Bjr à tous,
J'aimerais avoir vos avis sur les conditions de vie et la place des personnes handicapées mentales dans la société et au niveau de leur accompagnement.
Jme pose certaines questions concernant la question de la 'toute puissance' de l'éducateur surtout avec ces personnes dites 'vulnérables'.
Comment être tjr attentif pour ne pas être dans cette toute puissance et laisser la place à l'autre dans l'accompagnement, notamment au quotidien ?
Que pensez-vous du statut de citoyen de la personne handicapée mentale notamment lorsque les personnes sont sous tutelle et elles ne peuvent pas voter ?
Comment peuvent-elles accéder autrement à leur citoyenneté ?
Qu'est-ce la citoyenneté ?
Aussi, jme questionne sur la place des parents dans l'accompagnement d'une personne adulte ?
Merci par avance, pour vos réponses
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le statut d'adultes des personnes déficientes intellectuelles et l'infantilisati
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Moun
Re: le statut d'adultes des personnes déficientes intellectuelles et l'infantili
La citoyenneté ne se résume pas au vote. Le vote est un point, il y en a bien d'autres dans la notion de citoyenneté. Cherchez la définition dans le dico, vous
comprendrez.
La citoyenneté est avant tout l'application et le respect des droits et des devoirs de chacun, handicapés ou non.
La bonne place de l'éducateur, à mon sens, est celle où se situe le soutien, l'aide, l'accompagnement, la stimulation, l'enseignement, l'empathie, etc... tout cela dans un grand respect des personnes, en tant q'être humain tout simplement, sans atteinte à la dignité, dans la bienveillance et la bien traitance...
J'ai toujours eu une petite lumière en moi qui me guidait : cette lumière, c'était simplement la question que je me posais et me pose toujours, en permanence : "en tant que NON-ENCORE handicapée, accepterais-je de vivre ce que cette personne vit en face de moi, dans les mêmes conditions, dans le même environnement, accepterais-je que l'on me parle comme je lui parle, accepterais-je de porter les mêmes vêtements, accepterais-je de dormir dans une chambre comme la sienne, accepterais-je cette aide donnée de cette façon, etc..." Si la réponse est oui, c'est que l'éducateur est dans la bonne place, au juste endroit. C'est ce qu'on appelle le "principe de réciprocité"
Rien ne me révolte plus que cette sorte d'éducateurs négligents ou méprisant envers "l'autre", il y en a, c'est malheureux... Mais heureusement, il y a aussi des gens drôlement biens...
J'ai parfois entendu dire de certains en parlant de vêtements ou de logement, "peuf! c'est trop beau pour eux, quel gachi..." Mon dieu, que dire face à des discours de la sorte sinon qu'ils se sont trompés de métier...
Par contre le respect ne doit pas cacher un certain laxisme, par exemple, sous pretexte de respecter la dignité de la personne, on se contente de la guider pour sa toilette. Oui, mais n'empêche que la personne ne peut pas y arriver seule, elle a besoin d'un geste d'aide pour avoir les fesses propres. Alors, on fait quoi ? et bien on se pose la question citée plus haut.
C'est pas compliqué, la personne qui s'est un jour retrouvée à l'hopital en situation de dépendance (suite d'opération pas exemple, le temps de retrouver la station debout): qu'est ce qu'elle préfère ? qu'on l'aide ou qu'au nom de la dignité, on la laisse dans son jus...
Ce sont ces questions là qu'il faut se poser. Et la réponse doit être apportée dans la plus grande honnêteté et la plus grande délicatesse.
Autre exemple : J'ai entendu un jour le jugement d'un groupe d'éducateurs qui voulaient défaire un couple car "la relation n'est pas bénéfique, il y a un dominant et un dominé..." Et alors, qu'ils regardent leur couple et leur entourage, cela ne touche que les handicapés ?
Allons, allons... J'aime vous entendre parler de "toute puissance", c'est que vous avez tout compris, c'est bien...
Regardez la Loi 2002-2. Quand on réfléchit bien, c'est honteux d'avoir fait une Loi pareille, pourquoi ? parce tout simplement elle rend obligatoire ce qui aurait du être fait si chacun avait fait correctement son boulot... Non ?
Les parents enfin, là, ça se discute. Cela dépend, s'il s'agit de grands handicapés (MAS, FAM), alors, ils ont leur rôle à jouer en terme de protecteur quelque part.
Lorsqu'il s'agit de parents d'adultes en ESAT, personnellement, tout en les écoutant, je suis très claire avec eux, c'est leur adulte qui décide de sa vie et j'aide cet adulte à couper ce cordon que moult mamans ont bien du mal à couper. Là aussi, c'est une question de délicatesse et de façon de dire les choses...
Espérant vous avoir éclairée, n'ayez pas peur de contrer certains collègues qui pensent détenir la vérité, c'est comme cela que les choses bougeront...
comprendrez.
La citoyenneté est avant tout l'application et le respect des droits et des devoirs de chacun, handicapés ou non.
La bonne place de l'éducateur, à mon sens, est celle où se situe le soutien, l'aide, l'accompagnement, la stimulation, l'enseignement, l'empathie, etc... tout cela dans un grand respect des personnes, en tant q'être humain tout simplement, sans atteinte à la dignité, dans la bienveillance et la bien traitance...
J'ai toujours eu une petite lumière en moi qui me guidait : cette lumière, c'était simplement la question que je me posais et me pose toujours, en permanence : "en tant que NON-ENCORE handicapée, accepterais-je de vivre ce que cette personne vit en face de moi, dans les mêmes conditions, dans le même environnement, accepterais-je que l'on me parle comme je lui parle, accepterais-je de porter les mêmes vêtements, accepterais-je de dormir dans une chambre comme la sienne, accepterais-je cette aide donnée de cette façon, etc..." Si la réponse est oui, c'est que l'éducateur est dans la bonne place, au juste endroit. C'est ce qu'on appelle le "principe de réciprocité"
Rien ne me révolte plus que cette sorte d'éducateurs négligents ou méprisant envers "l'autre", il y en a, c'est malheureux... Mais heureusement, il y a aussi des gens drôlement biens...
J'ai parfois entendu dire de certains en parlant de vêtements ou de logement, "peuf! c'est trop beau pour eux, quel gachi..." Mon dieu, que dire face à des discours de la sorte sinon qu'ils se sont trompés de métier...
Par contre le respect ne doit pas cacher un certain laxisme, par exemple, sous pretexte de respecter la dignité de la personne, on se contente de la guider pour sa toilette. Oui, mais n'empêche que la personne ne peut pas y arriver seule, elle a besoin d'un geste d'aide pour avoir les fesses propres. Alors, on fait quoi ? et bien on se pose la question citée plus haut.
C'est pas compliqué, la personne qui s'est un jour retrouvée à l'hopital en situation de dépendance (suite d'opération pas exemple, le temps de retrouver la station debout): qu'est ce qu'elle préfère ? qu'on l'aide ou qu'au nom de la dignité, on la laisse dans son jus...
Ce sont ces questions là qu'il faut se poser. Et la réponse doit être apportée dans la plus grande honnêteté et la plus grande délicatesse.
Autre exemple : J'ai entendu un jour le jugement d'un groupe d'éducateurs qui voulaient défaire un couple car "la relation n'est pas bénéfique, il y a un dominant et un dominé..." Et alors, qu'ils regardent leur couple et leur entourage, cela ne touche que les handicapés ?
Allons, allons... J'aime vous entendre parler de "toute puissance", c'est que vous avez tout compris, c'est bien...
Regardez la Loi 2002-2. Quand on réfléchit bien, c'est honteux d'avoir fait une Loi pareille, pourquoi ? parce tout simplement elle rend obligatoire ce qui aurait du être fait si chacun avait fait correctement son boulot... Non ?
Les parents enfin, là, ça se discute. Cela dépend, s'il s'agit de grands handicapés (MAS, FAM), alors, ils ont leur rôle à jouer en terme de protecteur quelque part.
Lorsqu'il s'agit de parents d'adultes en ESAT, personnellement, tout en les écoutant, je suis très claire avec eux, c'est leur adulte qui décide de sa vie et j'aide cet adulte à couper ce cordon que moult mamans ont bien du mal à couper. Là aussi, c'est une question de délicatesse et de façon de dire les choses...
Espérant vous avoir éclairée, n'ayez pas peur de contrer certains collègues qui pensent détenir la vérité, c'est comme cela que les choses bougeront...
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Pié
Re: le statut d'adultes des personnes déficientes intellectuelles et l'infantilisati
Bonjour Amely.
Je travaille dans un foyer hergement avec des adultes présentants une def intel moyenne, bossant en ESAT.
Ton sujet est interessant mais peut-être un peu trop vaste....pourais-tu l'affiner un peu, nous dire plus précisément ce qui t'interpelle, te pose question, une situation particulière ?
A bientôt. Pié
Je travaille dans un foyer hergement avec des adultes présentants une def intel moyenne, bossant en ESAT.
Ton sujet est interessant mais peut-être un peu trop vaste....pourais-tu l'affiner un peu, nous dire plus précisément ce qui t'interpelle, te pose question, une situation particulière ?
A bientôt. Pié