Comprendre en quoi le fonctionnement de l’école produit une si grande inégalité scolaire est l’un des défis majeurs posés à la sociologie de l’éducation. Ces dernières années ont vu le développement de travaux qui ont cherché à mieux comprendre la façon dont les inégalités d’acquisitions scolaires se construisent au cœur même des dispositifs pédagogiques.
La sociologie de l’éducation est-elle également en mesure de nous éclairer sur des processus qui, à l’inverse, produiraient de l’égalité scolaire ? Peut-elle mettre à jour des pratiques d’enseignement et des formes d’organisations scolaires qui auraient des effets proprement démocratisants ? Existe-t-il, en d’autres termes, une sociologie de la démocratisation scolaire ?
Deux livres récents, l’un publié aux États-Unis et l’autre en France, apportent quelques éléments de réponse à ce sujet. Le premier relate une enquête au long cours menée auprès d’établissements d’enseignement secondaire réputés « innovants ». Ses auteurs, Jal Mehta et Sarah Fine, sont partis en quête de ce qu’on appelle aux États-Unis le « Deeper Learning ».

