Sorti en 2011, Melancholia le film de Lars von Trier est centré sur le personnage de Justine (incarné par Kirsten Dunst, prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes). Il débute le jour du fastueux mariage de celle-ci. Dans cette débauche de luxe, au milieu de ces obligations sociales et festives, Justine/Kirsten se sent en décalage complet. Cette incapacité à jouer le rôle socialement attendu – celui de la mariée heureuse et célébrée par tous –, en raison d’une souffrance invisible et pourtant spectaculaire, est typique du détachement, de l’impuissance liée à la dépression.
Un peu plus tard, on retrouve l’héroïne très ralentie, dans un état qu’on pourrait qualifier d’anesthésie affective. Les sollicitations bienveillantes, mais improductives, de son entourage, personnalisé par sa sœur Claire (Charlotte Gainsbourg), semblent bien stériles face à la profondeur de son désespoir. C’est alors que s’annonce la fin du monde imminente, sous la forme d’un astéroïde, Melancholia, prêt à pulvériser la Terre. À rebours des réactions attendues (incrédulité, terreur, tristesse), Justine vit cette angoissante perspective comme un soulagement.

