Bonjour Nathalie
et les autres
La question du "transfert" dans la relation éducative est un sujet formidable. J'ai vingt cinq ans d'expérience d'éduc, j'ai une maîtrise de philo et un doctorat de sciences de l'éducation, j'ai écrit six ouvrages et publiés certainement plus d'une centaine d'articles et cette question me passionne encore de façon fantastique parce que, et tu as raison rinaldo même si le ton avec lequel tu l'exprimes est un peu rude, plus on cherche à comprendre ce qu'est l'être humain et moins l'on en sait. Plus on pense se connaître et plus on échappe à soi même. C'est ce qui rend l'étude, la recherche, la dicussion et la réflexion intéressantes. S'il s'agit de se prendre le choux pour se prendre le choux, occuper le temps de la formation, obtenir un diplôme et un indice de salaire, effectivement, cela fait un peu court, même si ce sont aussi de bonnes raisons. Mais, si comme je le crois, réfléchir, permet de mieux comprende ce qui fait l'humanité et son évolution à travers le long temps, alors ça vaut le coup de se casser un peu la tête et de mettre des mots sur les évidences.
Accepter le transfert dans la relation éducative, c'est prendre le risque, dans un cadre professionnel et avec les outils qui sont les nôtres (équipe, cahier de liaison, réunion, synthèse), c'est accepter de prendre le risque d'être "mis à une place" qui n'est pas la nôtre. Si nous nous engageons dans une relation éducative (et donc si nous ne faisons pas semblant d'être éduc, ou de jouer à l'éduc) nous allons être appelés à assumer un rôle ou une fonction parentale (père, dire l'interdit, mère, portage,attachement,etc.) Mais nous ne serons jamais le père ou la mère de cet autre que nous accompagnons sur le chemin du grandir.
Dès lors parler du transfert c'est d'abord poser des actes, s'engager dans une pratique, en sachant que ce que nous faisons (aider à uen toilette, apprendre à une ado à se maquiller, ranger des affaires dans une armoire, se faire beau ou se faire belle, tenir la main d'un enfant en pleurs au moment du coucher, aider aux devoirs, etc.) sont autant d'actes banaux de la vie quotidienne qui ont un sens dans le développement psycho-affectif de la personne accompagnée. Cela nous ne pouvons pas l'ignorer...
Si cet Autre dans notre désir ou dans notre regard de désir, il l'est à la façon dont le tout petit enfant existe d'abord dans le regard de désir de ses parents. C'est notre désir de vie pour lautre, à nous adultes, qui donne à cet Autre l'envie de vivre. Donnons envie d'avoir envie d'être en vie... Là se trouve l'enjeu du transfert.
Désolé d'être si long sur un sujet qui mériterait plus de développement encore. Mais à la fois professionnel et intellectuel, je n'aime pas cette coupure artificielle entre théorie et pratique. Nous avons besoin de l'un comme de l'autre pour forger ce que nous appelons aujourd'hui une praxéologie (une science de l'action)
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