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Educateurs militants?
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thieu
Re: Educateurs militants?
Sophie. Je ne suis pas ce qu'il y a de plus optimiste, loin de là. Jusqu'en 2007, ça va être pénible, mais après ce sera pire!!! J'ai juste décidé de ne pas me laisser faire et nous ne devons pas rester dans cette position d'apathie. Ca suffit maintenant. Il y a des moyens de militer sans passer par les grandes centrales corporatistes syndicales. Evidemment ces syndicats sont omniprésents mais le militantisme n'est pas leur monopole. Le militantisme doit être quotidien dans tous nos actes de la vie quotidienne, sur le terrain comme dans notre vie de tous les jours, ce sera toujours un premier pas...
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sophie
Re: Educateurs militants?
alors là thieu, je suis à fond d'accord, c'est dans nos engagements quotidiens que l'on peu avoir une action, déjà avec les gens que l'on connaient, que l'on croisent, se sentir concerné c'est être vivant, et participer au changament de mentalité, en revanche c'est en regardant un peu plus loin que le bout de notre nez que l'on pourra avancer. mais m'engager pour nos conditions de travail m'interesse beaucoup moins, je trouve personnellement que nous sommes bien logés, nos conventions collectives sont assez exemplaires, surtout bien respecter dans le secteur contrairement au privée par exemple, et tous ces gens qui se batte pour avoir plus, plus, et encore plus toute la journée, quand c'est leurs seul engagement, je trouve cela nombriliste, déjà en comparaison avec notre public et pire le reste du monde.....
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thieu
Re: Educateurs militants?
La différence avec les autres professions (et je ne suis pas nombriliste) c'est que nos conditions de travail sont totalement liées avec ce que l'on veut apporter aux usagers dont nous avons la charge. J'ai toujours travaillé pour des associations depuis le début de ma carrière (il y a 6 ans) et c'est vrai que comparé à des gens qui travaillent en usine nous avons beaucoup d'avantges. Néanmoins il est faux de dire que la convention est suivie, elle est souvent contournée car elle n'est pas compatible avec le travail en internat. De plus on ne va pas tirer les conditions de travail vers le bas (comme peuvent le faire les gouvernements successifs), nous devons pousser les plus défavorisés vers le haut. Je pense que la dessus (à part les capitalistes), nous serons tous d'accord, ce sont désormais les moyens à utiliser sur lesquels nous devons débattre. La diplomatie? Le pavé dans la gueule? Un peu des deux?
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lila
Re: Educateurs militants?
il n'y a pas de questions dans ton discours mais une critique de tes collègues. désolée mais j'ai travaillé à des endroits ou toute l'équipe était militante et à d'autres ou personnes ne se bougeaient. Dans la majeure partie des cas les éducs sont engagés. Peut être pas comme toi tu l'entends, qu'est ce qu'être engagé et militant? si c'est juste aller à des manifs ramener ta fraise, ce n'est pas pour moi la meilleure manière d'aider et de défendre les droits de nos publics. désolée mais là je ne te suis qu'à moitié!
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Thieu
Re: Educateurs militants?
Lila. Comme je l'expliquais plus haut, être militant ce n'est pas simplement aller en manif. Etre militant est une manière d'être au quotidien, que ce soit auprès des jeunes dont nous avons la charge ou dans notre vie de tous les jours. De plus je ne considère pas détenir aucune vérité mais je préfère encore me tromper plutôt que de ne rien faire.
Le problème majeur reste que les éducateurs et je suis désolé d'insister la dessus ne sont pas reconnu comme de fervents défenseurs de leurs droits ou du droit des usagers dont ils ont la charge (les deux étant étroitement liés). Ce n'est pas une critique, c'est un constat objectif. Pourquoi ne demande-t-on jamais l'avis des travailleurs sociaux pour aucune décision gouvernementale qui nous concerne? Parce que nous n'avons pas la reconnaissance que nous méritons. Et pourquoi ne l'avons nous pas? Parce que nous n'avons jamais su nous faire entendre. De là découle le fait que notre profession n'a aucune représentation au niveau national, aucune cohérence commune et comme je le disais également plus haut aucun code de déonthologie.
Je pense qu'être militant c'est essayer de tendre vers ça et malgré ce que tu dis je suis convaincu que nous ne sommes pas suffisamment présents et que les mobilisations des éducateurs sont encore beaucoup trop faibles.
Le problème majeur reste que les éducateurs et je suis désolé d'insister la dessus ne sont pas reconnu comme de fervents défenseurs de leurs droits ou du droit des usagers dont ils ont la charge (les deux étant étroitement liés). Ce n'est pas une critique, c'est un constat objectif. Pourquoi ne demande-t-on jamais l'avis des travailleurs sociaux pour aucune décision gouvernementale qui nous concerne? Parce que nous n'avons pas la reconnaissance que nous méritons. Et pourquoi ne l'avons nous pas? Parce que nous n'avons jamais su nous faire entendre. De là découle le fait que notre profession n'a aucune représentation au niveau national, aucune cohérence commune et comme je le disais également plus haut aucun code de déonthologie.
Je pense qu'être militant c'est essayer de tendre vers ça et malgré ce que tu dis je suis convaincu que nous ne sommes pas suffisamment présents et que les mobilisations des éducateurs sont encore beaucoup trop faibles.
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Régis
Re: Educateurs militants?
Bonjour, je rejoins facilement Sophie dans son analyse. Je trouve qu'aujourd'hui les syndicats montent au créneau pour se faire avant tout repérer.
Dans certains pays, ils se chargent de trouver un emploi au salarié plutôt que de se faire 'mousser"!
Dans mon engagement quotidien, je développe la rencontre entre éducs afin d'utiliser nos compétences et nos réseaux pour faire remonter les choses et tenter de les changer en proposant de nouveaux projets. Le risque du professionnel est de se noyer dans son quotidien.
Je pense que nous avancerons en s'impliquant de l'intérieur, en se formant, en mutualisant nos connaissances...
A+.
Dans certains pays, ils se chargent de trouver un emploi au salarié plutôt que de se faire 'mousser"!
Dans mon engagement quotidien, je développe la rencontre entre éducs afin d'utiliser nos compétences et nos réseaux pour faire remonter les choses et tenter de les changer en proposant de nouveaux projets. Le risque du professionnel est de se noyer dans son quotidien.
Je pense que nous avancerons en s'impliquant de l'intérieur, en se formant, en mutualisant nos connaissances...
A+.
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isAAAc
Re: Educateurs militants?
En France, c'est pas aux syndicats de trouver du travail aux travailleurs, ce n'est pas leur fonction, mais c'est à l'ANPE...
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Thieu
Re: Educateurs militants?
Effectivement isaaac, ce n'est pas le travail du syndicat de trouver du travail aux chomeurs. D'autre part, Régis sache que le syndicalisme ne se résume pas aux "5 représentatifs" que tu connais. D'autres syndicats de plus modeste importance arrivent également à se faire entendre (à un niveau moindre que les grandes centrales syndicales) et à être vraiment dans une volonté de changement et de défense du droit des travailleurs. Pendant que les corporations syndicales s'invitent à déjeuner dans des grands restos parisiens, il y a des gens qui se battent concrètement, sur le terrain pour parvenir à une société plus juste. Les syndicats ne sont pas des faiseurs de miracle mais simplement un (bon) outil pour parvenir à se faire entendre du monde élitiste dont est composé le gouvernement.
Le plus important est de se battre ensemble.
Le plus important est de se battre ensemble.
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Stéphane
Re: Educateurs militants?
Bonjour,
J'arrive un peu e retard dans le débat.
Pour ma part, je suis d'accord avec Thieu.
Je trouve qu'il y aun manque cruel de militantisme dans la profession. Je ne suis pas encore professionnel, mais actuellement en 3ème année d'éduc spé.
Dans ma promo je suis perçu, avec d'autres, comme une espèce d'OVNI, étiqueté relou, dans mon entourage "classique", rabat-joie...
A la dernière manif contre le projet de loi de prévention de la délinquance on était bien peu.
Mais dis Thieu, militer ne signifie manifester; c'est une façon de vivre au quotidien, pas seulement en tant que travailleurs sociaux. Ecrire, lire, assister à des débats sur les thèmes de société, discuter, échanger, réfléchir le monde, nos actions, notre mode de vie, notre façon de consommer et agir en conséquence, etc., tout ceci, entre autres, pour moi, est une façon de militer.
En outre, je pense qu'en tant que travailleurs sociaux étant au plus près des dysfonctionnements sociétaux, puisque nous accompagnons quotidiennement des personnes en souffrance que nous ne devons pas nous limiter, nous borner à n'être que des soignants ou des cliniciens, mais devons aussi nous évertuer à dénoncer le système qui crée de la précarité, de la souffrance sociale, nous ne sommes pas simplement là pour boucher des trous, mais pour oeuvrer à changer le système....En tout cas, je pense que c'est un choix que l'on peut faire.
Et Sophie, je suis conscient que nous vivons dans des conditions bien plus favorables que dans d'autres pays. Mais si on s'arrête à cet état de fait, c'est moins grave ici ou pire là-bas, on n'avance jamais, il y a toujours pire ailleurs (et mieux aussi), mais si on améliore ici, on incite celui qui va moins bien à changer aussi, à aller mieux ; il faut viser haut comme dit Thieu.
En outre une telle affirmation constitue un point de vue général. Et généraliser ne permet pas de décrypter la complexité d'une situation.
Car quand on y regarde de plus près, les conditions de travail se dégradent vraiment, il y a une invidualisation en marche du fait d'un libéralisme carnassier, s'exprimant à travers certaines entreprises, qui recherche le maximum de profit. Et, de fait, une délitement des solidarités qui ont fait la force du salariat d'avant les années 70. Les garants de ces solidarités étaient les syndicats, qui désormais sont parfois maltraités, mis au placard, harcelés, isolés, intimidés... On parle souvent des journalistes opprimés, mais dans le monde entier des syndicalistes sont tués...
Ceci, je pense pouvant expliquer leurs "hurlements" - en France en tout cas - décrits sur ce post ; on réagit d'autant plus violemment ques les actions à notre endroit nous font violence.
Bref, je t'invite à regarder ces docuentaires "Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés" de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil et "J'ai mal au travail" de Jean-Michel Carré...
Et le 4 novembre à Chelles, il y a le sociologue Stéphane Beaud (entre autres 80% au bac... et après, pays de Malheur, un jeune de cité écrit à un sociologue) ? qui intervient pour une journée sur Les jeunes, le travail et la précarité. Accès libre sur réservation 01/40/03/75/62. Le programme est sur http://www.rencontresvillette.com/progr ... _seine.pdf
p.11 pour la rencontre ou intervient Stéphane Beaud.
J'arrive un peu e retard dans le débat.
Pour ma part, je suis d'accord avec Thieu.
Je trouve qu'il y aun manque cruel de militantisme dans la profession. Je ne suis pas encore professionnel, mais actuellement en 3ème année d'éduc spé.
Dans ma promo je suis perçu, avec d'autres, comme une espèce d'OVNI, étiqueté relou, dans mon entourage "classique", rabat-joie...
A la dernière manif contre le projet de loi de prévention de la délinquance on était bien peu.
Mais dis Thieu, militer ne signifie manifester; c'est une façon de vivre au quotidien, pas seulement en tant que travailleurs sociaux. Ecrire, lire, assister à des débats sur les thèmes de société, discuter, échanger, réfléchir le monde, nos actions, notre mode de vie, notre façon de consommer et agir en conséquence, etc., tout ceci, entre autres, pour moi, est une façon de militer.
En outre, je pense qu'en tant que travailleurs sociaux étant au plus près des dysfonctionnements sociétaux, puisque nous accompagnons quotidiennement des personnes en souffrance que nous ne devons pas nous limiter, nous borner à n'être que des soignants ou des cliniciens, mais devons aussi nous évertuer à dénoncer le système qui crée de la précarité, de la souffrance sociale, nous ne sommes pas simplement là pour boucher des trous, mais pour oeuvrer à changer le système....En tout cas, je pense que c'est un choix que l'on peut faire.
Et Sophie, je suis conscient que nous vivons dans des conditions bien plus favorables que dans d'autres pays. Mais si on s'arrête à cet état de fait, c'est moins grave ici ou pire là-bas, on n'avance jamais, il y a toujours pire ailleurs (et mieux aussi), mais si on améliore ici, on incite celui qui va moins bien à changer aussi, à aller mieux ; il faut viser haut comme dit Thieu.
En outre une telle affirmation constitue un point de vue général. Et généraliser ne permet pas de décrypter la complexité d'une situation.
Car quand on y regarde de plus près, les conditions de travail se dégradent vraiment, il y a une invidualisation en marche du fait d'un libéralisme carnassier, s'exprimant à travers certaines entreprises, qui recherche le maximum de profit. Et, de fait, une délitement des solidarités qui ont fait la force du salariat d'avant les années 70. Les garants de ces solidarités étaient les syndicats, qui désormais sont parfois maltraités, mis au placard, harcelés, isolés, intimidés... On parle souvent des journalistes opprimés, mais dans le monde entier des syndicalistes sont tués...
Ceci, je pense pouvant expliquer leurs "hurlements" - en France en tout cas - décrits sur ce post ; on réagit d'autant plus violemment ques les actions à notre endroit nous font violence.
Bref, je t'invite à regarder ces docuentaires "Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés" de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil et "J'ai mal au travail" de Jean-Michel Carré...
Et le 4 novembre à Chelles, il y a le sociologue Stéphane Beaud (entre autres 80% au bac... et après, pays de Malheur, un jeune de cité écrit à un sociologue) ? qui intervient pour une journée sur Les jeunes, le travail et la précarité. Accès libre sur réservation 01/40/03/75/62. Le programme est sur http://www.rencontresvillette.com/progr ... _seine.pdf
p.11 pour la rencontre ou intervient Stéphane Beaud.
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sophie
Re: Educateurs militants?
stephane,je suis assez d'accord avec toi dans ta description du militantisme, c'est au quotidien dans nos interventions et actions, c'est finalement une façon d'être.
et je suis aussi tout a fait d'accord avec thieu, quand il dit que l'on est pas consulté auprès des gouvernements pour des constats et réflexion qui viennent du terrain, c'est finalement nous qui connaissons le mieux la situation des quartiers par exemple, ou des conditions de vie des smicards, mais les décisions de loi sont prises sans reflechir aux conséquences, pire les sociologues non plus ne sont pas consultés et certain par une étude des phénomènes connaissent bien le pb et ils ont eux aussi quelques pistes de solutions. ça je crois que c'est un réel pb, tant que les décisions seront prises sans consulter les plus concernés, et avec le souhait unique de répondre à l'opinion public et tenter de se prostituer auprès de la plus grande majorité des français dans un but unique d'être élu, cela ne fonctionnera jamais. et malheuresement,je crois que beaucoup de grand syndicat sont également dans le même moule aujourd'hui, acquérir plus d'importance que celui d'à côté, ils sont dans une gueguerre constante, qui leurs enlèvent, tout comme aux politiques, beaucoup de crédibilité. bref, moi j'avoue que je ne les supportent plus, mais cela n'engage que moi!!!
et je suis aussi tout a fait d'accord avec thieu, quand il dit que l'on est pas consulté auprès des gouvernements pour des constats et réflexion qui viennent du terrain, c'est finalement nous qui connaissons le mieux la situation des quartiers par exemple, ou des conditions de vie des smicards, mais les décisions de loi sont prises sans reflechir aux conséquences, pire les sociologues non plus ne sont pas consultés et certain par une étude des phénomènes connaissent bien le pb et ils ont eux aussi quelques pistes de solutions. ça je crois que c'est un réel pb, tant que les décisions seront prises sans consulter les plus concernés, et avec le souhait unique de répondre à l'opinion public et tenter de se prostituer auprès de la plus grande majorité des français dans un but unique d'être élu, cela ne fonctionnera jamais. et malheuresement,je crois que beaucoup de grand syndicat sont également dans le même moule aujourd'hui, acquérir plus d'importance que celui d'à côté, ils sont dans une gueguerre constante, qui leurs enlèvent, tout comme aux politiques, beaucoup de crédibilité. bref, moi j'avoue que je ne les supportent plus, mais cela n'engage que moi!!!