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la fessée dans les pouponnieres

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Anne-Lor

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par Anne-Lor » 27 févr. 2006 15:19

Olivier Maurel, l'auteur de La Fessée 100 questions-réponses sur les châtiments corporels (disponible en réédition enrichie à partir de septembre 2004 ou éventuellement tout de suite en s'adressant directement à l'auteur sur omaurel@wanadoo.fr) et de Oedipe et Laïos : Dialogue sur l'origine de la violence, a répondu à nos questions à propos de la fessée et de ses méfaits.
Il semble que la fessée a des effets nocifs d'après votre livre, peu importe que ce soit à forte dose ou sous forme de petites tapes comme elle est pourtant encore souvent d'usage en France ?

Il ne faut pas laisser croire que c'est seulement sous forme de "petites tapes" que la fessée est encore en usage en France! 85% des parents recourent encore au moins à la fessée ou à la gifle. 30% des parents qui frappent reconnaissent frapper avec violence. Parmi eux, beaucoup utilisent des objets divers pour frapper les enfants. Sans compter des punitions comme le poivre ou le piment dans les yeux! Et un quart des enfants qui ont été frappés disent l'avoir été jusqu'à 18 ans, et à cet âge toujours avec violence. D'ailleurs, bien qu'il n'existe pas d'étude sur cette question, on peut dire que plus les enfants grandissent plus les coups qu'ils reçoivent sont violents. Les "petites tapes" ne concernent que les très jeunes enfants.

Mais même si les coups sont faibles, il ne semble pas qu'il y ait de seuil en-dessous duquel la violence éducative serait inoffensive sur ceux qui la subissent. L'étude du Dr Cornet sur le rapport entre la violence éducative et la fréquence des accidents a montré que les enfants qui n'ont subi que des coups faibles ont tendance à subir davantage d'accidents que les enfants qui n'ont pas été du tout frappés.

J'ai vu personnellement un nourrisson de quelques mois refuser de téter pendant trois jours parce que sa mère, dont il avait mordu le sein, lui avait donné sous l'effet de la douleur et de façon réflexe une faible tape. Que la peur de la répétition de ce coup puisse inhiber chez un bébé pendant trois jours le besoin de téter donne une idée du bouleversement qu'a représenté pour lui cette tape, si faible qu'elle ait été. D'autre part, quand un parent commence à frapper, même faiblement, il ne peut pas savoir jusqu'où il ira. S'il a lui-même été frappé dans son enfance, il risque d'être entraîné beaucoup plus loin qu'il ne le voudrait par simple compulsion de répétition. Et si l'enfant se blinde, s'il lui répond : "Même pas mal!", le parent risque d'augmenter la dose pour se faire obéir.

On parle souvent aussi de "petites tapes sur les couches" ou de "petites tapes sur la main". Mais ces expressions sont rarement exactes. Car si les tapes sont vraiment de très faible intensité, il y a peu de chances qu'elles soient dissuasives avec un enfant très volontaire. Il faut alors passer à la "bonne fessée" dont l'adjectif qui la qualifie ne dit pas seulement qu'elle aurait de bons effets, mais aussi qu'elle est violente. Dernière remarque enfin, même une "petite tape" établit le principe qu'on a le droit de frapper les enfants. Or, admettre ce principe, c'est ouvrir la porte à tous les abus.

Pensez-vous qu'elle devrait être interdite formellement par la loi comme dans d'autres pays qui pourraient nous servir d'exemples? Ces exemples sont-ils probants? Des sociétés sans fessée existent-elles ou ont-elles existé ?

On a observé sur tous les continents certaines sociétés de chasseurs-cueilleurs où les enfants ne sont jamais frappés ni punis. Comme les primates les plus proches de nous, les singes bonobos, ne frappent pas non plus leurs petits, on peut supposer que la violence éducative n'est pas innée et que l'homme pendant des centaines de milliers d'années n'a pas recouru à la violence éducative.

Aujourd'hui, douze pays, dont dix européens ont interdit formellement, par une loi ou par une décision de justice, toute forme de violence éducative. La Suède est le premier pays qui a franchi ce pas en 1979. Le pourcentage de parents qui approuvaient cette loi est passé de 53% en 1965 quand on a commencé à en parler, à 89% en 1995, et à 96% chez les moins de 35 ans. Aucun enfant n'est plus mort des suites de violences familiales. Le nombre de procès pour maltraitance a diminué, de même que les retraits d'enfants à leurs parents et les placements en foyer. D'autre part, les condamnations de jeunes pour vol, alcoolisme, viols ont sensiblement diminué en Suède et au Danemark où existe aussi une loi anti-fessée. Le nombre des suicides de jeunes a aussi diminué (renseignements tirés de la brochure Eduquer sans frapper, de l'association Ni claques ni fessées).

Que dites-vous à ceux qui disent que la fessée est indispensable à l'éducation ou qu'"une bonne fessée n'a jamais fait de mal à personne", voir qu'un enfant ne peut pas apprendre à se maîtriser sans fessée ?

Depuis que j'étudie le problème de la violence éducative, les personnes que j'ai rencontrées et qui m'ont dit n'avoir jamais subi de fessées ni aucune forme de violence éducative ou dont je sais, pour les avoir connues enfants, qu'elles n'en ont jamais subi, m'ont paru parfaitement équilibrées et épanouies. Mais je ne compte plus le nombre de témoignages que j'ai reçus d'adultes qui subissent encore à trente, quarante, cinquante ans les séquelles des fessées ou autres formes de violence éducative qu'ils ont reçues dans leur enfance.

En particulier, depuis la parution de mon livre, j'ai reçu un nombre significatif de lettres de lecteurs et lectrices qui me disent être devenus masochistes, sado-masochistes, voire pédophiles, sous l'effet de fessées reçues quand ils étaient petits. Et ce sont parfois des gens qui n'ont été que peu frappés mais chez qui une fessée a provoqué en eux un bouleversement sexuel et une fixation qui leur interdit d'éprouver une satisfaction sexuelle si elle n'est pas associée à des coups. Et cela, on devrait le savoir depuis que Rousseau, lui-même masochiste a expliqué dans ses Confessions, il y a deux siècles et demi, comment il l'est devenu après avoir subi une fessée de la main d'une jeune femme. Le fait qu'on n'en ait pas tiré l'idée qu'il fallait s'interdire de fesser les enfants illustre une des plus graves conséquences de la violence éducative : elle nous aveugle aux évidences concernant la souffrance des enfants et nous empêche de voir la gravité des blessures qui leur sont infligées.

Comment les parents qui n'ont connu que ce type de réponses à leurs propres "bêtises" peuvent-ils trouver les moyens de passer à autre chose ?

Certains parents trouvent d'eux-mêmes ce chemin dans la mesure où ils ont ressenti ce qu'ils subissaient comme une violence inacceptable. Mais cette prise de conscience exige presque toujours l'aide d'une tierce personne. Sinon les enfants trouvent ce traitement normal et même bénéfique. Et ils développent souvent une multitude de modes de défense pour ne pas le remettre en question.

Il faut donc à la fois montrer les dangers de ce mode d'éducation et les moyens d'éduquer autrement. Il faut aussi qu'une autorité supérieure à celle des parents auxquels on est fidèle en reproduisant leur comportement, déclare nettement qu'il est interdit de frapper les enfants. C'est l'Etat qui doit se charger de cela par une loi et une campagne d'information autour de cette loi.

Quelles alternatives à la fessée sont les plus appropriées à votre avis ?

Une réponse brève à cette question ne peut être qu'insatisfaisante car les situations de conflit avec les enfants sont multiples, les enfants sont tous différents et les parents aussi!
On ne peut donc donner qu'un cadre très général à l'intérieur duquel les parents devront faire preuve de leur talent personnel unique.
Disons qu'il faut arriver à remplacer le réflexe par la réflexion.
Pour cela, trouver un réflexe de substitution pour stopper le réflexe de frapper (par exemple se dire intérieurement ou même extérieurement, Stop!, ou bien sortir de la pièce, ou bien compter jusqu'à vingt ou réciter l'alphabet).
Recourir aux mots plutôt qu'aux maux.
Transformer les interdits en poteaux indicateurs : Non, mais je te propose...
Aménager le cadre de vie pour avoir à poser le moins possible d'interdits.
Etre ferme mais sans violence sur les points sur lesquels on estime ne pas pouvoir transiger, et expliquer clairement à l'enfant pourquoi on interdit tel ou tel comportement.
Empêcher l'enfant de se nuire ou de nuire à autrui (notamment au petit frère ou à la petite soeur) en le contenant sans violence. Suggérer des gestes de substitution : caresse ou bisou.
Veiller à satisfaire les besoins de l'enfant (pas obligatoirement ses désirs) et en particulier ses besoins en tendresse et en manifestations d'affection.
Lire quelques-uns des manuels qui suggèrent des méthodes d'éducation sans violence et même sans punition (Thomas Gordon, Isabelle Filliozat, le couple Biddulph).
Partager avec d'autres parents qui ont aussi fait le choix d'une éducation sans violence (fréquenter une "pause-parents" ou une liste de discussion sur internet (ex : Parents conscients, ndlr)).

Comment dire non sans occasionner de réactions violentes de nos enfants face à la frustration ?

Ce n'est pas toujours possible. La négociation, la proposition d'une autre activité que celle qu'on interdit peut aider.
Je crois beaucoup, pour l'avoir vu pratiquer dans certaines familles, aux réunions familiales hebdomadaires où on raconte des histoires, où on chante, et aussi où on revient sur les bons et moins bons moments de la semaine écoulée et où on se demande comment on (c'est-à-dire les parents aussi bien que les enfants) aurait pu faire pour que les choses se passent mieux. Il faut bien sûr que les parents jouent vraiment le jeu et acceptent de se remettre en question. Qu'ils prennent l'habitude de dire leurs besoins et incitent les enfants à dire les leurs. La présidence de la réunion peut être d'ailleurs tournante, ce qui donne en même temps aux enfants le sens de la démocratie.
Je pense que l'assurance d'avoir un espace où les questions peuvent se régler peut aider à désamorcer les réactions violentes.

Comment nous les parents pouvons-nous gérer notre propre colère face aux réactions ou aux exigences de nos enfants ?

Il n'est pas interdit, quand on est parents, d'exprimer ses sentiments, y compris la colère, à condition de ne pas l'accompagner de violences physiques ou verbales à l'égard des enfants. On peut boxer un "coussin-de-colère", comme en ont institué certains parents, et dire ce qu'on éprouve. Le yoga peut aussi pas mal aider. Et aussi la communication non-violente de Marshall Rosenberg.

Avez-vous vous même déjà utilisé la fessée et comment en êtes-vous venu à votre réflexion actuelle face à ce type de punition ?

Quand nous avons eu nos cinq enfants, ma femme et moi, entre 1959 et 1972, nous pensions, par notre propre conviction et sur les conseils du Dr Spock, qu'il fallait éviter au maximum de frapper les enfants. Mais nous ne savions rien de ce que nous savons aujourd'hui sur les effets de la fessée. D'autre part, le Dr Spock écrivait quand même (il l'a regretté plus tard!) que, dans les cas où on n'arrivait pas à s'en sortir autrement, une fessée pouvait "éclaircir l'atmosphère". Quand nous avons eu trois, puis quatre enfants, il nous est arrivé d'être un peu débordés et de donner quelques gifles, peut-être quelques fessées bien que ma femme m'affirme que non. Une gifle que j'ai donnée à un de mes fils adolescent me brûle encore la main, bien que je m'en sois excusé auprès de lui!
C'est à partir d'une réflexion sur la violence en général, déclenchée en moi par le fait que j'étais enfant pendant la guerre de 1939-1945 et que j'ai couru sous les bombardements américains, que j'ai été amené à lire beaucoup sur ce sujet, et en particulier, il y a une quinzaine d'années, le livre d'Alice Miller : C'est pour ton bien (Aubier). Ce livre m'a paru le plus éclairant de tous ceux que j'ai lus sur l'origine de la violence.

C'est pourquoi, avec quelques amis, nous avons lancé un appel pour faire attribuer le Prix Nobel de la Paix à Alice Miller. Le prestige de ce prix pourrait accélérer la prise de conscience des dangers de la violence éducative et peut-être faire que, dans une ou deux générations, le monde soit un peu moins violent (on peut signer cet appel sur le site :
http://www.a-nobel-prize-for-alice-miller.org

Pensez-vous que d'autres punitions soient plus valables ?

La punition est toujours humiliante (que ressentirions-nous si notre conjoint ou conjointe nous punissait?) et difficilement compatible avec l'amour.
Par contre, quand c'est possible, laisser un enfant subir les conséquences d'un de ses comportements (par exemple, le laisser chercher tout seul un jouet qu'il n'a pas rangé ou enfiler son maillot humide parce qu'il ne l'a pas mis à sécher - si son âge le lui permet, bien sûr!) peut être éducatif, si l'on n'accentue pas cela par des moqueries ou un excès de morale.
Les sanctions-réparations me paraissent aussi acceptables (faire nettoyer à l'enfant ce qu'il a sali ou ramasser ce qu'il a fait tomber, toujours, bien sûr, si son âge lui permet de le faire).

Enfin que diriez-vous si nous ne vous laissions qu'une phrase pour nous convaincre totalement de la nocivité de la fessée?

Puisque nous porterions plainte contre un policier qui nous frapperait pour sanctionner une infraction au code de la route, pourquoi trouvons-nous normal de frapper les enfants dont les "sottises" sont en général infiniment moins graves ?

Si les lecteurs de cette interview souhaitent des précisions, ils peuvent m'écrire : omaurel@wanadoo.fr.

Franchement ce livre est trop bien, je l'ai trouvé dans une bibliothèque municipale.

debo

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par debo » 27 févr. 2006 19:11

c'est vrai qu'il y a d'autres moyens avant d'en arriver la mais ej suis desolais quand tu tombe sur un gosse qui ecoute rien et qui sait tres bien que tu n'a pa le droit de le taper et qui en profite je trouve qu'une petite tape pour lui montrer que c'est toi qui commande et que c'est a toi de decider est uen solution qui est convenable. je ne dit pas de les frapper ms leur montrer qu'il n'ont pas a ce rebeler comme sa on voit trop souvent des enfants qui profite de cette situation et qui n'ont peur de rien et quand il le faut vraiment que c'est en dernier recour et bien si sa marche tant mieux!!!

elodie

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par elodie » 02 mars 2006 14:54

Anne-Lor je trouve que tu exagères vraiment beaucoup... a te lire on a l impression que tous ceux qui ont eu des fessées étant petits sont devenus des personnes pas fréquentables, dangereseuses ou encore complètement folles! faut pas dire n importe quoi non plus y a des limites tout de meme!moi meme j ai déja recu des fessées étant petite et ca ne ma pas empéché de bien grandir et d avoir été bien élevé. Moi je parlais uniquement du fait qu on ne devrait pas avoir recours a la fessée en tant que professionnelle mais que parfois on a du mal a se controler quand on voit qu un enfant, dans un contexte particulier (pouponniere) ne nous respecte pas et continuera a nous provoquer meme après l avoir isolé du groupe etc... C vrai que c parfois très dur moralement de travailler dans ce genre de structure il faut une patience démesurée pour y travailler sans s énerver, rester calme toute une journée avec des enfants aussi difficiles.Alors je pense qu avant de juger il faut vraiment passer par là,se mettre a notre place parce que d un point de vue extérieur je penserais exactement comme toi. merci

bene

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par bene » 02 mars 2006 19:44

bonjour,
tout d'aborde, je comprend bien qu'l est difficile de travailler dans ce type de styructure. mais pourquoi ? pourquo ces enfants "n'ecoutent pas " ? tapent ?
il me semble dans un premier temps qu'il faut essayer de prendre du recul, pourquoi parler de celui quii commande ? est ce une guerre entre adulte et enfant ? qui est le plus fort ?
je ne parle pas des parents et des personnes qui ont pris des fessés, nous ne sommes pas la pour apprendre a etre parent ou pour juger les notres, mas en tant que professionnel iil me semble important d'arreter de se sentr persecuter par les enfants.
je pense reellement que la premiere questiion a se poser est pourquoi tapent ils ? qu'est ce qu'ils expriment ? et je ne pense pas que ce soit juste parce qu'ils ne nous respectent pas.
il me semble que nous sommes la avant tout pour repondre au mieux aux besoin des enfants et non pas pour commander ! alors avant tout iil me semble important de se questionner sur ce qu'ils expriment la et comment y repondre ?

et debo, je suppose que tu dois travailler dans un endroiit difficile, mais cros tu sincerement que les enfants n'ont pas le droit de se rebeller ? je pense qu'ils expriment seulement quelque chose et que repondre par quelque chose du genre je suis le plus fort c'est moi qui commande ne te rebelle pas c'est d'une part entrer dans un mode de relation qu'ils connaissent certainement dans leur famlle (je te rappelle qu'ils ont ete retirés de leur famille) et surement le seul mode de relation qu'ils connaiissent.
alors il ne me semble pas que ce soit la solution meme sii ca marche ! (tour depend en tout cas du resultat qu'on cherche !)

Anne-Lor

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par Anne-Lor » 04 mars 2006 20:53

coucou élodie,
ce n'était pas moi qui parlait mais olivier morel l'auteur de "la fessée 100 questions-réponses sur les chatiments corporels"
Et je comprend ton ennervement, car je travaille en petite section de maternelle, et quand dans un groupe de 30 enfants avec seulement 2 adultes pour les encadrer, il y a 2 ou 3 enfants en période d'opposition en même temps, qui tapent, mordent, hurlent à la mort....... C'est extrêmement difficile, mais possible. j'ai déjà mis une fessée à un enfant lors de mon premier stage en école maternelle, j'avais 16 ans et aucunes expériences avec les enfants, j'ai expliqué à l'enfant que ce qu'il avait fait n'était pas correcte, que c'était interdit, ensuite je me suis excusé en lui disant que même quand un enfant fait une bétise, un adulte n'avait pas le droit de le taper, même si c'était pas fort.
Quand, j'ai lu ce livre je me suis dit "j'espère que tu n'es pas la seule enfant a avoir étée élevée avec le chatiment corporel, qui se remet en question"
Car mon père à été élevé à la dure, et il m'a d'abord frappé avec ses mains (claques, fessés déculotés), martinet (moi et mon frère on a coupé toutes les lanières!!!), puis il a utilisé sa ceinture, je me cachait dés que je fesait une bétise (dans le placard, sous mon lit, mon bureau), je savais que mon père allait mettre toute sa colère dans les coups, et j'avait peur. J'était une enfant trés insolente, et désobéissante.A l'adolescence il est même allé jusqu'au coup de poing et coups de pieds dans la tête et le ventre. Moi je me suis remise en question, en me disant qu'un enfant ne doit pas avoir peur de ses parents, par contre mon frére pense qu'une paire de claques n'a jamais fait de mal à personne. comme quoi on réagit tous différament face à la violence. dans l'école où je travaille une instit donne des "tapes sur les fesses", elle n'emploi pas le mot fessée car elle ne tape pas fort, mais pour moi le geste qui véhicule la peur, est déjà incensé.
voilà, maintenant chacun son opinion, mais je trouve déjà trés bien que tu te remette en question et que tu regrette tes gestes, mais c'est sûr que les solutions pour éduquer sans frapper, doivent être difficile à trouver quand toute l'équipe adopte cette pratique. franchement je pense que le livre que je t'ai conseillé pourra te donné quelques réponses à tes questions et l'expérience fera le reste,moi il m'a beaucoup aidé, par contre tu va être écoeuré du chapitre sur les chatients corporels dans le monde, il y a des actes de torture (ex: charbons ardents dans les oreilles en afique noire dans certaines écoles coraniques)
Bonne lecture et surtout bon courage pour ton travail. a bientôt
Ps: ce n'est pas à toi à qui j'avais dit RDV devt le RELAY pour l'épreuve écrite de Rennes, j'ai trouvé personne, une fille m'a regardé vit fait et elle c'est barré.
ciao :AieAieAie!:

misstherry

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par misstherry » 16 mars 2006 10:42

Salut,
Je ne te parle pas en tant que professionnelle, mais en tant que maman de 3 enfants. La fessée n'est pas pour moi une habitude, j'essaie d'abord d'expliquer aux enfants que les gestes ou les paroles q'ils ont eu sont blessants. Avec mes 2 plus grands (10 ans et 7 ans) la discussion porte souvent ses fruits mais avec ma petite dernière de 2 ans le dialogue ne peut pas toujours se faire pour la simple et bonne raison qu'elle est "en crise" et parfois le seul moyen pour moi de pouvoir amorcer un dialogue c'est malheureusement de mettre une fessée. Et après effectivement elle est prête à écouter ce que je dois lui dire.
Pour moi c'est plus facile de déculpabiliser parce que ce sont mes enfants. Il est vrai qu'en ta qualité d'EJE je comprends tes craintes. Mais avec le raisonnement que tu tiens il n'a pas lieu de s'inquiéter, bien au contraire. Tu es une bonne éducatrice et tu feras certainement une bonne maman.
Bien à toi.
Alexandra

Aurelie

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par Aurelie » 16 mars 2006 14:51

Je ne sais si je suis Hors sujet mais j'ai travaillé en foyer avec des enfants agés de 9 à 13 ans, et la violence existait aussi.
J'ai eu un acte tres limite, ou j'ai attrapé un PRE-ado en crise. J'ai franchement failli lui en mettre une. Mon acte m'a tellement boulversé que j'en ai parlé aux collègues et à mes superieurs qui m'ont tous repondu "bienvenu au club".
Ce qui s'est passé avec cet enfant n'etait pas un acte isolé.
Les personnes travaillant dans le milieux de l'enfance en difficulté sont face a des comportements extremes( dès les plus jeunes ages). Et les passage a l'acte montre que nous ne sommes pas des machines à repeter ce qu'il y a dans les livres, et dans les belles théories.
Le fait que tu te remettes en question montre ton professionnalisme. Il faut savoir qu'il y aura toujours des gens pour te dire ce qu'est la perfection mais dans notre realité professionnelle personne n'est parfait.

Je pense que l'education d'enfants "avenants" n'a absolument rien a voir avec celle des enfants separés de leur parents... ni meme la relation que peut avoir un professionnel avec ces enfants accueillis.

Pour ma part j'ai demissionné parce que je pense ne pas avoir assez de force pour "supporter" ce monde si particulier de la petite enfance.
Je tire mon chapeau a tous ceux qui y travail, Bravo.

noname

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par noname » 16 mars 2006 15:21

misstherry, tu dis qu'il n'y a pas de dialogue possible avec ta petite parce qu'elle est " en crise".. pourquoi ne pas tout simplement ( meme si c'est tres dur de voire un petit enfant crier, pleurer, se taper parfois la tete contre le sol... )attendre.. et pas attendre en la laissant dans son coin, mais rester aupres d'elle..la contenir pour qu'elle ne se blesse pas deja.. et la laisser exprimer ses emotions.. ca peut durer
treees longtemps, mais n'est ce pas comme cela qu'ils peuvent comprendre qu'ils ont le droit de se sentir frustré.. en colere(..)
lorsque le calme reviens,il est possible de dialoguer..

donner une fessé un enfant qui fait " une crise" "un caprice",fait penser à certain que c'est la solution quand la crise dure, sous pretexte qu'alors l'enfant se tait( de peur..non?)

le livre " au coeur des emotions de l'enfant" d'isabelle FILLIOZAT est assez interressant à ce sujet.

nath

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par nath » 16 mars 2006 16:06

bonjour!
Je suis en 2éme année de formation EJE et fait mon stage en pouponniére s'inspirant de la pratique Loczienne. Je n'ai jamais vu un enfant prendre une fessée ni grosse ni petite.
On peut se demander qu'elle est l'histoire de cet enfant,a-t-il été maltraité physiquement? Si c'est le cas il essaye peut être de te pousser à bout pour recréer les relations qu'il avait chez lui. Nous avons travaillé cette semaine sur les enfants placés et en sont resorti que :
-le placement d'un enfant n'est pas une solution en soit mais juste un départ
-le projet de l'enfant doit être étudié en équipe et surtout travaillé avec toute l'équipe
-le système de référence est important pour travailler auprés de ces enfants
Je pense que tu es dans la bonne démarche de travail d'une EJE qui se remet toujours en question et s'interroge sur ses pratiques. Mais comme ça a été dit plus haut tu ne dois pas chercher à justifier tes actes mais à faire en sorte de changer cette pratique. Il est clair que ces enfants ont besoin d'un cadre mais je ne pense pas que la fessée soit la meilleure maniére de le maintenir. En soit la fessée n'est pas une catastrophe mais nous sommes professinonnels et nous ne devons pas toucher les enfants, en tant que parents on peut se le permettre mais pas en tant que professionnel. On réfléchit beaucoup sur la responsabilité éducative durant ce stage. Dans ce genre de stucture il est de notre responsabilité d'apporter un cadre aux enfants mais pas de se substituer aux parents au contraire un travail doit être fait avec la famille. Parcontre ce n'est pas à nous, responsable des enfants, de faire ce travail mais à l'équipe qui nous entoure et qui entoure la famille.
Je voulais te demander quelle est ta formation pour travailler en pouponnière? Tu es auxilliaire?
Je trouve ta démarche trés positive. Merci
Je suis dispo pour toute discution
Bye :bye:

lucie

Re: la fessée dans les pouponnieres

Message non lu par lucie » 16 mars 2006 18:11

Je souhaitais réagir sur ce sujet car g reçu des fessées quand j'étais petite, certe on est vevé mais quand le dialogue ou que les limites sont dépassées je suis pour! G une nièce de 3 ans qui faisait exprès de tester mes réactions ou quand parfois elle faisait des bêtises je lui laissait 3 essais et ensuite c'était plus une tape sur la main qu'une fessée mais le principe y est!
Je passe les concours d'eje et je sais que ce n'est pas une solution en soi mais que quand on essaye beaucoup de choses, parfois il n'y a que ça qui marche! Il est vrai qu'en crèche je ne l'ai jamais fait mais tu peux poser la question à tes collègues. Ta remise en question va te permettre d'avancer et peut être de trouver un dérivatif à cette solution! par contre, à toutes celles qui prodiguent des livres à n'en plus finir, parfois il n'existe pas de solutions et celles qui sont donées dans les livres ne sont pas forcément applicable dans le contexte qui te pose souci!
je te souhaite bon courage et je pense que tu es faite pour ce métier, tu te rends compte de tes limites, qui est une très bonne chose pour pouvoir demancer à l'aide au bon moment. Si tu souhaite poursuivre le dialogue, pas de problème.

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