:chine: Bonjour à tou(te)s...
EJE depuis 6 ans (surtout en crèche et HG), je retrouve dans ces témoignages des aspects de ce que je vis et des réflexions qui me sont venues au cours de mes expériences.
:ID: ) LE PROFESSIONNEL : un EJE n'est pas uniquement un "professionnel", neutre, asexué, doté de compétences objectivables, c’est aussi - et je serais tenté de dire « surtout » vue la spécificité de notre « métier » - un être humain.
:ID: :ID: ) HOMME/FEMME : être un homme est différent d'être une femme et je pense, à moins de vouloir absolument indifférencier les deux sexes, que par conséquent il existe clairement des différences de sensibilité, d’approche, de conception, de point de vue de l’Enfant, au-delà de notre histoire personnelle.
:ID: :ID: :ID: ) DIALOGUE : « Il faut un village pour élever un enfant » (proverbe africain) : ce « village » (c’est une image...) est composé d’hommes et de femmes qui vont chacun apporter quelque chose à l’enfant, que ce soit dans la concorde ou dans la discorde. Je pense qu’il faut savoir tolérer les approches, même quand elles sont, d’un certain point de vue, totalement différentes, voire antagonistes. Certes cela peut être une difficulté pour l’enfant (difficulté qui lui incombe de résoudre avec ou sans aide), mais c’est aussi une richesse pour lui de constater que des adultes se parlent, dialoguent donc ; cherchent à se comprendre (sans forcément y arriver, nous ne sommes pas parfaits), restent « entiers » dans leur discours, sans être dans l’obsession du compromis à tout prix, sous prétexte que l’enfant ne doit entendre qu’une seule voix dans les paroles de ces différents adultes (tel un monstre composé de parties de différents êtres (griffon, gorgonne, chimère, sphinx) et s’exprimant d’une même voix...). Ce qui n’empêche pas d’être parfois d’accord, fort heureusement...
:ID: :ID: :ID: :ID: ) LA REALITE : les crèches (et HG) sont de fait des gynécées. Quel est l’avenir des « professionnels masculins » dans ces lieux, bien audacieux celui qui peut le prédire... L’enfant, tel l’équilibriste munie de sa perche, a toujours eu besoin de ces deux pôles pour grandir, pour avancer, et ce quelle que soit la manière avec laquelle il les rencontre dans sa vie. Comme tout un chacun, il cherchera à confronter ses fantasmes (de liens paternels et maternels) avec la réalité, et il ne peut dans cette quête à assumer qu’en sortir plus fort, plus proche de son identité (« Les enfants seuls savent ce qu’ils cherchent » écrivait Saint-Exupéry). Tout ça pour dire que lorsque je propose -allez à tout hasard... - aux enfants un « exercice moteur » qui fait frémir mes collègues femmes (« Risque ! Mise en danger ! »), mais que j’affirme mesurer les risques que les enfants prennent (avec mon regard et mon soutien si besoin), je demande simplement à être respecté, à ce que l’on me fasse confiance. Chose que j’ai peu observé. Un homme peut-il dans ces circonstances faire face à 5, 10, 15 femmes qui dévalorisent votre proposition ?... L’espoir est mince. Et je considère que le genre (homme/femme) est déterminant dans cet aspect de l’éducation. Heureusement que nous avons des terrains d’entente...
Quand l’éducation est partagée (et nul n’a à définir de critères quantitatifs immuables), chacun apporte sa pierre à l’édifice, et à sa façon. Le fait d’être un père et donc, comme le dit Dolto, d’apporter le « génie » de son sexe, c’est-à-dire sa spécificité masculine, enrichit autant l’enfant que l’apport du « génie » féminin. Que l’enfant soit « grondé » par son père et réconforté par sa mère ne divise que les couples qui veulent régler leur différend de couple sur le dos de l’enfant. Quand l’éducation est sereinement partagée, les deux ont l’occasion de jouer ces fonctions à tour de rôle, sans dédire l’autre, sans le contrer. Si un enfant essuie d’une autre personne que moi une remontrance pour une « bêtise », qu’il en éprouve de la peine, et qu’il désire que je le console, je le consolerai. Le consoler n’enlève rien à ce que l’autre personne lui a signifié. Le registre n’est pas le même. Chacun sa place. Seuls les enfants mal à l’aise et les adultes qui rentreront dans ce « jeu pervers » chercheront à appuyer là où ça fait mal. Et il est très possible que pour une même bêtise, si je pense que c’en est une, je lui ferai part de ma désapprobation.
J’entends déjà cette affirmation : nous ne sommes pas les mères et pères des enfants dont nous « prenons soin » (ah le joli mot anglais « caretaker » :warning!: !). C’est certain. Mais les enfants (merci Dolto pour ce beau néologisme) nous « mamaïsent » et nous « papaïsent ». Qui n’a jamais entendu un enfant spontanément nous appeler « Papa »ou « Maman » ? Quelle marque de confiance ! Et croyez-moi, ils ne sont pas idiots et savent PARFAITEMENT qui sont VRAIMENT leur « Papa » et « Maman »...
Bien à vous, :bye: :bye: :bye: :bye:
Ulysse.
:warning!: A caretaker is someone who is responsible for looking after another person, for example, a person who is disabled, ill, or very young.