. ça, c'est côté gauche... A droite le "poste" : une demie douzaine de policiers en arme qui gueulent plus fort que les gardés à vue. Ce matin je me suis pris la tête avec l'un d'eux, qui traitait un ado de "fils de ....", eux aussi sont de vrais poétes quelquefois !
Aujourd'hui j'ai rencontré Dieu, qui est venu dans mon bureau pour des violences sexuelles et pour porter plainte contre le buraliste qui ne voulait pas lui donner ses gains du Loto (forcément, c'est Dieu, il a les numéros gagnants). J'ai aussi fait une IP pour un petit garçon de 8 ans, j'ai pris en charge une ado de 13 ans en fugue et enceinte... et j'ai conseillé une dame dont l'époux venait d'être assassiné... un vendredi comme un autre quoi...
Ce matin, le grand chef est passé, il a fallu changer à toute vitesse le drapeau français tout défraichi de l'entrée. Aprés, il était trop tard pour repeindre les murs, mettre du papier dans les toilettes, réparer les interrupteurs qui balancent du 220 dès qu'on tente d'allumer les néons des bureaux, enlever les toiles d'araignées qui tombent du plafond à l'accueil... Personne ne l'a emmené dans le coin cuisine... l'évier y est bouché depuis 3 semaines et l'eau stagne depuis lors... Nous sommes dans le sud de la France, il fait une chaleur à crever... Il y a deux semaines, les dératisateurs sont passés. Je n'ai jamais vu autant de rats déguerpir d'un commissariat !
Ahhh la douce vie d'intervenant social en commissariat...
En fait, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça, les conditions de travail, aujourd'hui j'en rigole, c'était pas le cas au début. D'ailleurs, il vaut mieux en rire. Seulement voilà, les victimes sont reçues dans cet environnement là, et ça c'est moins rigolo.
Bon, sur ce, je vais voir le psy... mon binôme, pas mon thérapeute... quoi que, faudrait peut être que je consulte moi aussi.
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Oukiok
Re: une journée comme une autre
lool j'aime bien ta facon humoristique de présenter les choses. En effet, si on venait à tous comparer nos conditions matérielles de travail je pense que cela prête souvent à sourire. Je pense que prendre les choses avec ta philosophie permet de dédramatiser ce qui pourtant est assez pathétique pour notre profession et comme tu dis surtout pour les personnes. Je pense que la capacité d'adaptation devrait faire parti des critères d'admission aux études d'assistante sociale lol.
Nos journées auraient de quoi conccurencer le journal de 20h, une bonne série policière et par moment les mini-séries type Scènes de ménage. Pour les drames, les situations qui prêtent à sourire,les histoires à rebondissement que l'ont cotoie au quotidien. Avis aux programmateur de TF1 : une journée d'assistante sociale réunis tout les ingrédients que vous recherchez !
Nos journées auraient de quoi conccurencer le journal de 20h, une bonne série policière et par moment les mini-séries type Scènes de ménage. Pour les drames, les situations qui prêtent à sourire,les histoires à rebondissement que l'ont cotoie au quotidien. Avis aux programmateur de TF1 : une journée d'assistante sociale réunis tout les ingrédients que vous recherchez !
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ketrine
Re: une journée comme une autre
Ouaw,
Vraiment c'est génial à lire, j'ai l'impression que c'est un bouquin!
Le ton humoristique permet de mieux supporter la réalité que tu exposes...une réalité laide et douloureuse...
Perso je bosse en chrs. J'ai un immense bureau ( ancien appartement de fonction) avec cuisine , toilettes/ salle de bain, et une salle que je peux utiliser pour des entretiens quand l'envie me prend. Il ya d'immenses funetesfenetres, les murs sont peints en pastel...
Ensuite...aucune restriction budgétaire...on fait les photocopies en couleur (c'est navrant), on a un self super sympa, on peut faire des barbecues l'été dans le jardin.
Je bosse de 10h a 18h...
Vraiment je suis heureuse de mes conditions de travail...
Vraiment c'est génial à lire, j'ai l'impression que c'est un bouquin!
Le ton humoristique permet de mieux supporter la réalité que tu exposes...une réalité laide et douloureuse...
Perso je bosse en chrs. J'ai un immense bureau ( ancien appartement de fonction) avec cuisine , toilettes/ salle de bain, et une salle que je peux utiliser pour des entretiens quand l'envie me prend. Il ya d'immenses funetesfenetres, les murs sont peints en pastel...
Ensuite...aucune restriction budgétaire...on fait les photocopies en couleur (c'est navrant), on a un self super sympa, on peut faire des barbecues l'été dans le jardin.
Je bosse de 10h a 18h...
Vraiment je suis heureuse de mes conditions de travail...
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coraline83
Re: une journée comme une autre
On en redemanderait des Chroniques d'une intervenante sociale en commissariat !
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marie
Re: une journée comme une autre
Merci Cécile pour ce petit moment "d'évasion"... 
Prise de recul et humour peuvent sauver une journée... Une carriére... Une vie...
MERCI !
Prise de recul et humour peuvent sauver une journée... Une carriére... Une vie...
MERCI !
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as93
Re: une journée comme une autre
Génial, j'ai bcp aimé ta façon d'écrire, super intéressant, tu devrais penser à te mettre à l'écriture.
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zawa
Re: une journée comme une autre
"Ce matin je me suis pris la tête avec l'un d'eux, qui traitait un ado de "fils de ....", eux aussi sont de vrais poétes quelquefois !"
et le grand-chef, ces propos, sous le fier drapeau vite remplacé, il cautionne ?
et le grand-chef, ces propos, sous le fier drapeau vite remplacé, il cautionne ?
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lili
Re: une journée comme une autre
et ben on peut dire que te lire permet de relativiser...quelle galère pour les victimes, mais pour toi aussi !! et avec ça j'imagine une paie digne de ce nom...ou pas
bravo collègue tu arrives à en rire, pas sûre que je pourrais...reviens nous parler quand tu veux, tu auras du public
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Anne
Re: une journée comme une autre
c'est super agréable de te lire, c'est drôle, avec plein de recul, et en même temps ancré dans la réalité.
tu as pensé à faire un blog ? je le lirai avec plaisir.
tu as pensé à faire un blog ? je le lirai avec plaisir.
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Elo
Re: une journée comme une autre
J'ADORE!!
J'ai passé une matinée de merde, je vais manger. A mon retour je fini ma pause en lisant ton post et voilà j'ai le sourire, pas que je sois contente de tes malheurs... mais parceque j'adore ta façon d'écrire.
J'en veux encore.
Elo
J'ai passé une matinée de merde, je vais manger. A mon retour je fini ma pause en lisant ton post et voilà j'ai le sourire, pas que je sois contente de tes malheurs... mais parceque j'adore ta façon d'écrire.
J'en veux encore.
Elo