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memoire empowerment sdf: avis

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as3

Re: memoire empowerment sdf: avis

Message non lu par as3 » 11 févr. 2014 20:22

Aurelie,
oui, je pense aussi que si on veut que l'accès au logement et l'appropriation du logement marche, avant il y a tout un cheminement a faire ac le SDF car il n'a plus les mêmes repères et les mêmes normes, et donc, peut être que acceder à un logement lui parait illusoire dans un premier temps. Du coup si on fait un pas vers eux à travers des espaces qui leur sont ouverts (et à mon avis faut pas que ce soit que pour les sdf car sinon c'est stigmatisant et cela ne les aides pas à s'inserer dans le système vers lequel on souhaite les amener). Commencer par faciliter leur accès à la culture (cinéma, centre socio culturel, bibliothèque...)ou au sport par exemple, c'est peut être un bon moyen transversal pour y parvenir, les aider à cheminer vers un logement, qu'ils soient prêts à cela. Tu parles des lieux de vie, ca me fait penser aux accueils de jour, ou aux ateliers comme les jardins solidaires. Ce sont de bons supports pour la socialisation, mais aussi pour se rendre utile, valoriser un savoir, des compétences même. Là il y a moyen d'être créatif même, que au delà d'être acteur, ces pers soient auteur, en mettant en commun toutes ces ressources pr créer qqch de nouveau. Ca contribue à se recréer un sentiment d'appartenauce avec le reste de la société (et non que entre sdf exclus incompris du monde, cachés ou ignorés). Ces outils peu à peu aident à se reconstruire des repères, un rythme et en échangeant à mieux se connaitre ou faire le point sur soi(déja faut commencer par une conscience de soi). Je suis dans une asso où il y a un accueil de jour très actif, qui favorise la participation du public. Cette participation permet à ces personnes de remobiliser des compétences qu'ils croyaient éteintes et permet d'apprendre de nouvelles choses. Chacun peut y trouver sa place.Le TS n'est là que pour permettre à la personne de se rendre compte de toutes les possibilités qui s'offrent à lui. Parfois, il y en a qui sortent de la rue ainsi petit à petit.

Après en effet, comme tu dis, le logement c'est une porte d'entrée, ce qui compte aussi c'est que la personne se sente inclue, pas rejetée et cela ne passe pas automatiquement par le logement mais par une place, un regard positif sur elle déja.Ce qui prime c'est son ressentis sur son inclusion, son vécu. Après...elle aura peut être envie de plus.
Tout à l'heure j'ai eu un entretient avec une personne pour mon mémoire qui m'a dit qqch de tout con mais super important en terme de posture TS/usager: "ce que les usagers attendent c'est pas que le TS soit focalisé sur la situation de la personne, mais tout son parcourt, son vécu, pour percevoir aussi ses forces et ses ressources, sinon on se sent jugé, stigmatisé, rabaissé à notre pb du moment". Du coup oui, l'inclusion, c'est une main tendue de la société qui va pas automatiquement chercher à mettre le sdf ds un moule mais l'inclure avec ce qu'il est et s'adaper à lui (et non l'inverse).
Ton sujet amène peut être aussi à parler du DSL, ainsi il y aurait de la mixité sociale, riches et sdf et chacun pourrait faire vivre ces lieux de vie, partager, se découvrir dans l'alterité.
Ton sujet a l'air super aussi!

zawa

Re: memoire empowerment sdf: avis

Message non lu par zawa » 11 févr. 2014 23:37

"l'empowerment" des sdf ? hum
avez-vous déjà rencontré des "sdf" ? avez-vous pu échanger un peu avec les gens à rue?
pas etre facile à traiter
bon courage

as3

Re: memoire empowerment sdf: avis

Message non lu par as3 » 12 févr. 2014 08:56

a zawa
oui, je suis en stage ds une asso qui accompagne des personnes en grande précarité (dont des sdf mais pas que) qui fait hébergements de stabilisation, chrs, accueil de jour et qui favorise la participation. donc oui des sdf j'en cotoie bcp qu'ils soient hébergés ou non. Mais il y a plusieures formes d'errances et dans l'exclusion tout n'est que processus; il y a des allers et retours. Les sdf étaient une porte d'entrée mais je me suis rendue compte que ce public est difficile à definir pour mon mémoire, donc c'est pr cette raison que j'ai préféré abborder le pouvoir d'agir par le processus et pas que par un public précis. Désormais je m'interesse auX processus d'exclusion ET d'empowerment en général, donc j'interroge des sdf et des pers non sdf qui sont ds la précarité. Ma qd est: comment par une démarche participative peut on favoriser l'insertion des pers en situation d'exclusion?

ASS

Re: memoire empowerment sdf: avis

Message non lu par ASS » 12 févr. 2014 09:34

Bonjour,
j'ai travaillé 1an auprès des personnes sans résidence stable. Et l'accompagnement social prend tout son sens car il faut aller au rythme de la personne et respecter ses envies et surtout ne pas lui imposer nos normes. Je faisais des maraudes et j'accompagnais des personnes qui refusaient tout type d'hébergement, ils voulaient rester dehors garder leur liberté. Notre rôle est donc de maintenir ce lien
Bon courage à vous

zawa

Re: memoire empowerment sdf: avis

Message non lu par zawa » 12 févr. 2014 19:03

je connais les publics les plus précaires, j'en vois aussi au travail, du coup une des difficultés principales je crois est de donner du sens à cette idée un peu floue de "démarche participative", floue pour moi. Au vu de la nasse dans laquelle ils se trouvent, avec quasiment rien pour vivre quoi, pas d'horizon, no future ou si peu, au jour le jour
Compliqué quand trouver à manger, à dormir, quand vivre quoi tout simplement est devenu un truc si abstrait au quotidien, leur parler "d'empowerment", mais pourquoi pas !
Ce que dit ASS me semble déjà un programme a mimima déjà difficile à tenir et très bien, au-delà je sais pas
bon courage

as3

Re: memoire empowerment sdf: avis

Message non lu par as3 » 12 févr. 2014 21:36

Oui je comprends tout à fait ce que tu dis zawa, car en effet avant de parler de participation pour cetains sdf il faut avant tout parler de survie. Déja SDF on est d'accord, ça veut tout et rien dire en terme sociologique, chacun vit son absence de toit differement et tt n'est que lien social, comme le dit ASS (merci ASS cela confirme les temoignages que j'ai eu jusqu'ici). l'exclusion c'est avant tout une rupture, donc oui il faut maintenire ce fil, ce lien, sinon, la pers part en live, sans repères on devient fou. J'étais au dpart partie sur les sdf clochardisés, au bout du bout mais je me suis rendue compte que cela serait difficile, avant la démarche participtive il y a le désir et les envies de la personne à faire emmerger... sauf que qd les besoins primaires sont peu satisfaits c'est difficile. Moi c'est la démarche participative qui m'a le plus interessé entre les sdf et cette approche. J'ai donc du faire un choix, alors j'ai recentré sur le processus d'exclusion (ds l'exclusion il y a plusieures étapes, donc ainsi je n'ai pas ciblé de public car cela m'était impossible). Après même si je centre plus mon mémoire sur les sdf vraiment , de mon experience ds cette assos, je peux te confirmer que oui, la démarche participalive, aussi modeste soit elle elle peut être là. Par exemple, ça peut commencer par venir manger à l'accueil de jour, et osons plus, venir préparer un petit truc du repas parce que la personne sait faire tel ou tel plat ou tt simplement mettre la table, couper du pain, participer à la vaisselle, dire qqch qui lui parait important pdt le repas... ça commence par cela et petit à petit ça grossit. La personne prends conscience qu'elle fait des choses, qu'elle existe, au présent déja. Ceux qui en sont pas là, il est plus facile de les faire participer ds un projet (qui fait sens pour eux). Par exemple, la personne sait que elle aime peindre, bricoler, eh ben ça tombe bien il y a la déco de noêl à repenser et là la personne juste avant venait de faire une remarque sur la déco du centre... et là souvent c'est bingo. Ca revalorise parce que l'idée elle est venue d'elle, la personne en est l'auteur et là tt est à imaginer. Pour remobiliser il fait prendre des chemins de traverses comme ceux là pr revaloriser l'identité. Apres il y a un autre truc qui ressort de mes entretiens usagers ou professionnels, tout n'est que échange, il faut de la réciprocité. Cette réciprocité amène à la créativité de chacun. pour amener la créativité, le TS doit avant tout savoir etre ds l'échange, le vrai et voir ttes les ressources que la personnes pourait proposer. Il doit y avoir rencontre. Dans la réciprocité il y a les emotions et l'empathie, mais il y a l'échange de savoir et de connaissances. Ca c'est un apprentissage, cest ma première hypothèse. La connaissance, c'est le début de ce qui fait un citoyen conscient, qui saura avoir un regard critique et se proteger et là on arrive vite ds la dimenssion politique du sujet, avec les revendications des plus précaires, qui font remonter cela ds les instances locales, les assos... et c'est ainsi que en 1998 la loi de lutte contre les exclusions fut créée (cf ATD quart monde) C'est aussi une autre hypothèse...plus risquée niveau AS frileux (car on se demande où alors nos missions s'arrêtent) mais pourtant notre but en tps que ts est de viser l'autonomie et l'émancipation des personnes...

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