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Jeune Pro déprimée

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ange

Jeune Pro déprimée

Message non lu par ange » 28 janv. 2016 12:35

Bonjour,

Je viens ecrire sur ce forum car je me sens très mal en ce moment professionellement... Besoin de parler, lâcher ce que j'ai sur le coeur et peut être que vous pourrez me redonner un peu de motivation et d'espoirs.

Voilà mon histoire...

Je suis assistante sociale depuis juillet 2014.J'ai 28 ans. J'ai longuement désiré ce métier qui est déja une reconversion pro. La formation a été un réeel épanouissement pour moi que j'ai beaucoup investi, avec des excellents résultats. Mes premiers pas en temps que jeune professionnelle aussi la première année...Je suis assistante sociale scolaire depuis septembre 2015 (contractuelle, 1180 €/mois ...). J'étais très satisfaite de découvrir mon nouveau métier cependant malgré la précarité.

Puis petit à petit, je me suis desillusionnée. En octobre dernier, j'ai du changer d'établissement (un ennorme établissement de 1000 élèves)car la principale pouvait me mettre très en difficultés au niveau du positionnement pro (une perverse narcissique).J'ai alors été affectée sur un établissement bcp plus petit (350 élèves) sans que mon établissement d'origine ne soit reconvert...J'usqu'en décembre j'arrivais à trouver du travail à faire, mais depuis un mois... c'est la misère...! Je n'ai absolument plus rien à faire.Je n'envisage même pas les actions collectives car je sais que je ne serai plus là l'an prochain, faut que ce soit validé en CESC...et blablabla.

J'interviens également sur un Lycée où j'ai également beaucoup de mal à faire ma place parmis CPE et autres...J'ai essayé de communiquer sur mon rôle, mes missions, de diverses manières...Mais en vain...à croire que je suis trop nulle pour que l'équipe oriente les élèves vers moi.Pour eux je sers juste à faire des IP et encore...C'est pour cela que les CPE estiment que ils peuvent tou gérer, l'éducatif, le familial...Bref on arrive à bosser ensemble. (Par nature je suis très souple et conciliante...et justement peut être que je l'ai trop étée au début. Quand j'ai essayé de leur dire mon malaise à ce sujet, personne ne l'a entendu. Je souffre vraiement d'un manque d'Utilité.
Bref,je suis en train de perdre confiance en moi, aux perspectives d'avenir aussi...Je suis frustrée de ne pas être à fond...à la base je suis toujours à fond, très impliquée avec les usagers. J'aime ce métier pourtant. J'ai aussi exercé en polyvalence en deuxième année de formation, en CHRS en 3ème et réembauchée juste après le stage. J'étais hyper impliquée, dynamique, joviale, créative, je m'entendais super bien avec les equipes, les partenaires... Mais là j'ai l'impression de moisir, d'être dans un sarcophage, seule.

Mon contrat se termine en Aout, mais je n'en peux plus, je cherche désespérement du travail ailleurs (Corrèze, Lot ou Dordogne)... Il n'y a rien, aucun poste. Je ne suis pas très optimiste non plus à ce sujet car sur la Correze (Brive la Gaillarde dans l'Idéal car j'ai rencontré un homme là), je n'ai aucun réseau, aucune accroche sur ce secteur. Actuellement je suis à 1h de route de cette ville.Mais voilà...il n'y a pas que le boulot dans la vie et à 28 ans je désire plus de stabilité (affective, professionnelle, financière)...ce que je n'ai pas encore eu depuis que je travaille (21 ans)car j'ai tjrs favorisé le travail.

Financièrement c'éest également la cata...J'en viens à faires des autres petits trucs à côté par tous les moyens...Si j'avais 1400 €, ça irrait.

Je me fais beaucoup de soucis pour l'avenir et je m'ennuie au présent...

Donc voilà, si vous avez des petites suggestions je suis preneuse car là je tourne vraiement en rond et je sens que je suis à deux doigt de l'arrêt maladie. Merci de ne pas trop me juger si vous de votre côté c'est plutôt "burn out" ou que vous êtes au chômage et que vous désespérez à trouver un boulot.

Je vous remercie, en attendant de vous lire. :)

ass qui est passée par là

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par ass qui est passée par là » 28 janv. 2016 17:12

Bonjour jeune pro,

Comme je comprends ce que tu vis, car je suis également passée par là.
En sortant du diplome j'étais hyper motivée, dynamique, volontaire, d'espoir et bim badaboum je ne vivais pas non plus dans le monde des bisounours mais le décalage entre le discours et les actes notamment s'agissant "du partenariat entre acteurs dans une même institution" m'ont profondément déçue et désilusionné non pas sur le métier mais sur tout ce qu'on nous sert en formation sur le travail partenarial, le partage des compétences, des infos dans une logique de travail cohérent et surtout dans l'intérêt de la personne....moai j'ai testé l'éducation nationale et l'hôpital psychiatrique public et bien même déception à chaque fois, même sentiment d'être utilisée quand cela arrange (tâches que personne ne veut faire)et quand on est force de proposition ça ne va jamais car la procédure ou le formalisme de ses institutions ne le permet pas, j'ai tenté de mettre en place d'autres choses que remplir des dossiers d'entrée en institution, mais je ne relevais pas des soignants donc je n'avais pas ma place dans les groupes, par contre j'avais l'obligation de me rendre à leur réunion de b**** intellectuelle où on passe 1heure à étaler sa science mais où on ne recherche pas de solutions concrètes....
Je suis tombée sur un médecin chef de service également perverse narcissique, à coup d'injonctions paradoxales et de copinage avec les uns et les autres en accordant des faveurs, des autorisations exceptionnelles, une collègue ASS qui crachait dans mon dos pendant mes congés pour obtenir sa titularisation avant moi (que je ne voulais pas d'ailleurs!!!) enfin bon tout ça pour te dire que j'ai frisé l'arrêt maladie aussi, je rentrais tous les soirs complètement déprimée et me sentant complètement nulle et bonne à rien, je partais le matin la boule au ventre en me demandant ce qui allait me tomber dessus. Tout le monde me conseillait de me mettre en arrêt maladie et de signaler cette situation à la drh, aux syndicats et à la médecine du travail, je ne suis pas du genre à me laisser faire mais pas du genre à ruer dans les brancards non plus, je voulais partir sans perte ni fracas mais en leur montrant que si eux ne voulaient pas de moi, d'autres seraient preneurs.

Avec du recul ça parait simple mais ça ne l'était pas du tout, il fallait faire le deuil de ce milieu qui m'a pourtant toujours attiré, me résoudre à changer de lieu de travail même si les patients n'avaient pas plus à se plaindre de mon travail qu'une autre (ah oui parce que ce que les chefs ont tendance à zapper dans leurs missions c'est que c'est le bien être du patient qui est en jeu et qu'il n'a pas à subir les failles de l'institution...enfin c'est ce que j'ai appris à l'école...)

Si tu as encore de l'énergie, lance toi dans les candidatures (bon ok le contexte est plus que tendu) mais il l'était pour moi aussi et cela m'a redonné confiance et m'a remotivé, je savais qu'à plus ou moins long terme je partais donc j'étais plus légère.

Comme toi mon chéri n'habitait pas dans la même ville que moi, j'ai saisi l'occasion pour chercher chez lui (dans le sud) : pas plus d'offres que ça, bon j'ai regardé à mi distance de nous deux et j'ai trouvé bon en milieu rural et à deux heures de route du cher et tendre (j'ai aussi 28ans et je te comprends ++ sur l'envie de projets etc....) mais j'ai au moins un taf en CDI, bien payé, avec une reconnaissance du niveau de notre diplome et de nos compétences, je bosse (j'essaye)avec des médecins mais sans lien fonctionnel donc juste du "partenariat"!! en bref et pour te rassurer, si tu n'en peux plus arrêtes toi avant de sérieusement péter un cable et être dégoutée de la profession. Au niveau éducation nationale n'as tu pas la possibilité d'en référer à tes supérieurs?
je te souhaite bon courage pour la suite

dudu

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par dudu » 28 janv. 2016 18:57

Bonjour Ange
peux tu me contacter par mail pour une offre que j'ai vu ?
ducasse.claire@orange.fr

Emma

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par Emma » 28 janv. 2016 21:36

Est-ce que le milieu de l'éducation nationale te plaît toujours? c'est ça surtout la question car la désillusion elle est plus ou mois présente chez nous tous.On est pas dans une période très propice.

Après tu as plusieurs facteurs qui explique que tu sois déprimée, mal payé, peu de reconnaissance et pas vraiment d'équipe pour te soutenir, tu vois souvent tes collègues as? j'ai fais un stage à l'éducation national et on avait une réunion mensuelle c'était un bol d'air, ça et les infirmières avec qui je faisais u vrai travail d'équipe,

john

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par john » 29 janv. 2016 09:25

Bonjour à toutes,

Juste pour dire de bien faire attention à l'utilisation des arrêts maladies.

En effet, ils peuvent compromettre une réorientation et au pire mettre un terme à la fonction...

N'oubliez pas que le dossier administratif du fonctionnaire le suit...

Profitez des moments d'inactivité imposée pour effectuer des démarches par ailleurs, même avec insistance, le culot fera la différence.

Et surtout, profitez de nos soutiens et il n'y a aucune gène à avoir que d'exposer ses difficultés, entre guillemets, ici.

Inverser la pression, c'est ma technique. Nous avons une obligation de moyens, pas de résultats...

Cordialement,

Marylou

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par Marylou » 29 janv. 2016 09:29

Il y a deux postes à Brive qui vont s'ouvrir au mois de mai .... contact moi laurabrunet@gmail.com

ass

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par ass » 29 janv. 2016 10:18

A John, elle n'est pas fonctionnaire et si j'ai bien compris elle ne souhaite pas l'être ! je trouve ça dangereux de dire aux gens de faire gaffe aux arrêts maladie, car si la souffrance est telle qu'elle l'a exprimé à quoi bon tenir pour tenir et subir les conséquences plus tard d'un mal être qu'elle aura enfoui pour obtenir une titularisation ou être bien vu dans l'institution.
Je ne pense pas qu'on ai exprimé une quelconque flemme ou qu'on ai conseillé de s'arrêter pour faire chier ou parce qu'on est tire au flan, on parle d'une vraie souffrance à aller travailler. Moi c'est mon médecin traitant qui m'a arrêté de "force" pendant 10 jours car je ne tenais plus le coup, dès que je parlais ou pensais au boulot je pleurais et paniquais complètement, j'étais venue le voir pour avoir des vitamines, il n'a pas voulu m'en prescrire mais par contre a négocié avec moi un arrêt de 10 jours, c'est pendant cet arrêt que j'ai repris des forces, j'ai fais le point et j'ai décidé de partir vraiment pour mon bien être, je suis revenue au boulot l'esprit on ne peut plus léger!!
mais bon chacun son angle de vue, c'est marrant la collègue qui crachait sur moi m'avait dit la même chose quand je suis arrivée : "par contre les arrêts maladie, si tu es malade et bien viens quand même car c'est très mal vu de tomber malade la première année"......heuuuuu on est à l'hôpital là??? ah non parce que j'avais un doute
bref maintenant je bosse dans la santé au travail, élémentaire mon cher watson??! ceci explique cela.... :)

ange

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par ange » 29 janv. 2016 10:47

Merci pour tous vos messages, vos conseils, vos tuyaux. C'est vraiment bien cette solidarité sur ce forum.

Je vais vous contacter Marylou et Dudu.

Emma, non je ne pense pas que je ferai ma carrière à l'EN. Effectivement je peux plus partager avec les infirmières, mais le pb vient du fait aussi que j'étais sur un établissement de 1000 élèves pour être aujourd'hui sur un établissement de 350... Et j'ai envie de découvrir autre chose, même dans des domaines où je n'ai fais aucun stages, cela me stimulerai. je suis AS scolaire dp sept 2014 et j'ai besoin de voir autre chose.

"As qui est passée par là". Merci beaucoup pour ton long témoignage très riche qui m'aide à me raccrocher aux espoirs, merci pour tes conseils aussi. Et à mon tour je compatis car ce que tu as vécu n'est pas cool non plus.

John, je te rassure, je ne suis pas une adepte de l'arrêt maladie. Je n'ai été en arrêt maladie que 1 semaine depuis que je travaille. C'est juste que par moment plutôt que de m'ennuyer à me sentir inutile je me dis que une semaine d'arrêt pour faire le point, prendre du recul, me ressourcer me ferait du bien car vraiment ce sentiment d’inutilité pèse sur mon moral, ma vitalité.

Si vous avez d'autres tuyaux ou postes sur les secteurs (Coreze, Lot, Dordogne), n'hésitez pas.

Merci encore:)Bonne journée à vous.

Emma

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par Emma » 30 janv. 2016 17:46

Je suis ravie de voir que d'ouvrir ce fil t'a un peu aidé, c'est bien que tu sois au clair avec le fait que l'EN n'est pas fait pour toi, j'étais arrivée a la même conclusion après mon stage.

A John, je comprends pas le message sur les arrêts maladie qu'est-ce vous sous entendez? je suis souvent (de mon point de vue mais pas plus que les collègues) en arrêt maladie car j'ai une maladie chronique invalidante donc en gros je serais vite mise au placard?

Maria

Re: Jeune Pro déprimée

Message non lu par Maria » 31 janv. 2016 12:24

Juste parce-que ton témoignage m'a touchée et que je te souhaite un avenir plus lumineux pour l'année à venir. Jeune pro également en CDD, je suis actuellement à mon premier poste dans une grosse institution et clairement ça ne me plaît pas...

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