Inventés il y a presque un siècle au Danemark, les terrains d’aventure sont des espaces d’activités libres destinés aux enfants, qui leur permettent de se réapproprier l’espace public. Depuis quelques années, les projets de création autour de ce concept se multiplient en France. Comment analyser ce regain d’intérêt ? Ces terrains constituent-ils des champs d’expérimentation et d’éducation d’un nouveau genre ?
Leur histoire commence au début des années 1930, sous l’impulsion de Carl Theodor Sørensen (1893-1979). Cet architecte paysagiste danois réfléchit à une nouvelle forme d’espace, où les enfants pourraient laisser libre cours à leur esprit d’invention, tenter de nouvelles expériences, et où l’empreinte des adultes serait minimale. Son objectif est de leur permettre d’imaginer et de construire leur univers propre.
En 1943, le premier terrain d’aventure voit le jour à Emdrup, dans la banlieue de Copenhague. Mais c’est en Angleterre que le mouvement prend de l’ampleur, dans un pays où le terrain d’aventure va se définir en opposition au square, cette aire de jeux citadine normalisée.
Dans les années 1950, tout s’accélère sur le continent européen (Danemark, Suède, Suisse, Allemagne, France). Face à une densification urbaine croissante, les terrains d’aventure fleurissent au pied des immeubles en construction.