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et si les pauvres nous humanisaient...

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nadège

et si les pauvres nous humanisaient...

Message non lu par nadège » 16 avr. 2006 01:25

Le sujet de ce message est le titre d'un livre de Colette et Michel Collard-Gambiez. Je l'ai choisi pour un devoir (formation ES 2ème année). ça m'interresse de savoir ce que vous en avez retenu, pensé...
Merci

jipé

Re: et si les pauvres nous humanisaient...

Message non lu par jipé » 16 avr. 2006 15:47

bonjour
je ne connais pas cet ouvrage!
ce que je peux dire par contre, c'est que l'idée d'etre centré sur la personne éclaire une pratique qui diffère d'etre centré par exemple sur le travail ou encore sur le projet!
le respect de la personne, et agir en créant les conditions de son épanouissement ne sont pas des grands discours mais des actes posés ! cette vigilance me semble vitale,en ce moment; sinon nous ne faisons que perenniser une légitimité institutionnelle au mépris de ceux pour lesquels nous sommes demandés pour les accompagner.
je veux bien échanger sur ce point!...et connaitre les propos tenus dans l'ouvrage cité!

nadège

Re: et si les pauvres nous humanisaient...

Message non lu par nadège » 17 avr. 2006 18:07

Merci Jipé pour cet éclairage.
Les auteurs de "et si les pauvres nous humanisaient..." insistent bcp sur cette attitude aussi. C'est un ouvrage écrits par deux personnes qui ont choisi de partager la vie de personnes sans domicile. Par ce livre, ils expriment ce qu'ils connaissent de la réalité de la rue, ils décrivent la souffrance de ce qu'ils cotoient. Ils expliquent que cette souffrance est plus dûe à l'indifférence ou au jugement des gens qui les croisent qu'aux difficultés matérielles. Ils mettent en garde contre le rôle de bon samaritain qu'on s'octroie spontanément vis à vis d'eux, le fait qu'on a tendance à croire que donner pour leur bien être physique suffit. On oublie d'écouter. On se conforte ds le "savoir faire".
Est-ce que vous côtoyez des personnes sans abri? Pourriez-vous me faire part d'exemple de situations dans lesquelles les professionnels se laissent prendre au piège de cette "pérennité d'une lagitimité institutionnelle"? Qu'est-ce qui tire en vous le signal d'alarme pour éviter d'oublier de rencontrer la personne? Est-ce les personnes elles-même dans leurs réactions parfois violentes qui demandent à être reconnus dans leur dignité?
J'ai fait un stage en CHRS l'année dernière. J'ai pu me rendre compte qu'on était vite pris de cours par le temps, les tâches administratives, les coups de fil... Les possibilités de rencontre sont presque "chronométrées".Pour parler il faut prendre RDV. Quand on prend RDV on rentre dans le processus d'un projet. Où trouver l'espace d'aller vers la personne? Où la personne peut-elle trouver l'espace de venir vers nous sans se sentir redevable?
Si certaines de ces questions vous interpellent, n'hésitez pas à y répondre. J'aimerais éviter de rendre un travail qui n'est basé que sur de grandes réflexions théoriques. Plutôt me nourrir de pratiques.
Merci d'avance.

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