Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

appel à temoin sur la schysophrénie!!

La communauté Educateur Spécialisé se retrouve sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
LG psychologue

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par LG psychologue » 23 mars 2007 16:05

bonjour,

la question des facteurs héréditaires dans la schizophrénie est sujet à contreverses...certaines équipes travaillent (en Israêl notamment)sur le lien entre schizophrénie et facteur génétique TOUT cela est à prendre avec précaution....un terrain héréditaire rien n'est démontré avec précision à ma connaissance, l'inverse non plus d'ailleurs.... on parle bien par exemple de "dépression endogène"... bon, ce qui compte c'est le désir d'enfant !!!

impossible de prédire quoi que ce soit avec cette maladie, les interactions sociales précoces ont un rôle à jouer aussi, la communication etc etc... Cette maladie relève de causes à effets "bio psychosociales " où s'entrechoquent des facteurs biologiques,psychiques sociaux, relationnels, émotionnels, culturels, familiaux, éducationnels....pas de modèles explicatifs uniques loin de là...la schizophrénie transgénérationnelle: voilà un bon sujet de rechErche...

Je ne sais si cela répond à votre question,

bien cordialement
LG

gwladys

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par gwladys » 23 mars 2007 22:26

Bonjour à tous,

Je voudrais savoir si des recherches ont été faites dans un éventuel lien causal : schysophrénie et environnement.
je m'explique, j'ai vécu dans un département, où il existe de nombreux centres psychiatriques, à moins de 30 km les uns des autres. Je sais que dans l'histoire de la psychiatrie, l'état s'est approprié des bâtiments souvent, retirés et plus particulièrement en campagne pour favoriser les soins des personnes de troubles psychiatriques. En dehors du fait, du nombre important de centres,

gwladys

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par gwladys » 23 mars 2007 22:42

Désolée, j'ai envoyé par inadvertance mon message.
je termine...je me posais donc la question à savoir :
dans la communauté de commune où j'ai grandi, je connais un nombre important de jeunes de ma génération atteints de troubles psychotiques, diagnostiqués schyzophrénes pour certains.
( 10 jeunes de 30 ans aujourd'hui pour grosso modo 30 000 habitants). Le diagnostic est tombé vers l'âge de 20 ans, ils ont tous pour similitude un passé "éxagéré" avec le cannabis et d'autres psychotropes.
de ce fait je soulève plusieurs interrogations:

Est ce parce que les gens se connaissent , qu'il est plus facile de constater le nombre de cas similaires ?

Est l'effet du cannabis qui aurait révelé une maladie latente chez ces jeunes ?

Est ce que la schizophrénie peut avoir un lien avec l'environnement ? Les chercheurs sur la sclérose en plaques se posent la question de l'influence climatique comme une des origines de la maladie. Qu'en est-il de la schizophrénie ?

Merci pour vos réponses et pour ce partage d'informations et d'expériences.

gwladys

rachel

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par rachel » 24 mars 2007 09:13

je suis en formation d'AMP et je souhaite ajouter quelques détails à l'explication de cette maladie, qui m'ont aidés à la comprendre. Les personnes atteintes de psychoses (schizophrénie entre autres) ne vivent pas dans la réalité. C'est ce qui fait la grande différence entre psychose / névrose, les personnes névrosées étant dites normales. Les personnes psychotiques ne se considèrent pas comme malaldes, puisque leurs hallucinations sont réelles, tout ce qu'elles voient, entendent ou ressentent est réel. Comment aider une personne atteinte de schizophrénie? D'abord croire en ce qu'elle ressent, mais toujours la ramener à la réalité. C'est aussi pour cela que lorsqu'elles vont mieux, elles refusent tout traitement, d'abord parce qu'elles peuvent souffrir de paranoia et penser qu'on veut les empoisonner etc..., et aussi parce qu'elles pensent être guérie. On ne guérit pas de la schizophrénie, on peut au mieux en atténuer les symptomes.

LG psychologue

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par LG psychologue » 24 mars 2007 12:47

bonjour,

il y a plusieurs types de "schizophrénies" décrits dans les classifications internationales des troubles psychiatriques: "trois" plus exactement (inutile de détailler ici). le terme même de "schizophrénie" est lui même questionné, remis en cause par certains spécialistes comme en ANgleterre par exemple Chadwick et coll. ( Travaux en psychothérapie cognitive et comportementale des délires, pensées des schizophrènes...). Le terme "psychose" renvoie dans l'acception psychanalytique à une relation d'objet consitituée d'une angoisse existentielle de "morcèlement" (non différenciation objet-sujet)...les hallucinations sont en fait un phénomène normal que nous pouvons tous connaître à un moment donné de notre vie (mirage dans le désert, voie dans l'espace, expérience de vie extrême, consommation de substances etc). pour la psychiatrie, la schizophrénie (terme inventé par BLEULER au 19 eme) est une maladie mentale à cause biologique qu'il est nécessaire de traiter par actions de "recapture" des neurotransmetteurs défaillants dans le cerveau (pas la même approche que la psychanalyse donc ) depuis les années 70, beaucoup de progrés ont été fait au niveau des classes de neuroleptiques par exemple (mais bon , il y a aussi le revers de la médaille du progrés)

d'autres travaux mettaient en cause le mode communicationnel et interactionnel des milieux familiaux pour expliquer la schizophrénie (notamment incriminé la mère et son rôle) mais là, erreur, on le sait depuis...

il existe des travaux en psychologie dite de l'environnement, les liens entre troubles psy et environnement , hypothèse à étudier de prés,.... ce que vous décrivez relève plus à mon sens du "style de vie"...le terrain des schizophrénies c'est l'adolescence en effet, voir la pré-ado, la consommation de drogues est un facteur indéniable déclenchant, activateur, révélateur...aprés, savoir s'il y plus de schizophrènes dans tel type d'environnement (au nord qu'au sud par exemple)et établir des liens ...déjà, faudrait définir la notion "d'environnement"; social, familial, climatique,groupal, naturel, matériel, rural, citadin...au jour d'aujourd'hui,personne ne peut le dire et le démontrer.

complexes les schizophrénies, en terme de recherche et d'études, difficile en terme de conséquences psychosociales pour les proches , le sfamilles, les équipes de soignants, de professionnels sociaux qui ont en charge l'aide au quotidien....on peut agir efficacement mais jamais "seul", toujours en équipe...ce qui est difficile alors c'est de respecter et laisser la liberté nécessaire à celui qui est aliéné par le "soi , le monde, les autres," d'être et exister
autrement, dans un réél normé à sa façon, de comprendre ce réél sans jamais juger, stigmatiser...parfois les équipes oublient ce principe car comme disait Henri Ey (psychiatre français de renom): "les maladies mentales sont des maladies de la liberté"

bien à vous LG

natala

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par natala » 24 mars 2007 23:48

bonjour,
je fais un remplacement en tant qu'ES de 3 semaines sur un lieu de vie accueillant des personnes handicapés psychiques: quand on m'a appelé pour ce remplacement, le directeur m'a décrit la population comme des adultes aux troubles psychiques. Au moment de signer le contrat, il m'explique que ce sont de grands ma lades mentaux, 90% d'entre eux sont schizophrènes! je déboule donc sur ce lieu de vie qui accueille 60 résidants!l'équipe est maoritairement éducative et non soignante ( AMP,ME,ES...et...2 infirmiers!). Bref, je suis assez déstabilisée par ce fonctionnement et me pose beaucoup de questions car ce sont effectivement de "grands malades" hospitalisés en séquentiel à l'HP, pouvant ëtre violents et imprévisibles, bien qu'ils soient "stabilisés" par une camisole chimique impressionnante, (qu'ils prennent d'ailleurs sans rechiner).il y a beaucoup d'activités en semaine (jusqu'à 16h) Ce qui est très interessant (ils font d'ailleurs du théatre et c'est extraordinaire) mais le reste de la journée, et surtout le w.e, c'est le néant.c'est l'errance dans les couloirs et l'envie de rien, les angoisses qui remontent, des délires et des souffrances qui se révèlent derrière des demandes qui paraissent soit futiles, soit obsessionnelles. Le pire c'est les repas, où ils se retrouvent à 60 : nous ne mangeons pas avec eux, nous les servons!C'est un moment difficile pour eux et pour nous ( le soir nous sommes 4 ou 3!)..bref je précise également que nous portons des blouses ( je comprend cela comme la nécessité d'instaurer une distance). Bref en fait je me questionnais juste sur l'intérêt d'une telle prise en charge: ils sont 60 en grande souffrance à vivre ensemble! et sur le fait que je ne connaissais pas ce public (je connaissais le handicap mental, ce qui est différent!) et que je ne puisse pas faire grand chose car je dois éviter d'être seule avec eux (ce qui ne me rassure pas même si je n'ai pas vraiment "peur" d'eux!)et qu'avec 60 résidents c'est quand même la merde pour faire des sorties et des activités alors que c'est un public "à risque" (tendance à penser au suicide et possibilité de mettre en danger les autres) ...donc excusez moi d'en écrire une tartine, mais j'avais besoin d'en parler: que pensez vous, en tant que travailleurs sociaux de ce type de prise en charge( parce que moi, j'ai vraiment du mal,je trouve que cela est violent pour les personnes accueillies, donc est-ce moi qui faiS des chichis?) et, vous , LG, en tant que psychologue que pensez vous du fait de ne pas avoir de formation spécifique pour travailler avec ce ublic? trouvez vous ça judicieux et prudent?car je me rend compte que je ne sais pas toujours quelle positionnement avoir, quels réponses et quels aides apporter car finallement je ne connais pas leurs pathologies!merci! en tout cas, les discussions de ce forum m'ont déjà apporté des réponses! natala

LG psychologue

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par LG psychologue » 25 mars 2007 16:01

bonjour,

votre questionnement est légitime au vu des conditions que vous décrivez!! travailler avec ce public sans avoir eu au préalable une formation (où sensibilisation) est impensable...
quel est le projet de ce foyer? et celui de l'équipe? les activités ont un sens dans la mesure où elles s'incrivent dans une démarche , un objectif thérapeutique et/où social, un parcours individualisé...y'at-il un psy dans ce foyer? demandez lui conseil (via les réunions institutionnelles) si je peux vous apporter une aide par le biais de ce site, volontiers..

bonne chance LG

gwladys

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par gwladys » 25 mars 2007 20:34

Je te rejoins dans tes inquiétudes concernant la prise en charge des personnes déficientes psychiques.
En effet, il ya quelques années, j'ai été employée dans une structure qui acceuille des personnes déficientes psychiques ( schyzophrénie, psychotiques, potomanie...) dits " stabilisées".
je n'avais jamais travaillé avec ce public sinon avec des enfants et adolescents inadaptés. je n'ai reçu aucune formation sinon des lectures et des conférences concernant cette pathologie.
Cette association se réclamait non médicalisée, j'étais la seule employée, les autres personnes qui aidaient à l'encadrement étaient tous des parents d'enfants déficients. Les premiers temps, je me suis bien adaptée au public, à ses difficultés. Toutefois, je me suis sentie démunie quand les symptomes de pré-crise de certains ont commencé. J'accueillais alors une vingtaine de personnes. nous étions 3 accompagnateurs en temps normal, mais il m'est arrivée de me retrouver seule avec une quinzaine de personnes. J'emportais avec moi, les angoisses, les troubles des personnes à la maison . Je me sentais impuissante à répondre à leur souffrance. Je me sentais isolée dans ma fonction, et frustrée de ne pas les aider de mon mieux . Mon rôle était de proposer des ateliers éducatifs afin de permettre à ces personnes de s'insérer, de se maintenir dans la réalité à l'aide d'activités concrêtes et de valoriser leur potentiel. Mon rôle était donc de développer des animations collectives . Celui-ci a vite évolué vers un accompagnement individuel compte-tenu du besoin d'écoute des uns et des autres. J'ai dû travailler en étroite collaboration avec le personnel de l'hôpital psychiatrique, car beacoup de personnes faisaient des rechutes. J'ai vécu 1 suicide mortel et 2 tentatives. J'ai dû faire de nombreux signalements pour permettre des HP pour protéger et soigner les personnes.
J'ai fini par démissionner, mentionnant dans ma lettre que je trouvais anormal d'accueillir des personnes souffrantes de troubles psychiques, sans avoir un minimu de formation et de bagage, et de se retrouver seule dans cette prise en charge. On peut avoir les épaules solides, être autodicdates, faire par intuition et par savoir-être, mais on ne peut pas tout faire si on est seul. Dans ce cadre de cette structure, même si elle a un but convivial, un relai entre l'hopital et la vie à domicile, on peut quitter les blouses blanches tout en étant une équipe pluri-disciplinaire.

L'éducateur a pour vocation d'assurer la sécurité morale et affective des personnes, non seulement je ne pouvais pas assurer à moi seule ce rôle mais je me mettais en danger. Je pense qu'il faut savoir dire stop et non quand on ne peut exercer ses fonctions dans un cadre sécurisant.

natala

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par natala » 25 mars 2007 22:03

merci pour vos réponses que je trouve justes et proches de ma conception des choses. Aujourd'hui j'ai pû un peu plus parler avec les collègues et je me sens mieux même si je ne serai pas fachée de rendre ma blouse à la fin de la semaine prochaine car je ne trouve pas vraiment ma place.ce qui m'ennuie, c'est que j'ai le sentiment d'être passée dans cet établissement et d'avoir critiqué pas mal de choses ( d'être passé pour qq'un d'hautain peut être) alors que tout de même il y a aussi des projets et activités éducatives très intéressantes.Je crains d'avoir blessé quelques collègues qui travaillent ici depuis plusieurs années alors que je ne juge en aucun cas leur boulot mais plutôt leurs conditions de travail.C'est vrai que c'est facile de critiquer, prendre sa paye et partir...mais bon, cette expérience me confortera dans mon malaise face aux grosses institutions..mais m'aura permis aussi de découvrir la maladie mentale et de faire des rencontres enrichissantes et touchantes

Gwladys

Re: appel à temoin sur la schysophrénie!!

Message non lu par Gwladys » 26 mars 2007 18:03

Tu as raison de relativiser, chaque expérience quelque soit sa dureté est enrichissante.
Aujourd'hui, ces mises en situations d'écoute, et souvent d'urgences me servent dans mes pratiques, je travaille avec des personnes déficientes physiques auxquelles s'associent bien souvent des troubles psychologiques ou psychiques quelquefois réveillés par le handicap, ou liés directement à celui-ci.
Il peut s'en suivre des troubles de la personnalité, des dépressions, des délires schyzoides... Par mon expérience auprès de personnes déficientes psychiques, je peux mieux gérer une situation de crise, ayant acquis un certain savoir-être et une maîtrise de moi-même.
Celle-ci m'a également permis de mieux coinnaître les réseaux, les partenaires et les procédures à suivre.

Continue à sortir du positif de ton expérience, c'est constructeur personnellement et professionnellement.

gwladys

Répondre