Le RSA bénévolat
Publié : 28 mai 2018 18:09
"Le promoteur du RSA bénévolat, Patrick Labaune, est jugé pour détournement de fonds publics"
https://rebellyon.info/Le-promoteur-du- ... rick-19229
J'ai suffisamment roulé ma bosse pour en voir et en entendre, des donneurs de leçons professionnels, des "fais ce que je dis, surtout pas ce que je fais"... mais celui là j'avoue il tient le pompon : comme je ne suis pas étonné.
Ce post ne porte pas comme but un lynchage public, ce qui serait stérile et inutile.
J'aimerais prendre cette information pour initier une réflexion sur le sujet. Il ne faut pas se voiler la face, le dispositif RSA est par essence un dispositif à la mécanique très anxiogène pour les bénéficiaires qui subissent cette situation pour la très large majorité. Ce qui en soit, déjà, n'est pas normal.
D'abord, comment dit-on ? Etre au RSA, avoir le RSA, percevoir le RSA, le langage, la façon de nommer la chose donne déjà une piste sur comment nous sommes amenés, de façon plus ou moins consciente tant cela renvoie à un conditionnement, à assimiler la personne, donc la confondre à sa situation. Confondre la situation et la personne pour finalement en faire "une condition"... de sortie... ou d'insertion bien qu'il est absurde de considérer une personne au RSA comme "non insérée" puisque par définition, nous sommes tous et toutes partie intégrante de la société et ce depuis notre naissance. Un parcours dit de "réinsertion" renvoie à des termes que l'on pourrait tout autant utiliser pour des personnes sortant de prison, avec tout le respect que je dois car il ne s'agit pas de juger ni même de catégoriser (et c'est là toute la difficulté, comprendre l'autre dans sa différence demande de réaliser un certain effort... que la plupart ne font plus). "Que la plupart ne font plus" pourrait être perçu comme une attaque envers le professionnel dans sa pratique mais il ne s'agit pas de critiquer un rouage humain parmi d'autres mais plutôt un ensemble structurel (composé de divers organismes, dont les CG, les chargés de mission, Pôle emploi et tous les partenaires sociaux) qui fait système ou ensemble systémique dont le bénéficiaire devrait par un principe naturel être placé au coeur mais dans la réalité des faits se trouve la plupart du temps en périphérie, voire même en dehors pour les cas les plus difficiles.
La réflexion n'est pas non plus de créer un bénéficiaire type et donc d'assimiler l'ensemble des bénéficiaires à une caricature grossière et non réaliste puisque chaque situation est un cas unique, même si bien évidemment il est toujours possible d'en dégager les contours pour ne dire les grandes lignes, juste comme repères mais sans perdre de vue qu'en face se trouve quelqu'un qui engage sa vie puisque sur le fond, cet engagement contractuel concerne une vie, tout au moins la possibilité de celle-ci : pression inégale, donc, que le bénéficiaire doit pourtant supporter. Vous pourriez me dire que toute situation engage une vie alors j'en viendrai (plus tard) à préciser ma pensée mais dont vous pouvez dorénavant en pressentir l'idée.
Bien sûr nous pouvons questionner de la pertinence d'un contrat qui n'en est pas un (tronqué ou pipé, choisissez le terme qui vous convient le mieux c'est gratuit) bien sûr de la reconnaissance symbolique et de l'importance du geste de signer comme engagement, reconnaissance et acceptation de ses droits et devoirs (du blabla car le bénéficiaire n'est pas stupide, ni même coupable de sa situation). De la profonde méconnaissance de l'autre ou de la mauvaise foi politique ? Je penche pour la deuxième puissance 1000 au moins, avec une bonne dose de première malgré tout car comment comprendre la situation d'une personne lorsqu'on ne l'a pas connu soi-même (?) Quid du stage "Toi aussi devient SDF pendant 15 jours pour te faire une meilleure opinion du monde ?" N'allons pas jusque là mais certains en seraient (malheureusement) bien capables.
Donc, un contrat qui n'en est pas un = contrat inégal qui ne considère pas véritablement l'ensemble des actions engagées par les deux parties (CG / bénéficiaire) puisqu'il s'agit pour la plupart de juger uniquement des actions menées par le bénéficiaire. Le propos n'est pas de dire que les CG ne commettent rien de concret en la matière mais pour la plupart se reposent uniquement sur le sacro saint devoir d'être au minimum inscrit au Pôle emploi = on ferme les yeux SINON attention menace de suspension. Donc juste une condition automatique, procédurière, de routine qui permet de gagner du temps (du côté du CG) de se décharger de toute notion de devoirs sinon juste l'attribution d'un minima, le RSA, qui au demeurant porte très mal son nom puisque il ne s'agit que d'un maigre moyen de subsistance.
Comment est il possible de valoriser le parcours d'un bénéficiaire dans ces conditions ? Lui demander de réaliser des heures de travaux généraux à titre de bénévole ? La question n'est pas de refaire un débat je dirais passé et dépassé (même si par moment il est remis sur le tapis de la haute mauvaise foi politique et de la petite stratégie de quelques opportunistes) mais de se demander comment se fait il que le dispositif RSA a plus d'une génération de retard sur ce que devient la société d'aujourd'hui (en profonde mutation) (?)
https://rebellyon.info/Le-promoteur-du- ... rick-19229
J'ai suffisamment roulé ma bosse pour en voir et en entendre, des donneurs de leçons professionnels, des "fais ce que je dis, surtout pas ce que je fais"... mais celui là j'avoue il tient le pompon : comme je ne suis pas étonné.
Ce post ne porte pas comme but un lynchage public, ce qui serait stérile et inutile.
J'aimerais prendre cette information pour initier une réflexion sur le sujet. Il ne faut pas se voiler la face, le dispositif RSA est par essence un dispositif à la mécanique très anxiogène pour les bénéficiaires qui subissent cette situation pour la très large majorité. Ce qui en soit, déjà, n'est pas normal.
D'abord, comment dit-on ? Etre au RSA, avoir le RSA, percevoir le RSA, le langage, la façon de nommer la chose donne déjà une piste sur comment nous sommes amenés, de façon plus ou moins consciente tant cela renvoie à un conditionnement, à assimiler la personne, donc la confondre à sa situation. Confondre la situation et la personne pour finalement en faire "une condition"... de sortie... ou d'insertion bien qu'il est absurde de considérer une personne au RSA comme "non insérée" puisque par définition, nous sommes tous et toutes partie intégrante de la société et ce depuis notre naissance. Un parcours dit de "réinsertion" renvoie à des termes que l'on pourrait tout autant utiliser pour des personnes sortant de prison, avec tout le respect que je dois car il ne s'agit pas de juger ni même de catégoriser (et c'est là toute la difficulté, comprendre l'autre dans sa différence demande de réaliser un certain effort... que la plupart ne font plus). "Que la plupart ne font plus" pourrait être perçu comme une attaque envers le professionnel dans sa pratique mais il ne s'agit pas de critiquer un rouage humain parmi d'autres mais plutôt un ensemble structurel (composé de divers organismes, dont les CG, les chargés de mission, Pôle emploi et tous les partenaires sociaux) qui fait système ou ensemble systémique dont le bénéficiaire devrait par un principe naturel être placé au coeur mais dans la réalité des faits se trouve la plupart du temps en périphérie, voire même en dehors pour les cas les plus difficiles.
La réflexion n'est pas non plus de créer un bénéficiaire type et donc d'assimiler l'ensemble des bénéficiaires à une caricature grossière et non réaliste puisque chaque situation est un cas unique, même si bien évidemment il est toujours possible d'en dégager les contours pour ne dire les grandes lignes, juste comme repères mais sans perdre de vue qu'en face se trouve quelqu'un qui engage sa vie puisque sur le fond, cet engagement contractuel concerne une vie, tout au moins la possibilité de celle-ci : pression inégale, donc, que le bénéficiaire doit pourtant supporter. Vous pourriez me dire que toute situation engage une vie alors j'en viendrai (plus tard) à préciser ma pensée mais dont vous pouvez dorénavant en pressentir l'idée.
Bien sûr nous pouvons questionner de la pertinence d'un contrat qui n'en est pas un (tronqué ou pipé, choisissez le terme qui vous convient le mieux c'est gratuit) bien sûr de la reconnaissance symbolique et de l'importance du geste de signer comme engagement, reconnaissance et acceptation de ses droits et devoirs (du blabla car le bénéficiaire n'est pas stupide, ni même coupable de sa situation). De la profonde méconnaissance de l'autre ou de la mauvaise foi politique ? Je penche pour la deuxième puissance 1000 au moins, avec une bonne dose de première malgré tout car comment comprendre la situation d'une personne lorsqu'on ne l'a pas connu soi-même (?) Quid du stage "Toi aussi devient SDF pendant 15 jours pour te faire une meilleure opinion du monde ?" N'allons pas jusque là mais certains en seraient (malheureusement) bien capables.
Donc, un contrat qui n'en est pas un = contrat inégal qui ne considère pas véritablement l'ensemble des actions engagées par les deux parties (CG / bénéficiaire) puisqu'il s'agit pour la plupart de juger uniquement des actions menées par le bénéficiaire. Le propos n'est pas de dire que les CG ne commettent rien de concret en la matière mais pour la plupart se reposent uniquement sur le sacro saint devoir d'être au minimum inscrit au Pôle emploi = on ferme les yeux SINON attention menace de suspension. Donc juste une condition automatique, procédurière, de routine qui permet de gagner du temps (du côté du CG) de se décharger de toute notion de devoirs sinon juste l'attribution d'un minima, le RSA, qui au demeurant porte très mal son nom puisque il ne s'agit que d'un maigre moyen de subsistance.
Comment est il possible de valoriser le parcours d'un bénéficiaire dans ces conditions ? Lui demander de réaliser des heures de travaux généraux à titre de bénévole ? La question n'est pas de refaire un débat je dirais passé et dépassé (même si par moment il est remis sur le tapis de la haute mauvaise foi politique et de la petite stratégie de quelques opportunistes) mais de se demander comment se fait il que le dispositif RSA a plus d'une génération de retard sur ce que devient la société d'aujourd'hui (en profonde mutation) (?)