Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

Mémoire: radicalisation des jeunes

La communauté Assistant de Service Social se retrouve sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
jean

Re: Mémoire: radicalisation des jeunes

Message non lu par jean » 11 févr. 2015 17:00

Je precise que mon prenom est a consonance masculine mais je suis une femme.

shariane

Re: Mémoire: radicalisation des jeunes

Message non lu par shariane » 11 févr. 2015 17:52

Elise,

Ah voilà, c'est tout de suite beaucoup plus clair quand on parle de soi (d'un point de vue professionnel, de ses observations et interrogations) et surtout très intéressant. Pour commencer, tu remarqueras que c'est un sujet sensible emprunt d'émotions pour certains, preuve en est certaines réactions aussi radicales que le sujet de mémoire que tu souhaites aborder.

Lorsque tu dis que "la question du religieux n'a pas sa place", je ne serais pas aussi catégorique. D'accord sur la laïcité (question intéressante pour ton mémoire, à savoir quid de la laïcité), cependant le fait religieux est une composante de l'identité de certaines personnes que nous accompagnons, pour cela, il me semble primordial d'en tenir compte et de "travailler" avec. D'ailleurs, il y a un DU qui existe intitulé "médiations religieuses" qui prend en compte la dimension de la religion dans l'accompagnement des publics.

Je suis d'accord avec toi sur les questions autour de l'histoire des personnes, les parcours, les politiques...
Et davantage en accord avec toi lorsque tu mets l'accent sur la perception qu'ils ont d'eux-mêmes, des autres et du monde. Il y a de quoi en dire et débattre.

Pour pousser avec toi la réflexion, je m'intéresserais également à "l'identité" dans sa globalité (à lire si tu souhaites approfondir sur le sujet "les identités meurtières" d'amin maalouf). J'entends par là, l’identité propre, car la connaissance de l’autre passe par la connaissance de soi.
Très tôt l’enfant se pose des questions d’identité et il s’en pose d’autant plus qu’il vit dans un milieu où les repères sont brouillés. Considérer, comme on le fait parfois, que les problèmes d'identité sont des problèmes d’adolescent, en croyant qu’ils ne se posent plus pour l’adulte est assez naïf.
Suffit-il que nous ayons une position sociale, un travail, une famille, une religion, un parti politique pour que nous sachions qui nous sommes ? La question “ qui suis-je ? ” n’est pas facile à éluder. Il y a ce que nous croyons mettre dans notre identité personnelle, et il y a ce que nous sommes. L’identité se créer tout au long de la vie, c’est un mouvement perpétuel qui s’élabore, qui change et qui évolue à travers la cellule familiale, l’école, l’environnement, le groupe d’ami… C’est à travers son identité que l’on se forge sa propre culture.

Ensuite, l'interculturalité
L’interculturalité représente une chance et une richesse lorsqu’elle est vécue comme un début de dialogue, d’échanges entre les différentes communautés.
Pour qu’une communication authentique existe, il faut que chacun puisse se faire reconnaître en tant que personne ayant ses opinions, ses valeurs et ses caractéristiques propres. Dès lors, un pas peut être franchi en prenant conscience des images, des stéréotypes et des préjugés à l’égard de la culture “ étrangère ”.

Le travailleur social qui travaille auprès de personnes de cultures différentes doit se dégager des images toutes faites qui font obstacles à la perception de la réalité.
Pour cela, il est primordial de reconnaître la différence de l’autre, sans pour autant le figer dans l’une des caractéristiques qui fondent cette différence, l’individu ne se limite pas à sa nationalité, sa religion, sa profession… mais à un ensemble de caractéristiques qui le constitue.
Or le malheur, c’est lorsque le conditionnement social ambiant va mettre l’accent sur les différences et sur une forme culturelle d’identité au dépend de toutes les autres. C’est ce schéma qui va être inculquée très jeune à l’enfant. L’enfant va donc recevoir la blessure de la différence, “ très tôt, à la maison, comme à l’école ou dans la rue, surviennent les premières égratignures. Les autres lui font sentir, par leurs paroles, par leurs regards, qu’il est pauvre, ou petit de tailles, ou basané, ou orphelin, ces innombrables différences ” sont excessivement soulignées et contribuent à provoquer un réflexe identitaire de protection. Repli sur la famille, repli sur le clan, repli sur la communauté religieuse, repli sur l’identité nationale afin de protéger son identité et de veiller à ses intérêts.

Pour palier à ce repli, il ne faut pas non plus ignorer les éléments de similitudes qui peuvent rapprocher les personnes. Les jeunes aujourd’hui, quelle que soit leur nationalité, peuvent se sentir beaucoup de points communs (valeurs, goûts artistiques et vestimentaires, goûts musicaux) et penser que ce qui les rapproches est plus important que ce qui les distingues.
En effet, c’est dans la confrontation à d’autres modes vies, à d’autres systèmes de valeurs qu’ils peuvent situer les leurs. Dans son rôle, le travailleur social doit accompagner et permettre à l’autre l’accession aux différents mouvements culturel (musique, cinéma, littérature, mouvements sociaux) afin que chaque personnes puissent trouver une richesse et une liberté, car toutes les formes culturelles sont potentiellement accessibles à chacun et chacun peut d’une certaine manière, se composer ainsi sa propre culture et construire une identité qui pourrait lui assurer un positionnement dans l’espace social.

Quand une minorité participe activement à l’économie du pays, sa différence culturelle est moins l’objet de rejet et d’ignorance que lorsqu’elle est exclue ou marginalisée. Ainsi, une politique "multiculturaliste" ne peut-elle avoir de portée réelle que si elle est capable de combiner prise en compte sociale et prise en compte culturelle. Si elle se réduit à une politique de reconnaissance culturelle sans se préoccuper de la lutte contre la discrimination raciale et sociale, elle laisse de côté les problèmes cruciaux. En d’autres termes, il s’agit de “ casser les liens entre pauvreté, sous-éducation et ethnicité qui interdisent le respect des identités culturelle des groupes démunis ”.

Tu peux penser que je me suis éloignée de ton sujet sur "la radicalisation des jeunes", j'essaye juste de pousser le sujet sur l'origine et les différentes composantes qui caractérisent chaque individu. En ayant un regard systémique sur le sujet, il me semble que tu pourras avoir une vision plus globale de la situation.

Pour terminer, encore une fois, je pense que ton sujet est très intéressant, à toi d'en faire une lecture basée sur des éléments factuels en t'appuyant sur les textes, les écrits, la sociologie...

elise

Re: Mémoire: radicalisation des jeunes

Message non lu par elise » 15 févr. 2015 20:12

Bonjour Sylvia, quelle a été la réaction de ta formatrice terrain et qu'a-t-elle renvoyé à cette personne?

Bonjour Shariane, merci d'avoir pris le temps de me répondre et de manière aussi développé.

Je ne pense pas que tu te sois éloigné de mon sujet bien au contraire je pense que la question de l'identité est liée. L'approche interculturelle une ouverture...
Je partage également l'idée que notre société actuelle met beaucoup l'accent sur ce qui nous divise/ sur nos différences et effectivement je pense que cela peut provoquer des réactions de repli de quelque nature que ce soit.
Tu apportes déjà des éléments intéressants.

Face à l'ensemble des réactions reçues sur ce post, je vous avoue avoir peur des réactions que cela pourrait susciter. Je travaille sur la problématique de départ mais je ne sais plus sur quoi partir et si je dois m'orienter sur quelque chose de plus soft!

nanou

Re: Mémoire: radicalisation des jeunes

Message non lu par nanou » 15 févr. 2015 21:04

Bonjour Elise,

Ton sujet de mémoire me parait un peu "cavalier" mais pourquoi pas...

Après, penses que tu dois l'argumenter et surtout apporter une base théorique "solide"!!! soit prête à toutes les questions à l'orale mais surtout questionne toi à fond, pour éviter les dérives...

C'est un sujet sensible, et qui dit sujet sensible, dit jury à l’affut du moindre détail... ^^.

Mais je te souhaite bon courage en tout cas.

Nanou

marie

Re: Mémoire: radicalisation des jeunes

Message non lu par marie » 16 févr. 2015 11:03

salut Elise,

eh bien moi je trouve ça très intéressant et je lirai ton mémoir avec plaisir...

radicalisation ... extrêmisme,sectes etc etc

en effet tu traiteras de l'identité avant tout, qui est plurielle...

sujet à risque? non je ne crois pas puiqu'il sera étayé par des observations et de la théorie avant tout,

en tout cas bon courage! ça changera des mémoires qui se ressemblent tous

lou

Re: Mémoire: radicalisation des jeunes

Message non lu par lou » 16 févr. 2015 15:17

Le sujet me parait intéressant, mais ou est la place de l'ASS. A part les éducs de rue quels professionnels vas-tu rencontrer.
Bie de faire un sujet original mais pense déjà au DE !!!

ASS3

Re:

Message non lu par ASS3 » 16 févr. 2015 15:37

Actuellement en stage au service social en faveur des élèves, la question de la radicalisation des jeunes est fréquemment débattue entre les collègues, dans le service.
Je te conseille d'aller rencontrer des AS scolaires, particulièrement celles qui interviennent en collège sur des zones urbaines à faibles ressources socio-économiques et à forte concentration musulmane.
Sache qu'il existe une procédure de signalement judiciaire pour alerter sur des situations de radicalisation suspectée (signalement à la police, non au JE). La marge de manœuvre entre légitimité à intervenir dans un objectif de protection de l'enfance et sentiment d'être dans un système de délation me semble un point important à aborder lorsque tu questionneras la place de l'AS.
Tout sujet peut être traité si tu reste dans les limites du cadre de recherche. Soit rigoureuse et ça ira.

Dimitri

Re: Mémoire: radicalisation des jeunes

Message non lu par Dimitri » 16 févr. 2015 16:47

Bonjour à toutes et à tous.

Pour commencer, je suis en 3ème année d'AS et j'effectue mon mémoire sur la radicalisation religieuse et son incidence sur le milieu scolaire. Mon sujet à été validé (dsl de contredire Fatima) et je ne vois vraiment pas pourquoi il aurait été invalidé.

Comme l'a dit Elise, c'est un sujet préoccupant pour le travailleur social et l'actualité ne fait que le confirmer.

Donc mon mémoire (et je pense que celui d'Elise aussi) parlera de radicalisation religieuse (sans stigmatiser qui que ce soit). Je parlerai bien évidemment de radicalisation islamiste, djihadistes et salafiste parce qe c'est l'illustration la plus actuelle du problème de la radicalisation et des extrémismes religieux.

Donc, s'il vous plaît, arrêtez de parler d'amalgames quand il n'y en a pas, au diable le "trop politiquement correcte". je pense qu'Elise et moi même sommes deux êtres doués d'intelligence et de réflexion, et que ce n'est pas parce qu'on parle de radicalisation religieuse en prenant pour exemple les extrémistes salafistes que l'on généralise ou stigmatise qui que ce soit.

Sinon, merci à tout le monde pour les pistes, que je vais suivre. Bon courage pour la suite.

Marina

Re:

Message non lu par Marina » 16 févr. 2015 19:37

Ma stagiaire s'est fait coller au DE avec un sujet similaire sur la radicalisation, le milieu salafiste, je suis resté en lien avec elle. Cette année elle le fait sur la place du pere dans un accompagnement éducatif. On passe du tout au tout.

Pourtant elle était loin de faire des amalgammes, son écrit était tres nuancé agréable à lire mais a l'oral on lui a bien préciser que ce n'etait pas une thématique pertinente.

Je suis triste pour la nouvelle génération d'AS vraiment je ne comprends pas ... Avec toute la précarité, les violences, la crise de l'emploi.. Vous ne trouvez pas mieux a faire que de bosser sur trois pingouins du 93 qui se croit dans gta. Je ne comprends pas votre logique. Par ailleurs vous etes en formation d'AS pas en master recherche. Je ne vois pas la place de l'AS et je suis AS depuis 16ans, Elise on en reparlera apres le DE tu nous donneras tes notes.

gggg

Re: Mémoire: radicalisation des jeunes

Message non lu par gggg » 17 févr. 2015 09:27

le dernier numéro de sciences humaines a consacré un article à ce sujet. passionnant!

Répondre