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par libe » 14 févr. 2008 19:29
voici une petite info suite à une conférence
"Lire avec les tout-petits", Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre
- Eclairage théorique
- Enjeux de la rencontre autour du livre, adulte/enfant
• Référence à René Diaktine qui traite de la question de la rencontre du livre avec le tout-petit
- accompagne la croissance psychique, sa capacité à penser, l'enfant va faire quelque chose de ce qu'on va lui proposer
Le livre est là pour permettre de penser à la différence du doudou qui est là pour éviter de penser.
- Winnicott : "un nourrisson n'existe pas", il a un besoin indispensable de l'autre pour vivre. L'enfant a la capacité de penser les compétences de ses parents.
- Amnésie infantile (0-4ans) mais reste des traces sensorielles (odeur, sons…)
• Lire un livre avec (pas à) le tout-petit, car c'est d'abord être avec lui, cela témoigne un effet de présence, même en groupe : cet enfant-là est en présence de d'autres enfants
- Le livre est un trait d'union entre celui qui lit et celui à qui c'est destiné. Ainsi cela crée des modèles d'interelations dans le groupe.
Quand l'enfant comprend que l'adulte a une intention à son égard, il sera particulièrement attentif à cette rencontre.
Travail de socialité,de règles sociales : l'autre enfant se dit après ce sera mon tour.
Ce qui compte est l'intentionnalité. "Lire avec" induit une place privilégiée avec l'adulte.
Rencontre 1ère avec l'enfant qui est en nous.
• Ca n'est pas le livre consolateur avant d'endormir : le livre a d'abord une fonction d'éveil.
Il permet de penser les liens, l'attachement : le réel de la vie.
- Penser c'est aussi rêver : l'imaginaire. Donc le livre est une machine à enrichir le fonctionnement psychique.
- Ceci étant, le livre n'est pas indispensable, la 1ère chose dont l'enfant a besoin c'est d'un Autre : 1 toi et 1 toit.
Mais dans nos sociétés le livre a une pertinence. L'important pour l'enfant c'est l'intersubjectivité, c'est-à-dire un Autre et un autre qui pense.
• Si l'on veut que ça renvoie à quelque chose de vivant, il faut admettre que ça vit. Le livre est de la matière vivante avant tout, il s'abîme et se déchire.
- Lien avec la vision. Dans les 1er mois de sa vie, l'enfant est sensible à : l'à plat, la qualité de contraste (terne/brillant), au noir et au blanc, au toucher pour la sensibilité tactile.
- L'enfant sait faire la différence entre le réel et le représenté. Modèle de l'association entre les pages : il y a un lien entre les 2 pages, dans les imagiers par exemple).
L'imagier peut être constitué de dessins, de photos, d'éléments figuratifs réels, matériels... : culture ?
• L'enfant fonctionne sur le mode de l'habituation. Au bout de la 4ème manière identique, il n'est plus surpris.
Avec une variante dans la comptine par exemple, il va à nouveau s'éveiller. Puis il va pouvoir penser avec la répétition que ça va pourvoir changer : capacité d'anticipation.
• Il a très vite la compétence à penser le texte écrit. Il le voit.
Lire ce qui est écrit, pour le respect de l'auteur, des mots et des enfants.
Dans "Loup" d'olivier Douzou, éditions du Rouergue : l'enfant se marre de peur avec la capacité d'anticipation, puis le loup finit par manger une carotte et il se dit ouf c'est pas moi cette fois-ci.
Il peut comprendre que le monde est belliqueux à son égard, mais qu'il peut trouver des ressources en lui.
Confronté à un monde changeant : angoisse existentielle. L'enfant a tout le temps une certaine inquiétude, une angoisse. Mais parfois on croit que... et ça ne se passe pas comme ça. C'est constructif pour l'enfant d'être confronté à cette réalité. La chutte "carotte" apporte une sécurité.
Patrick Ben Soussan a régulièrement illustré ses propos avec des livres.
Bibliographie :
- Les 3 chats (sans texte), éditions Sorbier
- Noir sur blanc, Tana Hoban
- Tout un monde (imagier), éditions Thierry Magnier
- Pourquoi les petits garçons ont peur que leur maman les abandonnent…, éditions Jeunesse
- Beau corbeau, éditions Tête de lard
- La girafe, éditions frimousse
- loup, Olivier Douzou, éditions du Rouergue