Message non lu
par john » 07 janv. 2016 12:09
Bonjour à toutes et à tous et tous mes vœux !!
C'est un sujet intéressant et qui a fait l'objet d'une réponse qui a retenu toute mon attention et je vous propose de la lire et j'en profite pour en remercier l'auteur :
"ETRE UN HOMME ASSISTANT SOCIAL
Le métier d'assistant social est très féminisé pour des raisons historiques, mais également pour des raisons de représentations sociales négatives et positives.
Et pour toutes ces raisons, il serait vraiment peu habile de dire qu'un homme assistant-social n'a "rien de plus ou de moins". Tout au contraire, notre présence interroge et provoque des réactions.
Concernant le concours d'entrée aux écoles, il faut savoir que chaque établissement a ses propres méthodes, et que ces méthodes sont elles-mêmes mises en oeuvre par des jury aux conceptions très différentes, pour ne pas dire que tout ceci est parfaitement arbitraire.
En effet, il existe une frange assez importante d'assistantes sociales qui pérennisent un modèle très normé de ce que doit être un assistant de service social. Et le fait d'être un homme bouscule un peu ce modèle.
Ce n'est d'ailleurs pas forcément pour nos qualités et nos compétences attendues qu'elles se sentent bousculées, mais davantage par rapport à la perturbation d'un équilibre de leur environnement, composé exclusivement de femmes. Il s'agit d'une position défensive à l'égard d'une identité collective dans laquelle le caractère féminin est central. Et l'arrivée des hommes dans ces sphères féminines provoque sinon des rejets, tout au moins une posture de méfiance, de distanciation vis à vis de notre savoir-être.
Mais il y a aussi celles qui refusent cette prégnance du caractère féminin essentialisé dans le métier, et qui voit dans un homme l'opportunité de ramener le métier à plus de rationalité et de pragmatisme vis à vis des compétences attendues.
Lors de mon inscription, on m'a bien fait comprendre que ma candidature était vue très favorablement, et qu'il était précieux que des hommes puissent investir les formations d'assistant de service social, pas spécialement en vertu de leurs caractéristiques propres, mais surtout pour l'altérité qu'ils permettent d'appréhender dans un métier qui se fige autour de comportements normatifs.
Etre un homme lors des épreuves de fin de formation implique d'être dans une posture particulière et d'avoir bien en tête certaines choses :
Tout d'abord qu'il existe très peu de jurys indifférents au fait que vous soyez un homme.
Ensuite, sachez que les « a priori » sur vos travaux et vos intentions seront peut être supérieurs à ceux des étudiantes, mais qu'en contrepartie vous bénéficierez lors de vos oraux d'une écoute plus attentive.
J'ai eu ce sentiment qu'on attendait beaucoup plus de moi en tant qu'homme de 29 ans à l'époque, en terme de rigueur, de questionnement, et de maîtrise également. Il ne s'agit pas d'être pétri de certitudes, mais de savoir affirmer quand d'autres candidates n'auront peut-être besoin que de suggérer ou de prétendre.
Pour être impartial, je dirai que les épreuves orales ne sont de toute manière pas des épreuves portant sur votre travail et vos études. Ce sont des entretiens d'embauche durant lesquels 3 personnes attendent que vous fassiez preuve de toutes les qualités attendues par elle, à la fois à titre personnel, et en terme professionnel.
Et, malheureusement ou heureusement, le fait d'être un homme vous place déjà dans une posture particulière, car dans ce métier, le général est encore féminin.
Très honnêtement, sur les trois hommes de ma promo, le caractère masculin n'a été très bénéfique qu'à deux d'entre nous. Le troisième ayant clairement été sanctionné par des caractères secondaires tels que l'âge, l'appartenance ethnique et le sexe, ainsi que par l'habitus que le jury prêtait aux personnes présentant ces caractéristiques.
Et pour l'embauche, je vais faire très court : il y a des secteurs où l'on ne veut pas de vous, et d'autres où l'on cherche exclusivement des hommes.
Sachez tout de même que les premiers sont plus nombreux que les seconds. Sachez aussi que les seconds n'embauchent pas exclusivement des hommes sans leur prêter certaines compétences qui n'ont pas nécessairement trait au travail social.
De mon point de vue il existe par conséquent une véritable discrimination (positive et négative) envers les hommes assistants sociaux. Et s'il me semble plus aisé d'être une femme dans ce métier, je crois que la masculinisation peut aussi avoir des effets positifs en terme de valorisation et de reconnaissance, notamment, et je le regrette, dans une société où les femmes entérine la domination masculine en se conformant aux attributs et aux mécanismes de cette domination."
Cordialement,