Bonjour Joséphine!
Je prépare cette année le concours d'entrée en école d'EJE. Le stage que tu as effectué me semble très intéressant! Depuis quelques temps j'ai cette idée derrière la tête : travailler auprès d'enfants gravement malades...
J'aimerais si possible que tu me parles d'avantage de ton stage...
Connais-tu des associations par lesquelles je pourrais passer afin de povoir aider ces bouts de choux dans cette épreuve?
Merci de m'accorder un peu de ton temps!
Bon courage et à très bientôt j'espère!
Marie
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stage hopital
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Amélie
Re: stage hopital
Bonjour !
Moi aussi je serais intéressée par des associations qui se rendent dans les hôpitaux auprès d'enfants, si possible en Picardie.
Merci par avance !
Amélie
Moi aussi je serais intéressée par des associations qui se rendent dans les hôpitaux auprès d'enfants, si possible en Picardie.
Merci par avance !
Amélie
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Moumoune
Re: stage hopital
Coucou,
j'ai aussi fait un stage en service de pédiatrie et c'était très intéressant. J'ai beaucoup appris tant sur le plan humain que professionnel...
Je vais mettre un post avec le rôle de l'eje à l'hopital
j'ai aussi fait un stage en service de pédiatrie et c'était très intéressant. J'ai beaucoup appris tant sur le plan humain que professionnel...
Je vais mettre un post avec le rôle de l'eje à l'hopital
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Moumoune
Re: stage hopital
Pour commencer ce n'est ps moi qui ai écrit totalement cela c'est un mélange de divers documents que j'ai pu trouvé....
Si quelqu'un veut approfondir la discussion et partager son expérience je reste dispo
Rôles de l'EJE à l'hôpital - Histoire du métier
Introduction
L’Educateur de Jeunes Enfants (EJE) est le spécialiste incontestable de la petite enfance. Pour comprendre et analyser cette profession, il me semble nécessaire de faire un retour sur l’histoire, non seulement de celle-ci, mais également sur celle de la représentation et de la reconnaissance de l’enfant. Car c’est bien là le point de départ : dès lors que l’enfant fut reconnu comme une personne ayant droit au respect et ayant des besoins propres, il a fallu des personnes pour s’occuper de son épanouissement, et cela dans tous les lieux d’accueils de la petite enfance, qu’ils soient traditionnels ou spécialisés.
Dans une première partie j’essayerai donc d’abord de balayer l’historique de la profession d’éducateur de jeunes enfants et d’expliquer l’évolution de son rôle, puis d’exposer les spécificités du métier ainsi que les missions de l’EJE, et enfin de voir les compétences et capacités nécessaires à l’exercice de cette profession. Dans une seconde partie je m’appuierai plus particulièrement sur mon stage d’expérimentation, au service de traumatologie et orthopédie pédiatrique de l’hôpital de Hautepierre, afin d’aborder les fonctions spécifiques ainsi que le rôle de l’éducateur de jeunes enfants au sein de cette structure.
1 - Origine et évolution du métier d’éducateur de jeunes enfants
Jadis on ne faisait guère attention aux enfants, ils étaient mis en nourrice et mourraient souvent avant l’âge de 1 an. Mais peu à peu cette mortalité infantile importante posa un problème démographique : le renouvellement des générations, surtout en périodes de guerres et de conflits. En dehors de ce souci démographique, le premier vrai changement de pensée à propos de l’enfant et de son éducation intervient en 1762, lorsque Jean-Jacques Rousseau écrit L’Emile. Ces pensées devront attendre le début des années 1800 pour être mises en pratique par Pestalozzi et surtout par Fröbel. Celui-ci ouvrit en Allemagne le premier jardin d’enfant en 1837 où des jardinières d’enfants, véritables ancêtres de l’éducateur de jeunes enfants d’aujourd’hui, s’occupaient des enfants. Fröbel était aussi le premier à prendre en compte la mère de l’enfant ainsi que le lien qui les unit. Le but premier du jardin d’enfant est éducatif, mais avec l’apparition du métier d’éducateur de jeunes enfants en 1973, remplaçant celui de jardinières, on remarque que ces spécialistes de la petite enfance exercent de plus en plus dans le social : la quasi-totalité des EJE alors qu’en 1965 la moitié des jardinières d’enfants était encore employée en milieu scolaire.
Les éducateurs de jeunes enfants sont les initiateurs de la vie en collectivité. Ils participent activement au développement de la communication et à la socialisation de l’enfant. Cette action exige un travail d’équipe pour répondre aux besoins physiques, intellectuels et affectifs des enfants. Les EJE mettent en œuvre des activités multiples permettant le développement des capacités de l’enfant, selon son âge et sa maturité. Travailler auprès d’enfants nécessite d’avoir une bonne résistance à la fatigue, une santé solide et un bon équilibre psychique. L’éducateur de jeunes enfants se doit d’être patient et disponible. L’importance de l’éducation sensorielle de l’enfant exige d’avoir imagination, sens musical et artistique, et habilité manuelle. Un bon sens de l’observation est également indispensable, afin de pouvoir évaluer le stade auquel se trouve l’enfant, déceler ses besoins et, le cas échéant, faire de la prévention de troubles physiques ou psychiques. A l’hôpital ces compétences et capacités deviennent primordiales dans l’accompagnement de l’enfant malade
2 - L’éducateur de jeunes enfants à l’hôpital
2.1 - Présentation de la structure et des missions de l’EJE
Les éducateurs de jeunes enfants n’ont fait leur apparition que tardivement à l’hôpital, plus précisément depuis la circulaire du 1er Août 1983, relative à l’hospitalisation des enfants. Bien avant cette date, en 1970, la suédoise Ivonny Lindquist parlait déjà de « thérapie par le jeu » qui aide l’enfant hospitalisé à être acteur de sa maladie et, de ce fait, facilite sa guérison. L’hôpital est un lieu spécifique d’accueil des enfants. En effet, l’EJE, formé à la petite enfance, c'est-à-dire aux enfants de 0 à 7 ans, se trouve face à un public âgé de 0 à 18 ans. Le public accueilli est fragilisé par la maladie et souvent en prise avec des angoisses. De plus, l’enfant hospitalisé a des besoins spécifiques, non plus liés à son âge, mais plutôt à son état : il arrive en effet fréquemment que l’enfant hospitalisé régresse, pour vaincre les angoisses et protéger son moi. Il est donc essentiel que l’EJE, dans ce milieu, sache observer attentivement chaque enfant afin d’adapter au mieux son action. Un mot ou un geste inadapté, mais paraissant pourtant anodin, peuvent être source d’angoisse, pouvant retarder sinon compromettre la guérison de l’enfant. Les objectifs de l’hôpital sont soigner et réparer. L’EJE inscrit son travail dans ces objectifs.
À l’hôpital, la fonction principale de l’EJE et de participer au mieux-être de l’enfant qui, de par sa pathologie, va mal. Pour ce faire, l’EJE participe, avec le reste de l’équipe, à l’accueil de l’enfant et au bon déroulement de son séjour pendant le temps plus ou moins long où il est hors de sa famille et confié à l’établissement hospitalier. La mission première de l’EJE dans le service d’orthopédie et de traumatologie pédiatrique de l’hôpital dans lequel j’ai effectué mon stage est de guérir, reconstruire. L’enfant, suite à une intervention, peut se sentir morcelé, déstructuré. Pour la bonne construction de sa personnalité et de son identité il est important de lui redonner une image de son corps réaliste ainsi qu’une unité corporelle. Ce travail s’effectue en relation avec toute l’équipe, à dominante médicale, du service: médecins, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, institutrice ou agents de service hospitalier, mais aussi et surtout en partenariat avec les parents, éléments essentiels dans la guérison de l’enfant.
2.2 - Rôle de l’EJE
2.2.1 - Auprès de l’enfant
L’EJE doit avoir un sens de l’observation très fin afin de détecter le plus précisément possible les besoins des enfants hospitalisés. Le petit patient est en effet avant tout un enfant : il a besoin d’être reconnu comme tel et de continuer à vivre sa vie d’enfant, de pouvoir faire des jeux, des activités, pour pouvoir être après plus disponible pour les soins. La raison de la présence de l’enfant dans le service étant la maladie, il lui faut donc guérir, aller mieux afin de pouvoir quitter le service au plus vite, car aucune hospitalisation n’est brève pour l’enfant, et laisse toujours des traces de par les réorganisations psychiques qu’elle implique. L’enfant, selon son stade de développement, perçoit en effet la maladie de différentes manières : elle peut être pour lui une punition, engendrant ainsi de la culpabilité, ou encore une volonté de l’adulte que l’enfant croit tout puissant, sa maladie et sa guérison étant ainsi dans les mains de celui-ci. L’EJE est là pour verbaliser et pour expliquer que la maladie n’est pas une punition. Elle rétablit ainsi la réalité des choses, évitant à l’enfant d’être soumis à ses fantasmes et croyances.
En orthopédie, il faut ainsi aider les enfants à se reconstruire psychiquement suite aux chirurgies et reconstructions physiques que l’enfant a subi. L’éducatrice propose donc beaucoup d’activités avec cet objectif : puzzles et jeux de construction par exemple. Son rôle est d’accompagner l’enfant dans un processus de reconstruction s’effectuant par divers jeux ou activités musicales, tels une chanson que l’EJE du service, proposait souvent aux enfants : « Je vois avec mes yeux, je sens avec mon nez….mais que font, font mes orteils, mais que font, font mes orteils ? ».
Elle aide ainsi l’enfant à retrouver une unité corporelle et à prendre en compte des parties de son corps parfois longtemps immobilisées et plus utilisées.
Le mouvement est aussi un des besoins de l’enfant hospitalisé en orthopédie : les enfants étant souvent immobilisés, il est nécessaire qu’ils puissent compenser la perte de mouvement, pour que celle-ci ne se transforme pas en agressivité : l’EJE propose donc aux enfants des jeux comme les courses de voiture sur ordinateur, ou autre jeux de garage permettant de faire glisser les voitures. Ces activités permettent à l’enfant de vivre le mouvement d’une autre manière certes, mais de le vivre. Le comportement de l’enfant agité se trouve modifié par ces activités.
L’EJE, grâce à son organisation dans la salle de jeu, permet aux enfants de créer une petite communauté de vie. Proposant des activités similaires à plusieurs enfants ou organisant la préparation de l’émission de radio, elle crée du lien entre ces enfants malades, souvent isolés dans leurs chambres.
L’EJE fait le tour des chambres le matin pour saluer les enfants et leur proposer de venir en salle de jeu. Elle essaye de ne pas proposer des activités en chambre, sauf exceptions, pour éviter que l’enfant ne s’isole. J’ai pu constater que des enfants, surtout des adolescents, refusant de venir durant quelques jours en salle de jeu, finissent tout de même par y faire un tour et même revenir par la suite. L’accueil des enfants, sans visite, le matin dans la salle de jeu, facilite sans aucun doute le processus de socialisation, les enfants se retrouvant entre pairs, sans adultes qui, sans mauvaises intentions de leur part, mais en proie à leurs propres angoisses, questionnent les autres enfants sur leur pathologie ou racontent la maladie de leur enfant. Lorsque de telles questions se posent entre les enfants eux même, l’expression des émotions est facilitée et l’EJE se pose en observatrice discrète de la scène pour intervenir en cas de dérapage. Certains enfants n’aiment pas raconter leur maladie et l’EJE est là pour leur rappeler que ce sont eux qui décident s’ils ont envie de parler ou non. Aider l’enfant à exprimer ses émotions est très important et lorsque cela ne se fait pas par la parole, il faut permettre à l’enfant de le faire par le jeu, par exemple le jeu du docteur qui permet à l’enfant de rejouer, revivre et dédramatiser des situations vécues.
L’enfant en salle de jeux à l’hôpital a toujours le choix de ce qu’il souhaite faire, hormis certaines règles de bases, comme par exemple ne pas changer de jeux toutes les 5 minutes, ce qui n’est pas structurant et même insécurisant pour l’enfant. Il peut très bien juste rester là et regarder ce que font les autres. L'EJE adapte les jeux ou activités selon l'âge, la pathologie et le développement de chaque enfant. Il n’est en effet pas rare que l’enfant régresse à l’hôpital, et adapter les activités selon l’âge ne serait pas très perspicace.
Face à l’isolement que provoque l’hospitalisation, l’EJE essaye de garder un lien avec l’extérieur en proposant de fabriquer des cadeaux pour les différentes fêtes (pères, mères, etc.), pour que l’enfant garde à l’esprit qu’il existe un monde en dehors de l’hôpital. Il sait ainsi qu’il ne restera pas toujours à l’hôpital et qu’il retrouvera ce qu’il a quitté.
La notion de repères, aussi bien spatiaux que temporels, est aussi très importante et l’EJE n’hésite pas à fabriquer pour les nouveaux admis un calendrier sur lequel l’enfant collera chaque jour une gommette : il pourra ainsi visualiser le temps déjà passé et celui qu’il lui reste. Lorsqu’elle reçoit les enfants en salle de jeu, l’EJE essaye de toujours placer l’enfant au même endroit, lui permettant d’avoir un sentiment de sécurité. Ce dernier il l’acquiert aussi, évitant ainsi l’angoisse, par les répétitions et les horaires de la salle de jeu : il est en effet rassurant pour l’enfant de savoir que la salle de jeu est toujours ouverte à la même heure avec la même personne. Lorsque ce n’est pas le cas, comme par exemple lorsque des bénévoles interviennent, l’EJE verbalise, explique la présence de l’inconnue et la présente aux enfants. L’enfant hospitalisé qui ne reçoit pas beaucoup de visites est souvent en demande d’une relation individuelle avec l’EJE lorsqu’il est en salle de jeu. Celle-ci prend le temps de s’occuper individuellement des enfants qui en ont besoin, favorisant parfois aussi la séparation, surtout avec la mère, mais en prenant soin de faire attention à la notion d’attachement-détachement.
En effet, pour être hospitalisé, l’enfant a du être séparé de sa famille à laquelle il était attaché. Il cherche dans sa solitude à l’hôpital à s’attacher à d’autres personnes, d’autres repères. Sans le repousser, il faut pourtant que tout le personnel du service qui s’occupe de l’enfant sache mettre une limite à l’attachement, car celui-ci créera inéluctablement un détachement lorsque l’enfant quittera l’hôpital. Ces émotions pourront être fortes et déstabilisantes pour l’enfant, au point de pouvoir compromettre sa guérison.
Pour effectuer un travail efficace avec les enfants, il est impératif de créer une relation de confiance avec ceux-ci, notamment en verbalisant, surtout pour les plus petits. Dire à l’enfant que oui, c’est difficile d’être à l’hôpital ou lui demander s’il est triste, comme le fait souvent l’EJE du service, permet à ce dernier de s’intéresser à ce qui se passe en salle de jeu et de ne pas rester replié sur lui-même. Souvent on remarque par la suite que les enfants parlent plus spontanément une fois qu’on a verbalisé certaines de leurs émotions : ils ont confiance en l’adulte et savent que celui-ci les comprend. L’enfant a le droit de s’exprimer et il faut l’y aider, souvent par des jeux. L’expression se fait plus souvent en dehors de la présence des parents.
2.2.2 - Auprès de la famille
L’éducatrice de jeunes enfants travaille avec l’enfant mais, comme le disait Winnicott, « un enfant tout seul, çà n’existe pas ». De ce fait, la professionnelle de la petite enfance doit prendre en compte les parents de l’enfant ainsi que tout le reste de sa famille. A l’hôpital, la famille est souvent vecteur d’angoisse et il faut parfois la rassurer pour éviter que cette angoisse, transmise à l’enfant, ne soit préjudiciable à sa guérison. Certains parents sont préparés à l’hospitalisation de leur enfant, comme par exemple pour les chirurgies réparatrices, mais d’autres, parents d’enfants victimes d’accident de la route par exemple, sont parfois complètement pris au dépourvu. Il est donc nécessaire que ces parents puissent exprimer leurs peurs, leurs colères et leurs craintes. L’EJE accueille parfois des parents très angoissés, plus que ne peut l’être l’enfant qui va se faire opérer. Le service dispose d’un salon bleu que l’EJE propose alors aux parents, soit pour jouer avec leur enfant dans un espace autre que la chambre, soit pendant la durée de l’opération. La couleur du salon n’a pas été choisie au hasard car fraîche et apaisante, la couleur bleue est synonyme de calme et de détente. Le bleu évoque en effet les grands espaces, le ciel, la mer, etc. L’enfant qui retrouve ses parents plus calmes et plus détendus sera plus à même de se concentrer sur sa guérison.
Parfois certains parents dont les enfants sont hospitalisés pour de très longues durées ont tendance à s’accaparer le service et la salle de jeu, faisant comme à la maison, en s’occupant même d’autres enfants malades. Le rôle de l’EJE consiste à ce moment là à engager le dialogue pour faire prendre conscience au parent de ses actes et lui expliquer que c’est le rôle de l’EJE d’accompagner LES enfants en salle de jeu et que le rôle du parent est d’accompagner SON enfant pendant l’hospitalisation. Le parent qui essaye de s’occuper d’autres enfants peut les angoisser, car il est un inconnu. L’EJE peut verbaliser ce que l’enfant ou l’adulte n’ose ou n’arrive pas à exprimer. Instaurer une relation de confiance est primordial, car ce n’est que lorsque le parent et l’enfant auront établi cette relation de confiance que la verbalisation, l’échange et l’expression des émotions prendront tout leur sens.
Une autre mission de l’EJE auprès des parents est une mission de médiation : le parent ne comprend pas toujours l’enfant malade et peu parfois être maladroit : je me souviens plus particulièrement de la maman de B., âgée de 6 ans et souffrant d’un rhume des hanches. Elle arrive en salle de jeu et annonce à sa fille qu’elle a une voisine dans la chambre. L’enfant est ravie et veux aller la voir. Sa maman lui dit « Ben vas-y, lève toi et va voir ! », alors que la fillette était clouée au lit, en extension. L’EJE a repris la phrase de la mère en disant que si elle le pouvait, B. irait en marchant. Elle explique aussi à l’enfant que sa maman plaisantait, car B. restait couchée là, pensive.
La plus grande partie du travail de l’EJE à l’hôpital s’effectue en salle de jeu, néanmoins elle est toujours en contact avec le reste de l’équipe, ne serait ce que lors des transmissions journalières.
2.2.3 - Auprès de l’équipe
L’éducatrice de jeune enfant à l’hôpital est complémentaire de l’équipe soignante. En effet, comme eux, elle participe à l’accueil et au bon déroulement du séjour de l’enfant, elle contribue à son mieux-être dans le cadre de sa maladie. L’EJE participe chaque jour aux transmissions, qui servent à faire le point sur l’état physique et psychique de l’enfant, et apporte des éléments importants sur ce dernier : l’observation de l’enfant pendant les séquences de jeu lui permettent en effet de détecter des troubles ou d’infirmer des affirmations du personnel soignant. Ainsi la petite A., 4 ans, ne parlait pas aux soignantes, mais en salle de jeu elle le faisait, ce qui a rassuré l’équipe sur son état.
L’EJE a également un rôle de formation auprès du reste du personnel. Lorsqu’elle mène une action, elle explique pourquoi aux autres membres de l’équipe. C’est ainsi que lorsqu’elle refuse que des soins soient faits en salle de jeu, elle explique que c’est pour que l’enfant puisse trouver dans la salle de jeu un endroit de quiétude, où il n’a pas d’appréhensions à avoir, une sorte de refuge. Car les gestes médicaux peuvent êtres perçus par l’enfant comme une agression. Ce rôle de formation, superposable au rôle d’information est un travail de longue haleine et de répétition quotidienne afin d’obtenir le respect de l’enfant, de la salle de jeu et du travail que l’éducatrice y effectue.
L’EJE est aussi parfois un médiateur entre l’enfant et l’équipe, en expliquant des choses qu’elle a perçues ou que l’enfant lui a dites. Je me souviens de cette jeune fille de 13 ans qui disait aux puéricultrices qu’elle ne voulait pas rentrer à la maison, mais en salle de jeu elle parlait surtout de sa peur qu’on lui mette des pansements sur ses broches, dernière étape avant la sortie. L’équipe a donc pu aborder l’enfant autrement que si elle n’avait pas été au courant de ces détails.
Dans l’échange avec l’équipe du service, l’EJE se forme elle aussi au contact des professionnels du secteur médical. En effet, il est important pour elle de connaître les pathologies, leur évolution, afin de ne pas faire d’erreur dans les dialogues qu’elle a avec les enfants. De par ses discussions avec les différentes professionnelles et sa présence aux transmissions, elle apprend aussi à connaître les différents gestes techniques effectués auprès des enfants. Elle sait si ceux-ci sont douloureux, s’ils nécessitent une anesthésie, etc.…Ces connaissances lui permettent aussi de rassurer, et les enfants, et les parents, en leur expliquant ce qui va arriver. Elle n’a toutefois pas la prétention d’avoir de larges connaissances médicales et pour les questions plus précises, elle renvoie toujours les parents aux personnes aptes à leur répondre, tels que le médecin ou la puéricultrice.
2.2.4 - Auprès des partenaires
L’EJE à l’hôpital gère sa salle de jeu, fais les commandes de matériel, fait le tri des jouets qu’elle reçoit de parents bienveillants, mais parfois mal informés sur l’organisation de la salle de jeu, car l’EJE dispose d’un budget de fonctionnement et les dons de jouets ne sont pas une nécessité. Elle se renseigne aussi sur les interventions des bénévoles blouse roses et croix rouge, deux associations qui interviennent à l’hôpital afin de permettre à l’enfant, qui est souvent seul dans sa chambre, de passer un moment de jeu en compagnie d’un adulte. Ces bénévoles interviennent souvent en salle de jeu et parfois dans les chambres. L’EJE redéfini, si le besoin se présente, les rôles, missions et compétences de chacun afin de ne pas créer de quiproquos. Les bénévoles n’ont en effet qu’un rôle d’animation et ne peuvent en aucun cas remplacer la professionnelle de la petite enfance qu’est l’EJE.
L’EJE écrit aussi des projets qu’elle envoie à l’association des pièces jaunes, qui collecte des fonds afin de financer des projets pour améliorer la qualité de vie des enfants et adolescents hospitalisés. Cette association a par exemple financé une station de radio dans le service d’orthopédie ou la Salle Verte, qui est une bibliothèque, salle de spectacle et de réunion à la fois, servant à tous les services de pédiatrie de l’hôpital.
Conclusion
Le travail de l'EJE à l'hôpital consiste à observer l'enfant dans son comportement, dans sa façon de parler et de ressentir les choses et le monde qui l'entoure. L'EJE a pour rôle de déceler chez l'enfant des retards psychomoteurs, des manques aussi bien affectifs, cognitifs que relationnels. Il perçoit bien, de par sa place privilégiée, les besoins de chaque enfant. Son rôle ne diffère pas beaucoup de celui de ses collègues travaillant en structure plus classiques, mais les objectifs changent : favoriser le mieux être de l’enfant, permettre l’expression de ses émotions, guérir, reconstruire sont autant de missions que l’EJE doit accomplir avec beaucoup d’attention face à ce public fragilisé par la maladie et d’une grande diversité d’âge et d’état, aussi bien physique que psychique.
Il est parfois difficile pour l’EJE de travailler en présence des parents, dans une équipe à dominante médicale, où le soin prime, et avec des enfants âgés de 0 à 18 ans, qui n’ont pas toujours des besoins en fonction de leur âge. Néanmoins le travail dans ce milieu est passionnant car il exige une présence de chaque instant, aussi bien physique que psychique : Il faut être présent instantanément: ici et maintenant ! Une action trop tardive peut être vaine et il n’y a pas de rattrapage à l’hôpital. Les conséquences peuvent être désastreuses pour l’enfant.
Cette présence, un bon sens de l’observation, de l’empathie et une capacité à verbaliser et respecter l’enfant dans ce qu’il est à l’hôpital : un patient ; c’est avec ces capacités que l’éducateur de jeunes enfants à l’hôpital pourra correctement prendre en charge l’enfant malade.
L’observation de l’EJE pendant ce stage m’a permis de mieux cerner les compétences et capacités nécessaires à l’exercice de la profession, et surtout de voir comment l’EJE joue son rôle auprès de toutes les personnes qui l’entourent, me permettant ainsi d’avancer dans la construction de ma propre identité professionnelle
Si quelqu'un veut approfondir la discussion et partager son expérience je reste dispo
Rôles de l'EJE à l'hôpital - Histoire du métier
Introduction
L’Educateur de Jeunes Enfants (EJE) est le spécialiste incontestable de la petite enfance. Pour comprendre et analyser cette profession, il me semble nécessaire de faire un retour sur l’histoire, non seulement de celle-ci, mais également sur celle de la représentation et de la reconnaissance de l’enfant. Car c’est bien là le point de départ : dès lors que l’enfant fut reconnu comme une personne ayant droit au respect et ayant des besoins propres, il a fallu des personnes pour s’occuper de son épanouissement, et cela dans tous les lieux d’accueils de la petite enfance, qu’ils soient traditionnels ou spécialisés.
Dans une première partie j’essayerai donc d’abord de balayer l’historique de la profession d’éducateur de jeunes enfants et d’expliquer l’évolution de son rôle, puis d’exposer les spécificités du métier ainsi que les missions de l’EJE, et enfin de voir les compétences et capacités nécessaires à l’exercice de cette profession. Dans une seconde partie je m’appuierai plus particulièrement sur mon stage d’expérimentation, au service de traumatologie et orthopédie pédiatrique de l’hôpital de Hautepierre, afin d’aborder les fonctions spécifiques ainsi que le rôle de l’éducateur de jeunes enfants au sein de cette structure.
1 - Origine et évolution du métier d’éducateur de jeunes enfants
Jadis on ne faisait guère attention aux enfants, ils étaient mis en nourrice et mourraient souvent avant l’âge de 1 an. Mais peu à peu cette mortalité infantile importante posa un problème démographique : le renouvellement des générations, surtout en périodes de guerres et de conflits. En dehors de ce souci démographique, le premier vrai changement de pensée à propos de l’enfant et de son éducation intervient en 1762, lorsque Jean-Jacques Rousseau écrit L’Emile. Ces pensées devront attendre le début des années 1800 pour être mises en pratique par Pestalozzi et surtout par Fröbel. Celui-ci ouvrit en Allemagne le premier jardin d’enfant en 1837 où des jardinières d’enfants, véritables ancêtres de l’éducateur de jeunes enfants d’aujourd’hui, s’occupaient des enfants. Fröbel était aussi le premier à prendre en compte la mère de l’enfant ainsi que le lien qui les unit. Le but premier du jardin d’enfant est éducatif, mais avec l’apparition du métier d’éducateur de jeunes enfants en 1973, remplaçant celui de jardinières, on remarque que ces spécialistes de la petite enfance exercent de plus en plus dans le social : la quasi-totalité des EJE alors qu’en 1965 la moitié des jardinières d’enfants était encore employée en milieu scolaire.
Les éducateurs de jeunes enfants sont les initiateurs de la vie en collectivité. Ils participent activement au développement de la communication et à la socialisation de l’enfant. Cette action exige un travail d’équipe pour répondre aux besoins physiques, intellectuels et affectifs des enfants. Les EJE mettent en œuvre des activités multiples permettant le développement des capacités de l’enfant, selon son âge et sa maturité. Travailler auprès d’enfants nécessite d’avoir une bonne résistance à la fatigue, une santé solide et un bon équilibre psychique. L’éducateur de jeunes enfants se doit d’être patient et disponible. L’importance de l’éducation sensorielle de l’enfant exige d’avoir imagination, sens musical et artistique, et habilité manuelle. Un bon sens de l’observation est également indispensable, afin de pouvoir évaluer le stade auquel se trouve l’enfant, déceler ses besoins et, le cas échéant, faire de la prévention de troubles physiques ou psychiques. A l’hôpital ces compétences et capacités deviennent primordiales dans l’accompagnement de l’enfant malade
2 - L’éducateur de jeunes enfants à l’hôpital
2.1 - Présentation de la structure et des missions de l’EJE
Les éducateurs de jeunes enfants n’ont fait leur apparition que tardivement à l’hôpital, plus précisément depuis la circulaire du 1er Août 1983, relative à l’hospitalisation des enfants. Bien avant cette date, en 1970, la suédoise Ivonny Lindquist parlait déjà de « thérapie par le jeu » qui aide l’enfant hospitalisé à être acteur de sa maladie et, de ce fait, facilite sa guérison. L’hôpital est un lieu spécifique d’accueil des enfants. En effet, l’EJE, formé à la petite enfance, c'est-à-dire aux enfants de 0 à 7 ans, se trouve face à un public âgé de 0 à 18 ans. Le public accueilli est fragilisé par la maladie et souvent en prise avec des angoisses. De plus, l’enfant hospitalisé a des besoins spécifiques, non plus liés à son âge, mais plutôt à son état : il arrive en effet fréquemment que l’enfant hospitalisé régresse, pour vaincre les angoisses et protéger son moi. Il est donc essentiel que l’EJE, dans ce milieu, sache observer attentivement chaque enfant afin d’adapter au mieux son action. Un mot ou un geste inadapté, mais paraissant pourtant anodin, peuvent être source d’angoisse, pouvant retarder sinon compromettre la guérison de l’enfant. Les objectifs de l’hôpital sont soigner et réparer. L’EJE inscrit son travail dans ces objectifs.
À l’hôpital, la fonction principale de l’EJE et de participer au mieux-être de l’enfant qui, de par sa pathologie, va mal. Pour ce faire, l’EJE participe, avec le reste de l’équipe, à l’accueil de l’enfant et au bon déroulement de son séjour pendant le temps plus ou moins long où il est hors de sa famille et confié à l’établissement hospitalier. La mission première de l’EJE dans le service d’orthopédie et de traumatologie pédiatrique de l’hôpital dans lequel j’ai effectué mon stage est de guérir, reconstruire. L’enfant, suite à une intervention, peut se sentir morcelé, déstructuré. Pour la bonne construction de sa personnalité et de son identité il est important de lui redonner une image de son corps réaliste ainsi qu’une unité corporelle. Ce travail s’effectue en relation avec toute l’équipe, à dominante médicale, du service: médecins, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, institutrice ou agents de service hospitalier, mais aussi et surtout en partenariat avec les parents, éléments essentiels dans la guérison de l’enfant.
2.2 - Rôle de l’EJE
2.2.1 - Auprès de l’enfant
L’EJE doit avoir un sens de l’observation très fin afin de détecter le plus précisément possible les besoins des enfants hospitalisés. Le petit patient est en effet avant tout un enfant : il a besoin d’être reconnu comme tel et de continuer à vivre sa vie d’enfant, de pouvoir faire des jeux, des activités, pour pouvoir être après plus disponible pour les soins. La raison de la présence de l’enfant dans le service étant la maladie, il lui faut donc guérir, aller mieux afin de pouvoir quitter le service au plus vite, car aucune hospitalisation n’est brève pour l’enfant, et laisse toujours des traces de par les réorganisations psychiques qu’elle implique. L’enfant, selon son stade de développement, perçoit en effet la maladie de différentes manières : elle peut être pour lui une punition, engendrant ainsi de la culpabilité, ou encore une volonté de l’adulte que l’enfant croit tout puissant, sa maladie et sa guérison étant ainsi dans les mains de celui-ci. L’EJE est là pour verbaliser et pour expliquer que la maladie n’est pas une punition. Elle rétablit ainsi la réalité des choses, évitant à l’enfant d’être soumis à ses fantasmes et croyances.
En orthopédie, il faut ainsi aider les enfants à se reconstruire psychiquement suite aux chirurgies et reconstructions physiques que l’enfant a subi. L’éducatrice propose donc beaucoup d’activités avec cet objectif : puzzles et jeux de construction par exemple. Son rôle est d’accompagner l’enfant dans un processus de reconstruction s’effectuant par divers jeux ou activités musicales, tels une chanson que l’EJE du service, proposait souvent aux enfants : « Je vois avec mes yeux, je sens avec mon nez….mais que font, font mes orteils, mais que font, font mes orteils ? ».
Elle aide ainsi l’enfant à retrouver une unité corporelle et à prendre en compte des parties de son corps parfois longtemps immobilisées et plus utilisées.
Le mouvement est aussi un des besoins de l’enfant hospitalisé en orthopédie : les enfants étant souvent immobilisés, il est nécessaire qu’ils puissent compenser la perte de mouvement, pour que celle-ci ne se transforme pas en agressivité : l’EJE propose donc aux enfants des jeux comme les courses de voiture sur ordinateur, ou autre jeux de garage permettant de faire glisser les voitures. Ces activités permettent à l’enfant de vivre le mouvement d’une autre manière certes, mais de le vivre. Le comportement de l’enfant agité se trouve modifié par ces activités.
L’EJE, grâce à son organisation dans la salle de jeu, permet aux enfants de créer une petite communauté de vie. Proposant des activités similaires à plusieurs enfants ou organisant la préparation de l’émission de radio, elle crée du lien entre ces enfants malades, souvent isolés dans leurs chambres.
L’EJE fait le tour des chambres le matin pour saluer les enfants et leur proposer de venir en salle de jeu. Elle essaye de ne pas proposer des activités en chambre, sauf exceptions, pour éviter que l’enfant ne s’isole. J’ai pu constater que des enfants, surtout des adolescents, refusant de venir durant quelques jours en salle de jeu, finissent tout de même par y faire un tour et même revenir par la suite. L’accueil des enfants, sans visite, le matin dans la salle de jeu, facilite sans aucun doute le processus de socialisation, les enfants se retrouvant entre pairs, sans adultes qui, sans mauvaises intentions de leur part, mais en proie à leurs propres angoisses, questionnent les autres enfants sur leur pathologie ou racontent la maladie de leur enfant. Lorsque de telles questions se posent entre les enfants eux même, l’expression des émotions est facilitée et l’EJE se pose en observatrice discrète de la scène pour intervenir en cas de dérapage. Certains enfants n’aiment pas raconter leur maladie et l’EJE est là pour leur rappeler que ce sont eux qui décident s’ils ont envie de parler ou non. Aider l’enfant à exprimer ses émotions est très important et lorsque cela ne se fait pas par la parole, il faut permettre à l’enfant de le faire par le jeu, par exemple le jeu du docteur qui permet à l’enfant de rejouer, revivre et dédramatiser des situations vécues.
L’enfant en salle de jeux à l’hôpital a toujours le choix de ce qu’il souhaite faire, hormis certaines règles de bases, comme par exemple ne pas changer de jeux toutes les 5 minutes, ce qui n’est pas structurant et même insécurisant pour l’enfant. Il peut très bien juste rester là et regarder ce que font les autres. L'EJE adapte les jeux ou activités selon l'âge, la pathologie et le développement de chaque enfant. Il n’est en effet pas rare que l’enfant régresse à l’hôpital, et adapter les activités selon l’âge ne serait pas très perspicace.
Face à l’isolement que provoque l’hospitalisation, l’EJE essaye de garder un lien avec l’extérieur en proposant de fabriquer des cadeaux pour les différentes fêtes (pères, mères, etc.), pour que l’enfant garde à l’esprit qu’il existe un monde en dehors de l’hôpital. Il sait ainsi qu’il ne restera pas toujours à l’hôpital et qu’il retrouvera ce qu’il a quitté.
La notion de repères, aussi bien spatiaux que temporels, est aussi très importante et l’EJE n’hésite pas à fabriquer pour les nouveaux admis un calendrier sur lequel l’enfant collera chaque jour une gommette : il pourra ainsi visualiser le temps déjà passé et celui qu’il lui reste. Lorsqu’elle reçoit les enfants en salle de jeu, l’EJE essaye de toujours placer l’enfant au même endroit, lui permettant d’avoir un sentiment de sécurité. Ce dernier il l’acquiert aussi, évitant ainsi l’angoisse, par les répétitions et les horaires de la salle de jeu : il est en effet rassurant pour l’enfant de savoir que la salle de jeu est toujours ouverte à la même heure avec la même personne. Lorsque ce n’est pas le cas, comme par exemple lorsque des bénévoles interviennent, l’EJE verbalise, explique la présence de l’inconnue et la présente aux enfants. L’enfant hospitalisé qui ne reçoit pas beaucoup de visites est souvent en demande d’une relation individuelle avec l’EJE lorsqu’il est en salle de jeu. Celle-ci prend le temps de s’occuper individuellement des enfants qui en ont besoin, favorisant parfois aussi la séparation, surtout avec la mère, mais en prenant soin de faire attention à la notion d’attachement-détachement.
En effet, pour être hospitalisé, l’enfant a du être séparé de sa famille à laquelle il était attaché. Il cherche dans sa solitude à l’hôpital à s’attacher à d’autres personnes, d’autres repères. Sans le repousser, il faut pourtant que tout le personnel du service qui s’occupe de l’enfant sache mettre une limite à l’attachement, car celui-ci créera inéluctablement un détachement lorsque l’enfant quittera l’hôpital. Ces émotions pourront être fortes et déstabilisantes pour l’enfant, au point de pouvoir compromettre sa guérison.
Pour effectuer un travail efficace avec les enfants, il est impératif de créer une relation de confiance avec ceux-ci, notamment en verbalisant, surtout pour les plus petits. Dire à l’enfant que oui, c’est difficile d’être à l’hôpital ou lui demander s’il est triste, comme le fait souvent l’EJE du service, permet à ce dernier de s’intéresser à ce qui se passe en salle de jeu et de ne pas rester replié sur lui-même. Souvent on remarque par la suite que les enfants parlent plus spontanément une fois qu’on a verbalisé certaines de leurs émotions : ils ont confiance en l’adulte et savent que celui-ci les comprend. L’enfant a le droit de s’exprimer et il faut l’y aider, souvent par des jeux. L’expression se fait plus souvent en dehors de la présence des parents.
2.2.2 - Auprès de la famille
L’éducatrice de jeunes enfants travaille avec l’enfant mais, comme le disait Winnicott, « un enfant tout seul, çà n’existe pas ». De ce fait, la professionnelle de la petite enfance doit prendre en compte les parents de l’enfant ainsi que tout le reste de sa famille. A l’hôpital, la famille est souvent vecteur d’angoisse et il faut parfois la rassurer pour éviter que cette angoisse, transmise à l’enfant, ne soit préjudiciable à sa guérison. Certains parents sont préparés à l’hospitalisation de leur enfant, comme par exemple pour les chirurgies réparatrices, mais d’autres, parents d’enfants victimes d’accident de la route par exemple, sont parfois complètement pris au dépourvu. Il est donc nécessaire que ces parents puissent exprimer leurs peurs, leurs colères et leurs craintes. L’EJE accueille parfois des parents très angoissés, plus que ne peut l’être l’enfant qui va se faire opérer. Le service dispose d’un salon bleu que l’EJE propose alors aux parents, soit pour jouer avec leur enfant dans un espace autre que la chambre, soit pendant la durée de l’opération. La couleur du salon n’a pas été choisie au hasard car fraîche et apaisante, la couleur bleue est synonyme de calme et de détente. Le bleu évoque en effet les grands espaces, le ciel, la mer, etc. L’enfant qui retrouve ses parents plus calmes et plus détendus sera plus à même de se concentrer sur sa guérison.
Parfois certains parents dont les enfants sont hospitalisés pour de très longues durées ont tendance à s’accaparer le service et la salle de jeu, faisant comme à la maison, en s’occupant même d’autres enfants malades. Le rôle de l’EJE consiste à ce moment là à engager le dialogue pour faire prendre conscience au parent de ses actes et lui expliquer que c’est le rôle de l’EJE d’accompagner LES enfants en salle de jeu et que le rôle du parent est d’accompagner SON enfant pendant l’hospitalisation. Le parent qui essaye de s’occuper d’autres enfants peut les angoisser, car il est un inconnu. L’EJE peut verbaliser ce que l’enfant ou l’adulte n’ose ou n’arrive pas à exprimer. Instaurer une relation de confiance est primordial, car ce n’est que lorsque le parent et l’enfant auront établi cette relation de confiance que la verbalisation, l’échange et l’expression des émotions prendront tout leur sens.
Une autre mission de l’EJE auprès des parents est une mission de médiation : le parent ne comprend pas toujours l’enfant malade et peu parfois être maladroit : je me souviens plus particulièrement de la maman de B., âgée de 6 ans et souffrant d’un rhume des hanches. Elle arrive en salle de jeu et annonce à sa fille qu’elle a une voisine dans la chambre. L’enfant est ravie et veux aller la voir. Sa maman lui dit « Ben vas-y, lève toi et va voir ! », alors que la fillette était clouée au lit, en extension. L’EJE a repris la phrase de la mère en disant que si elle le pouvait, B. irait en marchant. Elle explique aussi à l’enfant que sa maman plaisantait, car B. restait couchée là, pensive.
La plus grande partie du travail de l’EJE à l’hôpital s’effectue en salle de jeu, néanmoins elle est toujours en contact avec le reste de l’équipe, ne serait ce que lors des transmissions journalières.
2.2.3 - Auprès de l’équipe
L’éducatrice de jeune enfant à l’hôpital est complémentaire de l’équipe soignante. En effet, comme eux, elle participe à l’accueil et au bon déroulement du séjour de l’enfant, elle contribue à son mieux-être dans le cadre de sa maladie. L’EJE participe chaque jour aux transmissions, qui servent à faire le point sur l’état physique et psychique de l’enfant, et apporte des éléments importants sur ce dernier : l’observation de l’enfant pendant les séquences de jeu lui permettent en effet de détecter des troubles ou d’infirmer des affirmations du personnel soignant. Ainsi la petite A., 4 ans, ne parlait pas aux soignantes, mais en salle de jeu elle le faisait, ce qui a rassuré l’équipe sur son état.
L’EJE a également un rôle de formation auprès du reste du personnel. Lorsqu’elle mène une action, elle explique pourquoi aux autres membres de l’équipe. C’est ainsi que lorsqu’elle refuse que des soins soient faits en salle de jeu, elle explique que c’est pour que l’enfant puisse trouver dans la salle de jeu un endroit de quiétude, où il n’a pas d’appréhensions à avoir, une sorte de refuge. Car les gestes médicaux peuvent êtres perçus par l’enfant comme une agression. Ce rôle de formation, superposable au rôle d’information est un travail de longue haleine et de répétition quotidienne afin d’obtenir le respect de l’enfant, de la salle de jeu et du travail que l’éducatrice y effectue.
L’EJE est aussi parfois un médiateur entre l’enfant et l’équipe, en expliquant des choses qu’elle a perçues ou que l’enfant lui a dites. Je me souviens de cette jeune fille de 13 ans qui disait aux puéricultrices qu’elle ne voulait pas rentrer à la maison, mais en salle de jeu elle parlait surtout de sa peur qu’on lui mette des pansements sur ses broches, dernière étape avant la sortie. L’équipe a donc pu aborder l’enfant autrement que si elle n’avait pas été au courant de ces détails.
Dans l’échange avec l’équipe du service, l’EJE se forme elle aussi au contact des professionnels du secteur médical. En effet, il est important pour elle de connaître les pathologies, leur évolution, afin de ne pas faire d’erreur dans les dialogues qu’elle a avec les enfants. De par ses discussions avec les différentes professionnelles et sa présence aux transmissions, elle apprend aussi à connaître les différents gestes techniques effectués auprès des enfants. Elle sait si ceux-ci sont douloureux, s’ils nécessitent une anesthésie, etc.…Ces connaissances lui permettent aussi de rassurer, et les enfants, et les parents, en leur expliquant ce qui va arriver. Elle n’a toutefois pas la prétention d’avoir de larges connaissances médicales et pour les questions plus précises, elle renvoie toujours les parents aux personnes aptes à leur répondre, tels que le médecin ou la puéricultrice.
2.2.4 - Auprès des partenaires
L’EJE à l’hôpital gère sa salle de jeu, fais les commandes de matériel, fait le tri des jouets qu’elle reçoit de parents bienveillants, mais parfois mal informés sur l’organisation de la salle de jeu, car l’EJE dispose d’un budget de fonctionnement et les dons de jouets ne sont pas une nécessité. Elle se renseigne aussi sur les interventions des bénévoles blouse roses et croix rouge, deux associations qui interviennent à l’hôpital afin de permettre à l’enfant, qui est souvent seul dans sa chambre, de passer un moment de jeu en compagnie d’un adulte. Ces bénévoles interviennent souvent en salle de jeu et parfois dans les chambres. L’EJE redéfini, si le besoin se présente, les rôles, missions et compétences de chacun afin de ne pas créer de quiproquos. Les bénévoles n’ont en effet qu’un rôle d’animation et ne peuvent en aucun cas remplacer la professionnelle de la petite enfance qu’est l’EJE.
L’EJE écrit aussi des projets qu’elle envoie à l’association des pièces jaunes, qui collecte des fonds afin de financer des projets pour améliorer la qualité de vie des enfants et adolescents hospitalisés. Cette association a par exemple financé une station de radio dans le service d’orthopédie ou la Salle Verte, qui est une bibliothèque, salle de spectacle et de réunion à la fois, servant à tous les services de pédiatrie de l’hôpital.
Conclusion
Le travail de l'EJE à l'hôpital consiste à observer l'enfant dans son comportement, dans sa façon de parler et de ressentir les choses et le monde qui l'entoure. L'EJE a pour rôle de déceler chez l'enfant des retards psychomoteurs, des manques aussi bien affectifs, cognitifs que relationnels. Il perçoit bien, de par sa place privilégiée, les besoins de chaque enfant. Son rôle ne diffère pas beaucoup de celui de ses collègues travaillant en structure plus classiques, mais les objectifs changent : favoriser le mieux être de l’enfant, permettre l’expression de ses émotions, guérir, reconstruire sont autant de missions que l’EJE doit accomplir avec beaucoup d’attention face à ce public fragilisé par la maladie et d’une grande diversité d’âge et d’état, aussi bien physique que psychique.
Il est parfois difficile pour l’EJE de travailler en présence des parents, dans une équipe à dominante médicale, où le soin prime, et avec des enfants âgés de 0 à 18 ans, qui n’ont pas toujours des besoins en fonction de leur âge. Néanmoins le travail dans ce milieu est passionnant car il exige une présence de chaque instant, aussi bien physique que psychique : Il faut être présent instantanément: ici et maintenant ! Une action trop tardive peut être vaine et il n’y a pas de rattrapage à l’hôpital. Les conséquences peuvent être désastreuses pour l’enfant.
Cette présence, un bon sens de l’observation, de l’empathie et une capacité à verbaliser et respecter l’enfant dans ce qu’il est à l’hôpital : un patient ; c’est avec ces capacités que l’éducateur de jeunes enfants à l’hôpital pourra correctement prendre en charge l’enfant malade.
L’observation de l’EJE pendant ce stage m’a permis de mieux cerner les compétences et capacités nécessaires à l’exercice de la profession, et surtout de voir comment l’EJE joue son rôle auprès de toutes les personnes qui l’entourent, me permettant ainsi d’avancer dans la construction de ma propre identité professionnelle
-
any
Re: stage hopital
slt élodie!
Pour moi la verbalisation ce n'est pas forcément savoir ce qu'a l'enfant o niv médical c dire a l'enfant ce qu'il se passe!Ce que moi je vois
je lui dit qu'il a ledroit de pleurer que les infirmières vont piquer dans son bras, que j'ai l'impression qu'il souffre, que c pas facile de ne pas etre a la maison,...toutes ces petites choses que tu vas dire simplement à la crèche...
Parfois on peut se renseigner sur le coté médical avec les dossiers et parfois je demande o infirmieres,parfois je dit que je ne sais pas!!!
parfois je peux chanter ou lire une histoire pour apaiser et parfois l'enfant n'acceptes pas du tout ma présence parce qu'il ne me connait pas et que ca fait 10 personnes qui s'occupe de lui et qu'il ne connait pas non plus alors la c seulement le parent qui peut réconforter l'enfant!!
voila a+
Pour moi la verbalisation ce n'est pas forcément savoir ce qu'a l'enfant o niv médical c dire a l'enfant ce qu'il se passe!Ce que moi je vois
je lui dit qu'il a ledroit de pleurer que les infirmières vont piquer dans son bras, que j'ai l'impression qu'il souffre, que c pas facile de ne pas etre a la maison,...toutes ces petites choses que tu vas dire simplement à la crèche...
Parfois on peut se renseigner sur le coté médical avec les dossiers et parfois je demande o infirmieres,parfois je dit que je ne sais pas!!!
parfois je peux chanter ou lire une histoire pour apaiser et parfois l'enfant n'acceptes pas du tout ma présence parce qu'il ne me connait pas et que ca fait 10 personnes qui s'occupe de lui et qu'il ne connait pas non plus alors la c seulement le parent qui peut réconforter l'enfant!!
voila a+
-
julie
Re: stage hopital
salu moi j'ai fai mon stage a responsabilite en service pediatriq notammen en service cancerologie aupré d'enfant agé de 5 mois a 14 ans. j'ai vecu une experience inoubliable!!!
c un stage dur , mais riche en rencontre , en emotion , en découverte professionnelle....
j'ai passer quatre mois dans le service. mon quotidien étai d'aller voir les enfant en chambre qui etait seul pour leur proposer des atelier ou juste pour ne pa kil soit seul... sinon, nou avion une salle de jeu ou nous mettions en place des activité manuelle... moi j'ai réaliser mon mémoir sur comment l'eje peut elle acompagner l'enf et sa famille dans n service de pédiatrie cancerologie?
mes lecture, les plus interressante sont bokou basé sur l'enfant et le cancer p voila bizuisq cété mon sujet principale mei sinon , l'enf malade en général ya: jeunes enfant a l'hopital de robertson; Kipman.S.D., «l’enfant et les sortilèges de la maladie, fantasmes et réalités de l’enfant malade, des soignants et de sa famille ».
voila si tu veu plus de rensaignement...ecri moi. ce ke j'ai troivé tré enrichissan a été aussi l'accompagnement des famille, j'ai pu crér des relation de confiance ac des famille tré importante;;;;.
c un stage dur , mais riche en rencontre , en emotion , en découverte professionnelle....
j'ai passer quatre mois dans le service. mon quotidien étai d'aller voir les enfant en chambre qui etait seul pour leur proposer des atelier ou juste pour ne pa kil soit seul... sinon, nou avion une salle de jeu ou nous mettions en place des activité manuelle... moi j'ai réaliser mon mémoir sur comment l'eje peut elle acompagner l'enf et sa famille dans n service de pédiatrie cancerologie?
mes lecture, les plus interressante sont bokou basé sur l'enfant et le cancer p voila bizuisq cété mon sujet principale mei sinon , l'enf malade en général ya: jeunes enfant a l'hopital de robertson; Kipman.S.D., «l’enfant et les sortilèges de la maladie, fantasmes et réalités de l’enfant malade, des soignants et de sa famille ».
voila si tu veu plus de rensaignement...ecri moi. ce ke j'ai troivé tré enrichissan a été aussi l'accompagnement des famille, j'ai pu crér des relation de confiance ac des famille tré importante;;;;.
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Julie
Re: stage hopital
Salut je souhaiterai faire un stage aussi en hopital sur paris mais je sais pas vraiment comment faire pour les démarche dois je faire un courrier?a qui?dois je téléphoner?ou me déplacer?
comment avez vous fait?
comment avez vous fait?