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Le quotidien du moniteur educateur
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lauriane
Le quotidien du moniteur educateur
Moi c lauriane je prépare actuellement mon oral et j'aimerai pour cela obtenir divers temoignages de ME sur les aspects quotidien du metiers.
de plus si vous avez des conseils sur l'oral sur les choses a faire et a eviter: JE SUIS PRENEUSE!!!!!
merci d'avance
de plus si vous avez des conseils sur l'oral sur les choses a faire et a eviter: JE SUIS PRENEUSE!!!!!
merci d'avance
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yog,monographie ME
Re: Le quotidien du moniteur educateur
Unité de Formation de Travailleurs Sociaux
113, rue Antoine Fabre
63270 VIC LE COMTE
Note de réflexion à partir des expériences de stage en vue de l’obtention du Certificat d’Aptitudes aux Fonctions de Moniteur Educateur
« Un ici pour un ailleurs »
Moniteur - Educateur
SOMMAIRE
PREAMBULE Page 1
Quel que soit notre secteur d’activité professionnel, le métier de moniteur éducateur se distingue par « la possibilité de partager des périodes de vie, avec un enfant, un adolescent, un adulte ou un groupe d’enfants, d’adolescents, d’adultes, pour leur permettre de mieux se situer vis-à-vis d’eux même et de leur environnement. »
Cette définition qui peut caractériser la profession de moniteur éducateur place notre pratique autour de la notion de partage du quotidien.
Le quotidien permet l’échange. Une relation éducative se crée par le biais de la parole mais également par celui des comportements qu’il est difficile de comprendre, d’interpréter comme un message ayant un sens, une signification. C’est grâce à cette relation fondée sur le partage de moments de la vie institutionnelle, dans ce en quoi elle ressemble à la vie familiale, que le professionnel pourra atteindre des objectifs.
Le quotidien c’est donc un lieu, un espace de vie à investir dans le temps. La plupart des personnes accueillies en établissements spécialisés sont déstructurés dans leur organisation temporelle et ont besoins de repères qui rythment leurs journées.
Les internats sont des lieux de passage permettant un éloignement du milieu ordinaire ainsi qu’une aide dans le contexte d’une vie partagée.
La vie quotidienne en collectivité est un véritable support de socialisation pour les jeunes qui ont parfois du mal à se dégager de leurs préoccupations personnelles. Ils apprennent à prendre conscience des autres, de leurs besoins, de leurs désirs et à les respecter.
INTRODUCTION
Lors de mes diverses expériences j’ai accompagné des groupes d’enfants, d’adolescents ou d’adultes dans leur vie quotidienne, j’ai appris qu’il fallait être attentif et sensible à tous ces petits détails, à percevoir ces messages non verbaux de mal être, d’alerte ou d’évolution chez ces personnes qui souvent ont des difficultés ou n’arrivent pas à dire les choses. Cela implique d’être vigilant, attentif pour pouvoir se saisir de ce qui est latent ou qui émerge dans la vie quotidienne auprès des personnes. C’est notre sensibilité, notre regard qui fait que ce quotidien d’apparence banal n’est pas vide de sens et nous permet d’avancer. Donner forme à un geste de colère, de joie, de peur, que nous avons remarqué permet à la personne de mettre des mots, de clarifier les idées qui l’habitent et ainsi donner du sens à ses actions.
A partir de trois expériences de ma vie professionnelle je tente dans cette note de réflexion de définir ce qu’il y a de commun dans la prise en charge des enfants, adolescents et adultes au quotidien.
Au travers de ma première expérience en tant que stagiaire de contact dans une MECS qui accueille huit enfants et mes deux expériences de stagiaire en formation, dans un foyer d’hébergement d’adultes handicapés et dans un foyer d’adolescents, j’ai pu mesurer l’importance du quotidien.
La question qui a traversé ces expériences est : en quoi le quotidien intéresse le métier de moniteur éducateur ?
Après avoir tenté de donner une définition de ce qu’est pour moi le quotidien, en m’appuyant sur mes expériences et sur différents auteurs, j’essaierai dans ma deuxième partie de faire le lien entre quotidien et fonction parentale pour enfin aboutir sur l’autonomie.
1- LE QUOTIDIEN :
La définition du quotidien selon le Littré est : « ce qui revient tous les jours ». On voit donc qu’il existe un rythme du quotidien fait de la succession de moments semblables.
Cette définition me semble empreinte de routine et ne me convient pas. C’est pourquoi, j’ai décidé de présenter ma définition à travers tous ces moments ordinaires, où pour moi se passe l’extraordinaire, l’essentiel.
Ce quotidien, pour moi…
C’est accompagner un groupe d’enfants le soir après le repas au terrain de foot pour partager un moment de jeu.
C’est accompagner Hugo rencontrer sa mère en visite médiatisée.
C’est être à côté de Nicolas quand sa maman lui téléphone, le soutenir, et mettre fin à la conversation si nécessaire.
C’est le protéger et lui apprendre à se protéger des agressions, de la violence.
C’est dire à Malek que sa mère ne souhaite pas l’accueillir ce week-end et partager son malheur.
C’est accompagner Victor chez la juge pour faire le point de sa situation.
C’est empêcher que Jacques mange toute l’assiette de tartines au petit déjeuner.
C’est faire en sorte que René ne s’assoit pas à côté de Claude au petit déjeuner.
C’est demander à Hamed de changer ses chaussettes car elles sont sales et pour la millième fois lui faire mettre ses pantoufles.
C’est apprendre à Jonathan à se laver.
C’est passer le relais à mon collègue quand je n’en peux plus avec Frank, qui m’a poussé à bout.
C’est rester un long moment avec Mathéo au moment du coucher pour apaiser ses angoisses.
C’est accompagner Benjamin tous les mercredi chez sa thérapeute et s’arrêter manger une petite pâtisserie de temps en temps après le rendez-vous.
C’est dire non à une sortie et le tenir pour Loïc qui a été malade toute la journée et qui n’est pas allé travaillé.
C’est signaler à Manuel qu’il n’a pas le droit de sortir après le dîner, qu’il prenne ses responsabilités s’il sort.
C’est signifier l’interdit, la loi à laquelle chacun est soumis.
C’est compter la monnaie avec Inès à qui j’ai demandé d’aller acheter du pain.
C’est aider Ryan à se moucher et à se laver les mains avant de passer à table pour le petit déjeuner.
C’est partager un pique-nique et une partie de pétanque avec Maryse, Georges et René le soir après leur journée au CAT .
C’est rester dans la salle de bain quand Pierre m’appelle plusieurs fois pendant qu’il prend sa douche, a priori sans raison.
C’est partager un repas avec des enfants, adolescents ou adultes.
C’est mon « coup de gueule » quand un enfant rentre dans la maison avec des chaussures sales, alors que je viens de laver.
C’est réaliser que mon « coup de gueule » est plus bruyant que quand c’est la maîtresse de maison qui a fait le ménage.
C’est éplucher les pommes de terre pour la soupe pendant que Noémie fait ses devoirs.
C’est apporter un CD que j’apprécie et l’écouter ensemble.
C’est rester à la gym à la demande de Jeanne et Marie, ou assister à une compétition.
C’est permettre à l’enfant une ouverture culturelle, artistique, sportive… une ouverture au monde en lui laissant d’autres espaces d’investissements.
C’est laver la voiture ensemble surtout si cela fini en bataille d’eau.
C’est fêter la fin de semaine en faisant un petit « apéro ».
C’est boire une tisane à la pub du film.
C’est manger un gâteau le dimanche.
C’est laisser un enfant prendre un bain par plaisir et non par nécessité.
C’est parcourir les magasins pour faire les derniers achats avant qu’ Emma emménage dans son appartement.
C’est pouvoir dire à un parent qu’on ne lui passe pas son enfant au téléphone lorsque il n’a pas respecté le jour d’appel.
C’est lire et relire le carnet de santé de Jonathan avec lui, dans une salle d’attente chez le médecin.
C’est préserver l’intimité, la respecter et offrir un espace agréable à vivre, à regarder.
C’est apporter un environnement ancré dans la réalité : pouvoir aller acheter le journal, regarder les informations… un environnement également cohérent, stable et continu.
Ces vignettes qui témoignent de mon travail illustrent la définition de Joseph Rouzel :
« Le quotidien est tramé de ces petits riens qui occupent chaque jour : dormir, se lever, se laver, faire le lit, les courses, la vaisselle, le ménage, manger, bavarder, rigoler, bailler, regarder la télé, se balader, bouquiner, rêvasser, s’ennuyer…. Autant d’infinitifs qui désignent autant de territoires où les travailleurs sociaux croisent et rencontrent des gens, petits et grands, qui vont mal dans leur corps, leur tête, leur être qui sont mal dans leur quotidien.»
Le quotidien, c’est la répétition, qui n’est pas une simple routine mais bien ce qui permet à l’enfant de trouver des repères spatiaux, temporels, relationnels et aux adultes de garantir cet environnement au travers d’un fonctionnement institutionnel.
2- QUOTIDIEN ET FONCTION PARENTALE :
L’éducateur dans la prise en charge au quotidien de jeunes retirés momentanément ou durablement à leur famille, accomplit des tâches ou des rituels relevant de la fonction maternelle en ce qui concerne les repas (nourrissage), les levers, les couchers, les toilettes (soins et protection) appelés « zones d’étayage » par Paul Fustier.
L’éducateur appuie particulièrement ses interventions sur la création d’une relation avec les personnes qui lui ont été confiées et avec qui il partage des moments de vie. Ceci avec pour objectif de permettre aux personnes accueillies de mieux se situer vis-à-vis d’eux même et de leur environnement.
« A partir du moment où un enfant est pris en charge dans le déroulement de la vie quotidienne (…), il s’établit inévitablement un mode de relation plus ou moins durable avec des hommes et des femmes qui évoquent, de par leurs actes posés et de par les échanges affectifs créés, les fonctions habituellement imparties aux parents.»
Jean Cartry parle de « parents symboliques » car l’éducateur dans le quotidien assume des fonctions, notamment le soin et le nourrissage qui revêtent une valeur évocatrice des fonctions parentales. A travers le quotidien partagé avec des enfants, des adolescents, des adultes handicapés, cette observation s’est imposée à moi, et des questions sont apparues.
Est-ce que dans cette fonction parentale j’aide un enfant à grandir, un adolescent à assumer son futur proche d’adulte ?
Est-ce qu’il est loyal vis-à-vis de la famille naturelle, vis-à-vis de l’enfant d’accepter cette place ?
Les questions ont trouvé réponse à travers mes lectures, M. Lemay, J. Cartry, J. Rouzel, par des rencontres avec des professionnels. Et je pourrais dire que l’éducateur est bien assigné à cette place, qu’il puisse ou non l’assumer. Et, l’institution est bien d’abord le lieu du quotidien qui « fournit à l’enfant ce dont il a besoin au moment présent, lui permettant d’ouvrir un espace, où par ses propres explorations, à la fois libres et guidées, il puisse mettre en forme ce qu’il peut et veut créer. »
Le quotidien c’est donc cet espace qui soutient le désir de l’éducateur, c’est peut-être dans ce désir plutôt que dans les fonctions, que l’on pourrait dire que l’éducateur est dans la suppléance parentale. M. Lemay parle de sa fonction de « substitut parental », ce terme me semble un peu fort, car si l’éducateur est « à la place de » il me semble que l’on pourrait parler d’élimination des parents, ce qui me parait impossible et dangereux pour l’enfant. Le terme de suppléance est à mon sens plus approprié, comme si un enfant pouvait grandir avec plusieurs parents, plusieurs modèles d’identification, ce à quoi il va devoir d’ailleurs s’accommoder dans les familles recomposées, nouveau modèle familial. Je vais tenter à travers deux situations cliniques d’exprimer comment cette fonction parentale s’exerce.
2.1 – Un repas avec des adolescents :
Durant mon second stage dans le foyer pour adolescents le rare moment où tout le monde, jeunes et adultes était ensemble, était le repas du soir. 19h30 est l’heure à laquelle nous devions passer à table selon les jeunes.
A ce moment là les éducateurs et moi-même nous sortons du bureau pour faire réchauffer le repas préparé durant l’après-midi par Anne, la maîtresse de maison. Auparavant, nous devions ouvrir cette porte de la cuisine fermée à clé. J’ai trouvé étrange que ce lieu qui pour moi est synonyme de partage, de dons, soit protégé ainsi. Même si les raisons de fermer la porte à clé sont justifiées par du vol, j’ai trouvé que cette action ne manquait pas de sens. Cela renvoie à penser que les jeunes du foyer sont des voleurs, des personnes à qui on ne peut pas faire confiance. Une fois la cuisine et la salle à manger ouvertes, les jeunes de service doivent mettre la table. C’est ensuite que nous servons le repas.
Suite à mon expérience passée où les éducateurs préparaient le repas, le fait de servir un repas réchauffé m’a quelque peu gêné. La maîtresse de maison prépare le repas et ne mange pas et nous éducateurs nous mangeons un repas que nous n’avons pas préparé. A ce moment précis je regrettais les moments passés où je préparais le repas tout en faisant les devoirs avec les enfants assis autour de la table de la cuisine. J’étais avec eux dans une relation médiatisée par la préparation du repas sans être à côté d’eux, collé à eux et peut être trop proche, dans un moment consacré uniquement aux devoirs.
Les repas au foyer d’adolescents étaient des moments souvent chargés de tension ce qui m’a un petit peu impressionné au début de mon stage. Mais de quoi sont ils capables ?
Les éducateurs ne prenaient pas souvent part aux discussions des jeunes. Les jeunes parlaient entre eux, ce qui consistait généralement à ce que deux garçons provoquent les filles. Au fil des jours j’avais un peu l’impression que les repas étaient identiques : les garçons en question lancent des piques aux filles qui répondent tant bien que mal alors que les trois autres garçons ne disent rien mais on peut lire sur leur visage un ras le bol d’entendre toujours les mêmes choses. Les mêmes pouvaient nous dire ensuite que Riad et Manuel avaient été particulièrement « lourds » pendant le repas.
Pour ma part j’essayais au maximum de prendre part aux discussions des jeunes dans les bons et moins bons moments. Je veux dire par là que j’ai insisté pour dire aux jeunes que leur vocabulaire m’était insupportable, qu’ils essaient d’enlever un à deux gros mots par phrase. Après cela certains jeunes dont une jeune fille se reprenait en mettant la main devant la bouche, en me regardant et en disant « oh ! excuses ». A ce moment les excuses m’étaient adressées.
Entre le vocabulaire, le portable qui sonne à table et la bouteille de coca posée en début de repas par le jeune et laissée par l’éducateur, j’ai eu l’impression qu’il y avait un manque de cadre, d’exigences par moment, de principes de vie commune.
A noter également par rapport aux repas, qu’en présence de la maîtresse de maison le midi, la tenue à table était plus adaptée selon les normes sociales auxquelles on peut s’attendre. Je l’explique en partie par le fait que les ados sont beaucoup moins nombreux à manger à midi mais aussi à la présence de celle qui a préparé le repas, qui les conseille pour leur linge ou pour d’autres choses. Durant mon stage je n’ai pas le souvenir qu’un des jeunes ait manqué de respect envers Anne, la maîtresse de maison.
Dans cette situation difficile à vivre pour moi, j’ai tenté d’interroger mes collègues sur une possible réorganisation des repas. Maladresse de ma part où résistance de la leur, cette demande n’a pas abouti.
Ma question reste : comment dans ce moment du quotidien, qui devrait être un temps de convivialité et d’échange exerçons-nous la fonction parentale ? Quel modèle d’identification sommes-nous pour les adolescents ? Quelles sont les valeurs transmises ? Par exemple que manger n’est pas « bouffer ».
Je pense qu’il ne suffit pas de se dire que l’éducateur assume des fonctions parentales, faut-il aussi que dans la réalité cela existe. Les « zones d’étayages » de Paul Fustier doivent remplir leur rôle.
2.2 – Un accompagnent à l’école :
La seconde situation clinique fait référence à une situation rencontrée lors de ma première expérience professionnelle.
J’ai été amené à accompagner pour la première fois, que ce soit sur un plan personnel et professionnel, un enfant à l’école maternelle. J’ai donc réveillé cet enfant, je l’ai accompagné pour se lever tranquillement, déjeuner, se préparer pour se rendre à l’école sans oublier le goûter, ce morceau de son « chez lui » que l’enfant emmène à l’école. Avant de monter dans la voiture et de me retrouver devant cette école, je ne m’étais pas posé de questions sur ce que j’allais ressentir.
Mes interrogations sont alors apparus au moment où je me suis regardé dire bonjour à tous ces papa et maman qui amenaient « leur(s) enfant(s) » à l’école.
Cette journée banale et ordinaire pour Mathéo, ressemblait pour moi à une véritable rentrée scolaire, j’étais un peu stressé par le manque de repères. Je me suis donc laissé guider par Mathéo, jusqu’à sa classe où comme tous les parents j’ai aidé l’enfant, dont je suis l’éducateur, à quitter son manteau, ses chaussures, son bonnet…. Moment qu’a choisi Mathéo pour me présenter aux parents autour de nous. Il n’a pas eu besoin de dire que j’étais un nouvel éducateur, il a simplement dit « c’est Guillaume ».
Cette petite expérience qui m’a beaucoup plus perturbé que Mathéo, m’a amené à me poser énormément de questions sur la fonction que je tenais à ce moment-là, dans cet acte banal de la vie quotidienne auprès d’enfants. Outre le fait que je me retrouve dans une situation similaire à celle d’un parent amenant son enfant à l’école, je me demande également ce que je représentais pour Mathéo à ce moment-là.
Mathéo est un enfant qui a vécu de nombreux abandons, sa maman le laissait souvent tout seul alors qu’il était tout bébé.
Quand je l’emmène à l’école, je le laisse. On retrouve également une notion d’abandon, puisque je vais partir. Je m’interroge alors sur ce qui fait qu’un enfant avec le passé qui est le sien, n’exprime aucune inquiétude ou émotion particulière quand une personne qu’il ne connaît que depuis quelques jours l’emmène et le laisse à l’école.
Avec un peu plus de recul et d’expérience je pense pouvoir dire que dans cette situation je représentais tout simplement l’institution. Institution dans laquelle Mathéo vivait depuis deux ans et dans laquelle il avait tissé des liens, qui lui ont permis de grandir en toute sécurité.
Cette sécurité acquise au quotidien lui permit ce jour là d’entrer sereinement dans sa classe sans avoir peur d’y être abandonné. Il s’avait que je serais là à l’heure « des éducateurs ».
Selon Bowlby : « si les mécanismes reliant les différentes formes d’insécurité aux différentes formes de psychopathologie sont encore peu connus, nul doute que la qualité de l’attachement d’un enfant à l’égard de ses proches constitue pour lui un facteur important de résilience ou de vulnérabilité. »
3- L’AUTONOMIE :
Pour moi, l'autonomie est un terme abstrait. Je ne sais pas si l’on peut devenir réellement autonome. J'ai l'impression que l'on a toujours besoin de conseils. Paradoxalement, être autonome serait reconnaître que l'on a besoin des autres.
Les enfants, les adolescents placés en institution ont tous souffert de l’incapacité ou de l’inadéquation affective ou éducative de leurs parents, eux-mêmes souvent victimes d’une histoire douloureuse. Les enfants ont souvent manqué de maternage au sens de portage, sécurité, contenance, d’imago paternel, ce père qui dit la loi, donne les limites. Les manques créent des carences qui se traduisent par des troubles du comportement, des difficultés dans le lien à l’autre, autant de freins pour conduire l’adolescent à l’autonomie. Il me semble primordial, si l’on veut aider le jeune, l’adulte, de ne pas confondre âge social et maturité de développement. Cela permet de prendre en compte l’enfant, l’adulte, de savoir où il en est de sa capacité à prendre soin de lui, sans confondre ce qu’il en est de nos propres exigences et de sa capacité à lui.
L’autonomie, me semble t-il ne peut pas se décréter, ce n’est pas seulement une suite d’acquisitions techniques, comme savoir se laver les dents à 2 ans, savoir mettre la table à 7 ans et vivre seul à 18 ans.
Dans la situation de repas exposée dans la partie précédente, je pense que le comportement des adolescents montre bien qu’ils sont « coincés » dans une position infantile, que le côté « grande gueule » masque des angoisses. Il me semble qu’il serait cohérent, afin de les aider à grandir, de leur offrir un cadre plus rigoureux fait de permis et d’interdits. Il serait peut-être judicieux qu’au lieu de lui « balancer » le message : « tu dois apprendre à te débrouiller tout seul », l’éducateur doit être celui qui aide le jeune à ranger la chambre, à trier le linge sale et le linge propre, bref à être dans le quotidien.
Le quotidien c’est le lien, l’espace, le temps où se tissent des liens. Si la fin de l’adolescence est vécu comme un temps de séparation afin d’acquérir l’autonomie il faut bien que l’enfant, l’adolescent aient pu vivre une rencontre.
F. Atger à propos de la transformation qui s’opère à l’adolescence écrit :
« Le système d’attachement semble jouer un rôle fondamental pour aider l’adolescent à surmonter le défi de l’autonomisation, son autonomisation se fait cependant de manière d’autant plus aisé qu’il a des relations sécures avec ses parents.»
M. Berger dans « l’échec de la protection de l’enfance » prône clairement la nécessité d’un lien d’attachement fort avec la même personne sur laquelle l’enfant puisse s’étayer. J. Rouzel, lui, évoque une relation transférentielle, selon la théorie psychanalytique.
Et quand les parents sont défaillants ou absents, ce lien « sécure » il me semble que c’est bien auprès de l’éducateur que l’enfant doit le trouver. Cela demande un engagement personnel et professionnel de la part de l’éducateur.
J’ai déjà évoqué la présence importante de la maîtresse de maison dans mon deuxième stage auprès d’adolescents. En fait c’était à elle que les adolescents adressaient le plus de demandes. C’était elle qu’ils respectaient le plus. D’ailleurs un jeune, parti s’installer en appartement, est revenu un jour et a demandé à voir Anne après un bref salut aux éducateurs. Il lui a demandé des recettes de cuisine. Dans cet échange, il me semble que c’était bien une fonction parentale, une fonction maternelle qui agissait là. Dans cette place de maîtresse de maison, dans sa fonction maternelle, la maîtresse de maison pouvait aider le jeune à prendre son envol, son autonomie.
« C’est à ce niveau primaire, voir primitif, du quotidien en prenant ancrage dans ces rythmes primordiaux qui organisent socialement l’espace et le temps qu’interviennent les éducateurs. Il ne s’agit pas, comme le pensent et l’agissent certains, de faire du dressage d’enfants pour qu’ils se tiennent bien en société, ça c’est de la barbarie ; Il s’agit de faire que vivre ensemble prenne sens pour un sujet.»
Lors de ma première expérience dans une maison d’enfants, c’était les éducateurs qui prenaient en charge toutes les tâches ménagères. En fait le projet était basé sur le quotidien. Le travail sur le lien était primordial dans cet établissement. Ce lien doit être singulier permet à l'enfant de grandir. Le projet personnalisé fait partie des outils pour adapter à chacun, selon sa problématique les savoir faire du quotidien.
Ainsi, si le fond reste le même, dans la forme, l’éducateur ne va pas s’adresser de la même façon à un tout petit, un adolescent ou un adulte handicapé.
Comme J. Rouzel, je pense qu’articuler, repriser, réparer, cicatriser, tisser réunir et j’ajouterais cuisiner, faire les courses, donner de l’argent de poche, faire la lessive et la liste pourrait être interminable, cela fait parti du métier d’éducateur. C’est à travers ces tâches que l’éducateur peut aussi tisser des liens avec des personnes qui lui sont confiées.
Ce que j’avais appris et vérifié, lors de ma première expérience, j’ai pu le vérifier à nouveau dans la façon dont les jeunes s’adressaient à la maîtresse de maison dans mon deuxième stage. Il m’est parfois arrivé d’envier sa place. Je pense qu’il serait intéressant d’envisager le métier d’éducateur avec plus d’humilité et de considérer que ces tâches que l’on dit ménagères pourraient être un outil très intéressant pour créer du lien avec les enfants, les jeunes, les adultes. Et comme je l’ai écrit, c’est bien à partir d’une rencontre, d’un lien, d’une identification que le jeune pourra accéder à son autonomie.
CONCLUSION
Ce travail m’a permis de donner du sens au quotidien. En effet, donner du sens au quotidien, interroger ma pratique, partager en équipe, est me semble t-il le moyen de résister à l’usure professionnelle.
La définition du quotidien peut paraître simple pourtant ce travail m’a demandé énormément d’efforts pour repérer les moments où j’exerçais mon travail d’éducateur. Difficile de parler de la vie quotidienne, justement parce que c’est de l’ordre de la vie, et c’est toujours difficile de parler de la vie, particulièrement quand il n’y a rien d’exceptionnel, de sensationnel. Comment définir ces moments invisibles, éphémères où en apparence se répète et se rejoue toujours la même chose, où se déroulent une multitude de petits détails, d’évènements qui font que finalement, rien n’est jamais pareil.
Ainsi, la vie quotidienne dans toute sa simplicité se révèle d’une complexité redoutable pour peu que l’on veuille non seulement la vivre mais surtout la comprendre et en dégager du sens.
Il n'y a pas de limite à ce que recouvre le thème de la vie quotidienne en institution, c'est tout un assortiment de gestes simples et élémentaires qui sont, pour certains, une réelle découverte et qui doivent faire l'objet d'un apprentissage. Cette vie quotidienne est pour moi à la base de toute éducation, c'est un ensemble de codes de conduites et de gestes qui débouchent, non seulement sur une socialisation, mais aussi, et nous sommes là au coeur de notre mission, sur une communication un échange spontané. C’est pour cette raison que j’ai choisi ce sujet, une façon de préparer mon futur travail de moniteur éducateur auprès d’enfants, d’adolescents ou d’adultes en difficultés.
A travers ce travail j’ai évoqué un sujet qui m’a beaucoup questionné durant mes expériences et ma formation. Le choix de ce travail sur cette fonction de l’éducateur a été difficile à faire de part tout ce que j’ai pu entendre à ce sujet. Malgré tout je suis convaincu que l’on peut tranquillement parler de suppléance parentale pour ce métier.
D’autres questions font suite à ce travail. Comment l'éducateur, l’institution, peut il maintenir vivant le quotidien, faire qu’il reste structurant, créateur de lien, d’avenir ? Comment éviter que cette répétition ne devienne une routine néfaste à l'essence même du projet des établissements spécialisés.
Je pense qu’il est important pour tout professionnel de garder ces questions vivantes afin que notre travail garde tout son sens.
Je terminerai donc cette note de réflexion sur une citation de Lebon A. qui m’a guidé tout au long de ce travail autour du quotidien reprise par Maurice Capul et Michel Lemay, dans « De l’éducation spécialisé ».
« Ce qui fait que la psychoéducation est révolutionnaire c'est justement qu'elle a fait une science et un art du partage de la relation et de l'action éducative dans le quotidien qu'on considère souvent banal et insignifiant. Révolutionnaire elle l'est aussi en rappelant à tous que le sujet est au cœur de toute intervention, que tous ses gestes, ses paroles, ses silences constituent un langage et qu'écouter ce langage et lui permettre d'exister c'est favoriser la création d'une identité, l'émergence d'une autonomie. Permettre ce passage c'est partager la vie quotidienne du sujet et créer à longueur de journée les conditions d'actualisation du meilleur qui est en lui. »
BIBLIOGRAPHIE
CAPUL M. LEMAY M. De l’éducation spécialisé. Ramonville Saint-Ange Ed. Eres, 2003.
CARTRY J. Les parents symboliques, Paris, Ed. Dunod, 2004.
FUSTIER P. Les corridors du quotidien, Lyon. Ed. Presse Universitaire de Lyon, 1993.
GUEDENEY A. et GUEDENEY N. L’attachement, concept et applications, Paris, Ed. Masson, 2002.
ROUZEL J. L’Acte éducatif, Clinique de l’éducation spécialisé, Toulouse, Ed. Erès, 1998.
ROUZEL J. Le Quotidien dans les pratiques sociales. Paris. Ed. Dunod, 2004.
113, rue Antoine Fabre
63270 VIC LE COMTE
Note de réflexion à partir des expériences de stage en vue de l’obtention du Certificat d’Aptitudes aux Fonctions de Moniteur Educateur
« Un ici pour un ailleurs »
Moniteur - Educateur
SOMMAIRE
PREAMBULE Page 1
Quel que soit notre secteur d’activité professionnel, le métier de moniteur éducateur se distingue par « la possibilité de partager des périodes de vie, avec un enfant, un adolescent, un adulte ou un groupe d’enfants, d’adolescents, d’adultes, pour leur permettre de mieux se situer vis-à-vis d’eux même et de leur environnement. »
Cette définition qui peut caractériser la profession de moniteur éducateur place notre pratique autour de la notion de partage du quotidien.
Le quotidien permet l’échange. Une relation éducative se crée par le biais de la parole mais également par celui des comportements qu’il est difficile de comprendre, d’interpréter comme un message ayant un sens, une signification. C’est grâce à cette relation fondée sur le partage de moments de la vie institutionnelle, dans ce en quoi elle ressemble à la vie familiale, que le professionnel pourra atteindre des objectifs.
Le quotidien c’est donc un lieu, un espace de vie à investir dans le temps. La plupart des personnes accueillies en établissements spécialisés sont déstructurés dans leur organisation temporelle et ont besoins de repères qui rythment leurs journées.
Les internats sont des lieux de passage permettant un éloignement du milieu ordinaire ainsi qu’une aide dans le contexte d’une vie partagée.
La vie quotidienne en collectivité est un véritable support de socialisation pour les jeunes qui ont parfois du mal à se dégager de leurs préoccupations personnelles. Ils apprennent à prendre conscience des autres, de leurs besoins, de leurs désirs et à les respecter.
INTRODUCTION
Lors de mes diverses expériences j’ai accompagné des groupes d’enfants, d’adolescents ou d’adultes dans leur vie quotidienne, j’ai appris qu’il fallait être attentif et sensible à tous ces petits détails, à percevoir ces messages non verbaux de mal être, d’alerte ou d’évolution chez ces personnes qui souvent ont des difficultés ou n’arrivent pas à dire les choses. Cela implique d’être vigilant, attentif pour pouvoir se saisir de ce qui est latent ou qui émerge dans la vie quotidienne auprès des personnes. C’est notre sensibilité, notre regard qui fait que ce quotidien d’apparence banal n’est pas vide de sens et nous permet d’avancer. Donner forme à un geste de colère, de joie, de peur, que nous avons remarqué permet à la personne de mettre des mots, de clarifier les idées qui l’habitent et ainsi donner du sens à ses actions.
A partir de trois expériences de ma vie professionnelle je tente dans cette note de réflexion de définir ce qu’il y a de commun dans la prise en charge des enfants, adolescents et adultes au quotidien.
Au travers de ma première expérience en tant que stagiaire de contact dans une MECS qui accueille huit enfants et mes deux expériences de stagiaire en formation, dans un foyer d’hébergement d’adultes handicapés et dans un foyer d’adolescents, j’ai pu mesurer l’importance du quotidien.
La question qui a traversé ces expériences est : en quoi le quotidien intéresse le métier de moniteur éducateur ?
Après avoir tenté de donner une définition de ce qu’est pour moi le quotidien, en m’appuyant sur mes expériences et sur différents auteurs, j’essaierai dans ma deuxième partie de faire le lien entre quotidien et fonction parentale pour enfin aboutir sur l’autonomie.
1- LE QUOTIDIEN :
La définition du quotidien selon le Littré est : « ce qui revient tous les jours ». On voit donc qu’il existe un rythme du quotidien fait de la succession de moments semblables.
Cette définition me semble empreinte de routine et ne me convient pas. C’est pourquoi, j’ai décidé de présenter ma définition à travers tous ces moments ordinaires, où pour moi se passe l’extraordinaire, l’essentiel.
Ce quotidien, pour moi…
C’est accompagner un groupe d’enfants le soir après le repas au terrain de foot pour partager un moment de jeu.
C’est accompagner Hugo rencontrer sa mère en visite médiatisée.
C’est être à côté de Nicolas quand sa maman lui téléphone, le soutenir, et mettre fin à la conversation si nécessaire.
C’est le protéger et lui apprendre à se protéger des agressions, de la violence.
C’est dire à Malek que sa mère ne souhaite pas l’accueillir ce week-end et partager son malheur.
C’est accompagner Victor chez la juge pour faire le point de sa situation.
C’est empêcher que Jacques mange toute l’assiette de tartines au petit déjeuner.
C’est faire en sorte que René ne s’assoit pas à côté de Claude au petit déjeuner.
C’est demander à Hamed de changer ses chaussettes car elles sont sales et pour la millième fois lui faire mettre ses pantoufles.
C’est apprendre à Jonathan à se laver.
C’est passer le relais à mon collègue quand je n’en peux plus avec Frank, qui m’a poussé à bout.
C’est rester un long moment avec Mathéo au moment du coucher pour apaiser ses angoisses.
C’est accompagner Benjamin tous les mercredi chez sa thérapeute et s’arrêter manger une petite pâtisserie de temps en temps après le rendez-vous.
C’est dire non à une sortie et le tenir pour Loïc qui a été malade toute la journée et qui n’est pas allé travaillé.
C’est signaler à Manuel qu’il n’a pas le droit de sortir après le dîner, qu’il prenne ses responsabilités s’il sort.
C’est signifier l’interdit, la loi à laquelle chacun est soumis.
C’est compter la monnaie avec Inès à qui j’ai demandé d’aller acheter du pain.
C’est aider Ryan à se moucher et à se laver les mains avant de passer à table pour le petit déjeuner.
C’est partager un pique-nique et une partie de pétanque avec Maryse, Georges et René le soir après leur journée au CAT .
C’est rester dans la salle de bain quand Pierre m’appelle plusieurs fois pendant qu’il prend sa douche, a priori sans raison.
C’est partager un repas avec des enfants, adolescents ou adultes.
C’est mon « coup de gueule » quand un enfant rentre dans la maison avec des chaussures sales, alors que je viens de laver.
C’est réaliser que mon « coup de gueule » est plus bruyant que quand c’est la maîtresse de maison qui a fait le ménage.
C’est éplucher les pommes de terre pour la soupe pendant que Noémie fait ses devoirs.
C’est apporter un CD que j’apprécie et l’écouter ensemble.
C’est rester à la gym à la demande de Jeanne et Marie, ou assister à une compétition.
C’est permettre à l’enfant une ouverture culturelle, artistique, sportive… une ouverture au monde en lui laissant d’autres espaces d’investissements.
C’est laver la voiture ensemble surtout si cela fini en bataille d’eau.
C’est fêter la fin de semaine en faisant un petit « apéro ».
C’est boire une tisane à la pub du film.
C’est manger un gâteau le dimanche.
C’est laisser un enfant prendre un bain par plaisir et non par nécessité.
C’est parcourir les magasins pour faire les derniers achats avant qu’ Emma emménage dans son appartement.
C’est pouvoir dire à un parent qu’on ne lui passe pas son enfant au téléphone lorsque il n’a pas respecté le jour d’appel.
C’est lire et relire le carnet de santé de Jonathan avec lui, dans une salle d’attente chez le médecin.
C’est préserver l’intimité, la respecter et offrir un espace agréable à vivre, à regarder.
C’est apporter un environnement ancré dans la réalité : pouvoir aller acheter le journal, regarder les informations… un environnement également cohérent, stable et continu.
Ces vignettes qui témoignent de mon travail illustrent la définition de Joseph Rouzel :
« Le quotidien est tramé de ces petits riens qui occupent chaque jour : dormir, se lever, se laver, faire le lit, les courses, la vaisselle, le ménage, manger, bavarder, rigoler, bailler, regarder la télé, se balader, bouquiner, rêvasser, s’ennuyer…. Autant d’infinitifs qui désignent autant de territoires où les travailleurs sociaux croisent et rencontrent des gens, petits et grands, qui vont mal dans leur corps, leur tête, leur être qui sont mal dans leur quotidien.»
Le quotidien, c’est la répétition, qui n’est pas une simple routine mais bien ce qui permet à l’enfant de trouver des repères spatiaux, temporels, relationnels et aux adultes de garantir cet environnement au travers d’un fonctionnement institutionnel.
2- QUOTIDIEN ET FONCTION PARENTALE :
L’éducateur dans la prise en charge au quotidien de jeunes retirés momentanément ou durablement à leur famille, accomplit des tâches ou des rituels relevant de la fonction maternelle en ce qui concerne les repas (nourrissage), les levers, les couchers, les toilettes (soins et protection) appelés « zones d’étayage » par Paul Fustier.
L’éducateur appuie particulièrement ses interventions sur la création d’une relation avec les personnes qui lui ont été confiées et avec qui il partage des moments de vie. Ceci avec pour objectif de permettre aux personnes accueillies de mieux se situer vis-à-vis d’eux même et de leur environnement.
« A partir du moment où un enfant est pris en charge dans le déroulement de la vie quotidienne (…), il s’établit inévitablement un mode de relation plus ou moins durable avec des hommes et des femmes qui évoquent, de par leurs actes posés et de par les échanges affectifs créés, les fonctions habituellement imparties aux parents.»
Jean Cartry parle de « parents symboliques » car l’éducateur dans le quotidien assume des fonctions, notamment le soin et le nourrissage qui revêtent une valeur évocatrice des fonctions parentales. A travers le quotidien partagé avec des enfants, des adolescents, des adultes handicapés, cette observation s’est imposée à moi, et des questions sont apparues.
Est-ce que dans cette fonction parentale j’aide un enfant à grandir, un adolescent à assumer son futur proche d’adulte ?
Est-ce qu’il est loyal vis-à-vis de la famille naturelle, vis-à-vis de l’enfant d’accepter cette place ?
Les questions ont trouvé réponse à travers mes lectures, M. Lemay, J. Cartry, J. Rouzel, par des rencontres avec des professionnels. Et je pourrais dire que l’éducateur est bien assigné à cette place, qu’il puisse ou non l’assumer. Et, l’institution est bien d’abord le lieu du quotidien qui « fournit à l’enfant ce dont il a besoin au moment présent, lui permettant d’ouvrir un espace, où par ses propres explorations, à la fois libres et guidées, il puisse mettre en forme ce qu’il peut et veut créer. »
Le quotidien c’est donc cet espace qui soutient le désir de l’éducateur, c’est peut-être dans ce désir plutôt que dans les fonctions, que l’on pourrait dire que l’éducateur est dans la suppléance parentale. M. Lemay parle de sa fonction de « substitut parental », ce terme me semble un peu fort, car si l’éducateur est « à la place de » il me semble que l’on pourrait parler d’élimination des parents, ce qui me parait impossible et dangereux pour l’enfant. Le terme de suppléance est à mon sens plus approprié, comme si un enfant pouvait grandir avec plusieurs parents, plusieurs modèles d’identification, ce à quoi il va devoir d’ailleurs s’accommoder dans les familles recomposées, nouveau modèle familial. Je vais tenter à travers deux situations cliniques d’exprimer comment cette fonction parentale s’exerce.
2.1 – Un repas avec des adolescents :
Durant mon second stage dans le foyer pour adolescents le rare moment où tout le monde, jeunes et adultes était ensemble, était le repas du soir. 19h30 est l’heure à laquelle nous devions passer à table selon les jeunes.
A ce moment là les éducateurs et moi-même nous sortons du bureau pour faire réchauffer le repas préparé durant l’après-midi par Anne, la maîtresse de maison. Auparavant, nous devions ouvrir cette porte de la cuisine fermée à clé. J’ai trouvé étrange que ce lieu qui pour moi est synonyme de partage, de dons, soit protégé ainsi. Même si les raisons de fermer la porte à clé sont justifiées par du vol, j’ai trouvé que cette action ne manquait pas de sens. Cela renvoie à penser que les jeunes du foyer sont des voleurs, des personnes à qui on ne peut pas faire confiance. Une fois la cuisine et la salle à manger ouvertes, les jeunes de service doivent mettre la table. C’est ensuite que nous servons le repas.
Suite à mon expérience passée où les éducateurs préparaient le repas, le fait de servir un repas réchauffé m’a quelque peu gêné. La maîtresse de maison prépare le repas et ne mange pas et nous éducateurs nous mangeons un repas que nous n’avons pas préparé. A ce moment précis je regrettais les moments passés où je préparais le repas tout en faisant les devoirs avec les enfants assis autour de la table de la cuisine. J’étais avec eux dans une relation médiatisée par la préparation du repas sans être à côté d’eux, collé à eux et peut être trop proche, dans un moment consacré uniquement aux devoirs.
Les repas au foyer d’adolescents étaient des moments souvent chargés de tension ce qui m’a un petit peu impressionné au début de mon stage. Mais de quoi sont ils capables ?
Les éducateurs ne prenaient pas souvent part aux discussions des jeunes. Les jeunes parlaient entre eux, ce qui consistait généralement à ce que deux garçons provoquent les filles. Au fil des jours j’avais un peu l’impression que les repas étaient identiques : les garçons en question lancent des piques aux filles qui répondent tant bien que mal alors que les trois autres garçons ne disent rien mais on peut lire sur leur visage un ras le bol d’entendre toujours les mêmes choses. Les mêmes pouvaient nous dire ensuite que Riad et Manuel avaient été particulièrement « lourds » pendant le repas.
Pour ma part j’essayais au maximum de prendre part aux discussions des jeunes dans les bons et moins bons moments. Je veux dire par là que j’ai insisté pour dire aux jeunes que leur vocabulaire m’était insupportable, qu’ils essaient d’enlever un à deux gros mots par phrase. Après cela certains jeunes dont une jeune fille se reprenait en mettant la main devant la bouche, en me regardant et en disant « oh ! excuses ». A ce moment les excuses m’étaient adressées.
Entre le vocabulaire, le portable qui sonne à table et la bouteille de coca posée en début de repas par le jeune et laissée par l’éducateur, j’ai eu l’impression qu’il y avait un manque de cadre, d’exigences par moment, de principes de vie commune.
A noter également par rapport aux repas, qu’en présence de la maîtresse de maison le midi, la tenue à table était plus adaptée selon les normes sociales auxquelles on peut s’attendre. Je l’explique en partie par le fait que les ados sont beaucoup moins nombreux à manger à midi mais aussi à la présence de celle qui a préparé le repas, qui les conseille pour leur linge ou pour d’autres choses. Durant mon stage je n’ai pas le souvenir qu’un des jeunes ait manqué de respect envers Anne, la maîtresse de maison.
Dans cette situation difficile à vivre pour moi, j’ai tenté d’interroger mes collègues sur une possible réorganisation des repas. Maladresse de ma part où résistance de la leur, cette demande n’a pas abouti.
Ma question reste : comment dans ce moment du quotidien, qui devrait être un temps de convivialité et d’échange exerçons-nous la fonction parentale ? Quel modèle d’identification sommes-nous pour les adolescents ? Quelles sont les valeurs transmises ? Par exemple que manger n’est pas « bouffer ».
Je pense qu’il ne suffit pas de se dire que l’éducateur assume des fonctions parentales, faut-il aussi que dans la réalité cela existe. Les « zones d’étayages » de Paul Fustier doivent remplir leur rôle.
2.2 – Un accompagnent à l’école :
La seconde situation clinique fait référence à une situation rencontrée lors de ma première expérience professionnelle.
J’ai été amené à accompagner pour la première fois, que ce soit sur un plan personnel et professionnel, un enfant à l’école maternelle. J’ai donc réveillé cet enfant, je l’ai accompagné pour se lever tranquillement, déjeuner, se préparer pour se rendre à l’école sans oublier le goûter, ce morceau de son « chez lui » que l’enfant emmène à l’école. Avant de monter dans la voiture et de me retrouver devant cette école, je ne m’étais pas posé de questions sur ce que j’allais ressentir.
Mes interrogations sont alors apparus au moment où je me suis regardé dire bonjour à tous ces papa et maman qui amenaient « leur(s) enfant(s) » à l’école.
Cette journée banale et ordinaire pour Mathéo, ressemblait pour moi à une véritable rentrée scolaire, j’étais un peu stressé par le manque de repères. Je me suis donc laissé guider par Mathéo, jusqu’à sa classe où comme tous les parents j’ai aidé l’enfant, dont je suis l’éducateur, à quitter son manteau, ses chaussures, son bonnet…. Moment qu’a choisi Mathéo pour me présenter aux parents autour de nous. Il n’a pas eu besoin de dire que j’étais un nouvel éducateur, il a simplement dit « c’est Guillaume ».
Cette petite expérience qui m’a beaucoup plus perturbé que Mathéo, m’a amené à me poser énormément de questions sur la fonction que je tenais à ce moment-là, dans cet acte banal de la vie quotidienne auprès d’enfants. Outre le fait que je me retrouve dans une situation similaire à celle d’un parent amenant son enfant à l’école, je me demande également ce que je représentais pour Mathéo à ce moment-là.
Mathéo est un enfant qui a vécu de nombreux abandons, sa maman le laissait souvent tout seul alors qu’il était tout bébé.
Quand je l’emmène à l’école, je le laisse. On retrouve également une notion d’abandon, puisque je vais partir. Je m’interroge alors sur ce qui fait qu’un enfant avec le passé qui est le sien, n’exprime aucune inquiétude ou émotion particulière quand une personne qu’il ne connaît que depuis quelques jours l’emmène et le laisse à l’école.
Avec un peu plus de recul et d’expérience je pense pouvoir dire que dans cette situation je représentais tout simplement l’institution. Institution dans laquelle Mathéo vivait depuis deux ans et dans laquelle il avait tissé des liens, qui lui ont permis de grandir en toute sécurité.
Cette sécurité acquise au quotidien lui permit ce jour là d’entrer sereinement dans sa classe sans avoir peur d’y être abandonné. Il s’avait que je serais là à l’heure « des éducateurs ».
Selon Bowlby : « si les mécanismes reliant les différentes formes d’insécurité aux différentes formes de psychopathologie sont encore peu connus, nul doute que la qualité de l’attachement d’un enfant à l’égard de ses proches constitue pour lui un facteur important de résilience ou de vulnérabilité. »
3- L’AUTONOMIE :
Pour moi, l'autonomie est un terme abstrait. Je ne sais pas si l’on peut devenir réellement autonome. J'ai l'impression que l'on a toujours besoin de conseils. Paradoxalement, être autonome serait reconnaître que l'on a besoin des autres.
Les enfants, les adolescents placés en institution ont tous souffert de l’incapacité ou de l’inadéquation affective ou éducative de leurs parents, eux-mêmes souvent victimes d’une histoire douloureuse. Les enfants ont souvent manqué de maternage au sens de portage, sécurité, contenance, d’imago paternel, ce père qui dit la loi, donne les limites. Les manques créent des carences qui se traduisent par des troubles du comportement, des difficultés dans le lien à l’autre, autant de freins pour conduire l’adolescent à l’autonomie. Il me semble primordial, si l’on veut aider le jeune, l’adulte, de ne pas confondre âge social et maturité de développement. Cela permet de prendre en compte l’enfant, l’adulte, de savoir où il en est de sa capacité à prendre soin de lui, sans confondre ce qu’il en est de nos propres exigences et de sa capacité à lui.
L’autonomie, me semble t-il ne peut pas se décréter, ce n’est pas seulement une suite d’acquisitions techniques, comme savoir se laver les dents à 2 ans, savoir mettre la table à 7 ans et vivre seul à 18 ans.
Dans la situation de repas exposée dans la partie précédente, je pense que le comportement des adolescents montre bien qu’ils sont « coincés » dans une position infantile, que le côté « grande gueule » masque des angoisses. Il me semble qu’il serait cohérent, afin de les aider à grandir, de leur offrir un cadre plus rigoureux fait de permis et d’interdits. Il serait peut-être judicieux qu’au lieu de lui « balancer » le message : « tu dois apprendre à te débrouiller tout seul », l’éducateur doit être celui qui aide le jeune à ranger la chambre, à trier le linge sale et le linge propre, bref à être dans le quotidien.
Le quotidien c’est le lien, l’espace, le temps où se tissent des liens. Si la fin de l’adolescence est vécu comme un temps de séparation afin d’acquérir l’autonomie il faut bien que l’enfant, l’adolescent aient pu vivre une rencontre.
F. Atger à propos de la transformation qui s’opère à l’adolescence écrit :
« Le système d’attachement semble jouer un rôle fondamental pour aider l’adolescent à surmonter le défi de l’autonomisation, son autonomisation se fait cependant de manière d’autant plus aisé qu’il a des relations sécures avec ses parents.»
M. Berger dans « l’échec de la protection de l’enfance » prône clairement la nécessité d’un lien d’attachement fort avec la même personne sur laquelle l’enfant puisse s’étayer. J. Rouzel, lui, évoque une relation transférentielle, selon la théorie psychanalytique.
Et quand les parents sont défaillants ou absents, ce lien « sécure » il me semble que c’est bien auprès de l’éducateur que l’enfant doit le trouver. Cela demande un engagement personnel et professionnel de la part de l’éducateur.
J’ai déjà évoqué la présence importante de la maîtresse de maison dans mon deuxième stage auprès d’adolescents. En fait c’était à elle que les adolescents adressaient le plus de demandes. C’était elle qu’ils respectaient le plus. D’ailleurs un jeune, parti s’installer en appartement, est revenu un jour et a demandé à voir Anne après un bref salut aux éducateurs. Il lui a demandé des recettes de cuisine. Dans cet échange, il me semble que c’était bien une fonction parentale, une fonction maternelle qui agissait là. Dans cette place de maîtresse de maison, dans sa fonction maternelle, la maîtresse de maison pouvait aider le jeune à prendre son envol, son autonomie.
« C’est à ce niveau primaire, voir primitif, du quotidien en prenant ancrage dans ces rythmes primordiaux qui organisent socialement l’espace et le temps qu’interviennent les éducateurs. Il ne s’agit pas, comme le pensent et l’agissent certains, de faire du dressage d’enfants pour qu’ils se tiennent bien en société, ça c’est de la barbarie ; Il s’agit de faire que vivre ensemble prenne sens pour un sujet.»
Lors de ma première expérience dans une maison d’enfants, c’était les éducateurs qui prenaient en charge toutes les tâches ménagères. En fait le projet était basé sur le quotidien. Le travail sur le lien était primordial dans cet établissement. Ce lien doit être singulier permet à l'enfant de grandir. Le projet personnalisé fait partie des outils pour adapter à chacun, selon sa problématique les savoir faire du quotidien.
Ainsi, si le fond reste le même, dans la forme, l’éducateur ne va pas s’adresser de la même façon à un tout petit, un adolescent ou un adulte handicapé.
Comme J. Rouzel, je pense qu’articuler, repriser, réparer, cicatriser, tisser réunir et j’ajouterais cuisiner, faire les courses, donner de l’argent de poche, faire la lessive et la liste pourrait être interminable, cela fait parti du métier d’éducateur. C’est à travers ces tâches que l’éducateur peut aussi tisser des liens avec des personnes qui lui sont confiées.
Ce que j’avais appris et vérifié, lors de ma première expérience, j’ai pu le vérifier à nouveau dans la façon dont les jeunes s’adressaient à la maîtresse de maison dans mon deuxième stage. Il m’est parfois arrivé d’envier sa place. Je pense qu’il serait intéressant d’envisager le métier d’éducateur avec plus d’humilité et de considérer que ces tâches que l’on dit ménagères pourraient être un outil très intéressant pour créer du lien avec les enfants, les jeunes, les adultes. Et comme je l’ai écrit, c’est bien à partir d’une rencontre, d’un lien, d’une identification que le jeune pourra accéder à son autonomie.
CONCLUSION
Ce travail m’a permis de donner du sens au quotidien. En effet, donner du sens au quotidien, interroger ma pratique, partager en équipe, est me semble t-il le moyen de résister à l’usure professionnelle.
La définition du quotidien peut paraître simple pourtant ce travail m’a demandé énormément d’efforts pour repérer les moments où j’exerçais mon travail d’éducateur. Difficile de parler de la vie quotidienne, justement parce que c’est de l’ordre de la vie, et c’est toujours difficile de parler de la vie, particulièrement quand il n’y a rien d’exceptionnel, de sensationnel. Comment définir ces moments invisibles, éphémères où en apparence se répète et se rejoue toujours la même chose, où se déroulent une multitude de petits détails, d’évènements qui font que finalement, rien n’est jamais pareil.
Ainsi, la vie quotidienne dans toute sa simplicité se révèle d’une complexité redoutable pour peu que l’on veuille non seulement la vivre mais surtout la comprendre et en dégager du sens.
Il n'y a pas de limite à ce que recouvre le thème de la vie quotidienne en institution, c'est tout un assortiment de gestes simples et élémentaires qui sont, pour certains, une réelle découverte et qui doivent faire l'objet d'un apprentissage. Cette vie quotidienne est pour moi à la base de toute éducation, c'est un ensemble de codes de conduites et de gestes qui débouchent, non seulement sur une socialisation, mais aussi, et nous sommes là au coeur de notre mission, sur une communication un échange spontané. C’est pour cette raison que j’ai choisi ce sujet, une façon de préparer mon futur travail de moniteur éducateur auprès d’enfants, d’adolescents ou d’adultes en difficultés.
A travers ce travail j’ai évoqué un sujet qui m’a beaucoup questionné durant mes expériences et ma formation. Le choix de ce travail sur cette fonction de l’éducateur a été difficile à faire de part tout ce que j’ai pu entendre à ce sujet. Malgré tout je suis convaincu que l’on peut tranquillement parler de suppléance parentale pour ce métier.
D’autres questions font suite à ce travail. Comment l'éducateur, l’institution, peut il maintenir vivant le quotidien, faire qu’il reste structurant, créateur de lien, d’avenir ? Comment éviter que cette répétition ne devienne une routine néfaste à l'essence même du projet des établissements spécialisés.
Je pense qu’il est important pour tout professionnel de garder ces questions vivantes afin que notre travail garde tout son sens.
Je terminerai donc cette note de réflexion sur une citation de Lebon A. qui m’a guidé tout au long de ce travail autour du quotidien reprise par Maurice Capul et Michel Lemay, dans « De l’éducation spécialisé ».
« Ce qui fait que la psychoéducation est révolutionnaire c'est justement qu'elle a fait une science et un art du partage de la relation et de l'action éducative dans le quotidien qu'on considère souvent banal et insignifiant. Révolutionnaire elle l'est aussi en rappelant à tous que le sujet est au cœur de toute intervention, que tous ses gestes, ses paroles, ses silences constituent un langage et qu'écouter ce langage et lui permettre d'exister c'est favoriser la création d'une identité, l'émergence d'une autonomie. Permettre ce passage c'est partager la vie quotidienne du sujet et créer à longueur de journée les conditions d'actualisation du meilleur qui est en lui. »
BIBLIOGRAPHIE
CAPUL M. LEMAY M. De l’éducation spécialisé. Ramonville Saint-Ange Ed. Eres, 2003.
CARTRY J. Les parents symboliques, Paris, Ed. Dunod, 2004.
FUSTIER P. Les corridors du quotidien, Lyon. Ed. Presse Universitaire de Lyon, 1993.
GUEDENEY A. et GUEDENEY N. L’attachement, concept et applications, Paris, Ed. Masson, 2002.
ROUZEL J. L’Acte éducatif, Clinique de l’éducation spécialisé, Toulouse, Ed. Erès, 1998.
ROUZEL J. Le Quotidien dans les pratiques sociales. Paris. Ed. Dunod, 2004.
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Véronique G
Re: Le quotidien du moniteur educateur
Bonsoir,
Je suis ES mais j'étais avant cela ME (et encore avant AMP). Aujoourd'hui je participe à l'oral des sélections de ME et en tant que professionnelle dans ce jury je peux vous dire qu'il est important d'être bien renseigné sur ce futur métier (l'importance de la formation théorique/pratique(stage) Ne pensez pas qu'en vous lancant ds une carrière sociale vous allez révolutionner le monde mais plustôt contribuer à une plus grande évolution des personnes que vous allez accompagner. Etre observateur,savoir prendre du recul face à des situations, savoir écouter, partager des idées, être dans la communication ...sont des qualitées recherchées chez les candidats. Des notions de droits viendrons argumenter votre entretiens et la notion de 'projet'doit être connue. Bon courage à vous
Je suis ES mais j'étais avant cela ME (et encore avant AMP). Aujoourd'hui je participe à l'oral des sélections de ME et en tant que professionnelle dans ce jury je peux vous dire qu'il est important d'être bien renseigné sur ce futur métier (l'importance de la formation théorique/pratique(stage) Ne pensez pas qu'en vous lancant ds une carrière sociale vous allez révolutionner le monde mais plustôt contribuer à une plus grande évolution des personnes que vous allez accompagner. Etre observateur,savoir prendre du recul face à des situations, savoir écouter, partager des idées, être dans la communication ...sont des qualitées recherchées chez les candidats. Des notions de droits viendrons argumenter votre entretiens et la notion de 'projet'doit être connue. Bon courage à vous
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dalila
Re: Le quotidien du moniteur educateur
Salut
Ton rapport de stage est tres interessant, je passe l oral me à Dijon la semaine prochaine..!!
Bonne continuation à tous et toutes
Ton rapport de stage est tres interessant, je passe l oral me à Dijon la semaine prochaine..!!
Bonne continuation à tous et toutes
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laura
Re: Le quotidien du moniteur educateur
bonjour
je suis en bepa service aux personne et sa vremen lontemps que ce metier me plé javé qq doute c ten si et apres avoir lu sa c clr c vremen ce que jve faire merci bonne continuation a tous c vremen genial ske vous faite
je suis en bepa service aux personne et sa vremen lontemps que ce metier me plé javé qq doute c ten si et apres avoir lu sa c clr c vremen ce que jve faire merci bonne continuation a tous c vremen genial ske vous faite
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dédé
Re: Le quotidien du moniteur educateur
un bouquin tout neuf qui peut vous servir:
Le quotidien en internat de Yann LEGOFF éd Vuilibert
il problématise les questions de quotidien et internat et les conceptualise!
Le quotidien en internat de Yann LEGOFF éd Vuilibert
il problématise les questions de quotidien et internat et les conceptualise!
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cécile
Re: Le quotidien du moniteur educateur
Après tout ces messages qui te donnent une réponse plus que complète,
je voudrais juste ajouter quelque chose au sujet de la sélection.
Un petit truc peut faire la différence le jour de l'oral,
c'est de se montrer souriante, motivée et déterminée.
Je suis actuellement en deuxième année de formation, et je suis persuadée, qu'en plus de tout ce qui a déjà été dit plus haut,
c'est ça qui a fait la différence le jour de mon oral.
Bon courage Lauriane !
je voudrais juste ajouter quelque chose au sujet de la sélection.
Un petit truc peut faire la différence le jour de l'oral,
c'est de se montrer souriante, motivée et déterminée.
Je suis actuellement en deuxième année de formation, et je suis persuadée, qu'en plus de tout ce qui a déjà été dit plus haut,
c'est ça qui a fait la différence le jour de mon oral.
Bon courage Lauriane !
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Demangeon
Re: Le quotidien du moniteur educateur
pendant l'oral de groupe il faut que tu est une bonne attitude physique Une attitude qui montre que tu est à l'écoute .
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sandrine
Re: Le quotidien du moniteur educateur
L'essentiel c de ne ps s'angoisser! je suis en seconde année de formation me et j'avais été très surprise par les résultats de mon concours... j'etais malade et pas très en forme pourtant le jury n'en a pas tenu compte. Il faut parler de tes expériences professionnelles, de ce que la formation peut t'apporter... Essaye d'etre concise et clair. bon courage