Bonjour,
J'entre à la rentrée prochaine en formation AS. En aout j'ai été animatrice dans un séjour pour personnes handicapées. Par de nombreuses discutions j'ai pu comprendre que l'une de ses personnes était maltraitée par sa famille d'accueil : injures, violences psychologiques, rabaissement de la personne, obligation de faire le ménage dans toute la maison tous les jours et de recommencer à chaque fois car ce n'est jamais assez bien (de plus cette personne est âgée), "désautonomisation" (je ne sais pas si ça existe mais par exemple elle savait s'habiller seule mais il fallait qu'elle s'habille d'une certaine manière : pour enfiler un tee shirt la famille d'accueil l'obligeait à entrer sa tête avant les bras;elle n'y arrivait pas alors qu'elle arrivait très bien à enfiler son tee-shirt les bras en premier ... C'est pas très clair je m'en excuse mais ici on marche vraiment sur la tête!), aucune vie privée etc. De plus cette personne m'a confiée qu'elle préfèrerait être en foyer mais qu'elle ne le peut pas car sa tutelle connait la famille d'accueil et qu'elle n'ose pas en parler. Visiblement tout l'entourage de la famille d'accueil connait leur pratique mais ne font rien.
Comment faire pour agir ? Je n'ai que les paroles de cette personne, étant étudiante je n'ai pas encore de statut professionnel et il n'y a pas de preuves non plus de tout cela (même si je la crois sur parole ! Mais hélas cela ne suffit pas pour aller voir la police ou autres ... ) En faisant quelque chose j'ai également peur d'aggraver la situation ce qui serait terrible !
Elle a également parlé de quelque chose que la femme de la famille d'accueil faisait sur elle et la seconde personne (elles sont 2)sans dire de quoi il s'agissait (séquestration, violences, humiliations ?)Visiblement elle en aurait parlé il y a quelques années dans un séjour de vacances et la famille d'accueil a su qu'elle avait parlé et cette "chose" à empiré. Elle n'a donc pas voulu en parler ici.
Si quelqu'un sait quoi faire au vu de cette situation se serait d'un grand recours !!
Merci,
Sara
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maltraitance des familles d'accueil, que faire ?
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Olivia
Re: maltraitance des familles d'accueil, que faire ?
Bonjour Sara,
Vous dites que vous n'avez pas de statut professionnel pour agir...cela ne change rien à la situation, n'importe quelle personne qui devient dépositaire de ce genre de témoignage doit y donner suite. Dans le cas contraire, cela peut être de la non-assistance à personne en danger.
Ce n'est pas à vous de vérifier si ce qu'on vous a raconté était vrai ou faux, c'est le devoir des professionnels qui sont responsables de façon plus ou moins directe de l'accueil de cette personne. Le contraire pourrait être qualifié de "faute lourde" dans le cadre de leur fonction.
En tant que citoyenne, et non pas future élève AS, vous pouvez très bien adresser un courrier au Conseil Général qui est employeur de la famille d'accueil, ainsi qu'à la tutelle avec copie au Juge des tutelles par excès de précaution (l'intégrité de la tutelle semblant être remise en question) ; dans ce courrier, vous ne mettez aucun jugement ou condamnation, vous relatez les faits (comme dans un signalement)tels qu'ils vous ont été racontés par la personne. Vous attendez ensuite quelque temps, et vous appellez le Juge pour savoir si votre courrier a été reçu et peut-être ainsi en savoir plus...
Je suis chef de service dans un ESAT dans l'Eure, ancienne AS, et je peux vous dire que lorsqu'une personne handicapée écrit au juge des tutelles pour se plaindre, le juge n'hésite pas à convoquer les intéressés, espérons que ce sera de même par chez vous...
Par ailleurs, je peux vous affirmer que le nombre des familles d'accueil étant restreint, le CG ou les tutelles ferment les yeux sur un certain manque de professionnalisme pour les garder.
Enfin, sachez que lorsque vous serez professionnelle, ce genre de situation ("je signale ou pas") se produira plus souvent que vous ne l'auriez souhaité ; le fait d'être alors une professionnelle ne vous facilitera pas obligatoirement les choses car il y a parfois les supérieurs hiérarchiques qui ne veulent pas suivre, les collègues qui ne sont pas d'accord, la peur des conséquences...
En tout cas, je vous félicite de vous inquiéter de cette situation, le contraire serait bien dommage, non seulement pour une future AS, mais aussi en tant qu'être humain.
Que cela s'appelle l'éthique ou positionnement professionnel, vous en entendrez souvent parler en formation.
Agissez et tenez-nous au courant.
Olivia
Vous dites que vous n'avez pas de statut professionnel pour agir...cela ne change rien à la situation, n'importe quelle personne qui devient dépositaire de ce genre de témoignage doit y donner suite. Dans le cas contraire, cela peut être de la non-assistance à personne en danger.
Ce n'est pas à vous de vérifier si ce qu'on vous a raconté était vrai ou faux, c'est le devoir des professionnels qui sont responsables de façon plus ou moins directe de l'accueil de cette personne. Le contraire pourrait être qualifié de "faute lourde" dans le cadre de leur fonction.
En tant que citoyenne, et non pas future élève AS, vous pouvez très bien adresser un courrier au Conseil Général qui est employeur de la famille d'accueil, ainsi qu'à la tutelle avec copie au Juge des tutelles par excès de précaution (l'intégrité de la tutelle semblant être remise en question) ; dans ce courrier, vous ne mettez aucun jugement ou condamnation, vous relatez les faits (comme dans un signalement)tels qu'ils vous ont été racontés par la personne. Vous attendez ensuite quelque temps, et vous appellez le Juge pour savoir si votre courrier a été reçu et peut-être ainsi en savoir plus...
Je suis chef de service dans un ESAT dans l'Eure, ancienne AS, et je peux vous dire que lorsqu'une personne handicapée écrit au juge des tutelles pour se plaindre, le juge n'hésite pas à convoquer les intéressés, espérons que ce sera de même par chez vous...
Par ailleurs, je peux vous affirmer que le nombre des familles d'accueil étant restreint, le CG ou les tutelles ferment les yeux sur un certain manque de professionnalisme pour les garder.
Enfin, sachez que lorsque vous serez professionnelle, ce genre de situation ("je signale ou pas") se produira plus souvent que vous ne l'auriez souhaité ; le fait d'être alors une professionnelle ne vous facilitera pas obligatoirement les choses car il y a parfois les supérieurs hiérarchiques qui ne veulent pas suivre, les collègues qui ne sont pas d'accord, la peur des conséquences...
En tout cas, je vous félicite de vous inquiéter de cette situation, le contraire serait bien dommage, non seulement pour une future AS, mais aussi en tant qu'être humain.
Que cela s'appelle l'éthique ou positionnement professionnel, vous en entendrez souvent parler en formation.
Agissez et tenez-nous au courant.
Olivia
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nouvelleas
Re: maltraitance des familles d'accueil, que faire ?
tu peux téléphoner à l'association ALMA (allo maltraitance des personnes âgées et personnes handicapées) ils te donneront des conseils. Ensuite rien ne t'oblige à ne pas en parler à l'assistante sociale de son secteur ou au responsable du séjour ! et puis tout le monde doit communiquer ce type d'info qu'on soit pro ou pas ! après ce n'est pas toi qui vérifiera la véracité de ces propos mais justement des professionnels.
parce que pê que même si la personne âgée ne vit pas exactement ces situations, elle les interprète comme telles. du coup il y a au moins besoin d'un dialogue !
parce que pê que même si la personne âgée ne vit pas exactement ces situations, elle les interprète comme telles. du coup il y a au moins besoin d'un dialogue !
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Florence
Re: maltraitance des familles d'accueil, que faire ?
Bonjour Sara,
Effectivement, tu ne peux pas te permettre de ne rien faire, même en tant que "simple citoyenne" pour l'instant.
L'idée de "nouvelles" de contacter l'association ALMA est une bonne idée : ils sont spécialisés et sauront te conseiller.
Leurs conseils rejoindront peut-être ceux d'olivia (à moins qu'ils ne le fassent directement, à partir de tes infos) : écrire au Président du conseil général du département où cette personne est en accueil familial, en adresser une copie à l'assistante sociale de secteur si tu peux trouver son lieu d'exercice, et également, un signalement au procureur et/ou au Juge des Tutelles puisque la personne est sous mesure de protection juridique.
Au passage, j'apporte une petite correction au message d'Olivia : merci de ne pas parler de "tutelle" mais de "tutrice" quand vous désignez la personne chargée du suivi de la mesure. Car une "tutelle", c'est une mesure judiciaire.
Depuis la réforme de 2007, appliquée depuis 2009, on peut dire aussi "mandataire judiciaire à la protection des majeurs" (MJPM), ou bien "déléguée à la protection des majeurs" lorsqu'il/elle travaille en association tutélaire. Car dans ce cas, c'est l'association qui est nommée "tutrice" ou "curatrice", et un(e) professionnel(le) assure le suivi par "délégation".
Quand un majeur protégé écrit au Juge des Tutelles, celui-ci peut "répondre" de plusieurs manières :
- soit il convoque tout le monde (le majeur et son curateur/tuteur)
- soit il demande des explications par écrit au curateur/tuteur.
Dans mon département, c'est ce qui se produit le + souvent, et heureusement, sinon le juge passerait son temps à recevoir les majeurs pour tout et n'importe quoi !
Hélas, il y a aussi les cas où les motifs de plainte sont réels ; mais dans un 1er temps, une évaluation socio-professionnelle est souhaitable.
Sauf que dans la situation évoquée par Sara, comme la tutrice est indirectement mise en cause, il vaudrait mieux faire appel au Conseil général et à une assistnte sociale extérieure pour évaluer la situation.
Effectivement, tu ne peux pas te permettre de ne rien faire, même en tant que "simple citoyenne" pour l'instant.
L'idée de "nouvelles" de contacter l'association ALMA est une bonne idée : ils sont spécialisés et sauront te conseiller.
Leurs conseils rejoindront peut-être ceux d'olivia (à moins qu'ils ne le fassent directement, à partir de tes infos) : écrire au Président du conseil général du département où cette personne est en accueil familial, en adresser une copie à l'assistante sociale de secteur si tu peux trouver son lieu d'exercice, et également, un signalement au procureur et/ou au Juge des Tutelles puisque la personne est sous mesure de protection juridique.
Au passage, j'apporte une petite correction au message d'Olivia : merci de ne pas parler de "tutelle" mais de "tutrice" quand vous désignez la personne chargée du suivi de la mesure. Car une "tutelle", c'est une mesure judiciaire.
Depuis la réforme de 2007, appliquée depuis 2009, on peut dire aussi "mandataire judiciaire à la protection des majeurs" (MJPM), ou bien "déléguée à la protection des majeurs" lorsqu'il/elle travaille en association tutélaire. Car dans ce cas, c'est l'association qui est nommée "tutrice" ou "curatrice", et un(e) professionnel(le) assure le suivi par "délégation".
Quand un majeur protégé écrit au Juge des Tutelles, celui-ci peut "répondre" de plusieurs manières :
- soit il convoque tout le monde (le majeur et son curateur/tuteur)
- soit il demande des explications par écrit au curateur/tuteur.
Dans mon département, c'est ce qui se produit le + souvent, et heureusement, sinon le juge passerait son temps à recevoir les majeurs pour tout et n'importe quoi !
Hélas, il y a aussi les cas où les motifs de plainte sont réels ; mais dans un 1er temps, une évaluation socio-professionnelle est souhaitable.
Sauf que dans la situation évoquée par Sara, comme la tutrice est indirectement mise en cause, il vaudrait mieux faire appel au Conseil général et à une assistnte sociale extérieure pour évaluer la situation.
-
Sara
Re: maltraitance des familles d'accueil, que faire ?
Bonjour à tous,
Je vous remercie vraiment pour toutes vos réponses qui m'ont éclairées et m'ont mises du baume au coeur !
Alors, comme vous me l'avez conseillé j'ai appelé l'ALMA (j'ai du attendre leur permanence téléphonique dans le département qui avait lieu une fois par semaine) Je viens donc de les avoir au téléphone ; le cas de cette personne est un peu compliqué puisqu'elle n'a aucunes liberté : la famille lit son courrier, elle ne peut pas sortir seule etc. Donc aucuns moyens de la contacter. Mais ils m'ont dit qu'elle ne pouvait pas rester dans cette situation, surtout que son choix à elle était d'aller en foyer. Ils vont étudier le dossier, en faire part à leur réseau et m'ont rappelleront d'ici peu pour voir ce que l'on peut faire.
Je suis contente de savoir que les choses vont surement changer pour elle, encore une fois merci pour vos réponses très précises, je vous tiens au courant pour la suite de l'affaire !
Sara
Je vous remercie vraiment pour toutes vos réponses qui m'ont éclairées et m'ont mises du baume au coeur !
Alors, comme vous me l'avez conseillé j'ai appelé l'ALMA (j'ai du attendre leur permanence téléphonique dans le département qui avait lieu une fois par semaine) Je viens donc de les avoir au téléphone ; le cas de cette personne est un peu compliqué puisqu'elle n'a aucunes liberté : la famille lit son courrier, elle ne peut pas sortir seule etc. Donc aucuns moyens de la contacter. Mais ils m'ont dit qu'elle ne pouvait pas rester dans cette situation, surtout que son choix à elle était d'aller en foyer. Ils vont étudier le dossier, en faire part à leur réseau et m'ont rappelleront d'ici peu pour voir ce que l'on peut faire.
Je suis contente de savoir que les choses vont surement changer pour elle, encore une fois merci pour vos réponses très précises, je vous tiens au courant pour la suite de l'affaire !
Sara