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Retour sur ses motivations quand on est ASS

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Julie

Retour sur ses motivations quand on est ASS

Message non lu par Julie » 20 avr. 2016 11:18

Bonjour,

Je suis ASS diplômée depuis 5 ans et j'ai exercé dans des secteurs très différents.

Je souhaite écrire aujourd'hui sur ce forum car depuis plusieurs semaines, j'ai pris conscience de mes réelles motivations à exercer ce métier.

Lors de mon passage au concours, je pensais que mes motivations étaient liées à mes rencontres avec des travailleurs sociaux et à mes expériences bénévoles auprès de publics en difficultés. A l'époque, je croyais sincerement que c'était pour ces raisons que je voulais faire ce métier. Et c'est vrai que ces expériences et rencontres m'avaient à l'époque confrontés dans mon choix.

Après ces quelques années de pratique, je me suis rendue compte que je me suis orientée vers le métier d'ASS en raison des difficultés de mes parents. J'ai sans doute très jeune repéré les problèmes de mes parents et j'ai donc cherché à les aider inconsciemment (même si le métier d'ASS ne m'a pas permis de les aider vraiment, car j'ai appris par la suite qu'on ne peut évidemment pas être le soignant ou l'éducateur d'un proche affectivement... et de toute façon je n'en ai aucune envie, sans doute pour me protéger). J'ai donc visiblement dévelloppé une sensibilité à la souffrance humaine dès mon plus jeune âge. A l'époque où j'ai passé le concours, j'ai lu ça et là qu'il ne fallait surtout pas évoquer son histoire personnelle dans nos motivations, au risque de faire croire aux examinateurs à une orientation dans le but de se réparer (ce qui n'était pas mon cas car je ne me sentais pas en souffrance personnellement).

Mes interrogations actuelles sont donc les suivantes : suis-je la seule à avoir des motivations liées directement à mon histoire personnelle ? A quel moment cela peut-il être "dangereux" pour les usagers et pour nous-même ? Comment garder du recul, maintenant que j'ai pris conscience de tout cela ?

Merci pour vos réflexions et vos échanges :)

ass

Re: Retour sur ses motivations quand on est ASS

Message non lu par ass » 20 avr. 2016 12:10

Bonjour,

Je pense qu'on est très nombreuses à faire ce métier parce que c'est lié à notre histoire perso, de près ou de loin...

Perso j'en avais parlé à mon entretien pour rentrer à l'école et ca n'a pas gêné, j'ai été prise quand meme. J'avais évidemment mis en évidence d'autres raisons pour lesquelles je souhaitais devenir as !

Je pense que ca peut être dangereux dans le sens où, dans une situation qui te rappelle ton propre vécu, tu peux avoir du mal à prendre du recul, ce qui n'est jamais bon ni pour l'usager ni pour toi.

Ce qui est bien c'est que justement tu as pris conscience de tout ca donc tu peux faire attention à ton attitude quand il y a des situations qui te rappellent ton histoire.

Bonne journée

Byeol

Re: Retour sur ses motivations quand on est ASS

Message non lu par Byeol » 20 avr. 2016 12:16

Bonjour Julie !

J'aime beaucoup l'idée de ton message, j'ai remarqué lors de mes stages (je suis encore étudiante) qu'un certain nombre de professionnels ne savaient pas pourquoi ils avaient choisi cette voie (peut-être le savaient-ils mais ils ne voulaient pas l'évoquer !). Toujours est-il que je me suis longuement questionnée pour ma part sur mes motivations. J'avais tendance à chercher des belles raisons etc... En réalité je pense que cela vient de mon histoire personnelle également.
En année de prépa avant de passer le concours j'avais évoqué, sans en être convaincue, ces motivations. A l'époque où j'ai décidé de m'orienter vers le métier d'ASS ma soeur rencontrait pas mal de difficultés (marginalisation, errance, alcool... elle a vécu à la rue pendant quelques temps, refusant toute aide)(Aujourd'hui ma soeur est elle-même travailleur-pair auprès des personnes SDF et en passe de devenir éducatrice spécialisée, comme quoi ! :) ) . Quand j'ai parlé de cela, ma prof m'avait immédiatement arrêté en me disant que nos motivations ne pouvaient pas être personnelles, que la formation d'ASS n'était pas une thérapie. Soit, je n'en ai pas reparlé pendant plusieurs années avant de me rendre compte que ma motivation venait réellement de là et qu'en aucun cas la formation n'a eu un effet de thérapie (ce n'était pas le but non plus).

Je pense que la crainte des formateurs et professionnels là dessus peut-être justifiée. Effectivement, ils ne savent pas comment va réagir la personne si elle se trouve face à une situation similaire. Il faut, je pense, un minimum de recul pour pouvoir intervenir dans ce genre de situation. Le fait d'en être conscient doit déjà pas mal aidé ! Et dans tous les cas il faut garder à l'esprit que même si les problématiques sont semblables, toutes les situations sont différentes et qu'on est (censés) être là pour améliorer les choses (ou du moins éviter que cela n'empire...).
Pour moi la prise de conscience évite déjà pas mal de problèmes, ça évite le "choc" d'être confronté à une situation qui fait échos. Au moins, sachant cela, si ça arrive on saura d'où ça vient et ça permettra de travailler dessus !

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