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violence

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Vincent

violence

Message non lu par Vincent » 08 nov. 2006 09:39

Peut-on répondre à la violence par la violence dans certains cas extrèmes en tant qu'éducateur? Sommes-nous protégés par la "légitime défense"? Si oui dans quels cas?
Merci pour vos réponses.

Elmapat

Re: violence

Message non lu par Elmapat » 08 nov. 2006 13:10

Pour ma part, j'ai dû un jour me défendre contre un adulte (handicapé mental) qui me tapait et ai ainsi dû lui donner moi même un ou deux coups. J'ai tout de suite été en parler avec mon chef de service qui m'a bien dit qu'il sagissait là de légitime défense que quelques fois on ne peut pas faire autrement et que dans ces cas là nous sommes couverts par la direction si les parents venaient à nous le reprocher.
C'est toujours une situation culpabilisante, mais il faut aussi penser à soi.
Et enfin je pense que tout dépend de la situation, puis de la position de la hiérarchie...
J'espère que cela t'apporte un début de réponse.

Régis

Re: violence

Message non lu par Régis » 08 nov. 2006 14:29

Salut, j'ai fais mon mémoire sur "la peur des éducs face à la violence des jeunes". Je partais d'une situation où j'avais été menacé de mort par un jeune et qu'il cherchait le conflit physique dés qu'il me voyait car il savait que la direction interdisait la violence.
J'ai déposé une plainte et exceptionnellement le directeur m'a autorisé à répondre si le jeune me rentrait dedans.
En l'annonçant au jeune, il a rapidement changé de comportement.
Je crois qu'il est important en tant que prof de réfléchir à la gestion de la violence car nous recevons la révolte des jeunes.Il y a des techniques.
Ensuite, c'est dans la situation que tu rencontres qu'il faut en équipe analyser et trouver une réponse.
Bon courage.

stéf

Re: violence

Message non lu par stéf » 08 nov. 2006 20:42

Ta question sur la légitime défense est intéressante. Je pense qu'avant de tenter de faire preuve de violence envers une personne dont tu as la charge, tu as vraiment intérêt à être sur que ta direction te couvre. Pour en arriver là il faut vraiment être dans une situation ou tu n'as pas d'autre choix, ou tu es gravement menacé. Avant d'en arriver là, tu peux utiliser la force mais dans le but de contenir ton "agresseur". Malgré tout je pense que pour en arriver à frapper quelqu'un il faut que ce soit ta dernière solution. En effet, tu peux demander de l'aide ou te sauver. Bon courage

virginie

Re: violence

Message non lu par virginie » 09 nov. 2006 14:48

Bonjour,
je suis actuellement en 2 ème année es, et dans mon stage dans un foyer, j'ai été confrontée à la violence.Deux éducateurs s'étaient faits agressés le même jour. Je me suis sentie mal par la suite. A tel point que j'ai préféré arrêter mon stage. Maintenant il m'est reproché de n'avoir pas supporté cette violence, ne l'ayant pas moi- même vécue. Est-ce qu' on n'est pas fait pour ce métier si un moment donné on ne se sent pas capable? Si comme pour Vincent, vous pouviez me donner des conseils. Merci.

Régis

Re: violence

Message non lu par Régis » 09 nov. 2006 18:55

Virginie, si nous n'étions pas fait pour ce métier lorsque nous nous écartons de la violence, je pense qu'il faudrait fermer qq MECS! En effet, je trouve que certaines sont des maisons où l'on crée la violence sans la traiter. Combien de jeunes arrivent en CER après avoir explosé des MECS. Comment est abordé et travaillé la violence au sein des institutions. Quelle suite a été donné dans ton institution? La direction a telle déposé plainte pour protéger les équipes.
Comment gérer des jeunes en toute puissance?
Comment réagir devant un jeune violent, en l'excluant?
Il me semble que nous sortons de plus en plus nos parapluie au lieu de se poser devant les jeunes. Ils attendent des réponses et pas que nous les laissions explosé pour leur dire ensuite qu'il ne rentrent pas dans le projet de l'institution.
Bref, ne t'arrête pas à cette expérience.
A+

ano

Re: violence

Message non lu par ano » 10 nov. 2006 19:32

Je suis diplômée éducatrice spécialisée depuis juin 2006 et j'avais été embauchée dans un foyer pour jeunes filles mères. La violence là bas était très présente mais les cadres ne la géraient pas. J'ai moi-meme était menacée verbalement et à plusieurs reprises. Le ton est montée très vite.
Après discussion avec ma chef de service, je me suis rendue compte qu'elle minimisait tout ce qu'il se passait dans son établissement. J'ai préféré démissionné car aucun acte ne pouvait être posé. Les situations n'étaient pas gérables. Je ne me sentais pas en sécurité, tout comme mes autres collègues. Géré la violence, je l'ai déjà fait dans un autre établissement. Elle ne me gène pas tant qu'on peut y répondre et travailler dessus.
C'est pas parce que t'as pas supporté la violence que tu n'es pas professionnel. Trouver un établissement qui te convienne demande du temps...

Aurore

Re: violence

Message non lu par Aurore » 10 nov. 2006 21:23

bonjour !
ce sujet m'interpelle, car étant éducatrice auprès d'ados en difficultés, mon équipe et moi même sommes confrontées à cette violence, qu'elle soit physique ou verbale !
Je pense qu'elle doit être abordée sur deux points.
D'abord quelles réflexions les professionnels ont sur cette violence : violence individuelle ou de groupe, qu'est ce qui est visé par ces gestes ?, quel(s) message(s) est/sont passé(s)? Ceci permet à chacun de mettre de la distance avec ces agressions directes sur le terrain, mais aussi de trouver des pistes de réponses à adopter, de surcroît en équipe, ce qui dresse une barrière de cohésion face au(x) jeune(s): il n'a pas un éducateur seul en face de lui, mais le porteur du message de l'équipe et de l'institution toute entière. C'est important que le jeune sente un cadre fort et structuré en face de lui et cadrant son agressivité.
Ensuite, la position que va adopter la hiérarchie face à ces violences. Cela donne une légitimité à l'équipe éducative, sans laquelle la faille se créée... et là où se trouve la faiblesse, c'est de bonne guerre de s'y engouffrer !!
La théorie est intéressante, mais la pratique est plus compliquée ! ceci dit, j'ai pu observer que les jeunes que nous accueillons sont d'emblée souvent violents, après une période plus ou moins longue que nous nous plaisons à nommer comme période de "lune de miel" !! Cette violence est souvent un malheureux mode de fonctionnement et de "communication" (souvent typique de cette fragile période de l'adolescence !...), combiné pour certains à un manque total de connaissance des règles d'un jeu autre que celui de la cité ou du quartier. La loi du plus fort y est hélas, la seule connue.
Reste à leur apprendre à mettre des mots sur leur souffrance et leur mal être, leur donner d'autres clés possibles que celle de la violence...
C'est une question de rencontres également : parfois, le hasard des placements, des rencontres aussi bien côté jeunes qu'adultes crééent une alchimie qui mène le jeune a évolué autrement, à se stabiliser. Qui dit alchimie dit complexité : acharnement des uns pour les autres, force de conviction pour ceux qui n'en n'ont pas encore, question de temps, d'accepter de se remettre en cause, dialogue, travail avec les partenaires extérieurs... que le jeune prenne conscience des conséquences de ses actes ( ne pas le préserver inutilement )...
Concernant la légitime défense, je m'y retrouve aussi, surtout dans une anecdote de mes débuts d'éducatrice (qui ne date que de trois ans !). Je ne m'y étais pas du tout préparé : la jeune s'est jeté sur moi et m'a mordu le bras très fort ! ( sans lâcher prise de suite bien sûr ! ). Naturellement, j'ai eu le réflexe de lui donner une claque. La jeune a tout de suite lâché prise et m'a dit de façon pratiquement scandalisée : "tu m'as frappé !!" et moi, spontanément, je lui ai répondu : "mais toi tu m'as mordu !". Pour le coup, elle ne s'en est jamais vanté et ma hiérarchie s'est positionnée en confirmant que ma réaction, qui plus est naturelle, était tout à fait légitime. Effectivement, tout est question de situation particulière et de positionnement hiérarchique !...

virginie

Re: violence

Message non lu par virginie » 10 nov. 2006 22:47

Merci à Ano et à Régis de m'avoir répondu. Ce que vous dites me rassure un peu. J'avais l'impression d'être une mauvaise professionnel pour ne pas supporter cette violence. Je suis tombée dans un foyer où il y a un manque de cadre et où il était demandé aux éducateurs de le remettre en place "en faisant barrage de leurs corps s'il le fallait". Educ est un métier à risque, mais a-t'on le droit un moment donné de dire qu'on ne peut pas? Pour répondre à Régis, la jeune a été exclue et renvoyée dans une autre structure qui n'auront pas d'autres solutions que de la garder. Elle est toxicomane et devrait être soignée pr sa dépendance au lieu de ça, les foyers se la renvoient.

sophie

Re: violence

Message non lu par sophie » 22 nov. 2006 13:25

dans la formation d'éduc, en éème année nous avons à faire un dossier sur une problématique de notre chois en psycho!
Je travaille en parallèle de mes stages au sein d'une MAS où les encadrantes sont quasiment toutes des femmes et nous sommes régulièrement face à des actes de violences des résidents ou dans un rapport de force (maintien, contenance, résistance)pour lutter et nous protéger contre des aggressivités physiques et impulsives...
Et cela m'est très intolérable!
je trouve ce rapport à l'autre violent et me pose question!
J'ai donc envie de faire mon écrit sur cette problématique et je souhaiterai avoir des orientations bibliographiques sur le sujet si possible!

Merci à vous

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