bonsoir marie,
tu viens partager ici un très beau sujet de discussion. Philippe Meirieu, grand pédagogue contemporain, et qui pour moi est à la fois un maître et un ami(voir la page présentation de mon site
http://philippegaberan.free.fr)
vient d'être audité par le Comité Mondial pour l'Education (Paris, Unesco) où il a affirmé: " pourquoi parler d'éducation tout au long de la vie alors même que l'éducation est précisément l'objet d'un terme, celui où la personne, devenue adulte décide de ses propres apprentissages?" (1) Je crois que le noeud de la discussion est là dans ces deux termes "devenue adulte" et "décide de ses propres choix". Cette remarque de Philippe Meirieu rejoins la définition de l'adulte selon Françoise Dolto. Elle dit : l'être devient adulte lorsqu'il est capable de poser ses propres choix sans craindre de créer du déplaisir à ses parents. Ce qui détermine le fait d'être adulte ce n'est pas l'âge mais cette aptitude à décider par soi-même. A partir de là, je pense qu'il y a des personnes qui ont grandi, en taille et en âge, mais qui n'ont pas assez grandi sur le plan psycho-affectif pour oser s'affirmer, pour être assez confiante en elle-même et suffisamment indépendante du regard d'autrui (estime de soi), pour être capable de donner un sens au fait d'être là au monde. Et il se peut, que dans le cadre d'un CHRS et d'une relation d'accompagnement, se produise une rencontre entre deux personnes, l'une fracassée par la vie et l'autre éducatrice, au cours de laquelle le lien de partage et de confiance sera suffisamment fort pour qu'il permette à la première de dépasser l'état dans lequel elle se trouve. Je suis persuadé qu'il n'est jamais trop tard pour qu'une personne, même adulte, croise cet autre qui va l'aider à s'en sortir, à grandir, à se grandir. Et ça, pour moi, c'est de l'éducation. L'éducation s'arrête à l'instant où surgit la libre pensée. Dans le même article il y a d'ailleurs cette citation de Jean Paul Sartre : "L'être dit libre est celui qui peut réaliser ses projets."
(1) cf inffo flash, n°668, nov. 2005