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Eje en souffrance
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Lolo
Eje en souffrance
Bonjour à tous et toutes,
Je me permets de faire appel à vous aujourd'hui, car j'ai décidé d'échanger et de témoigner autour de ma situation actuelle. Je suis diplomée depuis le mois de juillet 2011. Ma prise de poste a été effective en septembre de la même année, au sein d'une crèche de 60 berceaux. La directrice m'a indiqué que je serai amenée à travailler dans une section de moyens, au sein d'une équipe en difficulté. La majorité du personnel y est présent depuis au mois 10 ans. On m'informe également que le projet pédagogique de la structure a été écrit il y a tres longtemps et que je serai chargée de le repenser avec l'équipe car pour l'instant "chacun fait un peu à sa sauce". BON... Motivée et dans l'expectative, je prends ms fonctions ayant bien en tête d"y aller tranquillou afin de ne pas m'exposer à trop de résistance.
Je ne vais pas faire état des 6 derniers mois vécus (ca serait tres long!) mais en gros, j'ai pris une très très grosse claque professionnelle. Ma position de stagiaire d'antan me permettait d'avoir un certain détachement vis à vis de ce que je pouvais constater. Mais en tant que professionnelle actuellement, je suis heurtée quotidiennement à bon nombre de choses qui m'ammènent même à penser que je deteste mon boulot: douces violences quotidienne, travail à la chaine, "bizutage" de ms collègues ("ah nan ici c'est à l'EJE de faire ca, c'est comme ca c'est tout) et quand on essaye de rediscuter des habitudes mises en place arbitrairement sans avoir dialoguer avant, et bah on s'expose à vivre quotidiennement dans une ambiance excecrable. Sans parler des arrêts maladies permanents des collègues qui m'amènent à effectuer des remplacements quasi quotidiens. Ce qui m'iterroge, c'est que je sais que j'ai un rôle à jouer vis à vis de tout ca, je mets en place des réunions, des discussions individuelles, je vais en formation, j'ai d'excellentes relations avec ma direction (qui est dans l'empathie mais c'est plus suffisant), je prends quand même du plaisir à être avec les enfants, les familles me sollicitent beaucoup, etc. Mais mes collègues m'ont touujours dit "le travail de l'EJE ici, c'est nul, ca sert à rien, faut pas rester ici". C'est hyper vicieux parce que je crève d'envie de partir, je me sens hyper mal dans mon boulot, pas épanouie, j'angoisse pas mal du regard des autres, j'ai toujours l'impression d'être suivie, épiée, scrutée, et quand je me plante, on ne me loupe pas. Je me bouffe le moral et à la fois je me dis: mince, je n'y suis pas arrive alors que c'est le lot de nombreuses crèches. Mais je me dis aussi que là, on est plus dans des choses d'ordre professionnel, que les personnalités hyperborderline de certaines de mes collègues font que je pense que j'y arriverai pas là bas. Mais je le vis comme un échec réel. Je ne sais dailleurs pas pourquoi j'y suis encore là bas, je ne vois plus très bien où j'en suis et je culpabilise pas mal.
Mon récit a été sans doute un peu décousu car je suis au moment où j'écris sous le coup de l'émotion, et je me sens incroyablement seule. J'en parle à mon conjoint et ma famille, qui me répondent forcément la même chose "pars vite de là bas et arrête les frais". Mais j'ai la sensation du travail inachevé. Mais j'en peux plus des collègues qui m'envoient des messages tou le temps pour me changer mes horaires (oui ce sont bien elles qui s'occupent ds plannings), marre de la boule dans la gorge dès le dimanche matin, marre de fermer les yeux sur ce que je vois en section, marre de vivre ça seule, marre d'avoir peur pour chaque chose que je dis ou que je fais, car j'en paye selon le prix fort. Mes proches ne me reconaissent pas, j'ai toujours eu un caractère fort et je m'en veux comme pas permis de me laisser faire.
Merci pour votre lecture, ca m'a permis de poser les choses en tous cas. Je sais que j'ai un métier formidable mais aujourd'hui, je donnerai tout pour un bureau, un ordinateur et personne autour de moi, même si je sais que ca me manquerait au bout d'une demi journée.
Je me permets de faire appel à vous aujourd'hui, car j'ai décidé d'échanger et de témoigner autour de ma situation actuelle. Je suis diplomée depuis le mois de juillet 2011. Ma prise de poste a été effective en septembre de la même année, au sein d'une crèche de 60 berceaux. La directrice m'a indiqué que je serai amenée à travailler dans une section de moyens, au sein d'une équipe en difficulté. La majorité du personnel y est présent depuis au mois 10 ans. On m'informe également que le projet pédagogique de la structure a été écrit il y a tres longtemps et que je serai chargée de le repenser avec l'équipe car pour l'instant "chacun fait un peu à sa sauce". BON... Motivée et dans l'expectative, je prends ms fonctions ayant bien en tête d"y aller tranquillou afin de ne pas m'exposer à trop de résistance.
Je ne vais pas faire état des 6 derniers mois vécus (ca serait tres long!) mais en gros, j'ai pris une très très grosse claque professionnelle. Ma position de stagiaire d'antan me permettait d'avoir un certain détachement vis à vis de ce que je pouvais constater. Mais en tant que professionnelle actuellement, je suis heurtée quotidiennement à bon nombre de choses qui m'ammènent même à penser que je deteste mon boulot: douces violences quotidienne, travail à la chaine, "bizutage" de ms collègues ("ah nan ici c'est à l'EJE de faire ca, c'est comme ca c'est tout) et quand on essaye de rediscuter des habitudes mises en place arbitrairement sans avoir dialoguer avant, et bah on s'expose à vivre quotidiennement dans une ambiance excecrable. Sans parler des arrêts maladies permanents des collègues qui m'amènent à effectuer des remplacements quasi quotidiens. Ce qui m'iterroge, c'est que je sais que j'ai un rôle à jouer vis à vis de tout ca, je mets en place des réunions, des discussions individuelles, je vais en formation, j'ai d'excellentes relations avec ma direction (qui est dans l'empathie mais c'est plus suffisant), je prends quand même du plaisir à être avec les enfants, les familles me sollicitent beaucoup, etc. Mais mes collègues m'ont touujours dit "le travail de l'EJE ici, c'est nul, ca sert à rien, faut pas rester ici". C'est hyper vicieux parce que je crève d'envie de partir, je me sens hyper mal dans mon boulot, pas épanouie, j'angoisse pas mal du regard des autres, j'ai toujours l'impression d'être suivie, épiée, scrutée, et quand je me plante, on ne me loupe pas. Je me bouffe le moral et à la fois je me dis: mince, je n'y suis pas arrive alors que c'est le lot de nombreuses crèches. Mais je me dis aussi que là, on est plus dans des choses d'ordre professionnel, que les personnalités hyperborderline de certaines de mes collègues font que je pense que j'y arriverai pas là bas. Mais je le vis comme un échec réel. Je ne sais dailleurs pas pourquoi j'y suis encore là bas, je ne vois plus très bien où j'en suis et je culpabilise pas mal.
Mon récit a été sans doute un peu décousu car je suis au moment où j'écris sous le coup de l'émotion, et je me sens incroyablement seule. J'en parle à mon conjoint et ma famille, qui me répondent forcément la même chose "pars vite de là bas et arrête les frais". Mais j'ai la sensation du travail inachevé. Mais j'en peux plus des collègues qui m'envoient des messages tou le temps pour me changer mes horaires (oui ce sont bien elles qui s'occupent ds plannings), marre de la boule dans la gorge dès le dimanche matin, marre de fermer les yeux sur ce que je vois en section, marre de vivre ça seule, marre d'avoir peur pour chaque chose que je dis ou que je fais, car j'en paye selon le prix fort. Mes proches ne me reconaissent pas, j'ai toujours eu un caractère fort et je m'en veux comme pas permis de me laisser faire.
Merci pour votre lecture, ca m'a permis de poser les choses en tous cas. Je sais que j'ai un métier formidable mais aujourd'hui, je donnerai tout pour un bureau, un ordinateur et personne autour de moi, même si je sais que ca me manquerait au bout d'une demi journée.
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isdo
Re: Eje en souffrance
Bonjour,
Lolo,ce que vous racontez est très très répandu dans pas mal de structures.
Je suis E.J.E depuis decembre 2004 et je peux vous dire que j'ai vécu des choses difficiles depuis 6 ans!J'ai changé 3 fois d'établissement en 3 ans...
Là je suis dans la même crèche depuis août 2007.Pas parce que c'est mieux que les autres crèches mais parce que je cherche à quitter LA CRECHE COLLECTIVE et j'espère trouver un travail dans un RAM ou crèche familiale(j'ai eu plusieurs entretiens) mais plus jamais dans une crèche collective où c'est le "bordel" tous les jours.
J'ai tellement pris sur moi,par rapport au stress,au fait que je ne pouvais que fermer ma bouche "pour ne pas dire autre chose" de voir les enfants en prendre plein la figure par des "professionnelles" non motivées que l'année dernière c'est la catastrophe pour moi,mon corps à dit "stop" mon coeur fatigué (la cardiologue que j'ai vu en urgence m'a dit de m'arrêter pendant un certain temps ) mon dos bloqué (je ne pouvais plus me baisser) avec plus envie d'aller travailler....
Voilà un arrêt maladie de deux mois avec une psychologue que je vois toutes les semaines depuis le mois de septembre.En fait j'ai fait ce qu'on appelle un burn out (épuisement professionnel)
Je suis une personne plutôt forte moralement et je ne me laisse pas intimider par ces professionnelles qui veulent diriger la crèche comme si elles étaient la direction!!Et bien c'est moi qui a tout pris dans la figure.Maintenant je me protège dès que je ne vais pas bien je vais voir mon médecin (je fais comme mes collègues que je remplace tous les jours à tour de bras!)
Là j'ai tenu 5 mois et je me suis arrêtée la semaine dernière...Oui je sais c'est pas la solution mais moi j'ai pas envie de crever au boulot pour des collègues qui ne sont là que pour un métier alimentaire pour la majorité..
J'ai un traitement pour le coeur,j'ai un problème au cerveau lié au stress suite à une IRM on a vu que certains endroit ne sont vascularisés et c'est irréverssible.Alors Lolo si tu le peux PART de cet endroit tu ne pourras pas régler tous les problèmes seule.....Moi comment dit-on?moi j'achète la paix et je me tais et je fais mon boulot sans me prendre la tête.Avec la psy je travaille sur le "lacher prise" et ça marche .Ma hiérarchie est au courrant car lorsque je vais en entretien annuel je ne mâche pas mes mots mais comme tout le monde se fiche de ça!!Et puis il faut le savoir dans une crèche il y a 14 auxiliaires environ et 2 EJE et il est plus simple pour la hiérarchie de se mettre 2 EJE à dos que 14 auxiliaires ...C'est de là que vient réellement le problème.
Et puis le décret Morano n'a rien arrangé..On fait quoi en crèche lorsqu'il manque des collègues? Et bien on compose et on fait de la garderie....et des heures supp .
Bien sur je sais ce n'est pas comme ça partout mais dans la majorité des crèches collectives c'est ainsi ..On devrait faire un sondage (c'est vrai il n'y en a jamais des sondages sur les crèches)
Bon courage et prend du recul ....
Lolo,ce que vous racontez est très très répandu dans pas mal de structures.
Je suis E.J.E depuis decembre 2004 et je peux vous dire que j'ai vécu des choses difficiles depuis 6 ans!J'ai changé 3 fois d'établissement en 3 ans...
Là je suis dans la même crèche depuis août 2007.Pas parce que c'est mieux que les autres crèches mais parce que je cherche à quitter LA CRECHE COLLECTIVE et j'espère trouver un travail dans un RAM ou crèche familiale(j'ai eu plusieurs entretiens) mais plus jamais dans une crèche collective où c'est le "bordel" tous les jours.
J'ai tellement pris sur moi,par rapport au stress,au fait que je ne pouvais que fermer ma bouche "pour ne pas dire autre chose" de voir les enfants en prendre plein la figure par des "professionnelles" non motivées que l'année dernière c'est la catastrophe pour moi,mon corps à dit "stop" mon coeur fatigué (la cardiologue que j'ai vu en urgence m'a dit de m'arrêter pendant un certain temps ) mon dos bloqué (je ne pouvais plus me baisser) avec plus envie d'aller travailler....
Voilà un arrêt maladie de deux mois avec une psychologue que je vois toutes les semaines depuis le mois de septembre.En fait j'ai fait ce qu'on appelle un burn out (épuisement professionnel)
Je suis une personne plutôt forte moralement et je ne me laisse pas intimider par ces professionnelles qui veulent diriger la crèche comme si elles étaient la direction!!Et bien c'est moi qui a tout pris dans la figure.Maintenant je me protège dès que je ne vais pas bien je vais voir mon médecin (je fais comme mes collègues que je remplace tous les jours à tour de bras!)
Là j'ai tenu 5 mois et je me suis arrêtée la semaine dernière...Oui je sais c'est pas la solution mais moi j'ai pas envie de crever au boulot pour des collègues qui ne sont là que pour un métier alimentaire pour la majorité..
J'ai un traitement pour le coeur,j'ai un problème au cerveau lié au stress suite à une IRM on a vu que certains endroit ne sont vascularisés et c'est irréverssible.Alors Lolo si tu le peux PART de cet endroit tu ne pourras pas régler tous les problèmes seule.....Moi comment dit-on?moi j'achète la paix et je me tais et je fais mon boulot sans me prendre la tête.Avec la psy je travaille sur le "lacher prise" et ça marche .Ma hiérarchie est au courrant car lorsque je vais en entretien annuel je ne mâche pas mes mots mais comme tout le monde se fiche de ça!!Et puis il faut le savoir dans une crèche il y a 14 auxiliaires environ et 2 EJE et il est plus simple pour la hiérarchie de se mettre 2 EJE à dos que 14 auxiliaires ...C'est de là que vient réellement le problème.
Et puis le décret Morano n'a rien arrangé..On fait quoi en crèche lorsqu'il manque des collègues? Et bien on compose et on fait de la garderie....et des heures supp .
Bien sur je sais ce n'est pas comme ça partout mais dans la majorité des crèches collectives c'est ainsi ..On devrait faire un sondage (c'est vrai il n'y en a jamais des sondages sur les crèches)
Bon courage et prend du recul ....
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loli
Re: Eje en souffrance
Chère Lolo,
je n'ai qu'une envie c'est de te dire rejoins moi sur le post intitulé "du diplome à la réalité"... Tu verras ce que je peux vivre au quotidien et aussi que nous ne sommes pas seule.
En lisant ton post, j'ai cru un instant que c'était moi qui l'avait écrit....
A très vite.
Loli
je n'ai qu'une envie c'est de te dire rejoins moi sur le post intitulé "du diplome à la réalité"... Tu verras ce que je peux vivre au quotidien et aussi que nous ne sommes pas seule.
En lisant ton post, j'ai cru un instant que c'était moi qui l'avait écrit....
A très vite.
Loli
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Ju
Re: Eje en souffrance
Bonjour Lolo,
J'ai beaucoup d'empathie pour toi en lisant ce message et je crois que, malheureusement, bon nombre de nouveaux professionnels EJE passent par ce genre de situation au moins une fois.
Ce que je ressens en lisant ton écrit c'est une grande souffrance de ta part mais également une grande souffrance de la part des professionnelles. Ce mode d'expression envers toi n'exprime-t-il pas une attente vis à vis de toi?
J'entends par là que les professionnelles me donnent l'impression de te tester pour voir comment tu vas t'en sortir. Une sorte de "rite de passage" que, si tu le réussis, elles sauront qu'elles pourront s'appuyer sur toi et avoir confiance en toi. JE pense qu'il leur faut quelqu'un de fort, qui puisse tenir le choc, leur tenir tête. Montres que tu es là pour les aider, les soutenir et valoriser leur travail.
C'est un mauvais cap à passer mais, si tu as le soutien de ta direction je pense que tu peux y arriver. Courage!!! Elles ont besoin de toi même si elles te laissent penser le contraire!
J'ai beaucoup d'empathie pour toi en lisant ce message et je crois que, malheureusement, bon nombre de nouveaux professionnels EJE passent par ce genre de situation au moins une fois.
Ce que je ressens en lisant ton écrit c'est une grande souffrance de ta part mais également une grande souffrance de la part des professionnelles. Ce mode d'expression envers toi n'exprime-t-il pas une attente vis à vis de toi?
J'entends par là que les professionnelles me donnent l'impression de te tester pour voir comment tu vas t'en sortir. Une sorte de "rite de passage" que, si tu le réussis, elles sauront qu'elles pourront s'appuyer sur toi et avoir confiance en toi. JE pense qu'il leur faut quelqu'un de fort, qui puisse tenir le choc, leur tenir tête. Montres que tu es là pour les aider, les soutenir et valoriser leur travail.
C'est un mauvais cap à passer mais, si tu as le soutien de ta direction je pense que tu peux y arriver. Courage!!! Elles ont besoin de toi même si elles te laissent penser le contraire!
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julie
Re: Eje en souffrance
Bonjour, oui le travail en crèche n'est pas toujours limpide et loin de là.
Les EJE sont pourtant très nombreuses dans ces structures.
Depuis le début de ma formation en 2000, je savais et je l'ai toujours dis (aux élèves, aux formateurs) je refuse de travailler dans des structures que j'appelle "usines à enfants"
L'enfant y est mal accueilli, le jeune enfant est selon moi tout sauf apte à supporter la collectivité, et les adultes subissent eux aussi l'effet usine des structures, nombre trop important des enfants par rapport à la surface de l'établissement. Le rythme ,les horaires très difficiles à vivre et j'en passe. Les adultes craquent, ou se mettent en arrêt, et font subir les douces violences aux enfants parce que rien n'est réellement adapté!
Tu as deux choix, rester dans ta structures qui a l'air pire que certaine en croyant que ta présence pourra changer quelque chose (au détriment des enfants, de ta santé) ou partir et rechercher une structure à moindre échelle où les besoins des enfants et les tiens seront mieux respectés!
Pour ma part j'ai travaillé un mois en crèche, j'ai démissionné puis me suis tourné vers d'autres structures que celles accueillant de jeunes enfants. je suis une éducatrice contente d'aller à son travail, je suis épanouie, je travaille dans une équipe où ma parole est écoutée, nos actions sont réfléchies, étudiées, par contre j'ai fait le choix de travailler avec des enfants plus âgés mais ce qui me convient tout autant.
Les EJE sont pourtant très nombreuses dans ces structures.
Depuis le début de ma formation en 2000, je savais et je l'ai toujours dis (aux élèves, aux formateurs) je refuse de travailler dans des structures que j'appelle "usines à enfants"
L'enfant y est mal accueilli, le jeune enfant est selon moi tout sauf apte à supporter la collectivité, et les adultes subissent eux aussi l'effet usine des structures, nombre trop important des enfants par rapport à la surface de l'établissement. Le rythme ,les horaires très difficiles à vivre et j'en passe. Les adultes craquent, ou se mettent en arrêt, et font subir les douces violences aux enfants parce que rien n'est réellement adapté!
Tu as deux choix, rester dans ta structures qui a l'air pire que certaine en croyant que ta présence pourra changer quelque chose (au détriment des enfants, de ta santé) ou partir et rechercher une structure à moindre échelle où les besoins des enfants et les tiens seront mieux respectés!
Pour ma part j'ai travaillé un mois en crèche, j'ai démissionné puis me suis tourné vers d'autres structures que celles accueillant de jeunes enfants. je suis une éducatrice contente d'aller à son travail, je suis épanouie, je travaille dans une équipe où ma parole est écoutée, nos actions sont réfléchies, étudiées, par contre j'ai fait le choix de travailler avec des enfants plus âgés mais ce qui me convient tout autant.
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Claire
Re: Eje en souffrance
Bonjour,
un cap à passer ok, mais 6 mois de souffrances, ce n'est plus juste un test.
J'ai malheureusement observé la même chose dans une crèche collective de 80 places. Pas de projet péda parce que personne ne veut prendre le temps de faire des réunions. Pas de discussions, d'analyse pratique parce que pas le temps et surtout pas du tout l'envie de se remettre en question. Beaucoup de pro désabusées qui attendent que les journées passent et en accordant plus d'importance à poser leurs vacances et rtt plutôt que de s'occuper des enfants... Et je ne parle pas du travail d'usine pour les enfants qui ne sont pas du tout considérés...
Tout ça pour dire qu'il y a un travail de fond à faire, des choses vieilles de dizaines d'années à soulever. Malheureusement seule on ne peut rien faire, surtout si l'on a aucun appui de la part de la direction.
Pour ma part, après cette expérience, j'ai choisi de m'orienter sur une crèche associative de 17 places avec un rapport humain aussi bien avec les enfants et les familles. J'y ai même trouvé une équipe ultra motivée et ouverte !
Donc soit la direction prend réellement son rôle au sérieux et met un coup de pied dans la fourmilière. En sachant que ça sera très douloureux et pourra prendre beaucoup de temps pour tout retravailler, mais professionnellement ça peut valoir le coup. Soit tu t'écoutes et tu cherches un poste qui te correspond plus. Surtout que si tu mets ta santé en danger, tu ne pourras plus exercer ce beau métier de façon sereine.
Bon courage.
un cap à passer ok, mais 6 mois de souffrances, ce n'est plus juste un test.
J'ai malheureusement observé la même chose dans une crèche collective de 80 places. Pas de projet péda parce que personne ne veut prendre le temps de faire des réunions. Pas de discussions, d'analyse pratique parce que pas le temps et surtout pas du tout l'envie de se remettre en question. Beaucoup de pro désabusées qui attendent que les journées passent et en accordant plus d'importance à poser leurs vacances et rtt plutôt que de s'occuper des enfants... Et je ne parle pas du travail d'usine pour les enfants qui ne sont pas du tout considérés...
Tout ça pour dire qu'il y a un travail de fond à faire, des choses vieilles de dizaines d'années à soulever. Malheureusement seule on ne peut rien faire, surtout si l'on a aucun appui de la part de la direction.
Pour ma part, après cette expérience, j'ai choisi de m'orienter sur une crèche associative de 17 places avec un rapport humain aussi bien avec les enfants et les familles. J'y ai même trouvé une équipe ultra motivée et ouverte !
Donc soit la direction prend réellement son rôle au sérieux et met un coup de pied dans la fourmilière. En sachant que ça sera très douloureux et pourra prendre beaucoup de temps pour tout retravailler, mais professionnellement ça peut valoir le coup. Soit tu t'écoutes et tu cherches un poste qui te correspond plus. Surtout que si tu mets ta santé en danger, tu ne pourras plus exercer ce beau métier de façon sereine.
Bon courage.
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loli
Re: Eje en souffrance
Ju, j'ai envie de te dire que même si cela parait être un rituel de passage pour voir si elles peuvent avoir confiance en nous EJE (jeunes diplomées) nous ne sommes pas le sauveur des équipes donc aider, soutenir ou encore valoriser le travail de l'autre c'est pour moi le travail de toute l'équipe. Qui a dit que l'EJE devait tout supporter? et avoir droit à un rite de passage pour avoir le droit d'exercer sa profession????? L'empathie c'est bien mais cela a ses limites et non pas au prix d'un mal être quotidien au sein de la crèche!!!!!
Courage Lolo, j'espère que tu es allais voir sur le post que je t'ai donné car tu verras nous ne sommes vrament pas les seules malheureusement.
Courage Lolo, j'espère que tu es allais voir sur le post que je t'ai donné car tu verras nous ne sommes vrament pas les seules malheureusement.
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lolo
Re: Eje en souffrance
Vos réponses me font énormément de bien, merci à tout le monde. Ju, je suis consciente que ces "professionnelles" ne doivent pas se sentir spécialement bien dans leur travail. Malheureusement (ou heureusement), ca n'est pas à moi d'en payer le prix fort et attendre que ca se tasse. Je trouve que 6 mois c'est un très long test, en effet 
J'ai toujours senti que je ne pourrai pas m'épanouir dans des grosses structures collectives mais j'ai sans doute écouté certaines voix de formateur qui me disaient "que ca serait pas mal de me faire la main en crèche, pour bien connaitre les enfants et le métier d'EJE". Aujourd'hui je considère que c'est FAUX et ARCHIFAUX!! Je refuse de laisser pourrir mon identité professionnelle "le temps de me faire la main". Je pense que je vais me prendre en main, refaire plein de lettres de motivations, quitte à perdre sur mon salaire mais là je n'en peux plus, ma vie perso s'en ressent beaucoup. Tiens encore ce matin à 8h (oui oui un dimanche), on m'informe que mes horaires de demain vont changer et que je serai seule avec un groupe de 12 petits moyens jusqu'à 9h45. Bref, il faut que je réagisse et que je m'en aille. Et que j'essaye de me mettre en tête que ca ne sera pas un échec.
Loli, merci pour ton empathie, je viens d'aller voir ton post et effectivement c'est halucinant, nous vivons sensiblement les mêmes choses.
J'ai toujours senti que je ne pourrai pas m'épanouir dans des grosses structures collectives mais j'ai sans doute écouté certaines voix de formateur qui me disaient "que ca serait pas mal de me faire la main en crèche, pour bien connaitre les enfants et le métier d'EJE". Aujourd'hui je considère que c'est FAUX et ARCHIFAUX!! Je refuse de laisser pourrir mon identité professionnelle "le temps de me faire la main". Je pense que je vais me prendre en main, refaire plein de lettres de motivations, quitte à perdre sur mon salaire mais là je n'en peux plus, ma vie perso s'en ressent beaucoup. Tiens encore ce matin à 8h (oui oui un dimanche), on m'informe que mes horaires de demain vont changer et que je serai seule avec un groupe de 12 petits moyens jusqu'à 9h45. Bref, il faut que je réagisse et que je m'en aille. Et que j'essaye de me mettre en tête que ca ne sera pas un échec.
Loli, merci pour ton empathie, je viens d'aller voir ton post et effectivement c'est halucinant, nous vivons sensiblement les mêmes choses.
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Yoda
Re: Eje en souffrance
Lolo, je te fais moi aussi part de toute mon empathie, je vis une situation un peu similaire et le plus dur c'est que ça atteind l'identité dans toute sa profondeur...
Il nous faudrait un outil de communication et de partage... ça me ferait un bien fou de partager ce que je vis et d'avoir des regards différents! Un blog?
Bon courage à tous!
Il nous faudrait un outil de communication et de partage... ça me ferait un bien fou de partager ce que je vis et d'avoir des regards différents! Un blog?
Bon courage à tous!
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Ophélie
Re: Eje en souffrance
Bonjour à tous et à toutes,
l'EJE Journal n°34 du mois prochain (avril/mai 2012) comporte un dossier entier et assez conséquent sur le malaise des EJE au travail et il y a bcp de témoignages comme le tiens lolo... accompagné d'un avis de psy d'analyse des pratiques, j'ai trouvé très intéressant... Pour une fois j'ai lu du début à la fin...
Si cela vous intéresse, j'y suis abonnée, mais il doit déjà être en vente...
Bon courage!
l'EJE Journal n°34 du mois prochain (avril/mai 2012) comporte un dossier entier et assez conséquent sur le malaise des EJE au travail et il y a bcp de témoignages comme le tiens lolo... accompagné d'un avis de psy d'analyse des pratiques, j'ai trouvé très intéressant... Pour une fois j'ai lu du début à la fin...
Si cela vous intéresse, j'y suis abonnée, mais il doit déjà être en vente...
Bon courage!