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violence nécéssaire en ITEP ?
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pati
violence nécéssaire en ITEP ?
Voilà, je suis diplômée éduc spé et travaille depuis peu dans un ITEP.
Si dans les faits je ne suis pas contre une occasionnelle (petite)fessée ou tirage d'oreille pour remettre les idées en place à mes enfants (5 et 7 ans) je suis totalement contre envers les enfants qui me sont confiés. Or je travaille depuis peu dans un ITEP. Et je me demande comment y faire ma place sans me couler dans le moule.
En effet Les éducateurs hommes sur le groupe dans lequel je suis basent leur rapport à l'enfant sur la force et leur virilité. Je me m'explique, Pascal le grand frère n'est plus une fiction pour moi, entre les "quoi, tu vas m'faire quoi?" (front à front) les "dégage tu m'soules", "la ferme" "j'suis pas ton pote" et autre "non je t'écoute pas tu te tais" le gamin dès qu'il bronche se fait rembarrer par un gars à grosse voix. Si y en a un qui bronche c'est raccompagnement dans la chambre par les oreilles avec un "tu te prends pour qui toi avec ta tête de boloss". Après toi quand tu te ramènes avec ta petite voix, tes bonnes manières et ton 1 mètre 60, les gamins te regardent et limite se foutent de toi. Du coup, pour me faire entendre (malheureusement), je suis obligée de faire comme les gars (éducs) donc je met des coups de préssion. Ca marche, parceque je sais faire, mais ça ne me plait pas, je souhaitais une relation basée sur autre chose que cette violence latente.
Si j'écris aujourd'hui c'est que j'ai passé une étape.
Dans une chambre de trois ( 3 garçons de 11 ans), à l'heure du coucher, y'a N qui s'met à béler (en journée quand tu lui dit un truc il te regarde en bêlant, et attend que tu lui répète plusieurs fois ou que tu l'engueule avant qu'il réponde ou qu'il fasse ce que tu lui a demandé de faire). A l'heure du coucher y s met donc à béler, je lui dit ok bêle encore une fois puisque ça te fait plaisir et dors. Le petit se met à béler sans discontinuer et de plus en plus fort (ok je lui ai peut être tendue la perche), il dit au deux autres allez les gars faites pareil et t'a les trois qui se mettent à hurler.J'regarde 1 minute si y s'arrêtent d'eux même mais non ils surencherissent, du coup je hurle plusieurs CA SUFFIT et là N rigole sors de son lit en bêlant. Il cherche à m'esquiver cours dans la chambre et essaye d'en sortir, et moi je l'empoigne par le pyjama et dans l'élan le fait faire un demi tour en vol et le fait rejoindre son lit presque sans qu'il touche le sol. Le gamin étonné dit: elle a de la force celle là et moi qui continue toujours la voix haute et menaçante. Bref j'ai réglé l'affaire comme un... bonhomme.
Mais à raison, à tort, je ne suis pas fière de moi. J'ai trouvé ma réaction violente mais ne voit toujours pas à l'heure qu'il est ce que j'aurais pu faire. Alors je rejète la faute sur les autres (c'est tellement plus simple). Peut être que les éducs ont essayé d'autres méthodes d'approche et que ça n'a pas marché, mais la ya que du "fais gaffe j'ai une grosse voix donc tu joues pas avec moi". L'autre éducatrice est en mode menace, si tu n'écoute pas je le dirais à Untel (éducateur homme) ou j'appel l'astreinte. Je ne suis pas de cette trempe là. Aussi ma question est reposée "vais je devoir être violente pour me faire entendre par ces jeunes ?" merci de me répondre
Si dans les faits je ne suis pas contre une occasionnelle (petite)fessée ou tirage d'oreille pour remettre les idées en place à mes enfants (5 et 7 ans) je suis totalement contre envers les enfants qui me sont confiés. Or je travaille depuis peu dans un ITEP. Et je me demande comment y faire ma place sans me couler dans le moule.
En effet Les éducateurs hommes sur le groupe dans lequel je suis basent leur rapport à l'enfant sur la force et leur virilité. Je me m'explique, Pascal le grand frère n'est plus une fiction pour moi, entre les "quoi, tu vas m'faire quoi?" (front à front) les "dégage tu m'soules", "la ferme" "j'suis pas ton pote" et autre "non je t'écoute pas tu te tais" le gamin dès qu'il bronche se fait rembarrer par un gars à grosse voix. Si y en a un qui bronche c'est raccompagnement dans la chambre par les oreilles avec un "tu te prends pour qui toi avec ta tête de boloss". Après toi quand tu te ramènes avec ta petite voix, tes bonnes manières et ton 1 mètre 60, les gamins te regardent et limite se foutent de toi. Du coup, pour me faire entendre (malheureusement), je suis obligée de faire comme les gars (éducs) donc je met des coups de préssion. Ca marche, parceque je sais faire, mais ça ne me plait pas, je souhaitais une relation basée sur autre chose que cette violence latente.
Si j'écris aujourd'hui c'est que j'ai passé une étape.
Dans une chambre de trois ( 3 garçons de 11 ans), à l'heure du coucher, y'a N qui s'met à béler (en journée quand tu lui dit un truc il te regarde en bêlant, et attend que tu lui répète plusieurs fois ou que tu l'engueule avant qu'il réponde ou qu'il fasse ce que tu lui a demandé de faire). A l'heure du coucher y s met donc à béler, je lui dit ok bêle encore une fois puisque ça te fait plaisir et dors. Le petit se met à béler sans discontinuer et de plus en plus fort (ok je lui ai peut être tendue la perche), il dit au deux autres allez les gars faites pareil et t'a les trois qui se mettent à hurler.J'regarde 1 minute si y s'arrêtent d'eux même mais non ils surencherissent, du coup je hurle plusieurs CA SUFFIT et là N rigole sors de son lit en bêlant. Il cherche à m'esquiver cours dans la chambre et essaye d'en sortir, et moi je l'empoigne par le pyjama et dans l'élan le fait faire un demi tour en vol et le fait rejoindre son lit presque sans qu'il touche le sol. Le gamin étonné dit: elle a de la force celle là et moi qui continue toujours la voix haute et menaçante. Bref j'ai réglé l'affaire comme un... bonhomme.
Mais à raison, à tort, je ne suis pas fière de moi. J'ai trouvé ma réaction violente mais ne voit toujours pas à l'heure qu'il est ce que j'aurais pu faire. Alors je rejète la faute sur les autres (c'est tellement plus simple). Peut être que les éducs ont essayé d'autres méthodes d'approche et que ça n'a pas marché, mais la ya que du "fais gaffe j'ai une grosse voix donc tu joues pas avec moi". L'autre éducatrice est en mode menace, si tu n'écoute pas je le dirais à Untel (éducateur homme) ou j'appel l'astreinte. Je ne suis pas de cette trempe là. Aussi ma question est reposée "vais je devoir être violente pour me faire entendre par ces jeunes ?" merci de me répondre
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FrAnck
Re: violence nécéssaire en ITEP ?
Bonjour,
Je connait mal le travail en ITEP, par contre, j'ai pu être confronté à un questionnement similaire lors d'un passage en MECS.
Il faut, à mon avis, bien faire la différence entre "violenter" et "contenir".
Violenter est totalement illégal bien entendu. C'est mettre une baffe à un jeune, l'insulter...
Contenir est différent; si l'on reprend l'exemple que vous avez pris (les trois gamins qui "bêlent")
Je pense que vous avez été contenant. Lorsque la parole ne suffit plus pour communiquer avec l'autre alors reste un autre sens : le toucher.
Dans votre situation, manifestement, la parole n'a que peu de poid (et j'ai l'impression que c'est globalement le cas au sein de cet établissement). Lorsque l'on se sent dépassé, instinctivement, on en vient aux mains, et c'est là qu'il faut avoir à l'esprit la différence violence-contention.
Présentement; vous avez contenu le jeune, de manière virulente certes mais ça reste de la contention... Peut être en s'y prenant plus tôt, une main posée sur l'épaule suffirait. (Je n'en sais strictement rien; c'est juste une idée.)
Voilà ce que tout ça m'inspire à la volée.
Cordialement
FrAnck
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pati
Re: violence nécéssaire en ITEP ?
Merci Franck de ta réponse, j'en ai parlé aujord'hui au travail, ils m'ont effectivement rassurés et dit que dans ce cas précis effectivement j'avais fait le bon choix, car dans une situation similaire une éduc dépassée c'était retrouvée avec qutre chambre à gérer soit douze gamins qui braillait et que du coup elle a du fuir (quitter l'appart) et appeler l'astreinte, en son absence, ils avaient tout retourné. Un des éducs ( 12 ans d'ancienneté dans la boite) ma lui conseillé pour la prochaine dès le début des hostilité de sortir, si ils sentent que je ne m'intéresse pas à ce qu'ils font la tension va baisser. L'avantage c'est que je me serais protéger. Il me conseille donc d'éviter d'aller au clash pour me préserver psychologiquement et de reprendre avec le gamin la situation une fois que tout le monde est posé. J'ai envisagé cette solution mais la voyait un peu comme si je laissais l'enfant prendre le contrôle sur moi. Je tenterais quand même le coup voir si c'est gérable.
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mary
Re: violence nécéssaire en ITEP ?
salut Pati !!
ton témoignage mon touche énormément pour plein de raisons ...j'ai travaillé 6 ans en ITEP la première et je fais 1m60 la deuxième !! je me suis confronté exactement aux même pbs que toi mais malgré ma petite taille et ma petite voix le travail en ITEP est super enrichissant notamment si tu te questionnes trés rapidement sur cette question de l'autorité !!! je pourrais t'en écrire des pages sur ma conception et mon expérience mais je crois qu'avant tout ce que cherche l'enfant ou l'ado c'est en effet les limites soit tu les poses dans le même registre qu'eux et tu ne fais qu'accentuer leurs troubles et leur insécurité ce qui au fond motivent leur agitation soit tu te positionne autrement évidement ce autrement est une forme qui doit te convenir. contenir, sécuriser, mettre du cadre par la force et la "virilité" ils ne connaissent que trop je n'ai pas de recette miracle mais il me semble que c'est au quotidien dans tes actes envers eux que les choses vont se construire. ils te respecteront d'autant plus que tu sauras leur monter qu'il existe d'autre façon d'attirer l'attention, d'être apprécié après je ne dis pas loin de là que pousser de la voix est parfois nécessaire ne serait-ce que pour éviter l'escalade mais cela doit être utilisé avec parcimonie et en temps utile !!! c'est tellement facile d'être agressif et violent avec ces enfants qui ne demandent que ça !!! au début je me suis confronté à un moniteur-éducateur type TERMINATOR !!! jusqu'au jour où je me suis interposée entre lui et un enfant j'ai dit stop (avec du recul j'aurais pu le faire bien plus tôt mais je n'avais pas assez d'assurance surement !!) !! depuis il pointe au chômage ou ailleurs mais j'espère n'approche plus les enfants...je ne sais pas toi mais moi très souvent j'utilise l'humour, l'effet de surprise pour désamorcer une situation qui dégénère (je reprends les choses après avec l'enfant) il est important de différé et de faire de la prévention c'est avec la connaissance et les liens que tu va progressivement tisser avec eux que tu sauras quand il faut agir...je pourrais en parler des heures !! un dernier point les enfants ont besoin de te tester de voir si tu sauras être là pour eux !!! le travail en ITEP c'est aussi un processus essai-erreur ce n'est ni l'enfant ni l'adulte qui gagne c'est un apprentissage de l'autre et puis tu travaille en équipe, il y a également enfin normalement un cadre institutionnel n'hésites pas à t'en servir c'était hélas bien l'erreur du gars que je parlais avant il ne faisait appel à personne !!! l'éduc tout puissant je crois qu'en 6 ans en ITEP c'est vraiment le seul qui m'est fait sortir de mes gons !! en tout cas accroches toi au début c'est difficile mais après qu'est-ce que c'est chouette de bosser avec ces gamins ça demande de l'énergie certes !!! voilà un petit témoignage pas plus ...
bye
mary
ton témoignage mon touche énormément pour plein de raisons ...j'ai travaillé 6 ans en ITEP la première et je fais 1m60 la deuxième !! je me suis confronté exactement aux même pbs que toi mais malgré ma petite taille et ma petite voix le travail en ITEP est super enrichissant notamment si tu te questionnes trés rapidement sur cette question de l'autorité !!! je pourrais t'en écrire des pages sur ma conception et mon expérience mais je crois qu'avant tout ce que cherche l'enfant ou l'ado c'est en effet les limites soit tu les poses dans le même registre qu'eux et tu ne fais qu'accentuer leurs troubles et leur insécurité ce qui au fond motivent leur agitation soit tu te positionne autrement évidement ce autrement est une forme qui doit te convenir. contenir, sécuriser, mettre du cadre par la force et la "virilité" ils ne connaissent que trop je n'ai pas de recette miracle mais il me semble que c'est au quotidien dans tes actes envers eux que les choses vont se construire. ils te respecteront d'autant plus que tu sauras leur monter qu'il existe d'autre façon d'attirer l'attention, d'être apprécié après je ne dis pas loin de là que pousser de la voix est parfois nécessaire ne serait-ce que pour éviter l'escalade mais cela doit être utilisé avec parcimonie et en temps utile !!! c'est tellement facile d'être agressif et violent avec ces enfants qui ne demandent que ça !!! au début je me suis confronté à un moniteur-éducateur type TERMINATOR !!! jusqu'au jour où je me suis interposée entre lui et un enfant j'ai dit stop (avec du recul j'aurais pu le faire bien plus tôt mais je n'avais pas assez d'assurance surement !!) !! depuis il pointe au chômage ou ailleurs mais j'espère n'approche plus les enfants...je ne sais pas toi mais moi très souvent j'utilise l'humour, l'effet de surprise pour désamorcer une situation qui dégénère (je reprends les choses après avec l'enfant) il est important de différé et de faire de la prévention c'est avec la connaissance et les liens que tu va progressivement tisser avec eux que tu sauras quand il faut agir...je pourrais en parler des heures !! un dernier point les enfants ont besoin de te tester de voir si tu sauras être là pour eux !!! le travail en ITEP c'est aussi un processus essai-erreur ce n'est ni l'enfant ni l'adulte qui gagne c'est un apprentissage de l'autre et puis tu travaille en équipe, il y a également enfin normalement un cadre institutionnel n'hésites pas à t'en servir c'était hélas bien l'erreur du gars que je parlais avant il ne faisait appel à personne !!! l'éduc tout puissant je crois qu'en 6 ans en ITEP c'est vraiment le seul qui m'est fait sortir de mes gons !! en tout cas accroches toi au début c'est difficile mais après qu'est-ce que c'est chouette de bosser avec ces gamins ça demande de l'énergie certes !!! voilà un petit témoignage pas plus ...
bye
mary
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pati
Re: violence n�c�ssaire en ITEP ?
Bonjour Mary,
Merci de ton témoignage, quelque part ça me remonte le moral. En même temps il me désole car tu m'as parlé d'un terminator, sauf que dans mon ITEP, il y en a plusieurs. Ya même un gars qui est payé pour ça, c'est à dire qu'il fait le tour de l'institution, il surgit et si il en voit un qui fait la gueule ou a une position qui ne lui va pas, il "gueule", menace, voir chope une oreille.C'est carrement chiant. Exemple / J'ai un petit qui a tout le temps la bougeotte et n'arrive pas à se concentrer sur les activités. Il s'affale sur une table, j'arrive à capter son attention mon objectif étant au fur et à mesure de l'activité lui montrer que se sera plus facile pour lui de se redresser et de s'assoir correctement. Je suis en bonne voie, le petit est motivé et petit à petit se redresse. Terminator débarque et hurle "c'est quoi cette tenue, tu te crois où, ya quoi" Hop le petit s'assoit correctement, se redresse, que dis- je se fige. Terminator s'en va, il a plombé la dynamique d'ensemble du groupe et est parti avec la motivation du petit (6 ans). J'ai été voir cet éduc qui m'a fait comprendre du haut de son ancienneté que c'était le seul moyen de contenir ces enfants. Sinon tu as raison, l'ITEP me semble être un très bon< lieu d'apprentissage de l'Autre, c'est plein de vie (même si plein de cris, et j'ai déjà un bon aperçu des collègues qui pourront m'aider à évoluer sereinement avec ce public.
Merci de ton témoignage, quelque part ça me remonte le moral. En même temps il me désole car tu m'as parlé d'un terminator, sauf que dans mon ITEP, il y en a plusieurs. Ya même un gars qui est payé pour ça, c'est à dire qu'il fait le tour de l'institution, il surgit et si il en voit un qui fait la gueule ou a une position qui ne lui va pas, il "gueule", menace, voir chope une oreille.C'est carrement chiant. Exemple / J'ai un petit qui a tout le temps la bougeotte et n'arrive pas à se concentrer sur les activités. Il s'affale sur une table, j'arrive à capter son attention mon objectif étant au fur et à mesure de l'activité lui montrer que se sera plus facile pour lui de se redresser et de s'assoir correctement. Je suis en bonne voie, le petit est motivé et petit à petit se redresse. Terminator débarque et hurle "c'est quoi cette tenue, tu te crois où, ya quoi" Hop le petit s'assoit correctement, se redresse, que dis- je se fige. Terminator s'en va, il a plombé la dynamique d'ensemble du groupe et est parti avec la motivation du petit (6 ans). J'ai été voir cet éduc qui m'a fait comprendre du haut de son ancienneté que c'était le seul moyen de contenir ces enfants. Sinon tu as raison, l'ITEP me semble être un très bon< lieu d'apprentissage de l'Autre, c'est plein de vie (même si plein de cris, et j'ai déjà un bon aperçu des collègues qui pourront m'aider à évoluer sereinement avec ce public.
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mary
Re: violence nécéssaire en ITEP ?
salut pati
je suis partisane pour parler en équipe du moindre fait de violences physiques ou verbales genre "on ne tire pas l'oreille" et autres et ce qui me met le plus en colère c'est cette façon anti professionnelle de venir invalider ton statut d'adulte professionnel en intervenant dans ton travail...de toute façon un jour il ira trop loin hélas ! ne fais pas comme moi n'attend pas le dernier moment pour en parler non pas qu'à tes collègues mais surtout à ta hiérarchie en toute simplicité voir de dire en présence de l'enfant que toi tu admets des choses dans ton travail avec lui entre autre qui soit mal assis tout en valorisant ce qu'il accompli tant pis pour terminator désolée ça me fou en l'air ce truc on en demande moins à nos propres enfants c'est du dressage !!! il y a l'analyse de la pratique aussi qui peut t'aider c'est un cadre confidentiel avec un tiers qui peut te permettre de parler de ce qui te questionne tirage d'oreille fessée éducative pour moi c'est la même chose !! certes il m'est arrivé de contenir des enfants en crise de nerf, de vivre des choses pas simple mais l'important c'est la stabilité du cadre je suis même allée porter plainte une fois avec l'accord de ma hiérarchie car il ne faut pas confondre agressivité expressions de la souffrance et coup de poing froid et pensé !!! bref je serais curieuse de savoir dans quel itep tu travailles car il n'y en a pas non plus des tas perso je suis sortie du circuit itep pour vivre d'autres choses ailleurs !!!
n'hésites pas en tout cas je suis souvent sur le forum que je trouve utile et enrichissant
bonne continuation
mary
je suis partisane pour parler en équipe du moindre fait de violences physiques ou verbales genre "on ne tire pas l'oreille" et autres et ce qui me met le plus en colère c'est cette façon anti professionnelle de venir invalider ton statut d'adulte professionnel en intervenant dans ton travail...de toute façon un jour il ira trop loin hélas ! ne fais pas comme moi n'attend pas le dernier moment pour en parler non pas qu'à tes collègues mais surtout à ta hiérarchie en toute simplicité voir de dire en présence de l'enfant que toi tu admets des choses dans ton travail avec lui entre autre qui soit mal assis tout en valorisant ce qu'il accompli tant pis pour terminator désolée ça me fou en l'air ce truc on en demande moins à nos propres enfants c'est du dressage !!! il y a l'analyse de la pratique aussi qui peut t'aider c'est un cadre confidentiel avec un tiers qui peut te permettre de parler de ce qui te questionne tirage d'oreille fessée éducative pour moi c'est la même chose !! certes il m'est arrivé de contenir des enfants en crise de nerf, de vivre des choses pas simple mais l'important c'est la stabilité du cadre je suis même allée porter plainte une fois avec l'accord de ma hiérarchie car il ne faut pas confondre agressivité expressions de la souffrance et coup de poing froid et pensé !!! bref je serais curieuse de savoir dans quel itep tu travailles car il n'y en a pas non plus des tas perso je suis sortie du circuit itep pour vivre d'autres choses ailleurs !!!
n'hésites pas en tout cas je suis souvent sur le forum que je trouve utile et enrichissant
bonne continuation
mary
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Hugo
Re: violence nécéssaire en ITEP ?
Bonjour pati,
Je travaille en ITEP depuis un peu plus d'an. Le constat sur le thème de la violence est alarmant, elle est omniprésente. Ce sujet est l'un de nos questionnements "favoris".
L'équipe a été renouvelée en septembre (3 nouveaux titulaires sur 4). Nous devons prendre en charge 12 enfants dont les 2/3 tiers ont des troubles psychiatriques.
Vivre avec cette agressivité n'est pas facile pour les professionnels. Parfois nous sommes obligés de les "contenir" et ceux pour les protéger d'eux-mêmes ainsi que l'entourage. Comment limiter ces actes physiques ? Cette question n'a pas encore trouvé de réponse. Néanmoins notre psychiatre nous a proposé de rappeler à ces enfants qu'ils étaient malade (d'où leur présence parmi nous). Et si ils n'étaient pas en capacité à se calmer ils devaient aller au service médical pour être isolé et/ou avoir un traitement.
En éloignant l'enfant concerné nous avons considérablement diminué l'impact de l'effet de groupe, pour les crises individuels c'est une autre paire de manches.
Dans notre réflexion, nous avons décidé d'alerter la direction en notifiant par écrit tous les actes dangereux de ces jeunes. Une chance pour nous, elle comprend nos difficultés et elle essaye de nous donner des moyens supplémentaires, en plus d'une compréhension accrue. Pour cette raison je vous encourage à ne rien banaliser et à faire des écrits sur les actes posés par les enfants. Cela est long et fastidieux mais aura une répercussion sur le long terme. Profitez-en pour signaler à votre hiérarchie toutes vos difficultés et notamment sur les actes que vous êtes obligés de proposer. De cette manière une discussion ou au moins une compréhension devrait transparaître.
Autres points qui sont en voie de développement au sein de notre équipe. Dans notre réflexion nous abordons souvent la valorisation par des actions méritantes (pour sortir de la spirale de sanction en lien direct avec leur comportement). En plus de cette valorisation nous essayons de réfléchir à l'utilisation de pédagogies actives pour investir l'enfant dans les murs et le responsabiliser dans le vie de groupe. Ces deux points avance très doucement mais au bout de 6-7 mois nous voyons par moment des brides de résultats positifs (encore rare mais présents). Il faut expérimenter tout le temps, avec plus ou moins de réussite.
Pour conclure, je vais abonder dans ton sens. Il est très difficile de sortir de cette violence et malgré toute l’énergie que nous mettons à sortir de cette violence nous devons régulièrement faire opposition physiquement aux enfants. Pour nous rassurer sur ses actes "très éducatifs" nous considérons que la sécurité des autres et de l'enfant est une priorité et que sans notre intervention cela pourrait dégénérer très vite.
Notre équipe tourne très bien et nous discutons beaucoup entre nous. Cela nous permet de faire bloque et de faire émerger une volonté d’avancer vers quelques choses de positif, de commun et de différent. Le soutien des collègue dans ces établissement est primordiale, à mon avis. L’avenir nous dira si cette tendance continuera ou si nous devrons revoir notre copie.
Je travaille en ITEP depuis un peu plus d'an. Le constat sur le thème de la violence est alarmant, elle est omniprésente. Ce sujet est l'un de nos questionnements "favoris".
L'équipe a été renouvelée en septembre (3 nouveaux titulaires sur 4). Nous devons prendre en charge 12 enfants dont les 2/3 tiers ont des troubles psychiatriques.
Vivre avec cette agressivité n'est pas facile pour les professionnels. Parfois nous sommes obligés de les "contenir" et ceux pour les protéger d'eux-mêmes ainsi que l'entourage. Comment limiter ces actes physiques ? Cette question n'a pas encore trouvé de réponse. Néanmoins notre psychiatre nous a proposé de rappeler à ces enfants qu'ils étaient malade (d'où leur présence parmi nous). Et si ils n'étaient pas en capacité à se calmer ils devaient aller au service médical pour être isolé et/ou avoir un traitement.
En éloignant l'enfant concerné nous avons considérablement diminué l'impact de l'effet de groupe, pour les crises individuels c'est une autre paire de manches.
Dans notre réflexion, nous avons décidé d'alerter la direction en notifiant par écrit tous les actes dangereux de ces jeunes. Une chance pour nous, elle comprend nos difficultés et elle essaye de nous donner des moyens supplémentaires, en plus d'une compréhension accrue. Pour cette raison je vous encourage à ne rien banaliser et à faire des écrits sur les actes posés par les enfants. Cela est long et fastidieux mais aura une répercussion sur le long terme. Profitez-en pour signaler à votre hiérarchie toutes vos difficultés et notamment sur les actes que vous êtes obligés de proposer. De cette manière une discussion ou au moins une compréhension devrait transparaître.
Autres points qui sont en voie de développement au sein de notre équipe. Dans notre réflexion nous abordons souvent la valorisation par des actions méritantes (pour sortir de la spirale de sanction en lien direct avec leur comportement). En plus de cette valorisation nous essayons de réfléchir à l'utilisation de pédagogies actives pour investir l'enfant dans les murs et le responsabiliser dans le vie de groupe. Ces deux points avance très doucement mais au bout de 6-7 mois nous voyons par moment des brides de résultats positifs (encore rare mais présents). Il faut expérimenter tout le temps, avec plus ou moins de réussite.
Pour conclure, je vais abonder dans ton sens. Il est très difficile de sortir de cette violence et malgré toute l’énergie que nous mettons à sortir de cette violence nous devons régulièrement faire opposition physiquement aux enfants. Pour nous rassurer sur ses actes "très éducatifs" nous considérons que la sécurité des autres et de l'enfant est une priorité et que sans notre intervention cela pourrait dégénérer très vite.
Notre équipe tourne très bien et nous discutons beaucoup entre nous. Cela nous permet de faire bloque et de faire émerger une volonté d’avancer vers quelques choses de positif, de commun et de différent. Le soutien des collègue dans ces établissement est primordiale, à mon avis. L’avenir nous dira si cette tendance continuera ou si nous devrons revoir notre copie.
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acid
Re: violence nécéssaire en ITEP ?
y a quand même pas mal de clichés la!!!
les enfants qui vivent en itep on malheureusement un besoin constant de rappel au cadre.
les hommes travaillant de ces institutions ont ce rôle, mais pas uniquement. je travaille en Itep depuis 6 ans et je ne pense pas faire uniquement ca...
les enfants qui vivent en itep on malheureusement un besoin constant de rappel au cadre.
les hommes travaillant de ces institutions ont ce rôle, mais pas uniquement. je travaille en Itep depuis 6 ans et je ne pense pas faire uniquement ca...
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lol
Re: violence nécéssaire en ITEP ?
l'analyse des pratiques est un outil d’évaluation intéressant, il permet de te distancier mais surtout de mieux comprendre ou tu en est arrive et de faire autrement . Tu peux également t'appuyer sur l'analyse transactionnelle qui facilite le changement de relation avec les jeunes car chaque usager est différent et fait aussi avec son histoire il s'agit en l’occurrence de s'adapter et d'apporter une réponse individualise selon la problématique du jeune. Il faut s'appuyer sur la boite a outils de l'educateur