Bonjour,
J'explore ce forum depuis bientôt 7 années... je suis entrée en formation d'Educateur spécialisé en 2007.
Ce forum m'a accompagné tout au long de ma formation et bien évidemment, après celle-ci, lors de mes premiers pas dans ce vaste domaine qu'est l'action socioéducative.
Je ne peux m'empêcher de me demander: comment peut-on influencer les hautes instances afin que les centres de formations diminuent le nombre d'élèves par promotion?
Je sais que beaucoup vont crier "AU SCANDALE"
Mais quand je vois le nombre de posts qui dévient sur la difficulté à trouver un emploi pérenne, je pense qu'il est légitime de se poser cette question.
Naïvement, je me dis que si les centres de formation réduisent le nombre d'étudiants (il faut faire le deuil du plus gros et du plus fort) alors, à la sortie, le nombre de diplômés qui trouveront du travail sera peut-être plus élevé?
Enchainer les CDD pour attendre patiemment que le jeu des chaises musicales se mette en place peut être usant alors qu'il s'agit, pour la plupart, du début de carrière.
Oui, tout le monde n'est pas dans cette situation, quoi qu'il en soit, à raison d'environ 63 000 éducateurs spécialisés en France (chiffre de 2011), nous sommes toujours en attente de fameux départs massifs à la retraite.
Il y a beaucoup de facteurs qui rendent la situation de l'employabilité des E.S complexe. Géographie, mobilité, motivation, compromis des champs d'exercice, type de public... et encore bien d'autres comme "les caisses sont vides"... Donc d'un côté il y a des professionnels diplômés qui coûtent trop chers et restent sur la touche et de l'autre il y moult nouveaux professionnels qui sortent fraichement diplômés et qui attendent, à juste titre, la possibilité d'exercer leur métier.
Alors peut-on revendiquer, légitimement, une lois pour que les associations soient obligées d'employer à plus de 90% de personnes diplômées?
Les organismes de formation sont financés, les associations sont financées et il me semble que les caisses, à l'origine, sont semblables (Etat, Conseil Régional, Conseil Général). Ne serait-ce pas logique que ce qui est investi dans les centre de formation soit au bénéfice des associations qui bénéficient de financements publics?
Alors ne faudrait-il pas réguler le nombre d'étudiants et imposer un taux de personnel diplômé?
Pourrait-on initier une réflexion pour évaluer s'il serait possible de faire remonter une pétition ou un courrier, une réclamation ou que sais-je auprès du ministère du travail, de l'emploi et du dialogue social?
A vos idées, suggestions, indignations... je ne fais que poser une question!! Ou deux!
Merci à tous!
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Réflexion pour une régularisation
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chris41
Re: Réflexion pour une régularisation
salut DD,
Analyse interessante, pour autant, pourquoi se poser cette question "comment peut-on influencer les hautes instances afin que les centres de formations diminuent le nombre d'élèves par promotion?".
Est-ce à dire qu'il y a trop de professionnels sur le terrain? Tu le sais aussi bien que moi, je ne connais pas de domaine dans l'action sociale ou il y en a trop...c'est plutôt l'inverse...donc l'idée de réduire le nombre de diplômé par année ne me semble pas indiqué.
Partons plutôt du constat qu'il manque de professionnels sur le terrain et que ceux qui ne trouvent pas de boulot pourraient être utile.
Alors qu'est ce qui empêche qu'ils soient embauchés? Oui bien sûr les financements. Mais qui votent le budget? Les députés; alors que chacun prenne contact ou écrive à son député et fasse connaître cette situation; il en ressortira peut être un jour une proposition de loi!!!
Ce que je déplore dans ton message (que globalement je trouve intéressant), c'est que ce genre d'argument (il y a trop de personnes diplômés pour les postes disponibles) sortent quasi tout le temps de la part de personnes qui sont justement diplômés. Quelle réaction aurais-tu tenue si pour ces raisons que tu exprimes tu n'aurais pas fais parties des quotas pour entrer en formation ou que tu n'aurais pas eu ton diplôme?
"Naïvement, je me dis que si les centres de formation réduisent le nombre d'étudiants (il faut faire le deuil du plus gros et du plus fort) alors, à la sortie, le nombre de diplômés qui trouveront du travail sera peut-être plus élevé? ".
Et dis moi, tu crois pas que cela ne résoudrai rien au contraire? Comment fait-on pression sur les salaires? C'est une économie capitaliste c'est donc une affaire "d'équilibre" entre Offre et Demande. Donc pour ne pas augmenter les salaires, je laisse toujours une réserve, un volant, de personnes au chômage...
Donc ton argument ne tient pas : ce n'est pas en réduisant le nombre de diplômés qu'il y aura plus de travail.
Du travail il y en a, seulement, c'est le financement qui fait défaut.
Alors attaquons nous à ce problème.
Comment faire?
Je trouve l'idée d'obligation d'emplois (tu donnes 90% de diplômés) intéressante.
Mais il me semble que cela existe déjà : les recrutements en CDI ne sont financés que si la personne est diplômé ou alors il y a une obligation de formation dans les deux ans suivant l'embauche.
Pour ma part, je pense que là ou il serait intéressant que nos députés se penchent, c'est sur le turn-over (volontaire de la part des employeurs): lorsque l'on fait partir un salarié avec de l'ancienneté pour embauché un jeune diplômé, que l'on fera partir lorsqu 'il "coutera cher" et on le remplacera par un nouveau diplômé qui partira....
Solution : que les élus de tous côté jouent leur rôle et fassent des propositions (les délégués du personnel, les CHSCT,les députés, les ministres).
Que les embauchent soient à la hauteur des besoins de la population !
Analyse interessante, pour autant, pourquoi se poser cette question "comment peut-on influencer les hautes instances afin que les centres de formations diminuent le nombre d'élèves par promotion?".
Est-ce à dire qu'il y a trop de professionnels sur le terrain? Tu le sais aussi bien que moi, je ne connais pas de domaine dans l'action sociale ou il y en a trop...c'est plutôt l'inverse...donc l'idée de réduire le nombre de diplômé par année ne me semble pas indiqué.
Partons plutôt du constat qu'il manque de professionnels sur le terrain et que ceux qui ne trouvent pas de boulot pourraient être utile.
Alors qu'est ce qui empêche qu'ils soient embauchés? Oui bien sûr les financements. Mais qui votent le budget? Les députés; alors que chacun prenne contact ou écrive à son député et fasse connaître cette situation; il en ressortira peut être un jour une proposition de loi!!!
Ce que je déplore dans ton message (que globalement je trouve intéressant), c'est que ce genre d'argument (il y a trop de personnes diplômés pour les postes disponibles) sortent quasi tout le temps de la part de personnes qui sont justement diplômés. Quelle réaction aurais-tu tenue si pour ces raisons que tu exprimes tu n'aurais pas fais parties des quotas pour entrer en formation ou que tu n'aurais pas eu ton diplôme?
"Naïvement, je me dis que si les centres de formation réduisent le nombre d'étudiants (il faut faire le deuil du plus gros et du plus fort) alors, à la sortie, le nombre de diplômés qui trouveront du travail sera peut-être plus élevé? ".
Et dis moi, tu crois pas que cela ne résoudrai rien au contraire? Comment fait-on pression sur les salaires? C'est une économie capitaliste c'est donc une affaire "d'équilibre" entre Offre et Demande. Donc pour ne pas augmenter les salaires, je laisse toujours une réserve, un volant, de personnes au chômage...
Donc ton argument ne tient pas : ce n'est pas en réduisant le nombre de diplômés qu'il y aura plus de travail.
Du travail il y en a, seulement, c'est le financement qui fait défaut.
Alors attaquons nous à ce problème.
Comment faire?
Je trouve l'idée d'obligation d'emplois (tu donnes 90% de diplômés) intéressante.
Mais il me semble que cela existe déjà : les recrutements en CDI ne sont financés que si la personne est diplômé ou alors il y a une obligation de formation dans les deux ans suivant l'embauche.
Pour ma part, je pense que là ou il serait intéressant que nos députés se penchent, c'est sur le turn-over (volontaire de la part des employeurs): lorsque l'on fait partir un salarié avec de l'ancienneté pour embauché un jeune diplômé, que l'on fera partir lorsqu 'il "coutera cher" et on le remplacera par un nouveau diplômé qui partira....
Solution : que les élus de tous côté jouent leur rôle et fassent des propositions (les délégués du personnel, les CHSCT,les députés, les ministres).
Que les embauchent soient à la hauteur des besoins de la population !
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DD
Re: Réflexion pour une régularisation
Bonjour Chris41,
Un grand, très grand MERCI pour ce partage de regards. Oui, le nerf de la guerre semble être les finances et en effet, le terrain manque cruellement de personnes qualifiées.
C'est vrai que l'écrémage ne sert peut-être à rien à la rentrée des écoles... les moyens doivent être mis au service des structures.
Ecrire aux élus semble pertinent et notamment aux locaux, plus proche de la réalité de terrain!
Et bien y'a plus qu'à!! Peut-être serait-il possible de réfléchir à une trame, quelque chose de commun.
Encore merci, je vais essayer d'avoir des données quantitatives (ah! les chiffres, à croire que ça parle davantage que les mots...) pour le Nord: nombre de structures, nombre d'éducateurs embauchés, nombre sur la touche... Sais-tu où est-ce qu'il pourrait y avoir ces données? Pôle emploi pour le nombre d'éducateur sur la touche, nombre de structures sur le dictionnaire du social et médicosocial, mais pour le nombre d'éduc embauchés...
Peut-être faire une proportionnelle avec la notion d'obligation d'employer des personnes diplômées ou ayant le souhait de le devenir...?
Un grand, très grand MERCI pour ce partage de regards. Oui, le nerf de la guerre semble être les finances et en effet, le terrain manque cruellement de personnes qualifiées.
C'est vrai que l'écrémage ne sert peut-être à rien à la rentrée des écoles... les moyens doivent être mis au service des structures.
Ecrire aux élus semble pertinent et notamment aux locaux, plus proche de la réalité de terrain!
Et bien y'a plus qu'à!! Peut-être serait-il possible de réfléchir à une trame, quelque chose de commun.
Encore merci, je vais essayer d'avoir des données quantitatives (ah! les chiffres, à croire que ça parle davantage que les mots...) pour le Nord: nombre de structures, nombre d'éducateurs embauchés, nombre sur la touche... Sais-tu où est-ce qu'il pourrait y avoir ces données? Pôle emploi pour le nombre d'éducateur sur la touche, nombre de structures sur le dictionnaire du social et médicosocial, mais pour le nombre d'éduc embauchés...
Peut-être faire une proportionnelle avec la notion d'obligation d'employer des personnes diplômées ou ayant le souhait de le devenir...?